FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Ceux qui quittent les marques horlogères quittent de plus en plus l’horlogerie
- Ce sujet contient 71 réponses, 45 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
georges zaslavsky, le il y a 9 années.
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28 septembre 2017 à 3h41 #410000129108
ZEN
MembreC’est assez facile à évaluer en Suisse mais ceux qui quittent leur employeur « horloger » quittent totalement le secteur. J’ai rencontré plusieurs ex-cadres de l’horlogerie et force est de constater que leur sentiment est de plus en plus récurrent chez ceux qui se font virer ou simplement démissionnent par overdose de leur métier.
Les critiques se focalisent sur l’absence de considération des équipes managériales et la constante critique de leur travail. Les cadres ainsi concernés relèvent aussi un métier qui est devenu chronophage et envahissant, sans week-end parfois, et où les heures s’accumulent sans reconnaissance pour le travail fait. « Je me faisais engueuler pour des choses que matériellement, je ne pouvais pas faire sauf à être dédoublé ».
Des CEO caractériels, sous pression, qui oublient toute logique managériale et épuisent leurs collaborateurs, des conseils d’administration qui essorent les cadres supérieurs. L’un d’eux me confiait « J’ai sué mon sang pour cette marque sans jamais un merci ! ». L’épuisement des partants est total et souvent l’amertume silencieuse est de mise. En effet, la plupart sont encore payés entre quelques mois et plusieurs années pour les plus hauts postes et tout propos public leur ferait perdre le bénéfice de ce dispositif.
Les cadres que j’ai rencontrés ne veulent plus mettre les pieds dans le milieu horloger, écœurés par un mode de fonctionnement qui fait peu de cas de la personne humaine et de la vie de famille. Cela n’est nullement lié à une appréciation du travail à la française car beaucoup de Suisses abandonnent l’horlogerie définitivement. « C’est un immense chantier où la parole donnée n’a plus aucune valeur » me confiait un cadre. Certaines maisons sont mieux que d’autres, plus professionnelles et mieux dirigées mais la crise a généré un effet de panique meurtrier. Un cadre m’a dit » Je quitte un cauchemar quotidien, je n’imaginais plus à quel point on est mieux ailleurs. Il me faudra 6 mois pour m’en remettre. Je retrouve des horaires, la vraie vie et j’ai gardé cette angoisse du portable qui sonne à n’importe quelle heure et où depuis le bout du monde un patron sur-énervé se défoule sur le premier qui décroche ».
Une cadre me disait » Il y a le patron et tous les parasites qui tournent autour et agissent en son nom avec mépris et violence verbale ». « J’ai passé plus d’une décennie dans le groupe à 50 à 60 heures par semaine et quand je suis allée expliquer que j’envisageais de partir, on m’a répondu « Fous le camp immédiatement, je ne veux plus te voir ». « J’étais bien payée au prix de laisser santé et amour propre. » Un jour me confie une attachée de presse, on m’a appelé et dit que je ne servais à rien et que je devais partir dans l’heure. J’ai à peine pu récupérer mes affaires avec un vigile qui surveillait si je n’emmenais pas une montre… Comme si je pouvais avoir envie d’embarquer une montre d’une marque qui me jette à la rue… » Cette communicante est aujourd’hui dans un univers lié aux cosmétiques et explique que ce n’est pas si différent.
Que font les cadres qui sont partis ? L’un fait dans les vins haut de gamme, l’autre dans les assurances, un autre donne des cours pour une école de commerce, un autre a créé sa boite de communication, un autre fait dans les produits bio, la restauration, le e-commerce, a créé sa propre marque de montres, gèrent des voyages pour une institution publique, fait du conseil marketing, etc.
Tous ne veulent plus parler horlogerie car ils ont découvert l’enfer de l’autre côté du miroir. Personne ne crache dans la soupe et tout le monde reconnait des niveaux de salaires élevés mais plus aucun n’a envie de revivre ce qu’il a vécu… Un signe des temps !
28 septembre 2017 à 3h44 #420003693703ZEN
MembreCe sujet donne à réfléchir. Autant pour ceux qui voudraient travailler pour l’horlogerie que pour ceux qui y travaillent encore. Le management semble bousculé par ces témoignages. Bien sûr certains diront qu’ils étaient payés pour mais c’est un raccourci… Le malaise est profond et avoir une équipe motivée et enthousiaste est sans aucun doute le premier pas du succès.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).28 septembre 2017 à 3h54 #420003693704Rocca
MembreOn voit ça ailleurs, c’est un mouvement qui ne touche pas que le secteur de l’industrie horlogère.
J’ai en tête au moins deux exemples récents d’ingénieurs de haut niveau qui plaquent tout pour se reconvertir, l’un dans la cuisine, l’autre dans l’agriculture bio…
Après, la raison profonde de ces choix est probablement toujours la même : en avoir marre.
28 septembre 2017 à 4h27 #420003693705Manivel
Membre- ZEN a écrit:
- Le malaise est profond et avoir une équipe motivée et enthousiaste est sans aucun doute le premier pas du succès.
Les grands groupes n’en n’ont que faire…
Plus généralement, ils découvrent juste le monde de l’industrie moderne duquel ils étaient protégés jusqu’à présent.
C’est pour ma part a peu près comme cela que j’ai commencé ma carrière. Je n’ai donc jamais eu d’illusions sur le monde de l’entreprise.
Ajouté a cela les normes, la sécurité, les procédures… le monde du travail devient le même cauchemar un peu partout. On démotive, on empêche de travailler, on déconsidère, tout en en demandant toujours plus…
Je suis vraiment content d’être plus proche de la retraite que de mon premier job.
L’entreprise de demain ne sera supportable que pour des robots.28 septembre 2017 à 7h51 #420003693706Othon
Membre- Rocca a écrit:
- On voit ça ailleurs
On voit ça partout !
C’est juste que l’industrie du luxe aura été impactée plus tardivement.
Elle aura quand même tenu 10 ans (depuis 2007-2008…).28 septembre 2017 à 22h02 #420003693707fdam
Membreje suis un peu surpris par ce post.
ce qui est décrit plus haut c’est ce qui se passe partout aujourd’hui et pas seulement dans le secteur de l’horlogerie.
peut être que celui-ci a été épargné plus longtemps que les autres, mais j’ai l’impression d’avoir toujours connu ce que décrit Zen et n’avoir connu que ça …
28 septembre 2017 à 22h22 #420003693708fredperry63
Membre- Manivel a écrit:
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Les grands groupes n’en n’ont que faire…
Plus généralement, ils découvrent juste le monde de l’industrie moderne duquel ils étaient protégés jusqu’à présent.
C’est pour ma part a peu près comme cela que j’ai commencé ma carrière. Je n’ai donc jamais eu d’illusions sur le monde de l’entreprise.
Ajouté a cela les normes, la sécurité, les procédures… le monde du travail devient le même cauchemar un peu partout. On démotive, on empêche de travailler, on déconsidère, tout en en demandant toujours plus...
Je suis vraiment content d’être plus proche de la retraite que de mon premier job.
L’entreprise de demain ne sera supportable que pour des robots.
Ca me parle ça
28 septembre 2017 à 22h33 #420003693709Rocca
Membre- fredperry63 a écrit:
- Ca me parle ça
Ça parle un peu à tout le monde…
28 septembre 2017 à 22h34 #420003693710marken
MembreIl m’avait semblé lire jesaisplusou, que même philippe dufour embauchait des jeunes, mais ils se barraient tous au bout d’un moment tellement ça leur plaisient pas de bosser pour lui
28 septembre 2017 à 22h50 #420003693711francoisb
Membre- Rocca a écrit:
- On voit ça ailleurs, c’est un mouvement qui ne touche pas que le secteur de l’industrie horlogère.
J’ai en tête au moins deux exemples récents d’ingénieurs de haut niveau qui plaquent tout pour se reconvertir, l’un dans la cuisine, l’autre dans l’agriculture bio…
Après, la raison profonde de ces choix est probablement toujours la même : en avoir marre.
+1 : l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs…
Et pareil, je connais des employés qui se sont totalement reconvertis dans l’artisanat, quittant la compta, le travail à la chaine pour intégrer des petites structures voir devenir auto entrepreneur. Ils quittent le « confort » du salariat pour gagner en indépendance, en liberté. Mais bon, pour faire ça, faut pas trop tomber malade, travailler (sinon le collègue ne fera pas votre travail), savoir s’organiser, etc
28 septembre 2017 à 22h54 #420003693712gump25000
MembreCe type de situation me parait normal pour un pays qui ne dispose pas de contrat a duree indeterminé avec une protection des salaries inexistante aussi bien cadre que ouvriers.
Les francais sont souvent rayé pour leur cote contestataire et leur nombreuses greves mais force est de constater que plus on laisse faire nos dirigeants politiques ou d entreprises et plus la situation se degrade pour ceux en bas ou au millieu de la pyramide.
Le peuples commence a reagir comme par exemple en angletterre avec le brexit ou en allemagne avec la montee fulgurante de afd.
Le point commun de ces pays ? Sur le papier, le taux de chomage a jamais ete aussi bas et la situation economiques jamais ete aussi bonne.
Dans la realite ? le taux de pauvrete on explosé en allemagne avec les mini job ou en angleterre avec les contrat zero heures.A quant un reveil de la population suisse, de ces cadres et ouvrier, pour un monde du travail plus protecteur ?
28 septembre 2017 à 22h58 #420003693713leptitmanu
MembreTout simplement l’industrie horlogère suisse est en train de découvrir ce qui se passe depuis des décennies dans quasiment toutes les autres industries
Je ne sais pas si c’est du à leur réussite passée, au fait de vivre dans un microcosme mais ils ont été épargnés par des méthodes de management qu’on retrouve dans 90% des entreprises
Il ne faut pas se faire d’illusion, on peut s’investir autant qu’on voudra, vous n’aurez jamais un merci
Et quand on décidera de se passer de vous, votre investissement passé n’aura aucune valeur.c’est vérités c’est une responsable ressource humaine d’un grand groupe industriel qui me les a dite..
28 septembre 2017 à 23h04 #420003693714francoisb
Membreau niveau des mini-job, la France a fait un grand pas en avant avec les 35 H : les caissières ou autres emplois de vendeuses, accueil, qui auparavant avaient des contrats de 39 H permettant de tenir la semaine sont maintenant à 20 ou 25 H, pour que le commerce soit ouvert sur la même plage horaire. Du coup, les employés concernés ont souvent 2 boulots avec des horaires à adapter et plus de transport. Au départ, l’idée ne semble pas mauvaise (vraiment au départ hein).
Dans la boite de ma soeur, quasiment tous ceux qui font les pauses et qui sont en bonne santé sont auto-entrepreneurs à côté (surtout dans le bâtiment, peinture, électricité, maçonnerie, réhabilitation de biens immo de façon générale).
Au niveau du « merci », un chef m’a dit un jour « pourquoi te dirais merci pour ton travail ? tu es payé pour le faire et tu le fais pour être payé en argent, pas en remerciements. »
28 septembre 2017 à 23h05 #420003693715caput
Membre- Rocca a écrit:
- On voit ça ailleurs, c’est un mouvement qui ne touche pas que le secteur de l’industrie horlogère.
J’ai en tête au moins deux exemples récents d’ingénieurs de haut niveau qui plaquent tout pour se reconvertir, l’un dans la cuisine, l’autre dans l’agriculture bio…
Après, la raison profonde de ces choix est probablement toujours la même : en avoir marre.
Effectivement j’ai en lisant le post de Zen les mêmes pensées.
Quand je suis rentré dans ma première grande entreprise, après plusieurs mois, un chef de mauvaise humeur m’a dit « vous n’êtes qu’un matricule ! ». Je fus choqué.
Après plusieurs décennies de bons et loyaux travailles; amer constat, il avait raison !.28 septembre 2017 à 23h06 #420003693716ObjectifLune
MembreTant que le seul objectif sera de faire de l’argent, cela ne changera jamais. Les grands groupes ne voient que les chiffres, ils oublient l’humain, ils oublient même leurs produits, ils ne voient que le facteur rentabilité.

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