Ceux qui quittent les marques horlogères quittent de plus en plus l’horlogerie

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15 sujets de 16 à 30 (sur un total de 72)
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    Messages
  • #420003693717

    Le constat est malheureusement le même dans une multitude d’autres secteurs.
    Dans un contexte mondialisé où la concurrence est reine, les entreprises aperçoivent toutes le mur qui approche et pourtant elles continuent d’accélérer.

    #420003693718
    Jodark
    Membre

    C’est ça le monde professionnel, le dernier endroit où la violence verbale et les humiliations sont encore autorisées.

    #420003693719
    Tekila
    Membre

    oui c’est clair, dernier exemple en date avec l’émission cash investigation, avec en exemple les supermarchés Lidl et l’opérateur internet Free.

    #420003693720
    ashivan64
    Membre
    ObjectifLune a écrit:
    Tant que le seul objectif sera de faire de l’argent, cela ne changera jamais. Les grands groupes ne voient que les chiffres, ils oublient l’humain, ils oublient même leurs produits, ils ne voient que le facteur rentabilité.

    Shit

    Je pense que les entreprises raisonnent de plus en plus à court terme et mettent donc la rentabilité (de court terme) en priorité sur l’humain, le produit, le relationnel etc. (qui assurent la pérennité de l’entreprise).
    Mais pourquoi faire attention à cette pérennité en tant qu’actionnaire ? Il suffira de vendre ses actions au bon moment (et on sera bien placé par savoir quand sera le bon moment lorsqu’on siège au CA) et les transférer dans une autre entreprise qui subira alors le même sort.

    On atteint les limites de l’actionnariat qui ne sert plus à développer durablement une entreprise…

    #420003693721
    DON
    Membre

    Une chose est arrivée et qui transcende les secteurs d’activité :

    Les cols blancs sont devenus les nouveaux cols bleus : être cadre signifiait quelque chose auparavant : responsabilités, reconnaissance, rémunération, avantages, avancement dans les échelles hiérarchique et sociale… Aujourd’hui, c’est cumuler des responsabilités qui sortent largement du domaine de l’encadrement (les postes intermédiaires qui permettaient aux managers de se focaliser sur le management ont été massivement supprimés). Il faut savoir tout faire (« être totalement 360 » pour reprendre le terme utilisé par les cerveaux fumeux), le nombre de tâches a augmenté, le temps pour réaliser les tâches s’est raccourci, sans parler des organigrammes qui ont suivi les effets de mode comme l’organisation matricielle (une ineptie complète), la multiplication des équipes transversales… avec pour corollaire la multiplication des réunions (bah oui, il faut bien s’organiser dans tout ce merdier désordre) et des travaux de coordination. Il faut être connecté, « réactif », « proactif » et afficher le sourire (ou faire la gueule en région parisienne pour montrer qu’on est surbooké).

    Maintenant, je vais être clair, le plus gros problème, ce n’est pas la mondialisation ou la technologie, ce sont les managers eux-mêmes : beaucoup trop de managers en ont le titre mais n’en ont pas la compétence (dans le secteur horloger ou ailleurs). Des phrases comme le : « pourquoi te dirais merci pour ton travail ? tu es payé pour le faire et tu le fais pour être payé en argent, pas en remerciements » c’est le type de phrases que sortent les managers qui sont totalement indignes d’être managers (je dirais même qu’il faut être un sacré imbécile pour dire ce genre de choses). Il peut y avoir des moments de crise à affronter mais il existe aussi de véritables managers qui gardent leur calme, travaillent durs et font certes beaucoup travailler leurs subordonnés mais eux ils disent : « merci », « bravo », « d’autres challenges arrivent, nous allons les affronter ensemble et nous allons y arriver », ils entretiennent l’esprit d’équipe, affichent les objectifs, disent quels sont les moyens, annoncent clairement les deadlines et, même débordés, prennent 3 minutes pour écouter un coéquipier confronté à une impasse et lui annonce « voilà ce que je peux faire, voilà ce que je ne peux pas faire ». Sans crier, sans hurler, sans rabaisser. Mais si tout le monde avait les compétences pour être un bon manager, cela se saurait.

    _________________

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    « Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé« 
    Instagram : don_writer_w

    #420003693722
    marken
    Membre

    Monde cruel. Les francais sont bien contents de trouver des vols paris milan à 30 euros chez ryanair. Le prix à payer, ce sont des hotesses de l’air payées à coups de lance pierres.

    Qui souhaite voir leurs conditions de travail s’améliorer, mais avec une augmentation du prix du billet? personne.

    #420003693723
    marken a écrit:
    Monde cruel. Les francais sont bien contents de trouver des vols paris milan à 30 euros chez ryanair. Le prix à payer, ce sont des hotesses de l’air payées à coups de lance pierres.

    Qui souhaite voir leurs conditions de travail s’améliorer, mais avec une augmentation du prix du billet? personne.

    Faux, il me semble qu’une prise de conscience s’est opérée (certes très lente).
    Notamment dans des coopératives Bio où l’on retrouve des modus operandi strictes (gestion des collaborateurs, politique de rémunération, suivi des fournisseurs…).
    Le prix est un peu moins doux mais le succès est au rendez-vous.
    Mais en effet, le consommateur a un rôle très important à jouer (voir le plus important).

    #420003693724
    ObjectifLune
    Membre
    ashivan64 a écrit:
    On atteint les limites de l’actionnariat qui ne sert plus à développer durablement une entreprise…

    C’est ce qu’on appelle l’effet « nuage de sauterelle ». On vole d’entreprise en entreprise en puisant ce qu’il y a puiser et on repart sans regarder derrière soit.

    DON a écrit:
    Les cols blancs sont devenus les nouveaux cols bleus […]

    Très juste.
    Ce qui permet de maintenir ce système, c’est l’espoir de faire carrière. Les victimes comme les bourreaux ne veulent pas rejeter ce poing fermé qui peut leur fournir cette réussite.

    DON a écrit:
    beaucoup trop de managers en ont le titre mais n’en ont pas la compétence

    C’est que je disais cette semaine à un collègue manager. Etre manager ce n’est pas une promotion ou un titre, c’est un vrai métier. Ce point est trop souvent négligé (volontairement ?).

    Chinois

    #420003693725
    Manivel
    Membre

    Bon, le tableau est bien noir, je me dois d’apporté ma lueur d’espoir. J’ai la chance d’avoir intégré un domaine gratifiant ou le « travailler ensemble » a encore un sens et ou on se félicite les uns les autres pour le travail accompli.
    Tout n’est pas rose, on travail en sous effectif et avec des budgets limités, mais du fait que tout ce petit monde repose sur les bonnes volontés on se reconnaît et ça se passe bien.
    J’ai bien conscience d’être privilégié, surtout par rapport a ce que j’ai connu, et suis bien content d’avoir pour l’instant quitté le monde de l’industrie.

    #420003693726
    ObjectifLune a écrit:

    C’est que je disais cette semaine à un collègue manager. Etre manager ce n’est pas une promotion ou un titre, c’est un vrai métier. Ce point est trop souvent négligé (volontairement ?).

    Chinois

    Dans mon activité, il est récurrent de voir de très bons techniciens passer manager.
    Ils n’ont absolument pas la compétence pour gérer une équipe mais ils le deviennent.
    Dans les faits,  »devenir manager » est une promotion qui permet d’accéder à une rémunération plus attractive.

    C’est un peu différent aux USA (pas partout), où l’on peut retrouver dans une même équipe un technicien mieux rémunéré que son manager.
    En bref, j’ai parfois l’impression que  »réussir » est forcément synonyme d’une monter dans l’organigramme. Parfois même à contrecœur.

    #420003693727
    dabu
    Membre
    fdam a écrit:
    je suis un peu surpris par ce post.

    ce qui est décrit plus haut c’est ce qui se passe partout aujourd’hui et pas seulement dans le secteur de l’horlogerie.

    peut être que celui-ci a été épargné plus longtemps que les autres, mais j’ai l’impression d’avoir toujours connu ce que décrit Zen et n’avoir connu que ça …

    Surpris aussi, tout ce que je « vois » c’est des personnes bien payées travailler dans un domaine plutôt sympas.

    Je ne comprends pas que l’on puisse faire un travail pendant 10 ans (même 15 jours) et venir s’en plaindre une fois que c’est fini. Si un travail ne correspond plus à ce que l’on recherche, on va voir ailleurs. Il faut remettre l’église au milieu du village en disant que c’est plus l’employeur qui a besoin de nous que l’inverse. J’ai des compétences et je les mets au service d’un employeur qui a un emploi qui, aujourd’hui, me va. Si demain mes besoins changent, je me barre ploiement; nul place pour la charité.
    Cela n’empêche pas d’avoir de bonnes relations avec ses supérieurs au contraire.
    De nos jours, il faut être mobile sur tous les points (nature du travail, région, pays, …) et…il n y a pas de sous métier.

    Personnellement, si j’arrive à rentrer chez Dufour, je sabre le champagne et m’estime très chanceux..

    Sinon les cadres qui touchent leur paie pour se reconvertir (enfin pour planifier leur reconversion) vous en pensez quoi? Ceux qui quittent les marques horlogères quittent de plus en plus l'horlogerie - Page 2 Blunt_gi Mr. Green Mr. Green

    #420003693728
    francoisb
    Membre

    Dabu,

    La marraine de ma filleule (hors famille) a payé son appart avec 2 ruptures conventionnelles, moi je rembourse toujours… (deux enfants, deux fois la même méthode pour se faire virer à l’amiable, et comme ses compétences sont recherchées, elle envoie un CV et elle a une réponse positive sous quinzaine). Mais bon, c’est très rare…

    Tu as une autre question dans le genre ?

    #420003693729
    dabu a écrit:

    Surpris aussi, tout ce que je « vois » c’est des personnes bien payées travailler dans un domaine plutôt sympas.

    Je ne comprends pas que l’on puisse faire un travail pendant 10 ans (même 15 jours) et venir s’en plaindre une fois que c’est fini. Si un travail ne correspond plus à ce que l’on recherche, on va voir ailleurs. Il faut remettre l’église au milieu du village en disant que c’est plus l’employeur qui a besoin de nous que l’inverse. J’ai des compétences et je les mets au service d’un employeur qui a un emploi qui, aujourd’hui, me va. Si demain mes besoins changent, je me barre ploiement; nul place pour la charité.
    Cela n’empêche pas d’avoir de bonnes relations avec ses supérieurs au contraire.
    De nos jours, il faut être mobile sur tous les points (nature du travail, région, pays, …) et…il n y a pas de sous métier.

    Personnellement, si j’arrive à rentrer chez Dufour, je sabre le champagne et m’estime très chanceux..

    Sinon les cadres qui touchent leur paie pour se reconvertir (enfin pour planifier leur reconversion) vous en pensez quoi? Ceux qui quittent les marques horlogères quittent de plus en plus l'horlogerie - Page 2 Blunt_gi Mr. Green Mr. Green

    Tu as des enfants ?
    Quand tu es seul avec des compétences recherchées, je suis en phase avec ton analyse.
    Mais si t’as 45 ans, 3 enfants, le bon salaire qui te permet de rembourser ton gros emprunt tous les mois… Tu réfléchis un peu plus que 2 secondes avant de prendre ce genre de décision.

    #420003693730
    Invité
    Membre

    Tout ça montre au moins une chose : l’industrie horlogère s’aligne sur ce qui se passe dans les autres métiers (et encore, elle semble assez protégée, puisque tout ça ne semble arriver qu’aujourd’hui alors que ça fait 15 ans que c’est comme ça ailleurs, et que c’est bien pire dans certains secteurs comme la grande distribution – au hasard)

    #420003693731
    Lomaing
    Membre

    Je vais me faire peut-être haïr, mais une personne très proche (famille) cadre sup avec de belles responsabilités et qui est bien rémunéré a passé une vilaine période cette année. La raison, problème de production (technique à expliquer, bref). Epuisé tous les soirs à se faire souffler dans les bronches, à trimer comme un malade.

    Il me racontait les réunions gueulantes du Big Boss parce que vraiment c’était la merde… et de me dire, avec beaucoup de bon sens et de bonne foi je trouve, que ouais, quand t’es cadre sup, t’es bien payé pas que pour faire le chef ou pour diriger les autres et empocher le chèque à la fin du mois! ça implique des responsabilités et quand ça va pas, ben faut pas toujours que ça soit la faute du manutentionnaire ou de l’ouvrier de prod. Il n’a pas tort, on peut pas toujours avoir le beurre et l’argent du beurre…

    Après, on est tous conscient que le secteur horloger traverse une période tendue, ce qui implique forcément des tensions en interne.

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