Kiss Landing…

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15 sujets de 121 à 135 (sur un total de 247)
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  • #420004448896
    fredched
    Membre

    Je vais tenter une analogie entre l’horlogerie et l’automobile, étant un amateur des deux domaines.
    J’adore les dernières Bugatti qui sont des prouesses technologiques mais totalement inutiles. Je trouve tout à fait logique que ces modèles existent car ils me font rêver, même s’ils me sont inaccessibles.
    En effet, je conduis une automobile produite en masse.

    Il en est de même pour l’horlogerie avec les modèles à tourbillons, chaine Duale, ou autre prouesse qui m’échappe…
    Comme pour l’automobile, je porte des modèles qui sont produits à grand volume. C’est ma manière de posséder une part de rêve…

    La chose que je déplore c’est la qualité inversement proportionnelle à la politique tarifaire des différentes marques. Pour beaucoup de maisons, les horlogers sont devenus des assembleurs et ne s’intéressent plus aux réglages.
    Ma première montre automatique de la marque au sablier ailé achetée en 2009 équipée d’un modeste Valjoux 7750 (non COSC) se situe dans les tolérances de la marque à la couronne, et cela même après révision. Pour les modèles achetés ces deux dernières années, ils sont ou vont partir au SAV car leurs dérives sont pires que des Seiko 5 d’il y a 20ans… Et pourtant elles sont Swiss Made.
    Je pensais naïvement que le label Swiss Made était un marqueur d’excellence, alors que ce n’est qu’un marqueur marketing.
    Les billets de Zen indiquent justement ce manque de transparence de la part des marques. Dès lors, cela devient difficile de s’y retrouver et j’avoue avoir de plus en plus de scrupules à acheter un modèle Swiss Made, car ce n’est pas le gage de qualité que cela devrait être.

    #420004448897
    trinita
    Membre
    Guy Sémon a écrit:
    Donc pour vous le SM ne sert à rien ? c’est cela ? Et pourquoi avant, c’est quoi qui à changé ? La part suisse est passée de 50% à 60% c’est déjà ça même si pas parfait.

    non pas qu’il serve a rien, il a une utilité il induit les gens en erreur, c’est donc seulement un argument marketing mensonger.
    Tant que l’on trouvera normal qu’un cadran fabriqué en chine ou ailleurs arrive en suisse avec écrit swiss made dessus la crédibilité des marques restera inexistante aux yeux
    des passionnés, qui ne manqueront pas de le faire savoir a leur entourage et toute l’industrie en pâtie a la fin.
    et apres on s etonne que tout monde veuille sa rolex ou sa patek…
    Je vais donc retourner acheter des seiko et regarder les nouvelles parmigiani, c’est pas la mode mais je sais ce que j’achète au moins.

    #420004448898
    Guy Sémon
    Membre
    tépépé a écrit:
    Je me sens presque gêné d’avoir à rappeler un fait historique à un expert de votre envergure.

    Il n’y avait alors ni chaine robotisée, ni CNC, ni fabrication en Chine, ni galopins sur IG, FB et autres réseaux.
    C’était déjà avec des machines, évidemment… mais il y avait des gens derrière ou devant, et ces gens étaient en Suisse.

    J’attends (en vain…) la transparence de la part des fabricants helvétiques.
    Qu’un seul d’entre eux, et de préférence une référence mondiale, se décide à déclarer la part suisse des composants de ses montres, bracelets inclus, puisque ce sont des montres-bracelets.
    Il me semble relever de l’éthique élémentaire de passer ce cap quand on vend le « Swiss Made » avec autant d’application, voire d’ardeur, et qu’il représente une partie importante de la valeur pour le client final.

    Devant les CNC il y a aussi des compagnons. Une voiture GT est également fabriquée avec des CNC cela n’enlève rien à l’émotion. L’époque dont vous parlez n’était pas uniquement en Suisse mais aussi en France. Il y a les passionnés de tradition et ceux de modernité. La montre mécanique traditionnelle, faite à la main, et la nouvelle où il n’existe pas de limites. La première est une montre d’horloger, la seconde d’ingénieur, avec des horlogers. Tous les domaines techniques ont cette dualité. Dans l’automobile il y a les amateurs, d’anciennes, de carburateurs, et ceux qui aiment les nouvelles avec tout ce que cela implique.

    Les fabricants sont transparents, ils obéissent aux lois et aux normes. Le Swiss Made est légal, il est ce qu’il est. Mais aucune voiture n’est faite en Allemagne avec 100% de composants allemands, pourquoi diable l’horlogerie suisse devrait être une exception ? D’ailleurs sur ce forum, les contributeurs ne sont pas tous intéressés pas le SM. La vocation d’une entreprise est de produire un résultat positif. Il y a une concurrence et cela impose de se battre avec les mêmes armes. Ce qui pose un problème n’est pas d’utiliser une boite faite en Asie (aucune différence par rapport à celle fabriquée en Suisse), mais de ne pas informer le client. Sur ce point c’est au client d’être exigeant et de demander l’information avec en face le droit de ne pas acheter. Faire évoluer le SM dans sa dernière version a pris plus de 10 ans ! Mais jamais sans cadre légal une marque de volume ne publiera le sourcing de ses composants. Cependant, et vous le savez bien des marques produisent tout en Suisse… Célèbre couronne, marque du Brassus, shield de Genève, celle qui emprunte à sa descendance… beaucoup de marques fabriquent tout en Suisse et heureusement. Là encore c’est le consommateur qui fait le marché.

    #420004448899
    Guy Sémon
    Membre
    fredched a écrit:
    Je vais tenter une analogie entre l’horlogerie et l’automobile, étant un amateur des deux domaines.
    J’adore les dernières Bugatti qui sont des prouesses technologiques mais totalement inutiles. Je trouve tout à fait logique que ces modèles existent car ils me font rêver, même s’ils me sont inaccessibles.
    En effet, je conduis une automobile produite en masse.

    Il en est de même pour l’horlogerie avec les modèles à tourbillons, chaine Duale, ou autre prouesse qui m’échappe…
    Comme pour l’automobile, je porte des modèles qui sont produits à grand volume. C’est ma manière de posséder une part de rêve…

    La chose que je déplore c’est la qualité inversement proportionnelle à la politique tarifaire des différentes marques. Pour beaucoup de maisons, les horlogers sont devenus des assembleurs et ne s’intéressent plus aux réglages.
    Ma première montre automatique de la marque au sablier ailé achetée en 2009 équipée d’un modeste Valjoux 7750 (non COSC) se situe dans les tolérances de la marque à la couronne, et cela même après révision. Pour les modèles achetés ces deux dernières années, ils sont ou vont partir au SAV car leurs dérives sont pires que des Seiko 5 d’il y a 20ans… Et pourtant elles sont Swiss Made.
    Je pensais naïvement que le label Swiss Made était un marqueur d’excellence, alors que ce n’est qu’un marqueur marketing.
    Les billets de Zen indiquent justement ce manque de transparence de la part des marques. Dès lors, cela devient difficile de s’y retrouver et j’avoue avoir de plus en plus de scrupules à acheter un modèle Swiss Made, car ce n’est pas le gage de qualité que cela devrait être.

    Vous avez absolument raison, tout débute par l’émotion et la passion. La plus grande part des consommateurs a votre raisonnement et c’est ce qui permet à l’horlogerie mécanique d’encore exister. Seul le mécanique haut de gamme (supérieur en prix de vente à 9’000 CHF) augmente. Le quartz s’effondre, le moyen de gamme (marques de volume) est sévèrement secoué. Une marque de volume repose avant tout sur « la marque », dans ce mot, tout est dit. Le marketing devance le produit, c’est ainsi. Regardez les publicités, l’ambassadeur est énorme, le produit tout petit… on achète quoi ? L’ambassadeur, la marque ou le produit ? Beaucoup de consommateur achètent une marque. Ensuite il y a le prix, si vous avez un budget par exemple de 2’500 Euros, un détaillant va vous proposer plusieurs produits et plusieurs marques. A ce prix, en mécanique, c’est de l’intégration ! Là vous achetez la marque et le design… Le marché change, regardez un des lauréats du GPHG de cette année, petite sœur d’une grande couronne… chronomètre à 3’500 CHF… pas mal non ? Ensuite vous devez aussi prendre en compte la durée de garantie. Les grandes marques qui fabriquent donnent de plus en plus 5 ans, beaucoup de marques de volume nettement moins. Aurions-nous l’idée d’acheter une voiture garantie 2 ans ? Non car toute la concurrence donne bien plus. Là encore c’est au client de créer le marché. Si tout le monde arrête d’acheter des fraises au moins de février cultivées en Espagne sans goût, ces fraises disparaitront des étals CQFD. Un truc simple, écrivez à la marque en demandant qui fabrique le mouvement et la boite. L’absence de réponse vaut réponse.

    #420004448900
    Guy Sémon
    Membre
    trinita a écrit:
    non pas qu’il serve a rien, il a une utilité il induit les gens en erreur, c’est donc seulement un argument marketing mensonger.
    Tant que l’on trouvera normal qu’un cadran fabriqué en chine ou ailleurs arrive en suisse avec écrit swiss made dessus la crédibilité des marques restera inexistante aux yeux
    des passionnés, qui ne manqueront pas de le faire savoir a leur entourage et toute l’industrie en pâtie a la fin.
    et apres on s etonne que tout monde veuille sa rolex ou sa patek…
    Je vais donc retourner acheter des seiko et regarder les nouvelles parmigiani, c’est pas la mode mais je sais ce que j’achète au moins.

    Non le SM n’est pas un argument marketing, c’est un label légal protégé par la Confédération Helvétique. Il est sensé garantir que le produit est conçu en Suisse, mouvement compris et que 60% de sa valeur et d’origine suisse. Ensuite l’assemblage et le réglage doivent être suisses.

    Ce n’est pas un mensonge car tout est porté à la connaissance du consommateur. Ce qui est inscrit sur un cadran relève d’un produit global et assemblé pas d’un composant en particulier. Au titre du SM il peut être aussi bien fabriqué en Suisse qu’ailleurs. Le principe actif de n’importe quel médicament est fabriqué en Asie, cela ne semble pas poser de problème aux consommateurs. La Bugatti citée plus haut a aussi des composants asiatique, cela n’enlève rien à son caractère exceptionnel.
    Une usine de cadrans asiatique ou suisse est absolument identique. Les même plaques de laiton, les mêmes traitements galvaniques, les mêmes normes, les mêmes moyens pour fabriquer les index et les appliques. Ce sont également les même procédés de décoration.

    Pour les deux marques que vous citez, n’oubliez pas d’écrire pour demander l’origine des composants majeurs, c’est un bon moyen de savoir comment est constituée sa montre, car la marque n’a pas le droit de mentir dans sa réponse, elle peut au pire, ne pas répondre en disant que c’est confidentiel. Cela vaut, comme déjà dit, réponse… car si c’est suisse il n’y a pas de raison pour ne pas le dire…

    #420004448901
    trinita
    Membre
    Guy Sémon a écrit:

    Non le SM n’est pas un argument marketing, c’est un label légal protégé par la Confédération Helvétique. Il est sensé garantir que le produit est conçu en Suisse, mouvement compris et que 60% de sa valeur et d’origine suisse. Ensuite l’assemblage et le réglage doivent être suisses.

    c’est bien la ou le bas blesse a mes yeux, je dis que c’est du marketing mensonger car même si vous avez raison sur le fond on est tous d’accord,

    si vous demandez a 100 personnes dans la rue a votre avis qu’est ce qu’une montre swiss made, je pense que la majorité répondra 100% fait en suisse.

    Alors bien sur le consommateur doit se renseigner, toussa toussa,
    mais la fédération ne devrait pas accepter qu’une appellation aussi explicite que swiss made, ne veuille pas dire ce qu’elle dit.

    Que se passe t il quand le client néophyte va pour la premiere fois acheter une belle montre pour son anniversaire, qu’on lui vend
    les histoires sur les pseudos manufactures, le swiss made, le savoir faire ancestral, et que des qu’il en parle autour de lui on lui apprend
    que sa montre a 6k quasi faite qu’avec des composant chinois . on peut toujours essayer de se réconforter en se disant que la qualité est la même,
    en tout cas ce sont bien nos emplois qui sont partis la bas, et surement pas pour que le prix baisse et que le produit soit accessible a plus de gens.

    Franchement c’est un choix de vie et de savoir dans quelle société nous voulons vivre, perso je veux consommer local, et au prix d’une montre de
    nos jours cela devrait être le cas, ou alors on ne les appelles pas swiss made et les client feront son choix . On verra bien si la provenance des composants
    n’a pas d’importance….

    #420004448902
    tépépé
    Membre
    Guy Sémon a écrit:

    Devant les CNC il y a aussi des compagnons. Une voiture GT est également fabriquée avec des CNC cela n’enlève rien à l’émotion. …
    etc
    …
    Les fabricants sont transparents, ils obéissent aux lois et aux normes. Le Swiss Made est légal, il est ce qu’il est. … etc

    Nous savons tout cela, nous ne sommes ni naïfs ni mal informés.
    et notre ami google est si rapide///
    https://www.letemps.ch/economie/swiss-made-aux-origines-dun-label-controverse
    https://labs.letemps.ch/interactive/2016/montres-swiss-made/

    La question du « swiss made » est un marronnier sur tous les forums. Rolling Eyes
    Quand à la sempiternelle comparaison horlogerie/automobile…
    C’est de la diversion pure et simple. de l’amalgame, classique.

    Le Swiss Made horloger est une cause perdue pour les amateurs:
    Celle qui oppose un discours commerçant qui (sur)vend une appellation d’origine à une réalité industrielle qui la dément pour 50% de ses composants (en valeur, pas en volume… attention à ce menu détail).

    « La carte n’est pas le territoire »
    Le malentendu persistera aussi longtemps que la définition écrite permettra de l’interpréter sur le terrain en toute opacité.

    #420004448903
    Guy Sémon
    Membre
    trinita a écrit:
    c’est bien la ou le bas blesse a mes yeux, je dis que c’est du marketing mensonger car même si vous avez raison sur le fond on est tous d’accord,

    si vous demandez a 100 personnes dans la rue a votre avis qu’est ce qu’une montre swiss made, je pense que la majorité répondra 100% fait en suisse.

    Alors bien sur le consommateur doit se renseigner, toussa toussa,
    mais la fédération ne devrait pas accepter qu’une appellation aussi explicite que swiss made, ne veuille pas dire ce qu’elle dit.

    Que se passe t il quand le client néophyte va pour la premiere fois acheter une belle montre pour son anniversaire, qu’on lui vend
    les histoires sur les pseudos manufactures, le swiss made, le savoir faire ancestral, et que des qu’il en parle autour de lui on lui apprend
    que sa montre a 6k quasi faite qu’avec des composant chinois . on peut toujours essayer de se réconforter en se disant que la qualité est la même,
    en tout cas ce sont bien nos emplois qui sont partis la bas, et surement pas pour que le prix baisse et que le produit soit accessible a plus de gens.

    Franchement c’est un choix de vie et de savoir dans quelle société nous voulons vivre, perso je veux consommer local, et au prix d’une montre de
    nos jours cela devrait être le cas, ou alors on ne les appelles pas swiss made et les client feront son choix . On verra bien si la provenance des composants
    n’a pas d’importance….

    Vous avez raison mais la Fédération Horlogère est un organisme corporatiste qui représente la profession. Les marques qui siègent dans son conseil sont comparables à groupe lobbyiste. La mise en œuvre de la nouvelle ordonnance de 2013 a été un compromis entre ceux qui voulait plus de 60% (un célèbre groupe de Bienne voulait 80%) et d’autres qui poussaient vers le bas. Comme tous les compromis ça ne satisfait personne… Les marques très industrialisées poussent vers le haut, les intégratrices vers le bas. Il ne faut pas perdre de vue que dans une montre (marque de volume) vous avez une structure de marge dans laquelle il faut rémunérer le détaillant. Sur ce qui reste il faut payer le coût du produit, le marketing, la structure de l’entreprise (central et filiales) et évidemment dégager une marge. Vous l’aurez compris, le coût du produit n’est pas l’essentiel. Le meilleur exemple est le parfum où le prix du jus et bien inférieur à celui du packaging ou du marketing… Finalement c’est un peu le cas pour tout le luxe en dehors du vrai luxe artisanal qui ne touche que des niches (haute-couture, très grand-crus, maroquinerie artisanale etc…). Vous avez raison, regardez maintenant beaucoup de supermarchés proposent du circuit court et des produits à l’origine documentée. Mais c’est le client qui a provoqué cela depuis des scandales comme la vache folle ou la viande de cheval dans les lasagnes pur bœuf. Si le client horloger devient éduqué car informé il adoptera les mêmes exigences car il n’est pas idiot. Encore une fois c’est l’information qui éduque le client et provoque le marché et la concurrence. C’est bien ce que vous faites sur ce forum. Je vous rassure je suis 100% pour la déclaration d’origine, mais cette industrie, comme toutes les autres est pilotée par des financiers.

    #420004448904
    Guy Sémon
    Membre
    tépépé a écrit:
    Nous savons tout cela, nous ne sommes ni naïfs ni mal informés.
    et notre ami google est si rapide///
    https://www.letemps.ch/economie/swiss-made-aux-origines-dun-label-controverse
    https://labs.letemps.ch/interactive/2016/montres-swiss-made/

    La question du « swiss made » est un marronnier sur tous les forums. Rolling Eyes
    Quand à la sempiternelle comparaison horlogerie/automobile…
    C’est de la diversion pure et simple. de l’amalgame, classique.

    Le Swiss Made horloger est une cause perdue pour les amateurs:
    Celle qui oppose un discours commerçant qui (sur)vend une appellation d’origine à une réalité industrielle qui la dément pour 50% de ses composants (en valeur, pas en volume… attention à ce menu détail).

    « La carte n’est pas le territoire »

    Le malentendu persistera aussi longtemps que la définition écrite permettra de l’interpréter sur le terrain en toute opacité.

    Permettez-moi de ne pas être d’accord, il n’y a pas de malentendu. L’ordonnance de la Confédération est très claire et publique (FH – Swiss made : la seule véritable référence) (RS 232.119 (fhs.swiss)). Une loi ne peut pas mentir ! Maintenant que l’explication au client soit insuffisante, volontairement ou pas c’est une autre histoire. C’est comme dans l’agroalimentaire, quelle marque irait volontairement citer des produits non réglementés si cela l’arrange de les utiliser pour gagner plus d’argent ? C’est évidemment pas très moral mais l’économie de marché n’est pas morale. Si la majorité d’une profession a voté pour que 60% de la valeur soit d’origine suisse c’est aussi que si vous monter à 80%, je ne parle même pas de 100%, plus de la moitié de cette industrie (en volume) met la clé sous la porte… Aucun état ne peut se permettre cela.

    #420004448905
    FrozenBrain
    Membre
    Guy Sémon a écrit:
    Le CSEM a vendu au consortium Patek, Omega, Rolex la techno silicium dérivée des technos archi connues DRIE en gravure profonde, ce qui est très bien

    1. Le CSEM n’a pas inventé l’attaque profonde du silicium. Il ne pouvait donc pas vendre cette technologie aux horlogers. Les premiers développements de pièces en silicium ont d’ailleurs été fait avec Ulysse Nardin avant le consortium Patek/Swatch/Rolex.
    2. La DRIE a été inventée par BOSCH en 1994. Le premier MEMS fabriqué à l’aide de cette technologie a été commercialisé en 1997. Le CSEM a commencé a faire des pièces horlogères par DRIE à la même époque. Difficile donc d’affirmer que cette technologie était archi connue puisque nous étions vraiment au début de son utilisation, même dans l’industrie du semiconducteur.
    3. La plupart des pièces horlogères en silicium sont d’ailleurs inutilisables en tant que telles puisque les propriétés mécaniques du silicium varient avec la température. C’est donc cette innovation (la compensation thermique du silicium) qu’a développé le CSEM pour que ce matériau puisse enfin être utilisé dans l’horlogerie. Cela va du spiral (exclusivité vendue à Patek/Rolex/Swatch Group) en passant par d’autres mécanismes dont le régulateur Genéquand, l’échappement constant de Girard Perregaux ou encore l’oscillateur de la Defy Lab.
    4. En conclusion, sans le travail de point du CSEM sur le silicium dès l’arrivée de la DRIE et le développement de la compensation thermique pour le spiral, tous les autres développements ci-dessus auraient difficilement pu voir le jour.

    Je clarifie mais je suis à 99% sûr que vous savez déjà cela. Pourquoi donc se donner la peine de minimiser le rôle du CSEM, organisme à but non-lucratif? Cela reste un mystère pour moi. Je précise que je travaille pour le CSEM.

    #420004448906
    Faz
    Membre

    Le swiss made est il fait pour rassurer le client?
    C’est quand même un label un peu obscur.
    60% de la valeur de la montre, ok… mais comment un client lambda peut-il quantifier la répartition des coûts dans une montre labelisée suisse?

    Pour cela, il faut quand même connaitre parfaitement le prix de revient de chaque pièce avec le coût de la main d’œuvre suisse et chinoise.

    Je pense même qu’il y a plusieurs façons d’arriver à ces 60% pour une même montre

    J’imagine qu’il serait assez simple de passer de 60% à 80% par exemple, juste en ajoutant une pièce manufacturée en provenance de suisse ou en renégociant les tarifs avec les collaborateurs chinois.

    Bref, pour moi, ce label swiss made est juste de la poudre aux yeux qui me donne envie de faire mes achats en fonction d’autres critères.

    #420004448907
    tépépé
    Membre
    Guy Sémon a écrit:
    C’est évidemment pas très moral mais l’économie de marché n’est pas morale.

    Ben voilà, on y arrive…
    C’est une affaire de sous pour l’industrie (ce qui est bien normal) et pour le client final c’est une part de rêve, de tradition, etc.

    extrait du dossier du Temps (journal helvétique déjà mis en lien pour ceux qui découvriraient la chose)

    « Leur nombre exact est inconnu. Leur identité aussi. La liste des sociétés horlogères qui font partie de l’association IG Swiss Made – pour Interessengemeinschaft, soit la communauté d’intérêt qui a lutté contre le renforcement du label – dort dans un coffre du cabinet d’avocat Pugatsch, à Zurich. «Une trentaine d’entreprises ont été d’accord de signer pour rejoindre cette association à la condition que leur nom ne soit jamais cité et qu’elles soient représentées par ce cabinet d’avocats», se souvient Ronnie Bernheim. »

    C’est là qu’est l’os. L’ospacité. Rolling Eyes

    « Entre 2009 et 2013, pendant les discussions sur la loi Swissness, une véritable bataille fait rage sous la coupole. «La pression était énorme, les parlementaires nous ont dit qu’ils avaient rarement subi autant de lobbying», explique Ronnie Bernheim, qui précise qu’IG Swiss Made était pour un règlement du Swiss made transparent pour les consommateurs: «Nous nous étions engagés surtout contre la manière de le calculer, qui posait des problèmes aux PME actives dans le moyen et le bas de gamme. De notre point de vue, cela devenait un instrument pour renforcer la position des grands groupes au détriment des PME horlogères.»
    Face à lui, la FH brandit l’argument de la création d’emplois qui séduit bon nombre de parlementaires. «C’est complètement faux», s’énerve encore Ronnie Bernheim. Lui, en tant qu’économiste, prétend au contraire que le nombre d’emplois va diminuer et que la qualité des produits risque de baisser. «Pour que le pourcentage de valeur suisse dans le produit final soit plus élevé, les marques vont juste acheter des composants étrangers moins coûteux, et donc de qualité inférieure...»
    https://labs.letemps.ch/interactive/2016/montres-swiss-made/

    Il suffirait de faire comme pour un produit alimentaire puisque c’était évoqué.
    Justement c’est devenu beaucoup plus exemplaire côté affichage… pas parfait sans doute mais on a de quoi lire autre chose que des « héritages et traditions » (quelle marque ne revendique pas ou ne crée pas sa ligne « héritage » ?
    Une étiquette précisant ce qui est suisse et ce qui ne l’est pas. Comme vous le dites vous-même, l’horlogerie traditionnelle repose sur des éléments simples.
    Axes, roues, leviers, ressorts, pierres, platine, ponts, etc
    On pourrait imaginer que ce soit un peu transparent pour une fois Rolling Eyes
    etc, fini sur ce fil, on tourne en rond. scratch

    #420004448908
    Guy Sémon
    Membre
    FrozenBrain a écrit:

    1. Le CSEM n’a pas inventé l’attaque profonde du silicium. Il ne pouvait donc pas vendre cette technologie aux horlogers. Les premiers développements de pièces en silicium ont d’ailleurs été fait avec Ulysse Nardin avant le consortium Patek/Swatch/Rolex.
    2. La DRIE a été inventée par BOSCH en 1994. Le premier MEMS fabriqué à l’aide de cette technologie a été commercialisé en 1997. Le CSEM a commencé a faire des pièces horlogères par DRIE à la même époque. Difficile donc d’affirmer que cette technologie était archi connue puisque nous étions vraiment au début de son utilisation, même dans l’industrie du semiconducteur.
    3. La plupart des pièces horlogères en silicium sont d’ailleurs inutilisables en tant que telles puisque les propriétés mécaniques du silicium varient avec la température. C’est donc cette innovation (la compensation thermique du silicium) qu’a développé le CSEM pour que ce matériau puisse enfin être utilisé dans l’horlogerie. Cela va du spiral (exclusivité vendue à Patek/Rolex/Swatch Group) en passant par d’autres mécanismes dont le régulateur Genéquand, l’échappement constant de Girard Perregaux ou encore l’oscillateur de la Defy Lab.
    4. En conclusion, sans le travail de point du CSEM sur le silicium dès l’arrivée de la DRIE et le développement de la compensation thermique pour le spiral, tous les autres développements ci-dessus auraient difficilement pu voir le jour.

    Je clarifie mais je suis à 99% sûr que vous savez déjà cela. Pourquoi donc se donner la peine de minimiser le rôle du CSEM, organisme à but non-lucratif? Cela reste un mystère pour moi. Je précise que je travaille pour le CSEM.

    Le CSEM est l’inventeur du spiral en silicium et est titulaire d’un brevet valable délivré dans différents pays. En effet il n’y pas d’inventeur des procédés DRIE mais a intelligemment et brillement utilisé ces techniques au profit de la fabrication des spiraux. Il a cédé des licences exclusives à un consortium SG/Rolex/Patek. Les spiraux Sigatec sont venu bien après et ont donné lieu à un contentieux soldé par un accord amiable. La réalisation d’autres pièces que les spiraux, ancres par exemple relève de l’art antérieur ou public et ne peut être breveté. La marque dont vous parlez a réalisé un pivotement flexible d’ancre. Ce n’est ni un mécanisme ni une nouveauté largement diffusée dans des produits commerciaux ce qui n’enlève rien au mérite de ses inventeurs. La réalisation d’un pivotement flexible est antérieur à cette invention. Elle ne remet en cause aucun principe connu, ni l’échappement (cycle) ni la régulation. Le DRIE est une technique il en existe bien d’autres et plus anciennes, le Bosch que vous citez à juste titre, mais des tas de publications antérieures font état de procédés de gravure dans le silicium monocristallin. Il convient de se mettre d’accord sur ce que l’on appelle gravure profonde.

    Le silicium, comme tous les métaux, possède un coefficient d’expansion thermique mais il a l’énorme avantage de posséder un oxyde qui possède un comportement inverse, de qui permet de faire des ressorts à très faible CTE en adéquation avec celui du balancier. Ce sont les gens de l’électronique qui sont à l’origine de toutes ces techniques.
    Le régulateur Généquand est monté dans quelle montre commerciale ? Des publications de performances existent-elles ? L’échappement GP à force constante, principe par ailleurs connu, utilise en effet des composants en silicium du type flexibles. En termes de performance cela apporte quoi et est certifié par qui ? La Defy lab est la seule montre au monde mécanique qui n’utilise pas le principe de Huygens de 1675, certifiée tête de vipère par l’Observatoire de Besançon et vendue commercialement. Le régulateur intègre une partie de l’échappement et une seule pièce en remplace 32. La plupart des régulateurs ont été réalisés en sous-traitance au CSEM mais aussi en Hollande chez Philipps et à l’université de Delft (je ne cite que des données publiques). Vous pouvez réaliser toutes les inventions dont vous avez parlé dans n’importe quel centre technique qui travaille en gravure profonde (FemtoST Besançon, Grenoble…). D’ailleurs des labos sont déjà prêts aux USA et en Asie mais aussi en Europe pour réaliser des spiraux dès que l’invention sera dans le domaine public dans deux ans (le grandes marques horlogères ont toutes été visitées par des technico commerciaux avec protos à l’appui). Si vous regarder les brevets (quand ils existent) des inventions citées, le fabricant n’est pas (en dehors des spiraux) cité dans l’art antérieur. Je ne minimise le rôle de personne, je donne un point de vue technique pour éviter le blabla marketing des revues de presse. Car si le marketing fait du mal à l’horlogerie, les annonces du régulateur machin ou l’échappement truc non monté dans une montre et non certifié relève des même effets d’annonce. D’autres experts existent et si des avis sont contradictoires tant-mieux. Une seule vérité existe, les publications, les brevets délivrés avec rapport d’examen, les mesures indépendantes, les certifications officielles et les produits vendus. Le CSEM est comme le CRNS en France, financé par de l’argent public et c’est très bien. Le CSEM est un laboratoire de renommée internationale dans ses domaines de compétence que tout le monde reconnait. Loin de moi l’idée de critiquer une maison que par ailleurs je connais très peu. Les scientifiques dont un travail complexe qui doit être respecté.

    #420004448909
    Guy Sémon
    Membre
    Faz a écrit:
    Le swiss made est il fait pour rassurer le client?
    C’est quand même un label un peu obscur.
    60% de la valeur de la montre, ok… mais comment un client lambda peut-il quantifier la répartition des coûts dans une montre labelisée suisse?

    Pour cela, il faut quand même connaitre parfaitement le prix de revient de chaque pièce avec le coût de la main d’œuvre suisse et chinoise.

    Je pense même qu’il y a plusieurs façons d’arriver à ces 60% pour une même montre

    J’imagine qu’il serait assez simple de passer de 60% à 80% par exemple, juste en ajoutant une pièce manufacturée en provenance de suisse ou en renégociant les tarifs avec les collaborateurs chinois.

    Bref, pour moi, ce label swiss made est juste de la poudre aux yeux qui me donne envie de faire mes achats en fonction d’autres critères.

    Le swiss made est fait pour prouver au client que sa montre n’est pas créée, fabriquée et assemblée n’importe où. C’est un gage de sérieux légal même si ce n’est pas 100%.
    Un client ne peut pas quantifier, c’est la confédération qui le fait au travers des douanes et croyez bien que les marques sont contrôlées. Le swiss made n’a rien à voir avec le prix de la montre. La montre coûte X et la marque la revend X + dX, le X et le dX sont à la libre appréciation de la marque. La Confédération vérifie juste que X correspond aux critères du SM et donc le client peut-être certain que sa montre correspond aux critères. Dans le 60% vous avez le prix des composants, l’assemblage etc. et aussi une partie de coûts de R&D. Tout cela est précisément documenté, accessible aux douanes mais pas au grand public.

    #420004448910
    Guy Sémon
    Membre
    tépépé a écrit:
    Ben voilà, on y arrive…
    […]

    Bhen oui mais si les marques ne sont pas d’accord, on fait comment ?
    Mais oui évidemment vous avez raison.

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