FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Billet : Le Grand Bilan Horloger de l’année 2023
- Ce sujet contient 32 réponses, 20 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
DON, le il y a 2 années et 9 mois.
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2 janvier 2023 à 14h05 #420004901053
raynew
MembreJe viens d’apprendre qu’une montre suisse sur deux produites est vendue… En Chine.
Les montres de luxe alimentaient la corruption en Chine, donc mesures prises afin de résoudre ce petit problème.
L’économie chinoise toussote ces dernières années.
Ceci+cela devaient affecter à un moment ou à un autre l’industrie horlogère suisse.Mais… Mais… Si je comprends bien. On fabrique les pièces en Chine, qu’on envoie en Suisse pour le montage et on renvoie les montres en Chine pour les vendre à ceux qui fabriquent les pièces ?
Ce monde est fou.2 janvier 2023 à 22h37 #420004901054Invité
Membre- raynew a écrit:
- Je viens d’apprendre qu’une montre suisse sur deux produites est vendue… En Chine.
Les montres de luxe alimentaient la corruption en Chine, donc mesures prises afin de résoudre ce petit problème.
L’économie chinoise toussote ces dernières années.
Ceci+cela devaient affecter à un moment ou à un autre l’industrie horlogère suisse.Mais… Mais… Si je comprends bien. On fabrique les pièces en Chine, qu’on envoie en Suisse pour le montage et on renvoie les montres en Chine pour les vendre à ceux qui fabriquent les pièces ?
Ce monde est fou.
Pour revendiquer le Swiss Made depuis 2017, 60% de la valeur des pièces de toute la montre doit être Suisse, et l’assemblage et le contrôle final doivent se faire en Suisse.
En France, c’est beaucoup moins contraignant, je pense donc que ta réflexion est plutôt pour les montres « françaises », le produit prend l’origine du pays ou il a subi la dernière transformation .. c’est beaucoup plus laxiste que la réglementation Suisse.2 janvier 2023 à 22h55 #420004901055JanuarySnow
MembreMerci @DON pour cette rétrospective, toujours appréciable d’avoir une vision générale sur l’année écoulée.
2 janvier 2023 à 23h11 #420004901056Faz
MembreMerci pour le billet Don et meilleurs vœux pour 2024.
Ce qui m’a fait plaisir en 2023 et que j’attendais patiemment, c’est l’arrivée prochaine de celle que je considère comme la sub française, la Yema Superman mouvement manuf.
Elle annonce des évolutions que je trouve très appréciables:
– mouvement manuf
– index blancs et plus patinés
– absence de date
– boitier brossé avec chanfreins poliset accessoirement une trotteuse lollipop que je trouve plus esthétique et plus sobre.
Réception en juin 2024 si tout va bien
3 janvier 2023 à 1h29 #420004901057Invité
Membre- Faz a écrit:
- Merci pour le billet Don et meilleurs vœux pour 2024.
Ce qui m’a fait plaisir en 2023 et que j’attendais patiemment, c’est l’arrivée prochaine de celle que je considère comme la sub française, la Yema Superman mouvement manuf.
Elle annonce des évolutions que je trouve très appréciables:
– mouvement manuf
– index blancs et plus patinés
– absence de date
– boitier brossé avec chanfreins poliset accessoirement une trotteuse lollipop que je trouve plus esthétique et plus sobre.
Réception en juin 2024 si tout va bien

Cette montre est très belle et là c’est du vrai français avec le look iconique de Yema !
3 janvier 2023 à 2h50 #420004901058DON
Membre- georges zaslavsky a écrit:
- Très intéressante et bien construite cette restrospective
. Merci du partage Don.
Etant client Breitling, je suis très content de la reprise et du rachat d’Universal Genève par eux. Leur savoir faire avec le B01 et ses dérivés pourra être utile pour relancer des modèles comme l’Unicompax, la Tri Compax, la Dato Compax, la Space Compax,la Pole Router et La Pole Router Sub
Cependant une Longines sur une base ETA ne pourra pas concurrencer Tudor au niveau rapport qualité prix (surtout à 4000€ avec un ETA sous traité), Tudor a acquis une notoriété qui est bien remontée depuis le lancement de ses calibres manufactures dès 2009.
Je te remercie.
Nous verrons comment Universal Genève sera remis sur les devants de la scène. Le catalogue des anciennes montres des grandes années de la marque est magnifique certes, par contre il y a une sacrée remise à zéro à faire concernant les modèles les plus récents qui à mon avis ne rencontraient pas beaucoup de public.
Pour Tudor, pour avoir été l’un des rares à analyser les efforts de la marque quand elle était encore considérée comme du « Baby Rolex » ou de « Rolex du pauvre », beaucoup de chemin a été parcouru. Néanmoins, je vais mettre quelques bémols pour ne pas non vouloir surfer sur l’image positive récente de Tudor : je ne considère pas les calibres MT comme des « calibres de manufacture » au sens strict mais plutôt comme que des « calibres groupe » de la même manière que les calibres élaborés par ETA spécifiquement pour Longines (ou Omega). Les MT montrent en effet un lien de parenté net avec les calibres de la grande soeur de Tudor : pour moi l’effort a été effectué à l’échelle du groupe plutôt que par une « manufacture » spécifique à Tudor.
Il n’est pas inutile de rappeler que Tudor n’était pas une manufacture, ils recouraient aux ébauches d’ETA. Comme toutes les marques qui recouraient aux calibres d’ETA, suite à la décision de la COMCO suite à la volonté du Swatch Group de ne plus distribuer les calibres ETA aux marques tierces, ils ont dû s’adapter et le groupe Rolex a choisi une autre solution : les calibres MT, à mon sens des versions simplifiées, plus économiques, plus facilement industrialisables des calibres trois aiguilles de la grande soeur. C’était évidemment le bon choix industriel.
Tudor a d’ailleurs longuement hésité avant de parler de « calibre de manufacture » car le terme était un peu galvaudé pour une marque qui n’avait pas vraiment de manufacture à proprement parler. Le terme est venu par la suite une fois le succès passé et parce que le vernis « calibre de manufacture » passe maintenant davantage. Cela reste des calibres non exclusifs à la marque car ils le commercialisent aux marques tierces via l’entité Kenissi.
Aussi, par rapport aux « calibres exclusifs » développés par ETA pour Longines par exemple, je ne vois pas de grande différence sur le fond, si ce n’est que ceux réservés à Longines ne se verront pas chez d’autres marques.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w6 janvier 2023 à 20h53 #420004901059Jivet
MembreMerci DON pour cette rétrospective très intéressante à lire, comme tous tes billets d’ailleurs
7 janvier 2023 à 4h41 #420004901060DON
Membre- foversta a écrit:
- 2023, la fête est finie, le ralentissement est très important sur certains marchés et d’ailleurs peu d’acteurs prévoient des croissances pour 2024.
L’événement le plus marquant en 2023 fut l’annulation d’Only Watch car il permit à plusieurs marques de prendre conscience de certains principes de réalité. L’industrie horlogère ne peut s’affranchir d’un cadre de conformité auquel les différents secteurs d’activité sont soumis. A voir si les leçons seront retenues sur le long terme.
Comme tu le dis, la fête est finie. Même si les chiffres ne sont pas divulgués officiellement, le secteur connaît bien un profond ralentissement avec un niveau de stocks élevé pour de nombreuses marques. Grégory Pons le souligne d’ailleurs à plusieurs reprises.
Concernant les enchères en général dans l’horlogerie, malheureusement, cela fait des années qu’elles sont devenues pour moi des événements presque sans intérêt du fait des prix artificiellement gonflés, les marques ayant compris depuis une belle lurette qu’en participant elles-mêmes à ces enchères et en faisant tomber les records elles attiraient le regard du chaland via les médias qui s’extasient un peu trop sur les prix atteints par ces enchères.
L’affaire Omega grugée par ses propres employés lors d’une vente aux enchères est d’ailleurs très révélatrice des dysfonctionnements des enchères horlogères, pour ne pas parler du ridicule qui ternit l’image de marque aussi bien de l’acheteur que de l’organisateur de ces enchères.
D’ailleurs cette affaire mérite de faire partie de la rétrospective tant elle est emblématique d’une pratique qui devrait appartenir à une autre époque.
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Instagram : don_writer_w7 janvier 2023 à 13h37 #420004901061CAldo
MembreMerci @DON pour cet excellent billet dans la même veine que les précédents. Toujours un plaisir à lire.
Oui, je pense aussi que 2023 est une année charnière, je serais curieux de connaitre le coefficient d’élasticité de prix de certaines marques horlogères. Je pense que nous verrions quelques surprises.10 janvier 2023 à 0h32 #420004901062DON
Membre- oliveka a écrit:
- Merci Don pour ton approche de cette année 2023.
Je partage tes avis objectifs.
Pour moi, cette année marque encore plus la fracture, le fossé, entre les montres désirables et celle que je peux réellement m’acheter!
Je suis de moins en moins dans la cible de nos fabricants!
Bon passage en 2024 Don. à très vite.
Et je te remercie en particulier et tous nos membres pour vos commentaires
Les prix continueront d’évoluer tant qu’il y aura une demande mondiale capable d’absorber les volumes de production des marques horlogères. Il y aura en revanche une limite quand les prix continueront de monter alors que la demande baissera à un niveau tel que l’augmentation des prix deviendra contre-productive.
La réalité c’est qu’il y a réellement quelques marques qui peuvent se permettre réellement d’augmenter rapidement les prix : ces 2-3 marques pourront continuer de le faire car elles ont travaillé sur leur désidérabilité sur le long terme.
Les autres marques tentent de suivre mais à mon avis copier une augmentation des prix sans augmenter significativement la qualité perçue (et le potentiel de spéculation à la revente qui joue énormément), ne sera vraiment pas suffisant.
La crise de 2016 a bien vu des marques prestigieuses refaire des montres en acier le temps de faire le dos rond… on a vu aussi des marques prestigieuses faire des ventes au personnel à -80%, à mon avis pas tant pour écouler quelques pièces auprès des salariés mais aussi pour écouler par ce biais des montres sur le marché gris. C’est là qu’on peut voir la réalité du secteur : en voyant comment les marques réagissent face à une situation de sauve-qui-peut.
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Instagram : don_writer_w13 janvier 2023 à 3h04 #420004901063dmorwatch
Membre30 décembre 2023 à 6h58 #410000156304DON
MembreMerci @DON pour ce billet de fin d’année! C’est toujours un plaisir de te lire.
Je retiendrais que malgré l’augmentation tarifaire comme dans tous les autres secteurs, l’une des montres les plus plébiscitée, est une montre à 300€: la Citizen tsuyosa
Montre de l’année 2023 en catégorie -500€ dans sa version bleu glacier:
https://www.my-watchsite.fr/blog/les-grandes-gagnantes-de-la-montre-de-lannee-2023/
C’est un modèle que je possède dans cette configuration et qui fait vraiment de l’effet!
Bonne et heureuse année à tous les Fameurs
30 décembre 2023 à 6h58 #420004901032DON
MembreBillet : Le Grand Bilan Horloger de 2023Le monde de l’horlogerie va très bien et même mieux que bien à la lecture des statistiques de la Fédération de l’Industrie Horlogère Suisse : « Les exportations horlogères suisses ont atteint leur plus haut niveau mensuel en novembre, à près de 2,5 milliards de francs. Une croissance de 3,1% par rapport à novembre 2022 a permis d’afficher cette valeur record. Malgré un rythme de progression plus modéré depuis l’été, la branche a vu son résultat sur onze mois augmenter de 7,7%, en comparaison avec la performance déjà remarquable enregistrée en 2022 ». Comme la FHS l’a titré, c’est un « Nouveau record en valeur ».Le titre, en apparence très positif, contient déjà un petit bémol : si les exportations horlogères s’annoncent en augmentation en valeur, les volumes ne suivent pas. En regardant davantage dans les détails du communiqué, nous voyons véritablement l’étendue du *petit* bémol :
Source : FHSL’évolution des volumes est globalement négative et pratiquement sur chaque créneau au niveau des matières des boitiers. Le plus inquiétant reste l’évolution des montres en acier qui restent très largement le segment le plus important en volumes. C’est clairement la valeur des montres qui tirent le secteur dans son ensemble, cela peut se traduire un peu par une offre qui travaille la qualité de ses produits mais plus vraisemblablement par la politique d’augmentation des prix et dans ce domaine c’est bien le créneau des montres hauts de gamme qui tirent les statistiques avec une augmentation de 5% en valeur pour les montres de plus de 3000 francs suisses (MAIS avec une quasi-stagnation des volumes à -0,1%) en comparaison de l’année précédente pour ce mois de novembre, les montres de 200 à 500 et celles de 500 à 3000 sont en baisse. Dans l’attente des statistiques de décembre 2023, cela augure tout de même une année en apparence positive mais qui confirme un problème au niveau des volumes pour l’industrie horlogère suisse, cette dernière restant un indicateur important pour appréhender l’évolution de l’horlogerie mondiale. Ces statistiques confirment les alertes concernant le niveau des stocks qui atteindraient de hauts niveaux chez de nombreuses marques.Pour autant, il est impossible de dire que cette année 2023 a été de tout repos pour les marques dont certaines ont multiplié les efforts pour relancer leur offre. Longines a ainsi lancé en grande pompe un modèle qui fut très relayé en début d’année par les médias (nous imaginons les plans médias conséquents pour ce lancement) avec la Longines Héritage Pilot Majetek dont le prix dépasse les 4000 euros – nous imaginons bien que Longines cherche à reconquérir le terrain par rapport à son concurrent direct Tudor – et atteint les 43mm pour un modèle qui, s’il est doté d’un mouvement ETA spécifiquement développé pour Longines avec 72h de réserve de marche, s’avère être dans la continuation des « Revivals » des montres du passé dotée d’une histoire et le cas échéant militaire. Cela confirme encore le choix du Swatch Group pour réserver à Longines le créneau des montres militaires (avec Hamilton) alors qu’Omega – bien qu’ayant une grande histoire militaire – est abonnée aux montres de luxe, sport ou chic.
En dehors des grands groupes, le retour le plus marquant de la fin de l’été a été fait par une marque française qui a réussi à surprendre avec une Lip Nautic 3 qui a percé dans le créneau des montres de plus de 1000 euros. C’était une première depuis bien des décennies pour une marque qui a marqué notre histoire horlogère nationale mais qui, depuis sa chute dans les années 70, a connu bien des aléas et a pris son temps pour revenir d’abord dans l’entrée de gamme pour enfin relancer en 2023 un modèle qui correspond davantage à son identité d’origine. Si à mon avis la Lip Nautic 3 a réussi son pari, l’essai pour la marque reste à être transformé pour reprendre une image du Rugby car d’autres marques se sont installées ou cherchent à s’installer sur ce créneau hautement concurrentiel. Si la marque détient avec sa Nautic 3 une pointe affutée, elle devra certainement aller bien au-delà des plans médias traditionnels et sans chercher à reproduire le pire des pratiques des marques suisses dans le domaine de la communication tout en continuant une poursuite des efforts dans les futurs lancements. Le choix du G100 pour la Lip Nautic 3 a été à mon sens pertinent et entrouvre de nouvelles opportunités.
Lip Nautic 3 : le modèle vintage et le nouveau modèle complètement remis à jour. Tous droits réservésD’ailleurs le suisse Lajoux-Perret – devenu il y a quelques années la propriété du groupe Citizen – a fait très fort dans le secteur avec le véritable déploiement commercial du nouveau calibre G100. Ce calibre me semble très bien né avec une compatibilité dimensionnelle avec le FAMeux 2824 d’ETA avec une réserve de marche de 68h sans pour autant sacrifier la fréquence qui reste à 28800. Alors que les marques ont largement adopté les calibres comme ceux de Sellita avec le SW200 utilisé par Maurice Lacroix ou Oris ou ceux de Soprod avec le P024 adopté par Nivada Grenchen ou MAT Watches ou encore les Miyota de meilleure finition comme le 9015, le G100 apporte du changement et de la fraicheur dans les calibres qui, s’ils sont conçus et produits en Suisse, peuvent être localisés en partie pour les marques soucieuses de développer une offre plus locale pour ne pas dire plus nationale.Vue du nouveau mouvement G100 de Lajoux-Perret, assemblé par Humbert Droz. Tous droits réservésSi le groupe Citizen est bien à la manœuvre avec son étandard suisse Lajoux-Perret, sa marque japonaise n’est pas en reste avec évidemment la grande vague des Citizen Tsuyosa qui continue et réussit à conquérir de (très) nombreux clients avec une montre de moins de 300 euros tout en proposant un mouvement mécanique adapté et un confort au porter surprenant avec un bracelet intégré de bonne facture pour une montre qui adopte des cadrans souvent très colorés. La Tsuyosa est une tête de gondole et un produit d’appel qui permet à Citizen de faire redécouvrir son offre et aussi de redévelopper toutes ses gammes jusqu’à l’offre de The Citizen qui se développe et prend le chemin de son compatriote Grand Seiko.
La Citizen Tsuyosa connaît un très large succès avec un rapport qualité prix unanimement remarqué. Tous droits réservésS’il y a deux marques particulièrement bien relancées, ce sont Nivada Grenchen et Vulcain qui ont réussi leur relance et les lancements de leurs modèles. Nous avions longuement échangé avec Guillaume Laidet au sujet de l’exercice de relance des marques qui possèdent un beau passé mais qui méritent une nouvelle dynamique en revenant sur ce qui ont fait leur succès. L’entrepreneuriat et l’horlogerie ne sont pas incompatibles aussi bien dans la relance des marques que dans la création de nouvelles marques, comme c’est le cas avec le projet rétro-futuriste Spaceone au design que j’ai trouvé particulièrement audacieux et réussi.
Nivada Grenchen Antartic Diver, une montre qui respecte les codes vintage, jusqu’à sa lunette tournante non crantée. Tous droits réservésLe luxe n’est pas en reste, Breitling a décroché en cette fin d’année peut-être la plus convoitée des marques anciennes avec une grande notoriété dans le vintage : Universal Genève. UG mérite de renaître de ses cendres et il faudra suivre attentivement ce que nous réservera Georges Kern qui entretemps a définitivement fait basculer Breitling vers le segment des montres de luxe.Toujours dans le domaine du luxe, Jean Arnault s’est beaucoup exposé cette année pour relancer l’horlogerie de la marque française Louis Vuitton avec la refonte complète du modèle Tambour qui aboutit à un modèle doté d’un bracelet intégré. En parallèle de ce lancement, Louis Vuitton fait un grand ménage avec la fin de la grande majorité des références de la division montres de l’une des marques les plus importantes dans le monde du luxe. Il faut dire que Louis Vuitton faisait pâle figure en comparaison d’Hermès qui possède de nombreux modèles réussis dans le domaine des montres. Le futur dira si la marque réussira le pari de se relancer dans l’horlogerie en faisant table rase du passé et en lançant des modèles complètement revisités.
Dans ce domaine, Blancpain aurait bien besoin d’une grande relance et c’est le Swatch Group qui s’y attelé avec tout d’abord une « collab » avec Swatch permettant d’attirer l’attention sur l’offre des deux marques situées dans deux gammes de prix complètement différentes. SG a voulu rééditer le succès de l’année passée et est passée à une opération marketing rondement menée, à l’image de ce que faisait H&M et Balmain, avec une Swatch x Blancpain qui a littéralement aspiré tel un trou noir l’actualité horlogère de la rentrée de Septembre. La grande différence par rapport à la sortie de la Moonswatch l’année précédente c’est l’intégration du mouvement mécanique sistem51 et toujours dans une montre en biocéramique. Si certains y verront plus de plastique que de la céramique, force est de constater que la collab entre deux marques issus du même groupe a monopolisé l’attention, peut-être excessivement d’ailleurs, pour une opération qui a encore une fois mis les projecteurs sur la longueur des queues devant les boutiques Swatch.
Loin d’un bon coup marketing annuel, Rolex a frappé les esprits en cette fin d’année avec l’acquisition de Bucherer, le distributeur multimarques le plus emblématique du secteur. Derrière cette acquisition, la stratégie d’intégration verticale de la marque à la couronne se voit encore une fois renforcée même si les communications officielles vont dans le sens d’une volonté de gérer Bucherer de manière séparée… et probablement aussi pour acquérir une pièce stratégique pour capter progressivement la marge distributeur et le marché florissant de la revente des montres vintage par Bucherer. Rolex montre ainsi encore une fois son goût pour jouer aux échecs pour faire avancer ses pions méthodiquement, laissant le coup de poker aux autres marques.
Si Rolex avance patiemment ses pions dans la réalisation de ses buts stratégiques, la marque à la couronne se serait bien passée d’une amende et surtout de sa visibilité médiatique suite à un conflit avec un AD en France. Les relations entre les AD et les marques sont plus que jamais problématiques avec une évolution structurelle du secteur, évolution que nous avions d’ailleurs longuement évoqué avec Antoine de Macedo lors d’une grande interview. La volonté officielle de mieux contrôler sa distribution cache souvent la réalité du partage de la marge distributeur. Cette question est devenue centrale avec en toile de fond des statistiques horlogères qui indiquent clairement une baisse des volumes des ventes qui est contrebalancée par une augmentation des prix. Plus les volumes baisseront, plus la question de la captation de la marge sera posée par les marques et s’imposera vraisemblablement aux distributeurs.
Et pourtant un distributeur peut lui aussi créer la surprise. Ocarat l’a montré en lançant un nouvel événement horloger qui a fait la part belle aux marques indépendantes. WeLoveWatches s’est imposée comme une heureuse initiative du plus grand distributeur de montres en ligne sur le marché français. A l’heure du commerce électronique, Arnaud Poujade a réussi à rapprocher physiquement clients, marques et médias lors de cet événement qui s’est déroulé à Paris. Et il est déjà confirmé que l’événement sera réédité l’année prochaine mais dans un plus grand espace vu le succès de la première édition.
Et pour vous : quelle a été la news horlogère qui vous a le plus marqué au cours de cette année 2023 ?
Dans l’attente de lire vos commentaires et les nouvelles qui ont retenu votre attention, je vous souhaite, en plus d’un très joyeux Noël, de très belles fêtes de fin d’année, pour vous et pour ceux qui vous sont chers.
Don, tous droits réservés
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w30 décembre 2023 à 7h14 #420004901033Invité
MembreBravo Don pour ces cadeaux que constituent ces posts passionnants
Et excellente fin d’année !
30 décembre 2023 à 7h37 #420004901034Bourgui
MembreMerci Don pour la rétrospective, c’est toujours un plaisir que de vous lire.
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