FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Swatch Group augmente le prix de ses mouvements !
- Ce sujet contient 56 réponses, 19 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
kjeldor, le il y a 17 années et 11 mois.
-
AuteurMessages
-
22 novembre 2008 à 16h07 #420000572318
ZEN
Membreoff : Dans un diner privé, un CEO du groupe Richemon indiquait un affaissement considérable des ventes, le lendemain les action tombaient de près de 30%"
On : Le même CEO indiquait à la presse le surlendemain que sa marque n’était pas concernée par la crise et ne risquait pas grand chose.
Il y a toujours un financier initié qui pratique la délation
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).22 novembre 2008 à 16h15 #420000572319gregorypons
Membre- ZEN a écrit:
-
- Citation :
- Il suffit de savoir que le nombre des pages de publicité pour les montres a augmenté de 1 000 % dans la presse écrite au cours de ces dernières années pour comprendre où est passé l’argent.
Certes mais sans com pas de ventes …La com fait monter les charges et donc les prix et augmente les volumes de ventes…
Là, tu vois, je commence sérieusement à avoir des doutes pour ce qui concerne les marchés évolués, notamment européens.
Que ça fasse vendre aux Asiatiques et aux néo-riches émergents : sans nul doute, ils ne connaissent pas toutes ces marques, qui doivent se distinguer pour rester "top of mind" au moment de l’achat.
Pour nous, est-ce que dix fois plus de pubs Cartier nous ont fait acheter dix fois plus de Cartier ? Est-ce qu’on a acheté dix fois plus de Rolex parce que Rolex a décupé sa pression publicitaire ?Il y a un découplage de plus en plus évident entre les ventes et cette pression publicitaire, assurée surtout pour alourdir l’image de marque et non pour renforcer les résultats commerciaux.
La plupart des CEO te diront qu’ils font de la pub en France, en Suisse, en Allemagne ou en Italie (marchés matures et stagnants) parce que les autres en font et que ça rassure le personnel, les détaillants, les fournisseurs et les banquiers.
Le ratio pression pub/ventes dans ces pays est anti-rationnel et anti-économique !En ce moment, ce n’est pas parce que les marques sabrent sauvagement dans leurs budgets de publicité qu’elles vendront moins de montres : c’est parce que plus personne n’a la tête à acheter des montres [à part nous, qui sommes de grands malades marginaux]…
C’est pour ça que c’est stupide de couper les budgets en temps de crise : c’est justement là qu’il faut réveiller les passions et les envies. Rolex l’a bien compris (pas de pause en 2009), et Jean-Claude Biver essaie en vain de le faire comprendre chez LVMH…
…
22 novembre 2008 à 16h21 #420000572320gregorypons
Membre- Boogie a écrit:
- En tant que détaillant de la marque, j’ai constaté une pression terrible pour nous faire commander le plus possibles de modèles, au risque de saturer les stocks, et la Carrera Tachymètre, qui était constamment en rupture de stock il y a quelques mois encore, devient plus facilement disponible.
TAG Heuer est clairement dans le collimateur du Swatch Group. D’où la pression sur les détaillants pour trouver financièrement un peu d’oxygène et facturer ce qui peut l’être avant la fin de l’année, histoire de présenter un bilan honorable (en termes de sell-in).
Mais tout le monde est concerné : j’ai raconté dans Business Montres comment une grande manufacture de la vallée de Joux tentait aussi de bourrer les tiroirs en proposant 10 points de marge supplémentaire à ses détaillants, s’ils commandaient tout de suite et avant la fin de l’année…
…
22 novembre 2008 à 16h24 #420000572321Boogie
MembreJe me régale à la lecture vos posts, MM Zen et pons, c’est pour le détaillant que je suis une autre perspective, une autre manière d’appréhender le sujet horloger par les temps qui courent.
D’ailleurs, M. Pons, si vous étiez détaillant, quelle politique commerciale adopteriez-vous en 2009, par exemple face à des marques comme JLC, IWC et Girard-perregaux qui feraient pression pour que le commer4ant fasse du stock ???
22 novembre 2008 à 16h27 #420000572322Invité
Membre- lameugne a écrit:
- Il faut quand même oser, en période de crise, imposer un +12% accompagné d’un paiement à 30 jours…
Apple impose le prélèvement à 30 jours. C’est dur pour tout le monde mon pauv’monsieur.
Tous les fabricants remontent à la hausse à cause des effets de change € v/s yen et $.
Quand tu tiens le marché par la peau des couilles, tu pinces et les branleurs crient "aïe".
Le "marché" avait été largement prévenu de la politique du SWG.
C’est un choix entre dividendes-hauts salaires et investissement en R&D + outils.Å
22 novembre 2008 à 16h37 #420000572323gregorypons
Membre- Boogie a écrit:
- si vous étiez détaillant, quelle politique commerciale adopteriez-vous en 2009, par exemple face à des marques comme JLC, IWC et Girard-perregaux qui feraient pression pour que le commer4ant fasse du stock ???

Comme le dit votre avatar, "l’horlogerie est tout, sauf une science exacte". N’étant pas gourou, ni surtout détaillant moi-même, j’aurais du mal à pronostiquer quelle est la bonne stratégie…
J’ai seulement quelques intuitions :
• Les détaillants classiques seront les principales victimes d’une crise, qui va atomiser le métier entre grandes chaînes et boutiques de niche (même les petites chaînes innovantes, comme The Hour Glass à Singapour, sont menacées), et qui va les laisser seuls, plus désarmés que jamais face aux exigences des groupes.
• Les marques, même celles qui disent le contraire, n’ont plus besoin des détaillants traditionnels, dont elles estiment pouvoir se passer en montant leurs propres réseaux et grâce à leur communication.
• Les marques veulent aligner les marges des détaillants sur celles des concessionnaires automobiles (15-20 %, pas plus). C’est encore plus clair dans la haute horlogerie.
• Même les petites marques, les indépendants de l’horlogerie et les marques de niche (concepts watches) ont désormais la tentation de griller la case détaillant en s’adressant directement au client.
• Ce qui ne veut pas dire que les carottes sont cuites : les détaillants ont des atouts à faire valoir (sélection des marques, proximité, présence physique, qualité du conseil, intelligence de relations humaines personnalisées, complémentarité par rapport à Internet, etc.) et c’est là dessus qu’on peut reconstruire le métier de détaillant horloger sur des nouvelles bases, avec de nouveaux contrats et de nouvelles marges…C’était mon avis à deux balles sur une question difficile.
.22 novembre 2008 à 16h50 #420000572324lameugne
Membre- Mnementh a écrit:
- Quand tu tiens le marché par la peau des couilles, tu pinces et les branleurs crient "aïe".
Le "marché" avait été largement prévenu de la politique du SWG.
C’est un choix entre dividendes-hauts salaires et investissement en R&D + outils.Å
J’opine (du chef). Toutefois tu sous-entends que les entreprises ont le choix entre dividendes/court terme vs. invistissements long terme. Tu penses que les entreprises peuvent encore se permettre aujourd’hui ce luxe de parier sur le long terme ? Ont-elles le choix ?
22 novembre 2008 à 16h58 #420000572325Boogie
Membre- gregorypons a écrit:
-
• Ce qui ne veut pas dire que les carottes sont cuites : les détaillants ont des atouts à faire valoir (sélection des marques, proximité, présence physique, qualité du conseil, intelligence de relations humaines personnalisées, complémentarité par rapport à Internet, etc.) et c’est là dessus qu’on peut reconstruire le métier de détaillant horloger sur des nouvelles bases, avec de nouveaux contrats et de nouvelles marges…
C’était mon avis à deux balles sur une question difficile.
.
Sur ce sujet-là, j’ai de la marge, pas trop de soucis à me faire: quand je vois la rigidité de la politique commerciale des marques, par rapport aux demandes des clients, je n’ai pas de soucis à me faire.
Nous jouons un rôle de tampon entre le client et la marque, nous devons amortir les exigences des uns et des autres, une négociation directe entre certaines marques et leurs clients n’aurait aucune chance de succès.J’ignore à quelle sauce que je serai mangé en 2009 ou au-delà, mais j’ai déjà réfléchi à des solutions de reconversion qui ne passent pas forcément pas l’horlogerie uniquement
22 novembre 2008 à 17h01 #420000572326Invité
Membre- lameugne a écrit:
-
- Mnementh a écrit:
- Quand tu tiens le marché par la peau des couilles, tu pinces et les branleurs crient "aïe".
Le "marché" avait été largement prévenu de la politique du SWG.
C’est un choix entre dividendes-hauts salaires et investissement en R&D + outils.Å
J’opine (du chef). Toutefois tu sous-entends que les entreprises ont le choix entre dividendes/court terme vs. invistissements long terme. Tu penses que les entreprises peuvent encore se permettre aujourd’hui ce luxe de parier sur le long terme ? Ont-elles le choix ?
Elles ont fait un choix, nous verrons à terme qui aura fait le bon…
22 novembre 2008 à 17h05 #420000572327pwarfy
Membre- gregorypons a écrit:
- Est-ce qu’on a acheté dix fois plus de Rolex parce que Rolex a décupé sa pression publicitaire ?
Est-ce que Rolex a vraiment besoin de pub ? S’ils n’en faisaient pas du tout, vendraient-ils beaucoup moins ?
Idem pour Patek ou VC, pour ne pas être sectaire.
Ils essayent de placer leurs produits eux (bras de stars, bras de stars dans des films, j’en passe) ? Même pas non ? (là où d’autres du "luxe" le font beaucoup comme RM)
Dans l’automobile, Rolls Royce ne fait pas des masses de pub et vend. Lotus ou Caterham (pour prendre plus accessible et plus bas dans l’échelle) non plus. S’ils en faisaient plus, vendraient-ils beaucoup plus ?
(juste des questions vraies, pas rhétoriques. Je n’y connais, entres autres domaines, rien en marketing)
22 novembre 2008 à 17h10 #420000572328lameugne
Membre- pwarfy a écrit:
-
- gregorypons a écrit:
- Est-ce qu’on a acheté dix fois plus de Rolex parce que Rolex a décupé sa pression publicitaire ?
Est-ce que Rolex a vraiment besoin de pub ? S’ils n’en faisaient pas du tout, vendraient-ils beaucoup moins ?
Idem pour Patek ou VC, pour ne pas être sectaire.
Ils essayent de placer leurs produits eux (bras de stars, bras de stars dans des films, j’en passe) ? Même pas non ? (là où d’autres du "luxe" le font beaucoup comme RM)
Dans l’automobile, Rolls Royce ne fait pas des masses de pub et vend. Lotus ou Caterham (pour prendre plus accessible et plus bas dans l’échelle) non plus. S’ils en faisaient plus, vendraient-ils beaucoup plus ?
(juste des questions vraies, pas rhétoriques. Je n’y connais, entres autres domaines, rien en marketing)
Quand Patek achète ses toquantes au prix fort lors de ventes aux enchères, elle utilise un moyen de "placer" ses produits sur le haut du pavé, en phase avec leur communication axée autour de la valeur de l’objet à long terme…
22 novembre 2008 à 17h46 #420000572329Invité
Membre- lameugne a écrit:
- Quand Patek achète ses toquantes au prix fort lors de ventes aux enchères, elle utilise un moyen de "placer" ses produits sur le haut du pavé, en phase avec leur communication axée autour de la valeur de l’objet à long terme…
La stratégie "musée et valeur patrimoniale", copiée depuis par d’autres.
L’idéal étant d’avoir un ou deux CP et auteurs de bouquins de référence en poche.
Å
22 novembre 2008 à 18h10 #420000572330ZEN
MembrePatek a inventé littéralement ce soutien de ses produits auprès des maisons d’enchères et a comme cela cultivé une image à part. C’est habile, efficace et intelligent au point que cela fait nier qu’ils le pratiquent…
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).22 novembre 2008 à 18h22 #420000572331GMT
Membre- ZEN a écrit:
- Tout à fait d’accord . C’est à mon sens la fin des montres "produits de mode" , on va comme dans toute crise revenir aux fondamentaux , des montres classiques et d’une valeur pérenne, les grandes marques tireront leur épingle du jeu et nous allons vers le creux de la crise qui est loin d’être atteint.
Je ne cesse de le crier haut et fort.
22 novembre 2008 à 19h48 #420000572332HenriM
MembreD’abord, vu la situation, Swatch serait bien stupide de se priver. Quand l’argent coulait a flot, personne n’a investi pour produire des mouvements de facon independantes, pourtant quand on voit combien de producteurs il y avait il y a 50 ans, et a quel point les techniques se sont ameliorees…
Et 12% ils sont bien sympa, ils pourraient mettre la moitie des producteurs independants a genou et prendre leur parts de marche…
Enfin si, il y a eu Parmigiani, avec des moyens incomparablement plus faibles que les grandes marques.Pour le reste, certaines marques risquent de prendre une baffe bien meritee. L’horlogerie s’est completement eloignee de la notion de rapport qualite/prix.
-
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.