Le plan B de la rentrée horlogère …

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 67)
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  • #410000144841
    ZEN
    Membre

    Le sujet est un tabou et pourtant sans jouer les Cassandre, il va bien falloir en parler. La plupart des marques sont au ralenti, voire en léthargie et la perspective est tristement pauvre. Les patrons le disent, « on tiendra jusqu’à Noël mais au delà on devra prendre des mesures de survie. La configuration est très mauvaise et à peine a-t-on l’illusion d’un frémissement que l’épidémie relance les confinements localisés, la méfiance et casse les perspectives. »

    Des plans de survie sont à l’étude. Le principe est le suivant : Rechercher quels sont les moyens minimaux pour assurer la survie en réduisant au maximum les dépenses et les charges. On travaille aujourd’hui sur des hypothèses de manufacture de 400 personnes avec un socle de 40 à 50 employés résiduels qui resteraient en activité. La question est donc de rechercher ce qui est rigoureusement indispensable. Personne n’est épargné. Un même patron dans un groupe pourrait gérer deux ou trois marques. L’objectif est de maintenir une position sur les réseaux sociaux, garder active une actualité de la marque et travailler sur des annonces de nouveautés en 2021. Ensuite, il faut garder de la logistique pour les expéditions, un socle de SAV, rassembler la production de plusieurs maisons sur un seul site, fermer des bâtiments, négocier des remises fiscales, assurer une maintenance des machines qui en ont besoin et tenter de rouvrir des boutiques dites stratégiques.

    La voie du licenciement économique est aujourd’hui une perspective acceptée et l’inquiétude est la durée de cette crise. Certains patrons sont entrés dans un silence long et sont d’autant plus désemparés que leur sort est lui-même incertain.

    « Je ne vois pas l’issue » m’a confié un cadre très haut placé et je ne puis dissimuler l’émotion qu’il y avait dans son propos. « On a formé des équipes qui sont opérationnelles et sont solidaires mais économiquement, c’est une période historiquement catastrophique. Nous devons préserver les marques et leur survie. Celle-ci va passer par des drames humains.

    Le plan B va passer par des effectifs squelettiques, des situations douloureuses mais nécessaires. Ce plan est pour la rentrée, et Octobre devrait nous laisser très interloqués de situations en cours de traitement…

    A suivre donc ….

    #420004378642
    Lomaing
    Membre

    Exactement ça, des effectifs squelettiques ! On contact des marques, et on attend LE jour de la semaine pendant lequel L’Unique personne travaillant à ce poste nous répondra. C’est vraiment compliqué comme situation.

    Sans parler de la perte de motivation totalement palpable quand on a ces personnes au téléphone…

    On risque de lire de bien mauvaises nouvelles dans les mois à venir Sad

    #420004378643
    ZEN
    Membre

    Ce qui est frappant est la certitude de l’issue et presque la hâte des personnels à ce qu’on leur annonce les décisions prises.

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    _________________
    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420004378644
    azulseco
    Membre

    Parce que pour l’esprit humain, il n’y a rien de pire que l’incertitude.
    Ne pas savoir à quelle sauce on va être mangé, voilà quelque chose de très difficile à supporter si ça dure plusieurs mois.

    Et une fois les décisions décidées, selon que l’on se trouve ou non du bon côté de la barrière, il s’agira de se réorganiser, éventuellement retrouver un travail, renégocier un crédit, bref, agir avant que les conséquences sur la vie privée ne soit désastreuses.

    Quand à la certitude de l’issue, ceux qui sont sur place se rendent parfaitement compte de la situation commerciale et économique.
    Les salariés de l’aéronautique toulousaine ne pensent pas autrement : chacun sait qu’une société, qu’elle quelle soit, a besoin de trouver des clients et on comprend tous qu’une activité normale n’est pas prêt de reprendre dans ce secteur. Qui a envie de prendre l’avion aujourd’hui, en dehors de cas obligatoire ? Et pour aller où ? Au Brésil, aux États Unis… l’Islande ou la Laponie peut-être (le premier qui répond la Corée du Nord me fera 10 pompes pour abus de second degré).

    #420004378645
    Invité
    Membre

    Et si le plan B était qu’il n’y a pas de plan B ?

    Je rejoint les propos d’azulseco, l’incertitude est la pire, car comment se projeter dans un monde où sa propre place est en sursis (ou pas ?), donc on consomme le nécessaire, on ne part plus faire des vacances chères, on fait des petites réserves tant qu’on le peut. Les salariés sont sur la sellette, les indépendants ou petits patrons ferment ou n’en mènent pas large, car les aides de l’état ne sont qu’un appoint. Il n’y a même pas besoin de parler d’horlogerie, quand on arrête une économie complètement durant trois mois, la casse est globale.

    #420004378646
    tépépé
    Membre

    https://www.youtube.com/watch?v=CVBATYWFKp8

    ben voilà… make room, make room !

    #420004378647
    Bilboqueto
    Membre

    La crise sanitaire est partie pour s’installer durablement et certaines entreprises dans tous les secteurs ne vont plus pouvoir compter sur une économie mondialisée ; mais ça pourrait repartir vite, une fois la menace COVID éloignée.

    Je pense que ma petite histoire vaut un récit plus détaillé quand j’aurai le temps mais rapidement : je reste étonné cependant par l’accueil récent d’un vendeur dans une boutique de haute horlogerie suisse (pas PP, ni AP, ni Rolex, bien entendu…). J’ai été éconduit poliment vers la sortie (alors que nous étions seuls). Limite, je dérangeais… Je venais en passionné (et en potentiel futur client… même si pas dans l’immédiat). Je n’avais jamais connu cela dans d’autres boutiques (et j’en ai fait quelques-unes, quand même…).

    Il faut croire que certaines marques croient en l’avenir et n’ont toujours pas besoin des clients locaux ou alors ce vendeur est vraiment à côté de la plaque, allez savoir.

    #420004378648
    MisterP
    Membre
    Bilboqueto a écrit:
    mais ça pourrait repartir vite, une fois la menace COVID éloignée.

    Celle du COVID 2019 ?

    #420004378649
    Biglolle
    Membre

    Moi je pense à toutes ses  » petites mains  » et ce n’est pas péjoratif de ma part, qui travaille depuis des années pour une marque et qui vont se retrouver remercier à la fin de l’année . Avec très peu de chances de retrouver du travail chez d’autres marques qui sont elles aussi dans des situations très compliquées et qui vont elles aussi dégraisser .

    Derrière les difficultés des marques il y a des drames humains qui se préparent . Confused

    #420004378650
    Nico1293
    Membre
    Bilboqueto a écrit:
    La crise sanitaire est partie pour s’installer durablement et certaines entreprises dans tous les secteurs ne vont plus pouvoir compter sur une économie mondialisée ; mais ça pourrait repartir vite, une fois la menace COVID éloignée.

    Je pense que ma petite histoire vaut un récit plus détaillé quand j’aurai le temps mais rapidement : je reste étonné cependant par l’accueil récent d’un vendeur dans une boutique de haute horlogerie suisse (pas PP, ni AP, ni Rolex, bien entendu…). J’ai été éconduit poliment vers la sortie (alors que nous étions seuls). Limite, je dérangeais… Je venais en passionné (et en potentiel futur client… même si pas dans l’immédiat). Je n’avais jamais connu cela dans d’autres boutiques (et j’en ai fait quelques-unes, quand même…).

    Il faut croire que certaines marques croient en l’avenir et n’ont toujours pas besoin des clients locaux ou alors ce vendeur est vraiment à côté de la plaque, allez savoir.

    Il a refusé que tu essayes un modèle ? De répondre à tes questions ?

    #420004378651
    Bilboqueto
    Membre
    Nico1293 a écrit:

    Il a refusé que tu essayes un modèle ? De répondre à tes questions ?

    Je ne vais pas détailler car ce n’est pas le sujet ; mais pour ne pas être impoli envers toi : il n’y avait que des factices, et même ça, c’était compliqué (impossible) de tenir en main. Il a répondu à mes questions poliment mais laconiquement, en me faisait comprendre que, si c’était tout, on pouvait mettre fin à la discussion et que je pouvais donc partir.

    Dès que j’ai le temps, je ferai un sujet pour raconter ma visite dans cette boutique car ça vaut le détour (deux visites très espacées dans le temps, qui se sont passées de manière très similaire, en fait) ; je n’ai probablement pas eu de chance, je suis tombé sur le même vendeur lors de mes deux visites.

    #420004378652

    Je suis un peu fatigué de cet apitoiement larmoyant sur les manufactures suisses , qui ont très très bien vécu , depuis au moins les vingt dernières années , et qui devraient donc avoir une trésorerie opulente .

    Si ce n’est pas le cas , qu’on m’explique pourquoi .

    Ce qui m’étonne beaucoup dans ce que décrit ZEN est qu’aucune manufacture suisse n’envisage de procéder à des baisses de ses tarifs , de façon coordonnée avec d’autres firmes importantes , bien sûr .

    Dois-je rappeler que , dans le secteur de l’automobile , les marques multiplient , actuellement , les offres  » spéciales » et les remises  » spéciales » et les reprises  » spéciales  » , pour réduire les stocks et ramener le client dans les concessions ?
    Alors que les marges des concessionnaires sur le neuf sont bien inférieures ( hors le hdg ) à celles des boutiques ?

    A ce propos , comment se fait-il qu’aucune grande manufacture et donc aucune boutique n’ait encore pensé à proposer une reprise sur l’achat d’une montre coûteuse ?

    Quand j’achète ma dernière BM , serait-il concevable que le concessionnaire ne me reprenne pas ma voiture actuelle ?
    D’autant qu’il fera encore un joli bénéfice , après ?

    #420004378653
    philalille
    Membre

    Et si le plan B se caractérisait par une très forte augmentation des tarifs de SAV (sans aucune augmentation de la qualité, bien sûr), non ? Surtout que maintenant, toutes les montres des grandes marques ont quasiment besoin de passer obligatoirement par le SAV maison (spécificité des mouvements « de manufacture », pièces non distribuées hors réseau officiel, outillage spécial à détenir…).
    Les tarifs de SAV ont déjà pas mal augmenté des dernières années, cela pourrait se poursuivre et devenir, pour les groupes horlogers, le moyen de pallier en partie à la perte de revenus liée à la baisse des ventes… (histoire de continuer sur la lancée, faire de profit de court-terme, et achever de tuer totalement le produit « montres mécaniques » !) Incompréhensible

    #420004378654
    MisterP
    Membre

    Par rapport aux ventes neuves, le % du sav sur le CA est anecdotique, et ne génère quasi rien en bénéfice.

    #420004378655
    philalille
    Membre
    MisterP a écrit:
    Par rapport aux ventes neuves, le % du sav sur le CA est anecdotique, et ne génère quasi rien en bénéfice.

    Je ne sais pas si ça génère quasiment rien en bénéfice… A-t-on des chiffres sur le sujet ? La SAV n’est pas produit à perte, et à un moment donné toutes les montres sans exception passent par un SAV. Quand un SAV (au hasard, Omega) est facturé 650 Euros pour un démontage/remontage, plus changement de verre et ainsi que 2 ou 3 pièces (mais qui à produire n’ont quasiment rien coûté), est-on sûr que ça ne rapporte rien ? Si ça ne rapportait rien, les marques ne feraient pas tout pour le conserver (voire le ramener) à leur niveau en rendant le client captif… non ? Je serais preneur de données sur le sujet…

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