Horlogerie :Qu’est-ce qui a été vraiment révolutionnaire ces 70 dernières années

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  • Ce sujet contient 96 réponses, 47 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par 3ug3n, le il y a 2 mois.
15 sujets de 16 à 30 (sur un total de 97)
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    Messages
  • #420004389181
    Horsault
    Membre
    adco86 a écrit:

    Je trouve cette lecture d’une très grande pertinence.

    En devenant progressivement un bien de « luxe », la montre a glissé du statut d’objet utile vers celui d’objet plaisir.

    Vuitton réinvente-t-il techniquement sa toile enduite chaque décennie ?
    Non.

    Dior rénove-t-il les caractéristiques de sa toile de Jouy à la même périodicité ?
    Non.

    Ces Maisons se contentent de proposer des définitions esthétiques différentes du matériau sur différents produits de leur catalogue (en augmentant au passage régulièrement les valeurs…).

    L’horlogerie fonctionne désormais sur ce même modèle !

    L’utilité de la fonction préside à la nécessité de développement et une montre mécanique, aujourd’hui, ça ne sert concrètement à rien d’autre qu’à se faire plaisir…

    On pourrait avoir la même réflexion pour de nombreux produits.
    Dans le secteur automobile, une 4L suffit à se déplacer, mais ça n’a pas empêcher d’aller toujours plus loin pour ceux qui vont au-delà de l’utilitaire.
    De même pour la coutellerie, l’habillement, etc. Un vêtement léger, confortable, séchant rapidement n’est-il pas plus agréable à la pluie qu’une cape de laine convenant pourtant parfaitement à cet usage ?

    #420004389182
    adco86
    Membre
    Horsault a écrit:

    On pourrait avoir la même réflexion pour de nombreux produits.
    Dans le secteur automobile, une 4L suffit à se déplacer, mais ça n’a pas empêcher d’aller toujours plus loin pour ceux qui vont au-delà de l’utilitaire.
    De même pour la coutellerie, l’habillement, etc. Un vêtement léger, confortable, séchant rapidement n’est-il pas plus agréable à la pluie qu’une cape de laine convenant pourtant parfaitement à cet usage ?

    L’enjeu n’est pas du tout le même.

    En matière de mobilité, le défi écologique nous impose de nous renouveler.
    Il y a un besoin en développement de ce fait là et on a pu l’observer ces dernières années (downsizing des moteurs thermiques, hybridation, électrification et j’en passe).
    Quel besoin de cet ordre peut-on identifier en matière d’horlogerie ?
    A mes yeux, aucun…

    Pour la coutellerie et l’habillement, je ne vois aucune révolution majeure depuis très très longtemps…
    Concernant ce dernier secteur, on a simplement tendance à réutiliser certains matériaux anciens en les remettant au goût du jour (tencel, lyocell etc.) ou à creuser sur certains aspects techniques en lien avec des activités sportives exigeantes (besoin en développement identifié sur ce point précis).
    A la limite pour la coutellerie on pourrait parler des aciers issus de la métallurgie des poudres mais bon.
    Pour le reste, je cherche…

    #420004389183
    Horsault
    Membre

    Ce que je voulais dire, c’est qu’il y a un besoin de base correspondant à un usage, et un besoin (futile) de luxe, confort, apparence, qui pousse à acquérir des objets plaisir reposant sur l’esthétique.

    Le défi écologique nous poussant à nous renouveler ne justifie pas un V8 de 500CV pour déplacer 2T de ferraille afin d’aller d’un point A à un point B. Il justifierait d’améliorer l’efficacité énergétique d’une 4L (choix exemple volontairement provocateur) beaucoup plus économique en matériaux et légère donc pouvant demander moins d’énergie pour se déplacer.
    Si les choix étaient rationnels de ce point de vue, une VW Lupo 3l serait parfaite. Malheureusement, les consommateurs ne l’ont pas plébiscitée, au profit de Cayenne dont le tout 1er modèle est annoncé consommant 12 à 13l/100.

    #420004389184
    Bilboqueto
    Membre
    QuentinL a écrit:
    Autre question que l’on pourrait se poser : est-il encore intéressant / utile d’innover en horlogerie ?

    Je viens de finir de réviser une Raketa équipée d’un 2609H des années 60 qui sort a +/- 4spd et m’a coûté dans les 20 euros. Pourquoi vouloir réinventer la roue ?

    Mon avis : L’horlogerie mécanique est-un secteur ultra-compétitif, plus apparenté à celui du textile qu’à celui de l’informatique ou toute autre industrie « tech » : innover n’est pas (plus) essentiel pour survivre. Selon ce constat, on ne devrait pas attendre quoi que ce soit de révolutionnaire de la part de nos manufactures préférées – après tout, on ne demande pas à nos polos d’être innovants Horlogerie :Qu'est-ce qui a été vraiment révolutionnaire ces 70 dernières années Blunt_gi.

    Cela fait bien longtemps que l’on a atteint précision / robustesse / utilité suffisantes – tout ce qui se passe après c’est un peu se torturer l’esprit pour pas grand chose. (ou pour justifier des tarifs insensés)

    C’est une vision intéressante de l’horlogerie. Et c’est en effet une manière de résoudre le conflit technologique qui existe en son sein.

    Horsault a écrit:
    Si la question est de savoir ce qui a révolutionné l’horlogerie, mais qu’on pose un présupposé tel que :

    Ne risque-t-on pas justement d’écarter ce qui a le plus marqué la période ?

    À mon sens, il y a 4 éléments-clef qui sont déterminants pour une montre de poignet :

    – la précision
    – l’autonomie
    – la résistance (chocs, étanchéité)
    – le design

    Pour la précision, il faut distinguer la précision ultime de la précision utile. Après tout, très peu d’entre nous seront encore là pour constater que leur montre a effectivement eu une dérive d’une seconde sur un million d’années. Ce qui compte, c’est que la montre permette d’être à l’heure à un rendez-vous, d’attraper un avion ou un train, voire de réussir une rentrée dans l’atmosphère. Dans la plupart de ces cas, une poignée de secondes d’écart journalier n’est pas très gênante.
    Dans ce domaine, il y a eu des améliorations de l’existant, comme la précision d’usinage, le silicium… et les révolutions comme le diapason ou le quartz.

    La quête d’autonomie a conduit à développer le remontage automatique pour s’affranchir du remontage obligatoire le matin et à l’augmentation de la réserve de marche d’un côté, et aux montres à pile puis accumulateurs rendant la montre plus autonome.

    Côté résistance aux chocs, on a eu de grosses évolutions des mécanismes anti-choc encore fragiles à la résistance quasiment exagérée des G-Shocks.
    Pour l’étanchéité, la montre courante était étanche à 10 mètres d’un robinet, tandis qu’il est à présent courant de trouver des montres étanches à 50 mètres minimum.

    Finalement, il n’y a que le design qui reste souvent très classique, une fois qu’on a éliminé le recours au digital, dans le mécanique d’abord, jusqu’au LCD des quartz et à l’AMOLED des smartwatches.

    Toutes ces évolutions ont eu lieu depuis 1950, et le plus souvent l’horlogerie mécanique a travaillé dur en réaction aux innovations des horlogeries parallèles et concurrentes.

    Oui, il y a en effet une limite utilitariste, notamment quant à la précision. C’est une des raisons probables au paradoxe technologique en horlogerie.

    La question n’est donc pas selon moi : qu’est-ce qui a été révolutionnaire dans l’horlogerie ? Si on met de côté le quartz, qui fait partie de l’histoire de l’horlogerie, la question serait plutôt : qu’est-ce qui a été révolutionnaire dans l’horlogerie mécanique ?

    Dans les faits, on réfléchit donc aux révolutions technologiques qui auraient pu être apportées à un produit dépassé sur le plan technologique… Certains argueront que la régulation mécanique est plus pratique, etc., je veux bien en convenir partiellement, mais c’est un non sujet, pour ma part. Croire que la régulation mécanique est le summum sur le plan technologique montre juste que le marketing suisse a bien œuvré.

    Il y a donc un biais et on peut solutionner le problème comme le fait @QuentinL . Cependant, il est assez amusant de constater que nombre de maisons cherchent des solutions pour protéger le balancier des champs magnétiques quand on sait que la régulation à quartz y est beaucoup moins sensible (même si les moteurs le sont, bien entendu)… Bref, dans le domaine, on est sur un exercice de style particulier.

    Pour le reste, il me semble que, dans le domaine de la régulation mécanique, il y a eu pas mal d’inventions intéressantes. Je cite de mémoire, et sans être un spécialiste, certains me corrigeront probablement : le récent chronographe de chez Lange avait fait impression (je n’en connais pas les détails techniques, cependant) ; le calibre allégé des Defy de Zénith ; le calibre tout en titane de chez AP (?) ; la résonance de chez Journe (dont l’idée s’appuyait sur celle de Bréguet, si mes souvenirs sont bons) ; le chronographe à double balancier, dont l’un à 360.000 bph, de chez Zénith (le 21) ; les records de résistance de pression chez Rolex (deep sea), etc.

    Bref, si on met de côté le quartz, il y a pas mal de choses, malgré tout, ^^. Cela dit, peut-être que je me trompe et que ce n’est pas du tout révolutionnaire, finalement.

    En somme, les progrès de l’horlogerie mécanique me font penser à ce qui se passe aujourd’hui avec le vélo qui « révolutionne » le transport urbain. Mais c’est encore une autre question, que celle-ci, :stuck_out_tongue_closed_eyes: .

    #420004389185
    Mister N
    Membre

    Moi je sais !

    La flambée des prix Smile

    #420004389186
    adco86
    Membre
    Horsault a écrit:
    Ce que je voulais dire, c’est qu’il y a un besoin de base correspondant à un usage, et un besoin (futile) de luxe, confort, apparence, qui pousse à acquérir des objets plaisir reposant sur l’esthétique.

    Le défi écologique nous poussant à nous renouveler ne justifie pas un V8 de 500CV pour déplacer 2T de ferraille afin d’aller d’un point A à un point B. Il justifierait d’améliorer l’efficacité énergétique d’une 4L (choix exemple volontairement provocateur) beaucoup plus économique en matériaux et légère donc pouvant demander moins d’énergie pour se déplacer.
    Si les choix étaient rationnels de ce point de vue, une VW Lupo 3l serait parfaite. Malheureusement, les consommateurs ne l’ont pas plébiscitée, au profit de Cayenne dont le tout 1er modèle est annoncé consommant 12 à 13l/100.

    J’entends tout à fait ce que tu dis mais cela ne change pas l’enjeu de fond.

    Que l’on cherche à améliorer le rendement moteur d’une petite citadine ou celui d’un énorme V8 atmo en lui adjoignant 2 turbos puis en divisant par 2 sa cylindrée de base, il y a un véritable besoin d’amélioration en lien avec une exigence de l’époque.

    Où est ce besoin en horlogerie à tes yeux ?

    #420004389187
    Bruno_DN
    Membre

    Au sujet du spring drive de Seiko. Juste une réflexion plus philosophique que technique au passage. J’ai l’impression que les progrès de la recherche sur la précision (comme celle du dernier centième à abattre en sport mécanique), ne suivent pas une courbe exponentielle, mais logarithmique. Plus on s’approche du « zéro » absolu, plus on progresse lentement et par pas de plus en plus courts, et plus ça coûte cher. En résumé, il ne faut pas s’atendre à des changements fulgurants quant à la précision des mouvements comme on a pu en connaitre au XVIIIe et au XIXe siècles.

    C’est pour moi quand même une sacrée invention, ce spring drive. Dans l’absolu et en théorie. Car il est curieux que la concurrence européenne n’ait pas emboité le pas pour répondre à cette proposition technique. Auquel cas, ce spring drive n’est pas une révolution (tout le monde s’y mettrait et le monde ne serait plus jamais le même) mais juste une péripétie dans l’histoire de l’horlogerie mécanique. Et d’ailleurs, le Spring Drive est-il encore un mouvement mécanique ?

    #420004389188
    ZEN
    Membre
    Bruno_DN a écrit:
    Au sujet du spring drive de Seiko. Juste une réflexion plus philosophique que technique au passage. J’ai l’impression que les progrès de la recherche sur la précision (comme celle du dernier centième à abattre en sport mécanique), ne suivent pas une courbe exponentielle, mais logarithmique. Plus on s’approche du « zéro » absolu, plus on progresse lentement et par pas de plus en plus courts, et plus ça coûte cher. En résumé, il ne faut pas s’atendre à des changements fulgurants quant à la précision des mouvements comme on a pu en connaitre au XVIIIe et au XIXe siècles.

    C’est pour moi quand même une sacrée invention, ce spring drive. Dans l’absolu et en théorie. Car il est curieux que la concurrence européenne n’ait pas emboité le pas pour répondre à cette proposition technique. Auquel cas, ce spring drive n’est pas une révolution (tout le monde s’y mettrait et le monde ne serait plus jamais le même) mais juste une péripétie dans l’histoire de l’horlogerie mécanique. Et d’ailleurs, le Spring Drive est-il encore un mouvement mécanique ?

    Bonne question, le Sping Drive est à l’horlogerie ce que le vélo électrique est au cyclisme.

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420004389189
    Ludo888
    Membre

    Le plus révolutionnaire ça a été de faire croire que la montre mécanique c’est finalement le graal et de réussir à augmenter les prix avec un marketing d’une exceptionnelle qualité!
    Franchement la speed a bientôt 5k et la sub a bientôt 10k c’est ça la vraie révolution!

    #420004389190
    ChrisC75
    Membre

    Mr. Green

    #420004389191
    metropolitan
    Membre
    Ludo888 a écrit:
    Le plus révolutionnaire ça a été de faire croire que la montre mécanique c’est finalement le graal et de réussir à augmenter les prix avec un marketing d’une exceptionnelle qualité!

    Oui.
    Personnellement, ce qui m’a marqué ces dernières années, c’est la possibilité de lancer une marque de montre ex-nihilo avec l’aide du financement participatif, des reseaux sociaux (forums y compris), en bien, par ex. Ultramarine, mais aussi de façon plus douteuse, à coup de marketing genre DW ou FL.
    La vrai révolution, c’est dans la distribution & le marketing…

    #420004389192
    ZEN
    Membre

    Sans doute mais le sujet n’est ni les boitiers, ni le mode de vente, ni le prix etc … Le sujet est qu’est qui dans la montre a apporté une révolution depuis 70 ans …

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    #420004389193
    titos
    Membre

    Révolutionnaire ?
    Ça n’est pas forcément positif ou négatif.
    Je dirais swatch group… Il y a un avant /après à plein de niveaux (les montres sans vis, assemblée avec une seule, la relation commerciale des marques, l’ultra industrialisation des mouvements, sav moins performants,etc…)

    (Edit suite message de Zen) au temps pour moi

    #420004389194
    Totocatcho
    Membre

    En réalité la seule vraie révolution avec le quartz , c’est la montre automatique et étanche. Et c’est bien Rolex qui la faite rentrer dans les mœurs à défaut d’être la première à l’avoir fait.

    Il y a vraiment un avant et un après ça.

    #420004389195
    Trantor
    Membre

    La question est biaisée dans la mesure ou le parti pris est d’écarter de l’horlogerie ses principales révolutions, comme le quartz, le radio pilotage, les écrans numériques, …

    C’est sûr qu’avec des ressorts et des rouages en métal dans un boitier métallique et des aiguilles pour l’affichage, on aura vite fait le tour…

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