FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Actu: Il ne faut pas surestimer les Suisses, les Thaïlandais font des mouvements
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David123, le il y a 10 années et 5 mois.
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27 avril 2016 à 4h04 #410000119542
ZEN
Membre- Citation :
- «Il ne faut pas surestimer les Suisses, les Thaïlandais font des mouvements horlogers de même qualité»
Le patron du fabricant de mouvements Ronda, Erich Mosset, va lancer un calibre mécanique d’ici à la fin de l’année. Pour lui, la qualité de ses mouvements «Swiss made» et celle de mouvements intégralement fabriqués en Thaïlande «est comparable»
Certes, le patron du fabricant de mouvements horlogers Ronda a fait un peu d’équitation. Mais si Erich Mosset a choisi un cheval pour la publicité vantant son grand retour dans l’univers du mécanique, ce n’est pas pour cette raison. «Cet animal représente la liberté, ce qui rejoint notre slogan Freedom is a movement», note le copropriétaire de l’entreprise familiale bâloise. La liberté de quoi? «De choisir à qui l’on veut acheter son mouvement mécanique», sourit Erich Mosset.
Lors de la foire de Bâle en mars dernier, la société qui emploie 1800 personnes entre le Tessin, le Jura, la Thaïlande et Hongkong a fait l’événement. Et pas seulement parce que l’entreprise y célébrait ses 70 ans. Après ne s’être consacré qu’aux mouvements quartz pendant plus de 40 ans – Ronda en écoule aujourd’hui 20 millions par an –, le «motoriste» fondé par le père d’Erich Mosset a annoncé le lancement d’un mouvement mécanique horloger baptisé R150. Objectif: produire ce calibre en «quantité industrielle».
Aux côtés de Soprod ou de Sellita, pour ne citer que ces deux sociétés, Ronda proposera ainsi une alternative supplémentaire pour les marques horlogères qui s’approvisionnent aujourd’hui en mouvements chez ETA. Après un feuilleton de plusieurs années, la société du groupe Swatch pourra en effet sélectionner à qui livrer ses cœurs de montres dès 2020.
Rencontre avec le patron de Ronda dans son quartier général de Lausen (BC).
– Le Temps: Quels ont été les premiers échos suite à votre annonce à la foire de Bâle?
– Erich Mosset: Très positifs. Mais nous ne sommes pas surpris; nos clients nous demandent de fabriquer de nouveau des mouvements mécaniques depuis des années.
– Vous seriez-vous lancés dans le calibre mécanique si la société ETA, propriété de Swatch Group, n’avait pas annoncé sa volonté de réduire ses livraisons?
– Je ne sais pas vraiment, mais là n’est pas la question. Nous cherchons notre propre chemin, indépendamment de ce que font les plus grands ou de l’état du marché. Nous ne visons pas les pics de croissance conjoncturels, par exemple. Nous voulons pouvoir tenir le coup à long terme, c’est là que nous voyons des opportunités.
– Vous allez livrer les premiers R150 d’ici à fin 2016. Combien pensez-vous en écouler?
– Nous allons commencer par en produire quelques dizaines de milliers pour l’année 2017 et voir comment le marché réagit. J’ai confiance car beaucoup de nos clients actuels ont déjà démontré un grand intérêt. A terme, nous voudrions en vendre des centaines de milliers.
– Votre but est-il de remplacer ETA (qui livre selon les estimations entre 5 et 6 millions de mouvements par an)?
– ETA ne sera pas remplacée. Mais il y aura davantage d’alternatives. En tout cas, nous ne sommes pas très nombreux à pouvoir prétendre être compétitifs sur ce segment. Ronda possède un avantage: nous sommes habitués à produire des volumes avec les mouvements à quartz. Notre base industrielle est solide et nous avons le savoir-faire pour développer également un marché substantiel.
– Combien a coûté le développement du R150?
– Cela nous a pris plus de quatre ans et nous a coûté 25 millions de francs, que ce soit dans les processus, les nouvelles machines, etc. Mais notre but n’est pas d’avoir un retour sur investissement en trois ans. Nous investissons sur le long terme.
– Combien coûtera-t-il?
– Comme les autres mouvements mécaniques de cette gamme: environ 60 francs. Entre 2010 et 2014, il y a eu une telle demande qu’un véritable marché gris du mouvement a explosé, c’est devenu un vrai bazar. Cela a fait gonfler les prix et l’on trouvait alors des ETA 2824 qui pouvaient coûter jusqu’à 150 francs. Mais le marché revient maintenant à la normale.
– A titre de comparaison, combien vendez-vous vos mouvements à quartz?
– Les calibres de base non «Swiss made» que nous fabriquons dans notre usine en Thaïlande coûtent 1,80 franc. Soit bien plus cher que les calibres japonais (50 centimes) ou chinois (25 centimes, mais sans pile). Les mouvements à quartz «Swiss made» commencent à 4 francs.
– Que ressentez-vous en vendant des calibres à 4 francs et en les retrouvant dans des montres à quelques centaines de francs?
– Il y a eu un transfert: la valeur de l’industrie horlogère suisse et internationale n’est plus dans les mouvements, mais dans les marques. C’est intéressant, mais le consommateur ne connaît généralement pas le prix du calibre. En moyenne, quand vous achetez une montre à 100 francs, le mouvement – qui est pourtant le cœur de la montre – ne représente qu’au maximum 2 ou 3% de la valeur totale de la pièce. La distribution prend 50% et tout le reste va dans l’habillage, le marketing, les licences, les boîtes, etc.
– Avec un mouvement à 1,80 franc, on a de la peine à imaginer où se trouve votre marge…
– Elle est en effet minime et j’estime que ce n’est pas raisonnable. Les producteurs de mouvements sont sous pression. En 1989, les constructeurs japonais Citizen et Seiko ont commencé une guerre des prix qui a duré presque quinze ans. Avec des volumes de plusieurs centaines de millions de pièces, ils ont réussi à faire chuter les prix. Et ensuite les Chinois sont arrivés dans la partie en les baissant encore davantage, car les plus grands clients américains les mettaient sous pression. Aujourd’hui, les prix sont au plancher et nous ne pouvons plus rien faire pour les remonter. Pour les producteurs japonais comme pour nous, il est difficile d’atteindre des marges raisonnables dans le segment du grand volume.
– Etes-vous à l’aise avec le fait d’être une entreprise suisse qui vend des mouvements non «Swiss made»?
– Parfaitement. Nous en fabriquons d’ailleurs davantage que des mouvements «Swiss made» car nous avons besoin de faire du volume. Il y a des rubis supplémentaires dans la version «Swiss made», certains composants électroniques sont différents, mais dans le fond, la qualité des deux modèles est comparable. Vous savez, il ne faut pas surestimer les Suisses; les Thaïlandais arrivent tout à fait à réaliser des produits de même qualité. D’ailleurs, comme Swatch Group, notre usine asiatique fabrique des composants que l’on retrouve également dans nos mouvements «Swiss made». C’est un impératif pour faire du volume.
– Quel impact aura sur vous le renforcement du «Swiss made» qui entre en vigueur en 2017?
– Nos mouvements sont déjà à environ 70% «Swiss made», donc le passage de 50 à 60% ne changera pas grand-chose pour nous à part les efforts importants à fournir dans le calcul des coûts. Cela changera surtout pour nos clients. Leur plus grand défi ne sera pas le mouvement, mais toute la tête de la montre, qui comptera alors également pour le calcul du «Swiss made». Ce sera un grand problème de créer les capacités de production nécessaires en Suisse, même si tout ne devra pas être fait à l’intérieur du pays. Il faudra par exemple que l’une des trois opérations de fabrication de la boîte (étampage, usinage ou polissage) soit faite en Suisse.
– Certains, comme Victorinox, se lancent justement dans la fabrication de boîtes…
– Oui, mais ils ont déjà un outil industriel pour leurs couteaux. Pour les grands groupes comme Swatch, Richemont ou Rolex, ce ne sera d’ailleurs pas un problème. En revanche pour les petites marques qui font entre 50 000 et 100 000 montres par année, ce sera très difficile. Personnellement, je ne suis pas certain qu’avec le nouveau standard, les montres suisses gagnent en qualité, ce qu’attendraient pourtant les consommateurs.
– Ronda a commencé dans le mécanique dans les années 1960, puis ne s’est concentré que sur le quartz dans les années 1990. Et revient aujourd’hui dans le mécanique. C’est un peu le reflet de l’industrie horlogère suisse…
– Oui, si l’on veut. Mon père est décédé en 1985. Quand ma sœur, son mari et moi avons sérieusement repris l’entreprise de notre père en 1989, nous avons d’abord restructuré l’entreprise de fond en comble. A cette époque-là, plus personne ne voulait de mouvements mécaniques (nous en vendions à peine quelques milliers), nous avons décidé de travailler davantage sur le marché asiatique et de nous concentrer sur le quartz. Nous voulions vraiment aller y faire du volume. C’est après cette montée en puissance que nous avions les reins assez solides pour attaquer de nouveau le marché suisse, par exemple avec Gucci, TAG Heuer ou Mondaine. Depuis, tous les quatre ou cinq ans on se demandait quand on allait revenir au mécanique. Fin 2011, on s’est sentis prêts, que ce soit au niveau technologies, production ou volume. Alors nous avons fait notre propre design – le R150 n’est pas une copie de l’ETA 2824 – et nous nous sommes lancés.
– Vous portez une montre de marque Ronda. Allez-vous commercialiser de tels modèles?
– Non. Nous en avons fait 500 équipées du mouvement mécanique pour les donner à nos clients. Les montres sont la langue de nos clients, il nous faut parler la même langue. Nous en donnerons aussi à certains employés ou pour faire quelques tests. Mais elles ne sont pas à vendre.
Valère Gogniat
27 avril 2016 à 4h23 #420003251158andrelis
Membre- Citation :
- – Combien coûtera-t-il?
– Comme les autres mouvements mécaniques de cette gamme: environ 60 francs. Entre 2010 et 2014, il y a eu une telle demande qu’un véritable marché gris du mouvement a explosé, c’est devenu un vrai bazar. Cela a fait gonfler les prix et l’on trouvait alors des ETA 2824 qui pouvaient coûter jusqu’à 150 francs. Mais le marché revient maintenant à la normale.
…
– Que ressentez-vous en vendant des calibres à 4 francs et en les retrouvant dans des montres à quelques centaines de francs?
– Il y a eu un transfert: la valeur de l’industrie horlogère suisse et internationale n’est plus dans les mouvements, mais dans les marques. C’est intéressant, mais le consommateur ne connaît généralement pas le prix du calibre. En moyenne, quand vous achetez une montre à 100 francs, le mouvement – qui est pourtant le cœur de la montre – ne représente qu’au maximum 2 ou 3% de la valeur totale de la pièce. La distribution prend 50% et tout le reste va dans l’habillage, le marketing, les licences, les boîtes, etc.
Passage très intéressant… qui remet bien en perspective le prix des montes et ce que l’on paie vraiment.
27 avril 2016 à 4h40 #420003251159David123
MembreNe surestimons pas les Taïlandaises non plus.
Ce qui est marrant, c’est que dans l’autre sujet « swiss bashing », tout le monde se gaussait de la parole de Nick Hayek (que des mensonges…), on va voir ici l’importance qu’on va donner à la parole de ce Erich Mosset qui joue réellement sur les deux tableaux ? Parole d’évangile ?
27 avril 2016 à 4h44 #420003251160Leopal
MembreA l’évidence, en y mettant l’investissement et les compétences, beaucoup de nations peuvent produire d’honnêtes mouvements, voire de très avancés : par exemple le Calibre Royal qui est l’un des plus éblouissants mis au monde ces dernières années.
C’est encore plus vrai quand il s’agit de copier purement et simplement des dessins tombés dans le domaine public, les clones d’ETA pullulent.
Les Suisses conservent certainement un avantage en matière de décoration et HH, pour le moment du moins.
27 avril 2016 à 6h38 #420003251161Invité
MembreIl ne faut pas confondre fabrication et conception.
La fabrication, tout le monde peut faire. On te met une machine, un plan, un programme. Que le type derrière qui lance le cycle soit Suisse, Thai ou Pakistanais, ça marche pareil.
La conception, c’est déjà plus compliqué. Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup d’école horlogère à Bangkok…
27 avril 2016 à 6h50 #420003251162steph38
Membrebon apres avoir lu cela et certains sujets ces derniers temps que fait on?
on arrête de porter des montres mécanique?
on met des oeilleres et on continu à acheter des montres dont la valeur est faite à 80% d’immatériel
on achète SEIKO?
27 avril 2016 à 8h00 #420003251163Bacalhaueiro
MembreLe sujet avait été aussi abordé là:
[News] Nouveau mouvement Ronda automatique R15027 avril 2016 à 8h13 #420003251164ZEN
MembreCette interview conforte mes propos d’il y a quelques jours et ceci de manière plus crue que je n’avais souhaité l’aborder.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).27 avril 2016 à 9h01 #420003251165Jotunn
Membre- steph38 a écrit:
- on arrête de porter des montres mécanique?
Non!
- steph38 a écrit:
- on met des oeilleres et on continu à acheter des montres dont la valeur est faite à 80% d’immatériel
Pourquoi des oeillères? Tu te doutais pas toi que payer une trois aiguilles à 7000 balles c’est payer la marque?
Clairement le prix est depuis longtemps décorrélé de la valeur intrinsèque de l’objet et du coût de fabrication.
Tu peux continuer à acheter tant que tu en es conscient et que t’as les moyens. C’est ce qu’on appelle un marqueur social.- steph38 a écrit:
- on achète SEIKO?
C’est déjà la cas et pas qu’une
27 avril 2016 à 9h27 #420003251166David123
Membre- Jotunn a écrit:
- Pourquoi des oeillères? Tu te doutais pas toi que payer une trois aiguilles à 7000 balles c’est payer la marque?
Clairement le prix est depuis longtemps décorrélé de la valeur intrinsèque de l’objet et du coût de fabrication.
Non, le prix est correct par rapport à la qualité du produit.
Edit : Je veux dire… entre une GS à 5k, une Glashütte à 7k, une Rolex à 6k, une Pequignet à (je sais pas combien mais sûrement plusieurs K), ça se tient, non ?
27 avril 2016 à 9h35 #420003251167broncos
Membre7K une Pequignet RR full complication. Et c’est donné…
Ma Speake aussi je la trouve donnée bien qu’elle soit plus chère. Comme quoi…
27 avril 2016 à 10h09 #420003251168yann_1976
MembreDommage pour eux que le SG ouvre à nouveau les vannes à fond …
27 avril 2016 à 10h16 #420003251169Jotunn
Membreça se tient parceque qui chercherait à casser le marché?
Après je ne pense pas qu’on puisse considérer que tout soit au même niveau même si au niveau tarif c’est le cas. D’ailleurs la Pequignet que cite Broncos n’est pas une 3 aiguilles
La démarche et les structures ne sont pas les mêmes.
On ne m’enlèvera pas l’idée que le prix est complètement décorrélé, pour les grosses boîtes surtout. Ceci étant c’est le propre du luxe si ça se vend c’est qu’il y a une cible.27 avril 2016 à 10h36 #420003251170Invité
MembreMonsieur Mosset dans cette déclaration lance une sacrée pique à toute l’industrie horlogère Suisse, il ne va pas se faire des amis.
Dire, on ne peut plus clairement que le coeur de la montre, le calibre représente peanuts dans le prix de la montre, le prix de la montre, c’est surtout payer la marque, le revendeur, le marketing, sans oublier les licences mais surtout les magnifiques boîtes, ça casse vraiment le mythe de la montre horlogère de luxe ou de prestige.
Car l’équation, plus c’est cher, moins c’est justifié, de toutes façons, le prix du prestige n’est pas calculé comme le prix du lait, le fabricant hausse le prix en fonction de la cible clientèle, le client qui achète une belle montre à 7000 euros, ou bien plus, sait le plus souvent, et n’a pas attendu Monsieur Mosset pour savoir qu’il paye du prestige, l’essentiel est qu’il achète un produit exclusif ou presque, rarement partagé et que c’est cette exclusivité qu’il achète le prix fort, c’est le propre du luxe, si au contraire il croit en avoir réellement pour son argent pour lire l’heure..
Perso, j’ai déjà découvert cet aspect prix marketing très récemment, un AD vendant Tag Heuer et Longines, je comparais l’Aquaracer ( Tag) et l’Hydronconquest, je lui demande pourquoi la Tag est proposé plus du double du prix de la Longines, très honnêtement, il me répond « positionnement marketing, rien d’autre, absolument rien justifie le moindre écart au niveau de l’objet montre », voir même il portait une préférence qualitative à la Longines ( même mouvement à l’intérieur) et que dire des Hublot Classic fusion à 7200 euros la pièce et tjrs avec le même mouvement, oui retravaillé comme ils disent, mais ça fait cher le retravaille pour un détail de rien, juste une décoration.27 avril 2016 à 10h54 #420003251171Leopal
Membre- David123 a écrit:
- Edit : Je veux dire… entre une GS à 5k, une Glashütte à 7k, une Rolex à 6k, une Pequignet à (je sais pas combien mais sûrement plusieurs K), ça se tient, non ?
Non ça ne se tient pas, enfin pas si on est sensible à ce qu’offre le mouvement : on ne peut pas comparer des 3 aiguilles + date, aussi célèbre soit le label, au Calibre Royal et ses PdL, RdM, date à triple saut et 100h de réserve.
[/HS]
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