Qui a inventé le concept de manufacture ?

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 21)
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  • #410000079845
    ZEN
    Membre

    Les premières manufactures modernes d’horlogerie semblent bien être nées aux USA. L’héritage viendrait d’ingénieurs spécialisés dans l’armement qui ont voulu appliquer à l’horlogerie des méthodes de travail que l’armement avait déjà mis en oeuvre dans la première moitié du 19ème siècle.
    On peut facilement balayer d’un revers de plume toutes les théories plaçant en Suisse la naissance du concept qui fut de fait copié sur l’industrie américaine. L’interchangeabilité des pièces et des mouvements, la fabrication sous un même toit de toutes les pièces du mouvement, tels sont les éléments fondateurs des manufactures horlogères. On se moquait à l’époque de savoir qui avait conçu un calibre puisque de toutes façons une manufacture fabriquait tout .

    En Suisse, les pionniers de la manufacture moderne sont sans consteste Longines, Omega et Zenith. Zenith ayant sans doute cette pointe d’avance d’avoir fabriqué en interne ses boîtes et cadrans. Les temps modernes ont fait ajouter au concept de manufacture des calibres « internes » puis conçus in house . Cette dernière lecture permet de faire appel à des sous-traitants sur des technologies qui font appel à des spécialités rares et chères comme les pièces en silicium que beaucoup de maisons achètent et /ou font développer par des sous-traitants. Il faut observer que la conception est elle aussi de plus en plus assistée par des bureaux d’études sous-traitants.

    Aujourd’hui, ce qu’il est demandé à une manufacture est avant tout l’exclusivité des calibres qu’elle place dans ses montres. En trois ans plusieurs rhabilleurs sont devenus manufactures … Tag Heuer, Breitling, Hublot, Breguet en intégrant Lémania.
    Dans 99% des cas, Seiko mis à part, tout le monde achète au moins des roues ou des kits (élément réglants notamment) à l’extérieur. Certaines maisons sont très spécialisées en ce domaine et ont une qualité de livraisons qui justifie pleinement le recours à ces prestataires. En outre, les volumes permettent de réduire les coûts sans que la valeur ajoutée par une fabrication interne ne soit démontrée.

    L’industrie moderne a, de fait, reculé par rapport au concept ancien de manufacture et la tentation est aujourd’hui de ne conserver en interne que ce qui est stratégique. Swatch Group en contrôlant les livraisons d’ébauches non terminées, de kits et de roues contrôle le développement et l’expansion de ses concurrents. La relance de l’horlogerie mécanique dans les années 80 aura finalement eu comme conséquence de promouvoir le concept de manufacture tout en le vidant de sa substance.
    Concrètement, il n’existe pratiquement aucune manufacture au sens plein du terme et en tous les cas aucune au sens américain du 19 ème siècle. Pourtant l’interchangeabilité des pièces est total mais beaucoup de pièces sont importées. Cela a conduit à galvauder le terme de manufacture tant et si bien qu’il en existe une définition par marque.

    #420001601199
    Jici02
    Membre

    Bonsoir ZEN.

    Voilà la question que je me pose. Seiko serait-elle la seule vraie manufacture? La question peu paraitre idiote mais étant novice je la pose quand même.

    Merci Chinois

    #420001601200
    koseis
    Membre
    #420001601201
    Jici02
    Membre

    Merci pour le lien Koseis. Il est super thumright

    #420001601202
    koseis
    Membre

    J’espère avoir répondu à ta question concernant Seiko. Chinois

    #420001601203
    ZEN
    Membre

    Seiko est sans doute davantage une entité économique globalisante comme Swatch group qu’une manufacture. La terminologie de manufacture est davantage liée à la lecture américaine  » Tout sur un même site dans une même espace économique et un environnement d’actionnaires »

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420001601204

    C’est Shinji Hattori qui serait heureux d’apprendre que Seiko n’est pas une manufacture.

    #420001601205
    koseis
    Membre

    La manufacture horlogère, une exception culturelle

    Une manufacture maîtrise, en théorie, tous les niveaux de fabrication d’une montre. Dans les faits, rares sont celles qui y parviennent à 100%. Après avoir risqué de disparaître au tournant des années 70 avec la révolution du quartz, l’industrie horlogère suisse a su s’adapter au xxie siècle, entre artisanat et marketing.

    Le dictionnaire horloger de référence, le Berner, donne une définition du mot « manufacture » qui, d’emblée en souligne toute l’ambiguïté. « Dans l’horlogerie suisse », y est-il écrit, « on désigne sous le nom de manufacture les fabriques qui font la montre à peu près entièrement, par opposition aux ateliers de terminage dans lesquels on ne fait que le remontage, le réglage, le posage d’aiguilles, l’emboîtage. »

    On ne peut s’empêcher de sourire en lisant cet approximatif « à peu près entièrement » car tout l’enjeu de la manufacture se trouve précisément ramassé dans ce mince espace qui sépare l’à-peu-près de l’entièrement, un espace qui permet toutes les interprétations, un interstice dans lequel s’engouffrent tous les prétendants. Comme le dit Philippe Stern, président de l’entreprise familiale Patek Philippe, sans doute la plus rigoureuse manufacture suisse, « nous n’utilisons pas le mot manufacture comme un argument marketing car il n’y a pas de définition de ce terme. C’est une notion qui est trop vague ».
    Et qui, par ailleurs, pourrait se targuer de maîtriser « l’entièrement »… ?

    La question n’est pas de pure rhétorique. Elle peut même avoir de très sérieuses résonances sonnantes et trébuchantes. Car le mot « manufacture » est nimbé d’une auréole de prestige et d’ancienneté, valeurs dont les hommes de marketing raffolent. Le prestige millésimé, qui plus est estampillé « manufacture », vous distingue d’emblée. Une « montre de manufacture » se voit dotée d’un pedigree qui l’élève au-dessus des montres roturières. Comme l’indique son nom, une « montre de manufacture » serait (idéalement) le produit d’un établissement où l’on aurait à coeur de respecter la tradition de la « bonne facture » et où la main conserverait encore toute son importance.

    Les aspirants à ce titre convoité se bousculent donc, s’accordant avec largesse son bénéfice. « Nous avons vécu une période au cours de laquelle tout le monde a voulu revendiquer le titre de manufacture, explique Jérôme Lambert, président de la manufacture Jaeger-LeCoultre, mais cette vague qui a englouti l’horlogerie suisse est en train de se retirer car la plupart des prétendants se sont rendus compte que se positionner comme tel leur coûtait une fortune. »

    Il est vrai que dans cette mêlée, on trouve, ou on trouvait, de tout. Et il n’est pas toujours facile, pour le consommateur même averti, de distinguer la fable, du fait historique, la coquille presque vide, du mouvement intégralement réalisé par la main d’un maître-horloger.
    Mais tentons néanmoins d’y voir un peu plus clair.

    « Il existe effectivement plusieurs définitions de la manufacture, confirme toujours Jérôme Lambert. La définition structurelle et stricte se base sur le taux d’intégration verticale. Plus on approche d’une maîtrise à 100 % plus on est une manufacture. Il faut pouvoir concevoir, développer, réaliser et contrôler tous les éléments d’une montre, si possible sous un même toit. Ce que nous faisons chez Jaeger-LeCoultre, à l’exception des verres saphir. »

    Philippe Stern y ajoute un élément supplémentaire : la distribution. A ses yeux, une manufacture doit avoir « la capacité de rechercher, développer, produire tous ses composants et distribuer ses produits. C’est un tout qui exige énormément d’expérience et qui se définit par le long terme ».
    Soyons donc plus sévères que le Berner et essayons, comme ça, pour le jeu, d’attribuer la qualité de manufacture aux seules maisons capables de tout faire, ou presque… Une vraie peau de chagrin. Qui, parmi les labels les plus prestigieux de la haute horlogerie pourrait encore prétendre à ce titre ? Qui est capable de fabriquer intégralement ses propres mouvements comme son propre habillage, ses aiguilles, son cadran, voire son verre saphir, ou ses bracelets ?

    La réponse est simple : personne ! Personne sauf, et encore, le Swatch Group, pris dans son ensemble. Grâce à son réseau d’établissements industriels, le groupe de Nicolas Hayek maîtrise la fabrication de la totalité des composants d’une montre. Et, surtout, seul le Swatch Group maîtrise la fabrication au niveau industriel d’un élément clé que l’on trouve au coeur de tout mouvement : le fameux spiral. Ce très fin ressort à la métallurgie complexe contient l’énergie délivrée par son « remontage » manuel ou automatique et la redistribue sous forme d’oscillations au balancier avec constance et régularité. A plus de 90 %, toute l’horlogerie mécanique dépend des livraisons de spiraux produits par le Swatch Group.

    Seul Rolex qui vient d’annoncer la fusion de ses deux unités de Bienne et de Genève pourrait à peu près se targuer d’une autonomie comparable.
    Fort bien. Mais c’est oublier que le mot manufacture est pour moitié composé de l’ablatif du latin manus, « la main ».
    « Je ne suis pas à la tête d’une manufacture mais d’un atelier d’horlogerie », affirme François-Paul Journe, que la profession, admirative, qualifie souvent de « Breguet du XXIe siècle ». « Ça ne me pose aucun problème de le dire car l’horlogerie de haut de gamme va de pair, à mes yeux, avec l’aspect artisanal. Or la manufacture est, dans le secteur horloger helvétique, une notion très industrielle. Elle a perdu son sens original de fait à la main. »

    Accordons ce bonus à la manus, d’autant plus volontiers que l’intégration verticale n’est pas toujours un gage de qualité absolue. C’est le même François-Paul Journe qui l’affirme : « Idéalement, une manufacture devrait être capable de faire presque tout mais ce n’est économiquement pas rentable. Et quand on est un généraliste, on ne parvient pas à fabriquer l’ensemble des composants aussi parfaitement que le font les spécialistes. L’extrême petitesse des composants est la principale difficulté rencontrée en horlogerie. C’est bien simple, seuls sont bons, par exemple dans la fabrication des engrenages, ceux qui ne font que ça. On peut donc affirmer que non seulement la manufacture n’existe pas mais que ce serait économiquement stupide de la faire. »

    Sur le point de l’intégration, au moins, Journe est d’accord avec Nicolas Hayek quand celui-ci nous déclare qu’« être une manufacture n’est pas une question d’exhaustivité. Il n’est pas nécessaire de tout faire, à 100 %, mais une manufacture doit impérativement être capable de concevoir et de maîtriser la production exclusive de ses propres mouvements. Or on oublie souvent que le mouvement est pour ainsi dire la partie la plus belle et sophistiquée d’une montre de haute horlogerie. Qui maîtrise la technique doit maîtriser l’artistique. »

    Le Figaro / Pierre Maillard / http://www.lefigaro.fr

    #420001601206
    ZEN
    Membre

    Cela donne l’interprétation Suisse de ce qu’est la manufacture mais qui l’a créé. L’article illustre ceci étant comme chaque marque a sa définition . Merci de l’avoir retrouvé !

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420001601207
    Manivel
    Membre
    ZEN a écrit:
    Seiko est sans doute davantage une entité économique globalisante comme Swatch group qu’une manufacture. La terminologie de manufacture est davantage liée à la lecture américaine  » Tout sur un même site dan sune même espace économique et un environnement d’actionnaires »

    Bin, Seiko est sans doute ce qu’il y a de plus proche non? L’analogie au swatch group ne me semble pas tres juste, etant divise en plusieurs marques et sous traitant.

    Seiko a plusieurs sites, mais dans la tete des injenieurs de Seiko et ces ateliers, on trouve l’integralite de ce qu’ils faut pour faire une montre, du verre au spiral.
    Bien peu de marques suisse ont pu en dire autant, et peut etre aucune desormais.

    Vincent.

    #420001601208
    Setsu
    Membre

    Non seulement Seiko développe et fabrique ses propres calibres à 100%, et ce depuis le premier jour, mais également son acier et ses verres (Hardlex, Sapphlex et saphir)… Difficile de faire davantage.

    S’il n’existe qu’une seule vraie manufacture au monde, c’est celle-ci.

    #420001601209
    Jici02
    Membre
    koseis a écrit:
    J’espère avoir répondu à ta question concernant Seiko. Chinois

    Je vais prendre le temps de lire l’ article en entier mais je pense avoir trouver ma réponse en lisant déjà vos commentaires et m’ étant fais une très très belle image qu’ est Seiko, elle fait partit de ma liste des montres à acquérir.

    #420001601210
    Crizao
    Membre

    Merci pour ton lien Koseis, j’ai appris plein de chose sur Seiko, vraiment une belle marque.

    #420001601211
    Manivel
    Membre

    Super lien… Chinois

    Toutefois assez complaisant sur l’episode des concours de chronometrie suisse si je dis pas de conneries.

    Seiko, devenant encombrant sur les podiums, ont gentiment ete evinces des concours suisses.
    De meme qu’ils ont ete invite a developper leur propre norme, le COSC ne s’adressant desormais qu’aux montres suisses (pas gene, c’est une norme internationnale… Rolling Eyes )

    Du coup Seiko, comme a sont habitude a prit le contre pied et a defini sa propre norme avec systematiquement une unite de valeur plus precise pour chaque type de mesure. clown

    Cela fait un petit moment que je considere cette marque comme la plus respectable maison horlogere. Chinois

    J’aurais un calibre mecanique auto Grand Seiko un de ces jours… je pense meme deja a un modele en particulier. Wink

    Vincent.

    #420001601212
    Tsukuyomi
    Membre
    Manivel a écrit:
    Super lien… Chinois

    Toutefois assez complaisant sur l’episode des concours de chronometrie suisse si je dis pas de conneries.

    Seiko, devenant encombrant sur les podiums, ont gentiment ete evinces des concours suisses.
    De meme qu’ils ont ete invite a developper leur propre norme, le COSC ne s’adressant desormais qu’aux montres suisses (pas gene, c’est une norme internationnale… Rolling Eyes )

    Du coup Seiko, comme a sont habitude a prit le contre pied et a defini sa propre norme avec systematiquement une unite de valeur plus precise pour chaque type de mesure. clown

    Cela fait un petit moment que je considere cette marque comme la plus respectable maison horlogere. Chinois

    J’aurais un calibre mecanique auto Grand Seiko un de ces jours… je pense meme deja a un modele en particulier. Wink

    Vincent.

    Je partage cet avis aussi, je commence à m’intéresser aux vintages Seiko à calibre manuel.

    Mon Graal serait différent du tien, ce serait une Credor 3 aiguilles calibre à remontage manuel uniquement.
    😉

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