Omega

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  • #420003574896
    ZEN
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    La Flightmaster modèle Omega destiné aux pilotes.

    La première version fut produite dès 1969. Cette première version comportait un indicateur 24 heures (jour/nuit). Une version or (de 250 grammes) fut produite à 200 exemplaires en 1971. Cette même année, la seconde version (celle présentée ci-dessous) vit le jour.
    Cette version comporte une petite seconde qui a priori est plus intéressante que la version jour/nuit.

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    #420003574897
    ZEN
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    Référencement des Omega sur la base des indications fournies par Jean-Michel

    Citation :
    Omega Reference number system was adopted in 1963 it consist in a serie of letters and digit to describe precisely each individual watch . In 1996 Omega introduce a new system but WITHOUT dropping the reference number : this new system is called « PIC » number

    PIC numbers are used today by Omega for « commercial » use such as in catalogs , websites , pricelists and those are the most commonly known by recent customers

    Reference numbers are still used today : those are the only one which are engraved in the watch and this is the number internally used by Omega to designate a watch or to order spare parts

    Please note that PIC numbers are NOT engraved in watches only Reference numbers are , please also note that it is the PIC number which is used on the paper of the watch

    Example for a Speedmaster professional :

    Reference number : ST-145.0022
    PIC number : 3570.50.00

    Omega Reference numbers :

    Omega reference numbers consist in a serie of two letters and 6 or 7 digits (sometimes followed by the year of production with 2 digits)

    AA.111.(2)222-99

    AA : case material :

    BA=Yellow gold
    BC=White gold
    BG=Pink gold
    BT=Platinum
    DA=Yellow gold combination
    DD=Gold combination
    DG=Pink gold combination
    DL=Gold combination
    MD=Gold plated
    SP=Strap
    ST=Stainless steel
    TA=Titanium and yellow gold combination
    TI=Titanium
    TL=Titanium and pink gold combination

    111 : description of the watch :

    1st digit : strap/bracelet material :
    1: Leather strap (men’s)
    2: Leather strap/diamond decorated bezel (men’s)
    3: Bracelet (men’s)
    4: Bracelet diamond decorated bezel (men’s)
    5: Leather strap (ladies’)
    6: Leather strap diamond decorated bezel (ladies’)

    2nd digit : movement type :

    0: Manual winding chronograph
    4: Manual winding chronograph
    6: Non-chronograph
    7: Self-winding chronograph
    8: Quartz or tuning fork chronograph

    3rd digit : additional features :

    5: No date
    6: Date
    8: Chronometer

    (2)222 : models

    Differentiation of various models use to be only 3 digits from 1963 to 1970 , then 4 digits :
    These individual numbers do not designate anything specific, but are used to distinguish between the various models produced

    -99 : year of manufacturing

    Last two digits :
    Designate year of manufacturing of the watch
    64=1964 ……

    Omega PIC numbers :

    OMEGA PIC numbers consist of 8 digits in the following format :

    XXXX.YY.ZZ

    Here is the way to « decode » them :

    XXXX :

    1st digit product line :
    1=Constellation
    2=Seamaster
    3=Speedmaster
    4=DeVille (DeVille Prestige and Symbol)
    5=Louis Brandt
    7=DeVille

    2nd digit material type :
    1=Gold Case on Gold Bracelet
    2=Steel-Gold Case on Steel-Gold Bracelet
    3=Steel-Gold Case on Partial Steel-Gold Bracelet
    4=Steel-Gold Case on Steel Bracelet
    5=Steel Case on Steel Bracelet
    6=Gold Case on Leather Strap
    7=Steel-Gold Case on Leather Strap
    8=Steel Case on Leather Strap

    3rd and 4th digit : product variation
    Varies by product line

    YY :

    5th digit : Dial color :
    1=Champagne
    2=White
    3=Silver
    4=Gray
    5=Black
    6=Ivory
    8=Blue

    6th digit : hours marker :
    0=Mixed
    1=Indexes
    2=Arabics
    3=Roman
    5=Diamonds

    ZZ :

    7th and 8th digit : strap color :

    00= bracelet
    01=Black
    02=Brown
    03=Blue
    04=Green

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    #420003574898
    ZEN
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    Extrait du catalogue général Omega

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    #420003574899
    ZEN
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    Même contenu avec un hébergeur différent
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    #420003574912
    ZEN
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    « Chronostop » le chronographe atypique d’Omega


    Le nom du modèle Chronostop résonne comme celui d’un jeu radiophonique ou de société et pourtant, le Chronostop d’Omega est bien un chronographe de la maison de Bienne. Ce chronographe est fait pour mesurer des temps très courts de moins d’une minute qui représentent la très grande majorité des mesures faites par le porteur d’un chrono. Omega, en maison experte des chronométrages sportifs, a donc « dépouillé » et simplifié au maximum son modèle pour l’adapter à une utilisation sportive. Le résultat est d’une redoutable efficacité
    .

    Jeunesse et modernité

    Né en 1966, le Chronostop est d’une modernité qui n’a pas pris une ride, malgré plus de 50 ans d’âge. Résolument « jeune » le modèle né dans la collection « Seamaster » est transféré en 1967 dans la collection « Genève » d’Omega, au succès de laquelle il contribue. La marque en imagine une version spéciale à porter sous le poignet avec le midi décalé à 3 heures. Les concepteurs de la montre axent leurs efforts sur la lecture rapide de l’heure.

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    Omega présente un prototype avec la couronne à 3 heures qui obtient le prix d’honneur dans la catégorie des « chronographes et montres pour le sport » du concours organisé par la Fédération Horlogère Suisse, pour stimuler les efforts de création de ses adhérents à la veille de l’Exposition Universelle de Montréal en 1967. Le lancement publicitaire dynamique du modèle contribue sans nul doute, à ce qu’il devienne la montre officielle des chronométreurs Omega aux jeux panaméricains de Winnipeg de 1967, puis aux Jeux Olympiques de Grenoble et de Mexico de 1968. La montre reçoit en outre, le prix d’Esthétique industrielle de la foire de printemps d’Utrecht en 1968. Marco Richon ancien conservateur du musée Omega explique dans son livre « Voyage à travers le temps » qu’en 1970, la montre fait l’objet d’une promotion spectaculaire auprès de la jeunesse italienne grâce à un grand concours à but didactique lancé par « Omega Science Foundation » et appuyé par le ministère de l’instruction publique.

    Omega - Page 3 Omega_63

    Les cadrans des Chronostop sont soit de type classique, soit munis de lunettes intérieures fixes « tachyproductométrique », télémétrique, pulsométrique ou décimale, soit enfin d’une lunette tournante avec une commande située à 10 heures. Ces lunettes mobiles portent soit une échelle de type « plongeur » graduée de 0 à 60, soit une échelle spéciale « Régate » graduée à rebours de 60 à 0 avec les dix dernières minutes en bleu et rouge, soit encore une variante « Pilote », graduée 1/2 13/24 permettant d’obtenir l’heure dans deux fuseaux horaires.
    Les cadrans des versions « Genève » prennent des couleurs diversifiées ce qui donne au modèle un aspect très attrayant. On retrouve ainsi des versions gris anthracite, blanc ivoire, bleu, vert foncé, rouge bordeaux et brun.

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    La montre s’utilise au quotidien comme le souhaite son porteur, soit en laissant la trotteuse fixe, soit en la faisant tourner sans risque d’usure prématurée car il s’agit d’une seconde indirecte, système éprouvé sur nombre d’autres mouvements. La différence ici est qu’on peu la stopper à sa guise. Cela diffère des chronographes qu’il est parfois déconseillé de laisser tourner en « prise ».

    Deux mouvements pour une légende

    Le mouvement originel de 1966 est référencé 865, calibre de chronographe mis au point par Lémania et de la même famille que le fameux 861 qui équipe alors la Speedmaster Professionnal. Le poussoir est à deux heures pour le départ, l’arrêt doit être maintenu en pression pour lire le temps mesuré et son relâchement provoque la remise immédiate à zéro de l’aiguille centrale. Celle-ci reste fixe en utilisation normale mais le porteur a aussi le choix de la laisser tourner. La version classique est étanche à 60 mètres mais sa variante avec lunette intérieure tournante dite plongeur (réf ST 145.008) voit son étanchéité testée à 120 mètres. Par la suite, Omega propose en 1968 un calibre référencé 920 dans les versions Genève, mouvement qui sur son prédécesseur, offre l’avantage de disposer de la date. Le Chronostop est emboité d’abord dans des boites de forme tonneau, puis dans des carrures proches des célèbres modèles Dynamic. Ces versions de 42 mm de diamètre, sont dessinées et fabriquées par Fontana et exclusivement livrées à l’agent italien De Marchi. De l’emboitage des Dynamic, cette version reprend la boite monocoque « Uniloc » qui s’ouvre en retirant le verre après avoir séparé la tige et propulsé de l’air dans la montre. Le bracelet se fixe par une attache qui s’adapte au fond de la montre et est tenue par une bague vissée. Le système préserve le mouvement de l’humidité et des poussières.

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    La carrure de la version « Tonneau » à lunette tournante mesure 41 mm, un diamètre des plus contemporain qui fait passer ce chronographe pour être fraichement sorti des ateliers. Si les versions avec ce type de lunette sont les plus recherchées par les collectionneurs, les autres versions n’en sont pas moins prisées malgré un diamètre soit identique, soit plus petit. C’est indéniablement le côté pratique qui emporte l’adhésion car au lieu de s’encombrer avec plusieurs poussoirs, le porteur n’a finalement qu’une action possible : Déclencher, lire et relâcher pour revenir à zéro, cela dans un geste simple. Quand on sait que plus de 90% des temps chronométrés par les utilisateurs de chronographes sont inférieurs à une minute, l’intérêt du Chronostop apparait évident. Pourtant les premières versions ont créé une frustration, celle de ne pas pouvoir totaliser les minutes chronométrées. Omega céda donc à cette demande des clients relayés par les détaillants. C’est ainsi que la version dotée du mouvement 930 a vu le jour, une version plus proche des chronographes classiques.
    La version équipée du calibre 865 fut fabriquée en 124 000 exemplaires, un chiffre important pour un modèle spécial. La version dotée du mouvement 920 fut réalisée en 61 000 exemplaires, ce qui porte la production totale des différentes versions à 185 000 pièces. Ces deux mouvements ne furent emboités que dans des Chronostop. Ils fonctionnaient à une fréquence de 21 600 alternances comme beaucoup de calibres Omega de l’époque et comportaient 17 rubis. Leur réserve de marche est de 40 heures pour un diamètre contenu de 27 mm. Jamais réédité par Omega, le modèle a indirectement inspiré Zenith qui en 2011 proposa un modèle avec les mêmes fonctionnalités et baptisé « Retrotimer ». Celui-ci rappelle la version d’Omega dotée du calibre 920 mais la pièce de Zenith dispose en plus d’une petite seconde qui tourne en permanence et rassure le porteur sur le fonctionnement de sa montre. La grande trotteuse a alors le même usage que celle du Chronostop.

    Le concept est innovant et le succès du Chronostop est immense dès ses débuts, ceci malgré la vague déferlante des montres à quartz qui marque le début des années 1970. Cela démontre sans doute que si une manufacture est présente avec un bon produit, celui-ci conserve toute sa place. Omega a su multiplier les innovations qui ont reçu l’adhésion du public avec des montres pratiques et intuitives. Celles-ci ont connu un véritable succès commercial et ont si bien marqué leur temps qu’elles suscitent aujourd’hui l’intérêt des collectionneurs qui trouvent avec Omega une mine de diversité de pièces sans égale.

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    #420003574913
    ZEN
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    Memomatic, la montre agenda d’Omega

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    Les années 1960 sont aussi riches de créations horlogères que de noms de baptême donnés à des modèles, qui dans les vitrines des boutiques, prennent le pas sur les références alphanumériques peu pratiques à mémoriser pour les consommateurs. Le nom du modèle Mémomatic d’Omega est né de cet engouement pour la désignation par un véritable nom original des produits de la maison de Bienne. Il voisine avec Chronostop, Dynamic, Ladymatic et quelques autres, dans les catalogues Omega.

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    Un agenda et non une montre réveil

    La Mémomatic est une montre qui sonne non pas pour réveiller son porteur, car pour cela la sonnerie est bien trop faible, mais pour lui rappeler un rendez-vous. Ce n’est surtout pas une montre réveil mais simplement une montre alarme, un « Agenda du poignet » conçu pour avertir son porteur de manière « douce et harmonieuse » que l’heure mémorisée est arrivée. C’est ainsi que ce modèle emblématique fut présenté lors de sa sortie.

    Un barillet à double usage

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    En présentant cette montre en 1970, Omega signe discrètement une prouesse technique sans précédent. C’est en effet, la première montre automatique à rotor équipée d’un seul et unique barillet qui alimente autant le mouvement horaire de la montre, que le dispositif de sonnerie. Ce dernier consiste en un marteau qui vient frapper une sorte de lame vibrante en forme de cloche qui recouvre le mouvement. Un seul tour de barillet suffit à alimenter la sonnerie afin d’économiser l’énergie sans trop empiéter sur la réserve de marche horaire. Le système est particulièrement astucieux car il ne consiste pas dans la juxtaposition de deux mécanismes distincts. Omega souligne dans sa publicité internationale du moment, l’exclusivité de son invention intégrée dans une montre étanche à 60 mètres. Ce choix de boite contribue indéniablement à limiter la puissance de la sonnerie enfermée dans l’acier. Par comparaison, sur le modèle Memovox de Jaeger Lecoultre, c’est le fond de la boite qui sert de caisse de résonnance. Le timbre de la sonnerie est donc beaucoup plus audible mais la montre est une « montre réveil » avant tout et sa vocation est donc différente.

    Des rendez-vous à la minute près

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    La Mémomatic renferme d’autres qualités qui contribuent tout autant que son mécanisme à la rendre particulièrement intéressante. En effet, elle est aussi la première montre à sonnerie « alarme » dont le déclenchement peut être réglé à la minute près, grâce à un affichage consistant en deux disques mobiles comportant le repère des heures de la sonnerie sous forme de triangle pour l’un et celui des minutes, pour l’autre, grâce à un double trait. Le système a été inventé par Raoul-Henri Erard, ce dispositif a fait l’objet d’un brevet N° 513.447 déposé le 7 octobre 1968 et publié à partir du 28 mai 1971.
    Par ailleurs, le modèle proposé par Omega comporte un affichage de la date, une date que l’on ajuste rapidement par un poussoir situé sur le côté droit de la carrure entre la commande de la sonnerie et la couronne de remontage du mouvement. Ce poussoir se manipule avec une pointe de type « stylo à bille ». Chaque pression fait avancer le disque de date d’une unité par un système à saut instantané. Là aussi, le système est très ingénieux car il évite de multiplier les positions de la couronne qui une fois la commande de sonnerie tirée à fond, permet la mise à l’heure de la sonnerie. Ce dispositif évite également d’avoir à tourner la couronne de manière prolongée pour aller rechercher la bonne date.

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    Le mouvement Omega 980 qui équipe cette montre a été développé par Lémania. Cette maison présentée comme marque « une sœur » à l’époque, fournit à Omega la grande majorité de ses mouvements. Le modèle a connu une diversité de couleurs de cadrans mais seulement deux emboitages. L’une des versions est présentée dans une boite tonneau et l’autre, dans une boite dite Pilote qui est très en vogue dans les années 1970 et habille des chronographes qui vont marquer l’histoire d’Omega dont notamment le modèle « Flightmater » et la « Flat Jedi ». Cette forme a été remise à l’ordre du jour récemment par Omega qui en a retenu le design pour son chronographe Z33.

    La Mémomatic est une montre qui bien réglée est capable de records de précision comme nombres de mouvements qui équipent les montres Omega. Fiable et peu fragile, elle n’aurait sans doute plus sa place dans le monde contemporain où les téléphones sont utilisés massivement pour leur capacité à tenir les agendas et le cas échéant, à servir de réveil ou d’alarme. Des appareils peuvent évidemment aussi donner l’heure ce qui n’a pas entaché l’intérêt pour l’horlogerie mécanique. En 1969, rien de ces équipements électroniques n’existait et la fascination pour ce type de dispositif mécanique sonore lui garantissait son succès. La diversité dans l’offre de couleurs des cadrans et de l’aiguille de trotteuse a contribué à faire apprécier le modèle mais le faible niveau sonore de sa sonnerie a condamné la Mémomatic à une carrière courte qui a pris fin au milieu de la décennie qui l’avait vue naître.

    Il reste de ce modèle près de 50 ans plus tard, un objet de collection au charme mécanique désuet mais dont l’esthétique lui confère une modernité qui donne plaisir à la passer au poignet. La nostalgie de la mode des années 1970 rend ses couleurs très contemporaines et comme le modèle était fait pour être porté aussi bien en costume qu’en tenue de sport, elle fait partie de ces modèles de collection qui ne restent pas dans les tiroirs mais bien au contraire connaissent une nouvelle vie active. Voilà de quoi se réjouir d’entendre sonner ses rendez-vous !

    Droits réservés – Forumamontres- Joël Duval – Juin 2019

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    #420003574914
    ZEN
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    Le Chronographe Omega de Walter Jakobson Champion olympique de patinage artistique

    Omega - Page 3 Omega_72


    Toutes les montres anciennes ont leur histoire, leur parcours, leur vécu à côté d’hommes et de femmes qui les ont possédées un temps de leur vie avant de les transmettre à un descendant, un ami, un marchand, un collectionneur. Chacun a inscrit un épisode de sa vie où l’heure donnée par la montre a compté plus que de raison. Les chronographes anciens ont souvent une histoire singulière.


    L’heure du patineur

    Omega - Page 3 Walter10

    Le nom de Walter Jakobsson nous renvoie au début du 20ème siècle et plus précisément à l’année 1910 quand ce patineur artistique finlandais commença à remporter des médailles dans sa discipline, aux championnats du monde. Patineur en individuel, c’est surtout en couple que Walter Jakobson s’illustra en remportant avec sa partenaire Ludowika une médaille d’or en couple aux Jeux olympiques d’été de 1920 à Anvers, puis une médaille d’argent à Chamonix en 1924. Le palmarès du couple comprend en outre, une multitude de médailles d’or et d’argent aux championnats du monde de 1910 à 1914 puis en 1922 et 1923.
    Walter et Ludowika, de son nom de jeune fille Eilers, se sont mariés en 1911, ce qui fit acquérir la nationalité finlandaise à la jeune femme. Le couple voue à sa discipline une passion sans faille et pratique le patinage de manière intensive jusqu’en 1928. Ils deviennent alors tous les deux juges dans leur discipline et, à leur tour, apprécient les performances des patineurs.
    Walter Jakobsson est né le 6 février 1882 à Helsinki. Il a 46 ans en 1928, ce qui représente aujourd’hui un âge canonique pour pratiquer ce genre de discipline à un niveau olympique. Walter et Ludowika sont pratiquement inséparables et pour pratiquer leur activité de juge sportif, ils s’équipent d’un chronographe Omega. Que choisir de mieux alors que la manufacture de Bienne est déjà la maison qui se charge du chronométrage officiel olympique ? Ce chronographe sert alors à chronométrer les épreuves et à s’assurer que les figures rentrent bien dans les temps prescrits. Le patinage artistique est une discipline exigeante qui demande précision et dextérité.

    Un chronographe Omega comme une évidence

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    La pièce est en acier Staybright et son numéro de série la date du début de l’année 1936. D’un diamètre de 52 mm, le chronographe est équipé d’un cadran en émail, d’aiguilles en or pour les indications horaires et d’aiguilles bleuies pour les fonctions de chronométrage. La lisibilité est ainsi assurée de manière fiable. Comme sur les chronomètres conçus et fabriqués par Lémania pour Omega qui ont succédé aux chronographes dotés de mouvement strictement internes à Omega à partir de 1929, le calibre de conception moderne référencé 130 39 CHRO était doté de 17 rubis et d’un totalisateur 30 minutes à progression continue. Antimagnétique, ce chronographe est architecturé avec une cadrature LeCoultre. La cadrature est l’assemblage des pièces qui meuvent les aiguilles. Extrêmement précis et facile à régler, ce chronographe a des caractéristiques de chronomètre et garantit une heure précise, ceci que la fonction chronographe soit enclenchée ou non.

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    La pièce ne comporte aucune trace visible de son propriétaire initial et ce sont donc les indications données par ses propriétaires successifs qui permettent d’en établir la traçabilité. Le chronographe est resté en Finlande jusqu’à une période récente. S’il n’a pas de signe distinctif de son riche passé, il n’en est pas moins le témoin de performances exceptionnelles dans une discipline sportive difficile et très appréciée du public. La pièce aurait servi notamment à apprécier les performances de Sonie Henie, une très grande patineuse et une actrice finlandaise a succès qui vit ses performances de patineuse artistique appréciées et jugées par le couple Jakobsson. Née à Christiania le 8 avril 1912, elle mourut tristement d’une leucémie le 12 octobre 1969 dans un vol Paris-Oslo. Elle fut trois fois championne olympique et dix fois championne du monde, un record qui reste encore à battre. Elle était la fille de Wilhelm Henie, champion du monde de cyclisme sur piste en 1894. Elle remporta des médailles à partir de l’âge de 10 ans et jusqu’en 1936 puis elle opta pour la comédie.

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    Le couple Jakobson officia en qualité de juges sportifs des épreuves de patinage artistique jusqu’aux années 1950. Walter mourut en 1957 à Zurich à l’âge de 75 ans et son épouse le rejoignit en 1968 à l’âge de 84 ans. Les Jakobsson ont laissé le souvenir de patineurs les plus doués de leur génération. Le choix d’Omega s’est sans nul doute imposé pour eux par l’omniprésence de la marque lors des Jeux Olympiques et plus généralement à l’occasion des compétitions sportives internationales. Pour eux, posséder un chronographe Omega revenait à détenir un instrument de qualité professionnelle, il renvoyait à un chronométrage de professionnels de la compétition sportive dont Omega était avec Longines le leader incontestable. La pièce leur fait un clin d’œil en se faisant accompagner de leur histoire. Le collectionneur du 20ème siècle aurait adoré que le nom des Jakobsson fut gravé sur la pièce pour en signer l’appartenance mais son anonymat est un gage d’humilité, cette humilité, qui des grands, fait des géants.

    Droits réservés – Forumamontres – Joël Duval – Juillet 2019
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    #420003574910
    ZEN
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    L’Omega Speedmaster Mark II Racing toujours dans la course

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    L’Omega Speedmaster II Racing

    L’Omega Speedmaster Professional Mark II Racing reste malgré les années écoulées depuis sa commercialisation en 1969, une montre un peu à part d’abord parce que c’est une pièce dédiée à la compétition automobile et d’autre part parce que son histoire est étroitement liée à la plus célèbre des montres de toute l’histoire de l’horlogerie. Elle est pourtant restée une montre de connaisseurs dont le succès de la version originelle a conduit Omega à la rééditer de manière contemporaine.

    La Speedmaster Professional d’Omega est une icône horlogère, une icône qui a accompagné la plus grande aventure humaine jamais réalisée : La conquête de la lune. Paradoxalement, l’histoire commerciale du modèle originel aurait pu s’arrêter avant même que l’homme ne pose le pied sur la lune alors qu’il avait été sélectionné par la NASA. En 1969, Omega a pourtant toutes les raisons de se réjouir. Depuis 1965, la Speedmaster est associée au programme Gemini et la voici maintenant embarquée vers la lune avec le programme Apollo. L’alunissage de juillet 1969 a donné à Omega une notoriété mondiale et la Speedmaster a définitivement conquis le rang de première montre portée ailleurs que sur Terre.

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    Le premier voyage lunaire a pourtant généré un instant de frayeur chez Omega quand Buzz Aldrin encore dans le LEM a annoncé dans sa transmission que sa montre s’était arrêtée. Les gens d’Omega se sont décomposés au sol jusqu’à ce que l’astronaute démente cette information et dise « Ah, non … C’était juste la trotteuse ». Aldrin qui laissait tourner le chrono en permanence avait par inadvertance arrêté celui-ci mais la montre fonctionnait parfaitement.

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    Toute la communication d’Omega en 1969 repose sur l’exploit de la mission Apollo. Pourtant chez Omega, tout le monde n’est pas totalement convaincu du futur du modèle. Les équipes marketing craignent depuis bien avant la réussite de la mission Apollo 11 que la Speedmaster qui a déjà plus de 10 ans ne vieillisse face à une concurrence qui a déjà depuis un bon moment abandonné le verre en acrylique qui est réputé jaunir et se rayer facilement. Les formes tonneau sont à la mode et la concurrence se répand depuis janvier 1969 avec Zenith puis Breitling – Heuer et Buren sur l’intérêt des chronographes à remontage automatique qu’Omega a de son côté rejeté, quand Lémania qui fabrique ses mouvements a présenté des projets anticipant cette technologie. Du côté des équipes chargées de développer les produits, la méfiance est également de mise. Le modèle a été conçu pour une utilisation « au sol » ou en avion et non dans des conditions extrêmes. Si la Speedmaster Professional a bien passé les difficiles épreuves de la NASA, il est difficile d’établir l’ampleur du facteur chance dans ces résultats. Les ingénieurs de la manufacture ont parfois des sueurs froides à l’idée d’un incident majeur qui annoncé publiquement pendant une mission jetterait le discrédit sur toute la marque. Du côté des commerciaux comme de celui des ingénieurs, inciter la NASA a substituer un modèle renforcé au modèle initial serait pour Omega une sécurité à double détente d’une part, en renouvelant le produit face à la concurrence et d’autre part, en renforçant ses caractéristiques techniques.

    Omega va donc travailler à l’élaboration d’une Speedmaster Professional de deuxième génération qui sera baptisée « Mark II » pour mieux la faire identifier par le public. Le nouveau modèle est réputé avoir gardé le meilleur de la version originelle et y avoir ajouté une étanchéité à 120 mètres, une boite plus design et bien plus épaisse, un tachymètre sous le verre qui évite l’arrachement de la lunette, un verre plat mieux armé contre les reflets et les chocs. Les responsables d’Omega sont si convaincus de la supériorité de leur nouveau modèle, qu’ils veulent négocier avec la NASA sa substitution à la version précédente. La qualité de montre portée sur la lune entraine les ventes vers le haut et Omega ne veut pas prendre le risque de recueillir une image vieillissante avec son modèle emblématique.

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    L’Omega Speedmaster Mark II

    Deux émissaires d’Omega sont donc dépêchés auprès de la NASA pour « vendre cette idée ». Le 14 février 1969 soit 5 mois avant que Neil Armstrong ne foule le sol lunaire, le directeur commercial d’Omega, Robert Forster et le délégué commercial pour le marché Nord-Américain Peter Morf se déplacent au siège de la NASA à Houston au « Manned Spacecraft Center » où James Ragan, ingénieur en chef de la division fournitures des équipages, les reçoit. L’entretien est empreint d’un peu d’ironie de la part de Ragan qui est pleinement satisfait de la montre Speedmaster en service et n’entend pas s’encombrer des besoins marketing de ses interlocuteurs. Ces derniers n’ont manifestement pas intégré que la NASA a autre chose à faire que de se pencher sur un renouvellement de montres qui va supposer une nouvelle batterie de tests à un moment où la pression politique oblige la NASA a accélérer ses programmes si elle veut conserver ses budgets.

    Les émissaires d’Omega tenteront bien de « placer » une montre adaptée à l’heure lunaire sans plus de succès dès lors que les Américains veulent une synchronisation avec les équipes terrestres et non un folklore commercial pour asseoir davantage une marque de montres suisses en mal d’image. Ainsi en 1969, le devenir de l’Omega Speedmaster Mark II est déjà scellé sur du court terme. Ce ne sera pourtant pas faute pour Omega de tenter d’associer l’image de sa Speedmaster « lunaire » avec cette version Mark II en organisant une communication qui promeut les deux versions. De même, désigner la version initiale sous le terme Mark I pour mieux inscrire dans la mémoire collective que l’une est la suite de l’autre, ne suffiront pas à imposer la Mark II qui pourtant a reçu la mention « Professional » ce qui pour Omega induit une montre à usage professionnel par la NASA.

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    Omega joue la carte de la synergie dans ses publicités

    L’opération menée par Omega a donc raté et en 1976, Omega cesse de commercialiser la Mark II qui renaitra de ses cendres en 2014 sans plus faire, cette fois, référence à une utilisation professionnelle. De retour à Bienne et sans aucun doute un peu déçus de n’avoir pas réussi à convaincre leurs interlocuteurs, les responsables d’Omega réfléchissent à ce que pourraient être les débouchés de leur produit. La compétition automobile est alors en plein essor et passionne par ses premières retransmissions à la télévision. Omega qui a pourtant une longue histoire qui lie la marque avec l’automobile est distancé par la concurrence et notamment Heuer qui s’impose comme la référence absolue avec des collections qui portent le nom de tous les circuits automobiles ainsi que Rolex qui avec son chronographe Daytona suscite les envies des amateurs. La communication de ces maisons est efficace et porteuse d’un message positif auprès du public mais Omega n’a pas vraiment de produit adapté pour y répondre. Il faut réagir d’urgence sous peine de disparaître durablement du sport automobile. C’est possible à peu de frais. Il suffit d’adapter le modèle Speedmaster Mark II en en modifiant le cadran qui devient gris, en corrigeant son marquage dont la lecture est modifiée et en adaptant la couleur orange pour les aiguilles non horaires.

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    Omega Speedmaster Mark III

    La transformation du chronographe Speedmaster Mark II Racing va permettre de placer Omega dans ce segment. Elle est saisissante au plan esthétique et s’avère très réussie. Certes le chronographe ne dispose pas d’un remontage automatique puisqu’il a gardé le même mouvement 861 que la version historique de la Speedmaster mais au moins il permet à Omega de s’installer au poignet des pilotes et de séduire les automobilistes. Cela ne sera malgré tout pas suffisant pour sauver la Speedmaster Mark II à laquelle il manque définitivement le remontage automatique et la connotation héroïque et historique de sa grande sœur. Les efforts d’Omega pour juxtaposer les deux versions de Speedmaster dans les publicités afin de démontrer une continuité dans la collection ne suffisent pas à motiver le public pour choisir la nouvelle version. Omega ne s’entête pas et retire le produit des catalogues six ans plus tard. D’autres tentatives sont faites avec un mouvement automatique Lémania notamment avec la Mark IV mais rien n’efface la version « lunaire » de la Speedmaster qui sera déclinée pour toutes les utilisations et restera durablement le chronographe phare de la marque.

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    Omega Speedmaster Mark II Racing

    Agréable à porter, la Speedmaster Omega Mark II Racing est marquée par le design seventies mais ses couleurs et son dessin bien adapté au poignet en font une pièce sympathique. Son mouvement 861 identique à la Moonwatch de l’époque est un gage de fiabilité. Si la version première de la Mark II a été amputée du rêve lunaire, elle présente de réelles améliorations par rapport à sa grande sœur. Cette Speedmaster Mark II a ainsi une histoire très particulière. Sa version Racing prisée des amateurs a été rééditée par Omega avec un mouvement automatique et la date, mais sa boite est restée la même témoignant de la nostalgie d’une époque. Omega a sans doute raté un rendez-vous avec cette Mark II mais le public est aussi passé à côté d’un modèle qui détenait beaucoup de qualités pour être une montre durable. Le temps démonte que ce chronographe était une belle idée à défaut d’être commercialement un succès.

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    Il y a un peu plus de 18 mois, un site marchand relayait une annonce de vente passée par un Américain portant sur un chronographe de poche ancien Levinson en argent. L’annonce n’en disait pas beaucoup plus et les photos toutes plus floues les unes que les autres n’apportaient rien. Le prix était assez élevé mais pas exorbitant et je tentais donc de contacter le vendeur.
    Ce dernier m’expliqua que c’était un chrono américain d’une ville de l’ouest mais qu’il n’en savait pas davantage car il le tenait de son père récemment décédé qui ne lui en avait jamais parlé.

    Plusieurs choses m’interpelèrent. D’abord la gravure sur le fond, puis la faible usure du godronnage, la qualité du cadran avec de grands compteurs, le fait que ce soit une savonnette et que le calibre soit un Omega 19 Chro, ce qui n’avait nullement impressionné le vendeur.
    Une vingtaine de jours plus tard, le chrono était à moi et il me fut livré après une quinzaine de jours de transport.
    Je fis alors les contrôles habituels que j’opère sur ces pièces : Contrôle de fonctionnement, vérification des charnières, test du verre… Après 4 jours, le chrono s’avérait précis et sans besoin urgent d’un stage chez l’horloger. Je le fis fonctionner une petite quinzaine de jours encore et commençais à l’examiner. A l’intérieur du couvercle, une gravure effacée par grattage attira mon intérêt et avec des loupes diverses, je me mis à tenter de déchiffrer ce qu’on avait voulu occulter.

    Il y avait une date déchiffrable et des lettres correspondant à des bribes de mots mais rien d’accessible en interprétation immédiate. C’est donc par le nom sur le cadran que je dus commencer la recherche… « Levinson & son Perth.W.A. » … Cela me ramenait en Australie et non aux USA. La datation du calibre permettait d’avancer plus avant et de dater à 1906 cette montre. Parmi les lettres effacées « AAC » restait détectable. La date s’avérait plutôt être un numéro d’inventaire… Oui mais de quoi ? L’un des mots était sans doute « cadets et un autre australian mais le troisième était totalement détruit à une lettre près… »

    Je fouinais donc en approfondissant mais assez vite la mention de Perth et celle de cadets m’orientèrent vers l’armée des cadets. Tout concordait et avec une loupe très puissante éclairée, je pus déduire que le mot manquant était army… Ainsi cette montre était un chronographe de l’armée des cadets australienne. Mais alors pourquoi une savonnette alors qu’une montre Lépine est plus facile d’utilisation ? J’interrogeais un « ancien militaire », collectionneur d’objets militaires, qui me dit que mon avis était trop hâtif et qu’au contraire, une savonnette protégeait le verre pendant le transport. Il m’expliqua que les chronos Lépine étaient des chronos d’action militaire mais que pour les entrainements, quand il fallait déplacer les troupes, c’était bien plus pratique d’utiliser une savonnette. Quand ce militaire vit la pièce, il me dit que le fait qu’elle fut en argent n’avait rien d’étonnant car avant la guerre 14, les militaires de toutes les armées se faisaient plaisir … Cela s’est compliqué plus tard. Pour lui, pas de doute, j’avais correctement identifié ce chrono et c’était une prise très intéressante.

    Après 4 mois et quelques dizaines d’heures, la montre avait raconté son histoire … La voici dans sa version écrite et sa version Podcast …

    Le Chronographe Omega de l’armée des cadets australienne
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    Les montres recèlent parfois des secrets bien cachés. C’est le cas, lorsqu’une main a voulu discrètement faire disparaitre une gravure qui, en quelques mots inscrits dans le métal précieux à l’intérieur d’un fond ou sur un cache poussière de montre, permettaient de retrouver la trace d’un ancien propriétaire. Souvent c’est par pudeur, que la main « effaceuse » aura voulu dissimuler le nom de l’ancêtre qui a possédé une pièce parce que la vie privée des familles doit parfois rester secrète au point de ne jamais laisser un objet quel qu’il fut, en témoigner. Il faut alors aller bien plus loin pour reconstituer ce que fut l’histoire de l’objet.

    Un Chronographe Omega rebaptisé au nom de son marchand

    Le chronographe savonnette Levinson & Sons nous conduit à Victoria en Australie en 1906. La maison Levinson & Sons « Jewellers, Opticians and Watchmakers » s’est installée depuis 1854 à Barrack St, Perth, WA (Western Australia). A l’époque les grandes manufactures d’horlogerie sont à l’affut des marchés et d’une clientèle nouvelle. L’Australie est à la fin du 19ème siècle un territoire plein de promesses commerciales. Dans le domaine horloger, les montres anglaises et américaines sont là-bas les plus courantes et l’horlogerie suisse peine à trouver ses marques. Levinson est une maison fort connue, qui a le statut d’une institution, comme peut l’être en Europe Kirby Beard, la célèbre maison londonienne, qui a ouvert à Paris une succursale dans le quartier de l’Opéra et y connait un immense succès jusqu’à l’aube de la première guerre mondiale. Cette maison porte à l’époque littéralement la marque Omega.

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    Omega a délibérément choisi de nouer des partenariats privilégiés voire de se faire représenter dans un certain nombre de pays par des distributeurs en vue qui sont toujours de grande maisons. L’intérêt pour la manufacture de Bienne est de bénéficier à moindre frais d’une large diffusion auprès de clientèles fidèles à leur boutique. C’est le cas de Levinson & Sons dont la réputation attire toute la bourgeoisie locale et dont la pérennité rassure les clients. Omega trouve sa place chez Levinson car la manufacture suisse bénéficie déjà d’une notoriété mondiale qui récompense sa maitrise de la précision grâce à des montres de grande qualité facile à réparer. Omega et Longines détiennent un véritable leadership dans la fabrication de chronographes. Les montres savonnettes sont le signe d’une élégance remarquable. Elles ont aussi une solidité supérieure liée à la présence d’un couvercle qui vient en protection du verre. Les routes australiennes sont encore assez mauvaises et tout ce qui est à bord des voitures peut s’envoler au gré des nids de poules. Ceux qui pratiquent les activités liées à l’automobile et plus généralement aux sports sont les premiers grands clients des chronographes. La pratique du sport va directement faire évoluer la cause nationale australienne.


    Le sport comme cause nationale

    En 1904, l’Australie avait participé aux Jeux Olympiques aux Etats Unis à Saint Louis, du 1er juillet au 23 novembre 1904. La délégation australienne n’y fut alors composée que de trois athlètes masculins dans 2 disciplines, l’athlétisme et la natation.
    Corrie Gardner qui défend l’athlétisme australien termine 4ième du 110 mètres haies, est purement et simplement disqualifié au concours du saut en longueur. Leslie McPherson un autre athlète est quant à lui, disqualifié du 110 mètres haies et du saut en longueur. C’est donc en natation qu’il faut rechercher la performance. Francis Gailey, le meilleur nageur du pays remporte la médaille d’argent sur 220, 440 et 880 yards nage libre et le bronze sur 1 mile nage libre, les distances sont alors comptabilisées dans les unités de mesures américaines. La délégation australienne remporte finalement 4 médailles dont 3 en argent et 1 en bronze ce qui la place en sixième position au tableau des médailles. Ces victoires entrainent un véritable élan national et créent une dynamique qui mobilise la jeunesse. L’Australie a besoin de trouver des éléments fédérateurs auprès de ses populations les plus jeunes car elle est toujours regardée depuis la Grande-Bretagne comme une sorte de colonie pénitencière ce qu’elle fut effectivement partiellement. Il faut donc cultiver tout ce qui soude le pays. Son développement économique rend l’Australie attractive pour les maisons de luxe anglaises mais il faut rechercher une identité qui démarque le pays de ses dominations antérieures. Les athlètes des JO de 1904 deviennent alors un modèle auprès de la jeunesse.

    L’Australian Army Cadets, une institution qui favorise la compétition sportive

    En 1906, une organisation de cadets de l’Armée australienne (AAC -Australian Army Cadets) se met en place pour participer à des activités d’entraînement et d’aventure dans un contexte militaire. Le programme est ambitieux et il compte plus de 19 000 cadets de l’Armée âgés de 12½ à 19 ans répartis dans 237 unités autour de l’Australie. La devise est « Courage, Initiative, travail d’équipe  » devise à laquelle fut par la suite ajouté « respect ».
    Le programme des cadets sous contrôle militaire entre dans le programme de défense du pays sans que ses membres ne soient intégrés totalement aux forces de défense australienne en raison de leur âge. Le cadre de formation est une sorte de préparation militaire. Les activités des cadets incluent navigation et course d’orientation, jeux amusants, jeux d’équipe, camps de campagne, exercices cérémoniels, techniques de communication radio, compétences de base en secousse, premiers soins, entretien du matériel, participation aux groupes de cadets, tir au fusil etc…

    Un chronographe témoin de son temps

    Les épreuves sont, pour la plupart, soumises à des temps chronométrés et c’est dans ce contexte que le chronographe Levinsons & Son fut acquis par l’AAC. Quel meilleur fournisseur aurait-elle pu trouver ? La pièce choisie sans être en or, est une pièce haut de gamme pour l’époque, en argent massif à haut titre de 900 millièmes avec un mouvement 19 Chro, l’un des meilleurs chronographes de poche Omega jamais fabriqués.

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    Hélas, les gravures attestant de l’origine de l’instrument furent effacées délibérément sans doute lors de la réforme de ce chronographe qui était la propriété incessible de l’Etat. Ce fut le sort de nombre de montres ainsi gravées dans plusieurs pays. Malgré tout, le chronographe savonnette plus rare que les versions « lépine » est un témoignage intéressant d’une part, de l’activité d’Omega à travers le monde au début du 20ème siècle, mais aussi de la manière dont l’esprit de compétition fut cultivé en confortant l’idée que ce qui est le meilleur est ce qui va le plus vite et que la mesure des performances par le temps est un moyen inégalable de comparer la puissance des hommes.

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    Les chronographes utilisés dans les armées ou ce qui s’en rapproche sous forme de montres savonnettes sont rares car le fait de refermer la savonnette est symboliquement une manière de signifier que le temps du repos est venu, un peu comme lorsque le couteau pliant est refermé ou le fusil neutralisé par le blocage de la sécurité.

    Nul ne sait combien de chronographes furent ainsi les instruments de motivation des cadets de l’armée australienne mais chacun s’accordera à dire que ces pièces de luxe dénotent un choix qualitatif, inscrit dans la sécurité et la durée. Un choix qui fit entrer discrètement Omega aux abords de l’armée australienne.

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    Le Podcast de FAM
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    La Speedmaster Professional X 33 à la conquête de l’espace

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    Choisie presque au hasard pour accompagner l’aventure spatiale américaine, l’Omega Speedmaster Professional est 50 ans plus tard un outil toujours incontournable des missions spatiales. Si le terme d’Icone a encore un sens horloger, c’est sans nul doute à la Speedmaster d’Omega qu’il s’applique le mieux. Forte de son expérience, après avoir travaillé avec des astronautes, des cosmonautes et des militaires, la maison Omega a voulu il y a 20 ans accompagner le projet des missions vers la planète Mars. Son modèle à Quartz Speedmaster Professional X33 est le fruit d’une réflexion commune. La montre a ainsi traversé ces 20 dernières années en équipant les astronautes et cosmonautes de pratiquement tous les pays à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) lancée en 1998, année de la présentation de la montre au public. Elle est aussi devenue un accessoire de bord « officiel » de plusieurs corps militaires de l’aviation américaine.

    Une filiation lunaire

    Au début des années 1990 alors que la conquête spatiale reste marquée par la présence de l’homme sur la lune, la Nasa réfléchit à ce que pourrait être la prochaine étape, un envoi d’humains sur la planète Mars. Ce serait la première conquête interplanétaire et au regard des résultats décevants des missions lunaires qui n’ont pas apporté beaucoup d’informations, le projet n’apparaît pas inaccessible. Omega qui est un partenaire très visible de la NASA a exploité le plus largement possible sa présence sur la lune au poignet des cosmonautes et tient à rester partenaire des Américains au regard de la poussée des ventes que sa présence pour les missions lunaires a permis de cultiver. Un projet de montre est donc mis au point en collaboration avec des professionnels de l’aérospatiale pour succéder dignement à la Speedmaster Professional devenue quasi inséparable de l’image des astronautes des missions Apollo. D’abord baptisée Flighmaster, les premiers prototypes voient le jour en 1995. Fruits d’une collaboration avec des astronautes américains, européens et des cosmonautes russes ainsi que des pilotes civils et militaires, les premiers modèles ont pu être testés et malmenés sur le terrain y compris lors du crash d’un Mig 15. Le nom de X33 inspiré par l’un des équipements de la Nasa, le Lockheed Martin X-33 restera le nom de baptême d’un chronomètre à quartz pas comme les autres.

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    La montre est finalement présentée au public en 1998, il aura fallu 5 ans pour la développer, ce qui en matière industrielle est très long. La Speedmaster Professional X 33 se veut d’une utilisation intuitive et facile. La première génération va comporter des défauts très bien corrigés lors de l’apparition de la seconde version notamment en ayant recours à une couronne plus facile à manipuler puisque son secret est de servir soit en pression soit par tirage et non en tournant. Son mouvement est à quartz, le calibre 1666 d’Omega n’a un diamètre que de 30 mm et 9 rubis ce qui est déjà conséquent pour un mouvement à quartz dont le fonctionnement est garanti dans une amplitude de températures de moins 20 degrés Celsius à 70 degrés Celsius.

    Des fonctionnalités mises au point avec des professionnels de l’espace

    L’intérêt du quartz pour un modèle de Speedmaster Professional est de disposer de fonctions qu’une version mécanique ne permet pas de retrouver. Outre l’heure en affichage digital et analogique, la Speedmaster X 33 offre un affichage de calendrier complet perpétuel (jour, date, mois, année), une alarme, une indication de fin de vie de la pile et un rétroéclairage bleu du cadran. Tout cela, rien que pour les fonctions dites de montre. La Speedmaster X 33 offre en outre des fonctions qu’une pièce mécanique peut difficilement cumuler. C’est sur ces fonctions que la collaboration avec les professionnels de l’espace et du pilotage a été la plus marquée.

    La première d’entre elle est la « Mission Elapsed Time ». C’est une fonction chronographe de longue durée qui permet de chronométrer la durée d’une mission ou d’une expérience scientifique en jours, heures, minutes et secondes. Dans les missions spatiales, le plan de vol est établi sur la base du Misson Elpased Time. L’outil est donc professionnel avant tout. Il peut trouver également une utilité dans les travaux de laboratoire. Cette fonction est assortie d’une alarme à 80 décibels.

    La seconde fonction est la mesure du temps universel de Greenwich. L’heure GMT (Greenwich Mean Time) permet un repère horaire fiable en temps universel. La fonction peut être détournée de son objet pour offrir par exemple un second fuseau horaire. L’alarme assortie à cette fonction peut ainsi être associée au temps universel ou à un second fuseau.

    La troisième fonction est sans doute la plus communément utilisée et celle qu’on s’attend davantage à trouver sur une Speedmaster. C’est celle du chronographe, ici au centième de seconde et qui peut fonctionner dans les deux sens, soit classiquement avec les temps intermédiaires disponibles, on dirait rattrapante sur un modèle mécanique, soit à rebours avec évidemment dans les deux cas une alarme facultative facile à activer.

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    La montre a une précision supérieure à une dérive d’une seconde par jour et une consommation réduite d’énergie qui avec une pile lithium garantit 2 à 3 ans de fonctionnement selon l’intensité d’utilisation de l’alarme et de l’éclairage. Enfin, elle tolère des chocs jusqu’à 3,5 kilogrammes ce qui est considérable mais indispensable dans l’espace quand l’apesanteur fait voler les objets sans considération de leur éventuelle fragilité. Sa seule faiblesse est sans doute l’étanchéité limitée à 30 mètres sans doute à cause du nombre de poussoirs qui réduisent les possibilités de freiner les entrées d’eau. La douche, la natation, la piscine et la plongée ne sont donc pas adaptées au porté de la X33. Elle résiste toutefois parfaitement à la transpiration et ceux qui se baignent en piscine avec n’ont jamais rencontré de difficultés particulières mais dans son immense prudence, Omega a fixé à 30 mètres le seuil de tolérance.

    Une vocation spatiale et militaire

    De tels atouts ont ouvert à cette Speedmaster Professional les voies d’une utilisation spatiale et militaire. Son succès commercial contenu au regard de son ainée « mécanique » n’a pas nui à un enthousiasme débordant de la part des cosmonautes et astronautes qui l’ont très vite adoptée pour une utilisation quotidienne. Légère grâce à sa carrure en titane, elle s’oublie très vite au poignet et quel que soit le bracelet choisi en titane, Kevlar à l’origine ou aujourd’hui en toile, cuir, fibre de carbone ou silicone, elle reste un outil d’excellence dont les 40,5 mm sont un gage de confort au porté. L’agence spatiale américaine qui l’a également adoptée a laissé publier de très nombreuses images où la montre apparait clairement avec moult bracelets de tous types y compris en velcro et où les cosmonautes affichent fièrement leur montre. Toutefois, la version mécanique reste la seule autorisée pour les sorties spatiales. Russes comme Américains aiment à porter ce type de montre à bord de la station spatiale.

    Les pilotes de chasse ont eux aussi adopté fréquemment cette montre très répandue au poignet des militaires au cours des 15 premières années du 21ème siècle. Le succès fut tel qu’Omega dut proposer d’apposer des logos spécifiques aux corps militaires demandeurs du modèle. L’US Navy et l’US Air Force furent des clients assidus de ce type de pièces également adoptées par les garde-côtes américains. L’école des pilotes de chasse de l’US Navy équipa ses élèves, le Top Gun portait donc des Omega X 33. En France, une série spéciale fut proposée au GIGN.

    Nombreux sont les militaires qui ont personnalisé les montres par des gravures spéciales sur le fond. L’Omega Speedmaster X 33 est sans nul doute l’une des plus militaires des montres contemporaines. Suivie par d’autres versions puis plus récemment par la Z33, la première version de la Speedmaster Professional X 33 reste aujourd’hui encore au poignet de nombre de professionnels. Thomas Pesquet, l’astronaute français, en a embarqué une à bord de Soyouz MS-03 pour une mission de 6 mois dans la Station Spatiale Internationale (ISS), c’est dire si 20 ans après sa sortie cette montre qui ne figure plus dans le catalogue Omega n’a rien perdu de sa superbe.

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    La Speedmaster Professional X 33 a subi de plein fouet la concurrence des maisons japonaises qui pour quelques dizaines d’euros offraient des montres développant les mêmes fonctionnalités que la montre Omega bien plus chère. Omega en cessa la commercialisation à l’été 2006 après avoir toutefois amélioré son modèle avec une série de seconde génération diffusée à partir de 2001. Les différences « ténues » portaient essentiellement sur la forme de la couronne d’une préhension plus facile, un verre traité antireflet d’un seul coté contre deux dans la version initiale, des poussoirs renforcés, une lunette bidirectionnelle mate et non plus unidirectionnelle brillante, un temps d’éclairage du cadran réduit pour préserver la batterie et une gravure sur le fond ajoutée  » NASA approved for manned space missions ». Une dernière version avec des fonds « spéciaux » fut enfin diffusée sur le marché américain à destination des militaires. Une quatrième série limitée à 12 exemplaires sans aiguilles fut enfin réservée a l’équipe représentant la nouvelle Zélande dans l’America’s Cup en 2003, événement sponsorisé par Omega.

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    La Speedmaster Professional X 33 obtient ainsi en 2018, le titre rare de montre vintage à quartz la plus prisée dans l’espace. Il est difficile de ne pas céder à la tentation de cette montre-outil qui a séduit tant de professionnels. Les collectionneurs le savent, cette pièce est promise à un bel avenir car son prix a cultivé l’envie des amateurs et a entrainé sa rareté alors que ses concurrentes japonaises n’ont pas porté les mêmes rêves même si certaines furent aussi sélectionnées pour les vols spatiaux. Mais ça c’est une autre histoire.

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    Le premier Chronographe automatique d’Omega

    Le début d’une nouvelle technologie est toujours l’occasion d’émuler chez ses concurrents un esprit d’innovation qui parfois s’assoupit. L’apparition publique en 1969 des premiers chronographes à remontage automatique a suscité de la part des concurrents de Zenith, Breitling-Buren- Hamilton-Heuer et Seiko, la volonté de rester dans la course à l’innovation et donc d’offrir au plus vite un chronographe bénéficiant du remontage automatique. Omega, qui avait rejeté en 1947 ce type de montre s’est retrouvé pris de court 22 ans plus tard et a dû imaginer avec son partenaire Lémania une nouvelle génération de chronographes. Ce fut le début d’une nouvelle ère.

    Un savoir-faire solide

    A partir de 1969 et de la présentation de trois mouvements de chronographes à remontage automatique, les grandes maisons horlogères vont se livrer à une concurrence sans merci en présentant chacune leur modèle de chronographe original. Omega s’appuie sur Lémania qui est l’un des plus grands spécialistes suisses des chronographes pour proposer son premier chronographe automatique. Lémania avait en 1947 mis au point grâce à son calibriste Albert Piguet, un prototype de calibre de chronographe à remontage automatique. Albert Piguet avait « greffé » sur un calibre de chrono CH27-C12A, un système de remontage à butée, très bruyant mais efficace. Le calibre était épais ce qui n’était guère à la mode et imposait un diamètre de montre jugé trop important pour que la commercialisation puisse être envisagée par Omega. Paul-Emile Brandt alors à la tête de la marque de Bienne l’avait donc balayé d’un revers de main en l’estimant superflu et …sans avenir.

    Ce sont indéniablement les avancées de la concurrence qui alertent Omega en cette fin des années 1960. Omega incite à réfléchir avec Lémania à la création d’un mouvement moderne à remontage automatique. C’est ainsi que l’ingénieur de la Chaux de Fonds Raoul-Henri Erard met au point le premier calibre de chronographe à remontage automatique vendu sous la marque Omega. Le mouvement est fabriqué comme ses aînés chez Lémania et tire son énergie d’une masse oscillante montée sur roulement à billes, inventée par Marius Meylan-Piguet et breveté le 28 décembre 1970.

    Une nouvelle génération de chronographes

    Baptisé 1040, le mouvement appartient à la génération des calibres évoluant à la fréquence de 28 800 alternances par heure. Originalité, il est muni d’une part d’un quantième (date) et d’autre part, d’un indicateur 24 heures à lecture jour-nuit. Les premiers exemplaires de chronographes sont présentés en 1971 dans des boites tonneaux, étanches à 60 mètres. Les cadrans rhodiés soleil comportent une échelle tachymétrique 500-60 km/h. Des variantes offrent une échelle pulsométrique ou télémétrique. La minuterie est dessinée au cinquième de seconde et les index de type baguette sont lapidés avec des points de tritium. Les aiguilles de chrono sont intéressantes car par la conception même du calibre, la totalisation des minutes se fait à partir de l’axe central au moyen d’une aiguille trainante ailée dite « aiguille flèche »? Un totalisateur de 12 heures situé à six heures enregistre les heures chronométrées. Le verre en plexi bombé signé au centre avec la lettre Omega est renforcé mais il reste facilement polissable.

    Le chronographe est décliné dans plusieurs types de boites tonneaux avec ou sans couverture de la fixation du bracelet, avec bracelet souple ou acier et enfin avec boite dite pilote avec couvre-anses. Cette dernière boite préfigure ce que sera la Speedmaster Mark III. Si Omega tient avec ces formes de boites des modèles qui sont dans la tendance de la mode et traverseront facilement le temps, il faut reconnaître que la lecture de son chronographe est moins intuitive que celle des concurrents qui ont dévoilé leurs versions deux ans plus tôt. Le principe de la trotteuse centrale qui dissimule l’aiguille du totalisateur sur le même axe que les aiguilles des heures et minutes ne contribue pas à améliorer la lisibilité. En outre, la présence d’un compteur à 9 heures et d’un autre à 6 heures créent un déséquilibre du cadran ce qui le désavantage au regard des modèles des concurrents qui ont mis l’accent sur la qualité visuelle de l’affichage. Le mouvement 1040 présente toutefois l’intérêt d’être précis et silencieux et d’avoir une bonne réserve de marche grâce à un remontage facile via sa masse oscillante. Le 1040 va donc s’installer dans plusieurs modèles et s’il ne supplante pas la version à remontage manuel qui équipe notamment la Speedmaster Professional, c’est simplement en raison du succès immense de ce dernier modèle qui grâce à l’aventure spatiale et aux expéditions lunaires en cours au début des années 1970 remporte un triomphe tant lié à sa notoriété qu’à son succès commercial.

    Une nouveauté attendue

    Omega fera quelques essais de variantes d’aiguilles et de couleurs, la plus réussie est sans doute celle avec les aiguilles blanches sur cadran noir dans la lignée de la Speedmaster Professional mais aussi celle avec les aiguilles de chrono bleu azur et aiguilles horaires noires. Dans le foisonnement des modèles Omega du début des années 1970, ces chronographes apparaissent comme très représentatifs de la modernité d’Omega et de sa réactivité pour offrir au public des produits qui s’avèrent très attendus. L’apparition du chronographe bracelet à remontage automatique a en effet provoqué une nouvelle demande de la part de la clientèle qui ne veut plus avoir à remonter sa montre chaque jour. La déferlante de la montre à quartz va en cela conforter l’idée qu’il faut libérer le porteur d’une montre de toutes les contraintes de remise à l’heure et de remontage. Les chronographes étaient les dernières montres à ne pas avoir de remontage automatique alors que les modèles à trois aiguilles en disposaient déjà y compris pour les modèles sportifs et en particulier ceux de plongée. Omega avait donc pris un peu de retard face à ses concurrents quand son chronographe Seamaster automatique est enfin arrivé dans les vitrines des détaillants. Très attendu comme toutes les nouveautés Omega, ce mouvement bénéficiera de quelques petites évolutions techniques avant d’être supplanté par les calibres ETA adaptés pour Omega.

    Novateur et historique pour la firme de Bienne, le calibre 1040 de la Seamaster intéresse aujourd’hui par son affichage non conventionnel et original. Il est en cela un peu à part dans l’univers des chronographes bracelet où la majorité des pièces est très respectueuse des habitudes du public. Omega démontre avec ces modèles qui ont près de 50 ans, que leur niveau de qualité leur a permis de traverser les décennies sans être altérés et qu’en se plaçant comme inventeur d’un design, ce chronographe a su rester hors des modes et hors du temps qu’il mesure.

    Droits réservés – Forumamontres – Octobre 2017 – Joël Duval

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

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    ZEN
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    Omega Speedmaster 125, Un millésime !

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    La célébration d’un anniversaire pour une manufacture de montres est un moment important. Plus qu’une ponctuation dans la vie de l’entreprise, c’est le marqueur d’une étape, un indicateur patrimonial de son expérience accumulée au fil des ans. Si aujourd’hui, le plus généralement, une maison limite ses anniversaires à la production d’une série limitée en modifiant à la marge un modèle de sa collection et en se cantonnant à un marquage spécial sur le cadran ou sur le fond de la montre, il en allait différemment dans les années 1970.

    Un chronomètre d’exception pour 125 ans au service de la précision

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    En 1973, Omega célèbre ses 125 ans. La maison qui a vu le jour en 1848 souhaite faire de cet instant un moment particulier marqué par la présentation d’un modèle innovant susceptible de marquer les mémoires. La Speedmaster qui a accompagné la conquête de la Lune et les voyages spatiaux est sans aucun doute, aux yeux de la Direction d’ Omega, le modèle le plus emblématique de la collection. Omega a certes très bien réussi à promouvoir son chronographe et ses versions dérivées mais la maison a pris du retard face à la concurrence dans la présentation d’un modèle à remontage automatique. Zenith, Heuer/Breitling/Dubois-Depraz/Buren et Seiko qui ont chacun, dès 1969, présenté leurs modèles de chronographes qui se remonte avec le mouvement du poignet, font figure de conquérants.

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    Omega décide donc dès 1972 que son modèle anniversaire sera à la fois une Speedmaster et donc un chronographe et qu’il sera doté d’un remontage automatique du mouvement. Mais la manufacture de Bienne va plus loin et veut que son modèle soit aussi certifié chronomètre avec une « mention d’exception », ce qui en fera une référence. Par ailleurs, la marque décide de ne pas se contenter d’un emboitage courant mais d’innover en créant une boite tout à fait spéciale. Celle-ci sera constituée d’un double boitier où le mouvement est emboité dans une sorte de calotte container suspendue par un joint O, dans une carrure « Tonneau » massive, fraisée dans l’acier. La boite est soumise à brevet déposé par Ervin Piquerez qui a conçu la plupart des boitiers des Omega emboitant des calibres 1040.
    Le modèle est lourd et s’avère, de fait, être un véritable « bunker » qui protège d’autant mieux le mouvement que la lunette porte un verre minéral tachymétrique plat, proche de celui de la Speedmaster Professional Mark II, avec l’échelle du tachymètre sous le verre. La montre fut également disponible avec une échelle pulsométrique, télémétrique ou décimale.

    Un mouvement exclusif conçu pour un seul modèle

    Le mouvement conçu par Lémania porte la référence 1041 dans la lignée des autres chronographes qu’Omega produit. Il fut exclusif à ce modèle et jamais emboité dans un autre. La montre, étanche à 60 mètres, n’est pas très large car son diamètre n’est que de 42 mm mais elle est très épaisse et son bracelet en acier intégré contribue à lui conférer un poids qui dépasse ce qui se fait habituellement. La Speedmaster 125 pèse en effet près de 50 grammes de plus qu’un modèle classique de Speedmaster Professional, soit 183 grammes contre 135 pour la version habituelle. Le verre est de type minéral trempé ce qui lui donne une résistance aux rayures meilleure que les verres en acrylique de l’époque. Certes, la pièce fabriquée à environ 20 000 exemplaires – sans doute un peu plus en réalité – n’a pas connu la notoriété de la Speedmaster Professional, mais c’est elle qui en 1978 équipera le cosmonaute russe Vladimir Dzhanibekov lorsqu’il reste dans l’espace, à bord de la station soviétique Saliout 6-Soyouz 26, 145 jours et 16 heures ce qui est un record à ce moment et lui laisse le temps de multiplier les chronométrages. Cela rassure au passage ceux qui auraient pu douter du bon fonctionnement d’une pièce à remontage automatique en situation d’apesanteur dans l’espace.

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    Le mouvement 1041, dans la filiation de la version 1040, est plus qu’innovant, car au-delà de sa certification officielle en qualité de chronomètre, il évolue à 28 800 alternances par heure quand la plupart des autres mouvements de la marque sont à 21 600 alternances par heure. Son rotor, c’est à dire le dispositif qui en permet le remontage, est monté sur un roulement à billes spécialement mis au point. Il fut fabriqué deux versions du calibre 1041. L’une dotée de 22 rubis, la plus courante, et une seconde version à 17 rubis pour le marché américain qui surtaxait toute montre porteuse d’un nombre de rubis supérieur à 17. Le calibre était réglé dans les 5 positions, chronomètre oblige.

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    Un grand cru

    La Speedmaster 125 offre une lecture instantanée du jour/nuit, indication précieuse quand on vit éloigné des caractéristiques du jour et de la nuit, et elle dispose d’une mise à la date rapide sans avoir à faire tourner les aiguilles sur 24 heures. S’il faut admettre que ce chronographe ne profite pas d’une lecture intuitive avec ses 4 aiguilles sur un l’axe central et ses 2 compteurs dont un à double lecture pour le disque lumineux 24 heures, il est néanmoins avec quelques minutes de prise en main, une pièce très performante et finalement bien lisible.

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    Omega aurait-il ainsi inventé la montre parfaite de l’espace ? Vladimir Dzhanibekov n’a eu qu’à se féliciter de son exemplaire qui n’a connu aucune défaillance. Le cadran profite de marquages traités au Tritium « lumineux » de nuit et d’un relief tant de la lettre que du nom d’Omega ainsi que de la mention 125 en couleur acier ce qui accroît le bon équilibre dans la lecture des indications de la montre. La carrière commerciale de ce chronomètre s’arrête en 1978 après 5 années consécutives au catalogue. La fabrication des mouvements 1040 et 1041 fut alors abandonnée au profit du calibre Omega 1045, connu sous la référence 5100 chez Lémania, beaucoup moins cher à fabriquer.

    On recommandera l’excellent ouvrage virtuel à télécharger gratuitement de Grégoire Rossier, Anthony Marquié et Andy kulas « Speedmaster 125 Only » qui fait office de référence sur l’histoire de cette montre d’exception. https://www.watchbooksonly.com/

    Droits réservés – Forumamontres – Décembre 2019 – Joël Duval
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