Omega

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  • #420003574901
    ZEN
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    Je vends la montre de mon grand-père

    Partie 1

    Citation :
    Certains ont dû avoir une cinquantaine de grands-pères ou des grands-pères collectionneurs pour avoir tous les 6 mois, ou plus souvent encore, la montre de leur grand-père à vendre. Bref, régulièrement, on voit des annonces ici et là pour vendre la montre du grand-père… La démarche me trouble un peu, sans doute parce que de mon grand-père je n’ai qu’un petit morceau de rail de chemin de fer qui traînait au fond d’un carton et qui avait marqué ma mémoire d’enfant.

    Je regarde souvent ces annonces sur Ebay de gens qui vendent la montre du papy mais souvent j’abandonne quand le vendeur raconte en plus l’histoire de la manufacture en plaçant au 18ème siècle la création des grandes manufactures et en expliquant que la montre est en parfait état alors qu’il lui manque une roue ou un composant…

    Cette fois, ce n’est pas moi qui ai vu l’annonce mais un ami et en la lisant je suis tombé de la chaise. Le vendeur expliquait à mots couverts connaître des difficultés financières (c’est un Américain) et bien que sachant que la montre de son grand-père valait plus cher, il en proposait en achat immédiat un prix plus que raisonnable.

    En général, il y a un vice bien caché dans ce type de montre pour justifier un tel discours. En regardant la photo, je n’en vis aucun et mieux, le vendeur, sans doute craintif d’une évaluation négative, en listait les vices, des défauts sans aucune forme d’importance.

    Là où ce monsieur devint passionnant c’est quand il expliqua que son grand-père avait joué un rôle majeur dans un Etat américain et que la montre avait joué un rôle dans son ascension. Sans hésiter et bien que dubitatif, j’achetai la montre qui est une pièce plus belle encore que ce que présentait son propriétaire. Une fois l’achat fait, j’interrogeais le vendeur sur l’utilisation faite par le grand-père de la montre et le pourquoi de cette pièce entre ses mains. Le vendeur fort gentiment me répondit complètement.

    Je ne vais pas aujourd’hui vous raconter l’histoire de cette montre mais je n’en suis pas encore revenu moi-même. Non seulement elle a une esthétique unique mais en plus elle n’a quasiment aucun défaut (j’ai mis 1 minute à la faire fonctionner). Je dois dire que je n’avais jamais vu une pièce de cette qualité dans une boite en argent, mais je ne vous dévoile pas le sujet, vous le découvrirez très bientôt !

    Partie 2

    Je vous avais évoqué l’achat d’une montre dotée d’une belle histoire . Ceux d’entre vous qui lisent la Revue des Montres ont pu la découvrir en Avril et la voici en version FAM … Cette histoire est une histoire vraie faite à partir de témoignages et vérifications. Bonne lecture !

    Le Chronographe Omega du sénateur Forsyth

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    Certaines montres ont une histoire forte et intense. C’est souvent l’apanage des plus belles pièces. La montre du Sénateur Américain Charles Floyd Forsyth est riche d’une histoire qu’il a marquée par l’utilisation peu commune qu’il fit de son chronographe et par le fait que son garde temps a traversé le temps sans perdre de ses qualités esthétiques exceptionnelles.

    Omega : L’une des premières manufactures de chronographes

    Omega fut l’une des premières manufactures à s’intéresser au chronométrage des temps courts et donc au développement des chronographes. Prisés par les militaires, les ingénieurs, les premiers aviateurs et les automobilistes dont les tableaux de bord des automobiles étaient rudimentaires, le chronographe était une pièce difficile à produire car faisant appel à une main d’œuvre davantage formée que celle qui pouvait être affectée à la fabrication des montres classiques.
    Nombreuses furent les manufactures qui ne développèrent pas leurs premiers modèles de chronographes mais préférèrent en sous-traiter la fabrication des mouvements à des maisons spécialisées dont la maison Reymond, fabricant des Valjoux, fut sans doute l’une des plus productives dans les premières années du 20ième siècle.
    Les fabricants d’ébauches étaient dans les premières années du siècle, capables de livrer à partir des mêmes bases, des mouvements dont la découpe des ponts était si différente qu’elle faisait oublier que l’architecture des mouvements était la même. Entraient ensuite en scène les termineurs de mouvements ou finisseurs d’ébauches qui doraient, rhodiaient, anglaient voire amélioraient l’empierrement des pièces.
    Par essence, le chronographe fut imaginé pour être fonctionnel et fiable et jusqu’aux années 1910, son prix élevé conduisit les acquéreurs à préférer des boites lisses en acier ou métal blanc, plus rarement en argent, et exceptionnellement en or. L’usage de ce type de montre en toutes circonstances fait que les boites meilleur marché sont sans doute préférées.

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    Depuis la fin du 19ème siècle, Omega produit de superbes chronographes de 19 lignes que la manufacture fait évoluer au gré de ses connaissances et de sa maîtrise dans la conception et la fabrication de ce type de calibres. Les montres sont dotées de totalisateurs à saut semi-instantané et de cadrans en émail et ébauches d’échelles tachymétriques. Les cadrans en plusieurs parties et dont les sous-compteurs sont rapportés, sont souvent les modèles les plus chers. Ces pièces de poche, chronographes monopoussoir ont un totalisateur des minutes à midi et pas encore de totalisateur des heures. Ces derniers viendront bien plus tard. Les montres massives sont rarement dans des boites gravées afin d’en limiter le coût.
    Posséder l’un de ces chronographes est un signe de qualité et ce d’autant plus si le garde temps présente une certaine esthétique ou recherche. Au début du siècle, l’Art nouveau domine la mode et le mobilier autant que les montres se parent de gravures, dessins romantiques et voluptueux, et de fleurs qui vont marquer toute la période. Les chronographes Omega peuvent sur commande spéciale être proposés dans des boitiers ainsi travaillés, frappés par des médaillers qui se spécialisent dans la frappe de boites pour les grandes manufactures d’horlogerie.

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    Un chronographe de luxe qui traverse l’Atllantique

    La pièce dont l’histoire va s’écrire est vendue en Europe, sans doute en France et il difficile d’expliquer avec certitude comment elle prend le chemin des Etats-Unis, sinon par l’intermédiaire d’un militaire des « Corps of Engineers » ou des « Signal corps » qui aurait pu en faire l’acquisition en 1919 et la ramener avec lui par la suite, lors du retour sur le territoire américain. La trace de la montre s’égare en effet, après la fin des années 1910 jusqu’à ce qu’elle soit remarquée, peut-être dans la vitrine d’un prêteur sur gage, au milieu des années 1950, dans l’Etat du Kansas.
    Ce jour là, un jeune avocat né en 1921, Charles Floyd Forsyth, spécialisé dans les affaires criminelles qu’il défend avec aisance et brio, la remarque dans une vitrine. Il faut dire que les montres américaines sont rarement en argent massif mais plutôt en métal plaqué or jaune ou blanc et que de ce fait, les pièces en argent massif sont davantage prisées quand on souhaite une pièce en métal précieux sans aller jusqu’à investir dans une montre en or massif.
    Charles Floyd Forsyth fait l’acquisition de ce magnifique chronographe de 55 mm de diamètre superbement décoré avec l’idée de théâtraliser ses plaidoiries. Nombreux sont alors les avocats américains qui pour détourner l’attention des jurés voire de la cour, et l’attirer vers eux, usent d’accessoires qu’ils manipulent pendant leurs plaidoiries et celles de la partie adverse. Pour l’un, l’accessoire choisi sera un fume-cigarette, un briquet dont il claque le couvercle, pour l’autre, un étui à cigarettes ou un stylo. Ces accessoires donnent du panache, de l’image face aux jurés et jouent parfaitement le rôle d’objets catalyseurs d’attention et finissent par focaliser les regards sur leur manipulateur.
    Cet avocat spécialisé dans la défense pénale et les audiences criminelles ouvrit un cabinet à Erie Kansas et travailla pour la ville. Il devint sénateur du Kansas en 1961 et ce jusqu’en 1964 et fut l’avocat de la section locale de « l’American Legion » sorte de confrérie paramilitaire. Par la suite, il est candidat au poste de gouverneur du Kansas, mais essuie une défaite.

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    Le petit fils de Charles Floyd Forsyth se souvient très bien à quel point son grand-père jouait dans les tribunaux, lors des audiences, avec son chrono qu’il déclenchait et remettait à zéro puis rangeait avec soin dans sa poche. Sans doute l’instrument servait-il aussi à mesurer le temps consacré à un client et à lui facturer au temps passé, le travail réalisé à son profit. Charles Floyd Forsyth ne quittait jamais son chrono en argent Omega. La firme suisse n’était sans doute pas aux Etats-Unis, la plus connue des manufactures helvétiques car à l’époque, Longines très implanté sur le territoire Nord-Américain était représenté par la maison Wittnauer et proposait des montres chronographes particulièrement réussies. La marque était en outre très bien distribuée et c’est donc plus probablement le hasard qu’une recherche dédiée qui a mis ce chronographe sur le chemin de Charles Floyd Forsyth.

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    Aujourd’hui, les tribunaux américains ne tolèrent plus l’usage d’objets susceptibles de détourner l’attention ou de focaliser le regard des jurés et seule la vérité défendue par le talent de l’avocat doit peser sur la décision. A sa manière, ce chronographe témoigne d’une époque où la théâtralisation de la justice atteignait les prétoires et salles d’audience accompagnée d’accessoires sans lesquels les avocats d’aujourd’hui doivent compter. Le Chronographe Omega de Charles Floyd Forsyth a peut-être fait échapper à des jugements plus sévères nombre d’auteurs de délits mais il reste une pièce qui traverse le temps et dont l’histoire peu courante en fait un objet subtil et rare.

    Forumamontres – Droits réservés – Joël Duval – Mai 2013

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    #420003574917
    ZEN
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    Petite histoire d’une grande montre : L’Omega Seamaster 200 « SHOM»
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    Les années 1960 et 1970 furent riches en découvertes diverses de zones inexplorées de la planète, de montagnes, de pays éloignés et mal connus, de fonds marins ou de l’espace et de la Lune. Les fabricants de montres ont accompagné nombre d’explorateurs, aviateurs, astronautes et cosmonautes ainsi que des plongeurs qui partageaient leur passion et leurs découvertes par le biais de la télévision qui s’invitait dans les salons de toutes les familles. La découverte du monde emportait le rêve et la montre, accessoire naturel des aventuriers, participait à l’accès ouvert à chacun à l’idée qu’il pouvait lui aussi devenir un héros.

    La collection Omega Seamaster championne des surnoms

    Les grandes maisons ont produit entre 1950 et 1980 un grand nombre de pièces toutes plus performantes les unes que les autres pour voler, plonger ou barouder d’un pays à l’autre, d’une mer à l’autre ou d’un continent à l’autre. Les marques horlogères donnaient parfois à leurs modèles des noms génériques assortis de références ou de leurs performances potentielles. Une Omega capable de descendre sous le niveau des mers à 200 mètres devenait ainsi la Seamaster 200, passant à 1000 pour le modèle apte à descendre à 1000 mètres. Ce référencement aurait pu être celui qui se grave dans les mémoires, mais les amateurs ont toujours aimé donner à leurs montres des surnoms, souvent animés par leur passion pour l’objet de leurs rêves. La Seamaster 600 est ainsi devenue la « PloProf » pour « PLOngeur PROFessionnel », la Seamaster 1000 est devenue la « Grande », le chronographe Seamaster automatic 120 mètres et devenu le « Big Blue ». L’éventail des surnoms s’élargit encore quand un chronographe Seamaster est surnommé « Flat Jedi » en référence à Star Wars ». La liste complète serait trop longue à établir d’autant que certaines désignations ont donné lieu à des déclinaisons spéciales comme par exemple la « Baby Ploprof » pour une montre de plongée qui ressemble simplement à la version plus grande.

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    Un modèle spécial

    Les années 1960/1970 sont marquées chez Omega par des boitiers de forme tonneau, un peu rond, ou de forme un peu ovale comme la ligne des boites « pilote ». Les formes anguleuses, carrées sont beaucoup moins nombreuses. A ce titre, la Seamaster 200, référencée 166.0177 et présentée en 1973 à Baselworld, fait exception. Très anguleux, son boitier est constitué d’un bloc d’acier suédois fabriqué par la maison Piquerez, le cadran est noir mat avec des indications dont la visibilité a été améliorée grâce à des index luminescents, les aiguilles de type glaive très lumineuses tranchent sur le cadran, le guichet de date légèrement biseauté souligne une finition sans erreur. Le verre minéral trempé est épais. Il semble à toutes épreuves et le mouvement est un 1012 de dernière génération, très plat, et encore dit de « manufacture ». Ce mouvement qui permet une mise à la date rapide dans les deux sens (rare aujourd’hui) évolue à 28 800 alternances par heure. Il est capable d’offrir une précision chronométrique et de la tenir sur une longue durée. Si sa décoration est sommaire et son design simple, cela reste un mouvement de qualité. La lunette d’époque dispose d’un insert en bakélite sans point lumineux mais en cas d’avarie, faute de réserve suffisante, le service après-vente d’Omega les remplace par des lunettes avec des inserts en aluminium avec un point lumineux. Les versions récentes ont cette même lunette.

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    La montre est rapidement adoptée par les amateurs de plongée. Massive, lourde, elle pèse un peu plus de 150 grammes, elle semble indestructible, qualité prisée des plongeurs. On la voit très vite au poignet de nombreux professionnels de la mer. La montre ne reçoit pas son surnom immédiatement, il faudra pour cela attendre 1979. Le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM), une institution gouvernementale française consacrée à l’étude des océans et à la publication des cartes maritimes, avait manifesté son intérêt pour les montres de plongée. Le SHOM avait vu sa compétence étendue à l’homologation des équipements utilisés par toutes les entités et institutions maritimes françaises. Après avoir fait le tour des produits du marché dans le courant de l’année 1978, le SHOM contacta Omega afin d’acquérir la Seamaster 200. Omega a ainsi directement livré au service français un lot de montres à utiliser pour ses missions officielles. Les montres ont été signées et gravées de la mention « SHOM » sur le fond du boîtier pour les distinguer des modèles classiques vendus sur le marché à l’époque. Dès lors, le nom de Seamaster « SHOM » devint celui donné par les amateurs et il restera gravé dans les mémoires.

    L’histoire ne s’arrête pas là. En effet, après cette sélection par le SHOM, la même version de l’Omega Seamaster 200 fut également adoptée par la marine nationale française. Omega livra donc un autre lot de montres aux unités de plongeurs militaires. Comme toutes les montres homologuées par les institutions gouvernementales françaises, elles portaient la mention « MN 79 », gravée sur le fond.

    Une passion durable

    Cette montre fut une pièce très particulière dans la dynastie des plongeuses d’Omega ce qui constitue une reconnaissance particulière de ses qualités. On s’égare dans les chiffres représentatifs de sa production. Le chiffre de 2000 unités annoncé semble très sous-estimé et celui de 20 000 lancé par des collectionneurs semble un peu élevé. Un chiffre aux alentours de 12 000 pièces serait davantage réaliste. Le succès du modèle est tel que des anciens distributeurs de la marque ont « re-fabriqué » quelques exemplaires tardifs à partir de pièces Omega en général destinées au service après-vente. Ces modèles ont les caractéristiques des versions d’époques et l’attrait du neuf pour qui aime à porter des montres en parfait état. Des amateurs plus ou moins spéculateurs ont, eux aussi, avec des pièces détachées achetées à des distributeurs, reconstitué des SHOM. Elles ne resteront pas disponibles très longtemps car les réserves de pièces sont épuisées. La SHOM était portée en général soit sur un bracelet en Corfam, sorte de cuir de synthèse compatible avec le milieu aquatique, soit sur un bracelet en acier de référence 1162/172 et donc avec 22 mm d’entre-corne. Beaucoup lui ont adapté un bracelet de type Mesh avec son maillage fin caractéristique originellement dédié à la Seamaster 600. La Seamaster SHOM bénéficie du statut de légende horlogère et son histoire la voue à un bel avenir de pièce de collection, statut qu’elle porte très bien.


    Droits Réservés – Joël Duval – Forumamontres – Janvier 2020

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    #420003574902
    ZEN
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    Le premier Chronographe automatique d’Omega
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    Le début d’une nouvelle technologie est toujours l’occasion d’émuler chez ses concurrents un esprit d’innovation qui parfois s’assoupit. L’apparition publique en 1969 des premiers chronographes à remontage automatique a suscité de la part des concurrents de Zenith, Breitling-Buren-Hamilton-Heuer et Seiko, la volonté de rester dans la course à l’innovation et donc d’offrir au plus vite un chronographe bénéficiant du remontage automatique. Omega, qui avait rejeté en 1947 ce type de montre s’est retrouvé pris de court 22 ans plus tard et a dû imaginer avec son partenaire Lémania une nouvelle génération de chronographes. Ce fut le début d’une nouvelle ère.

    Un savoir-faire solide

    A partir de 1969 et de la présentation de trois mouvements de chronographes à remontage automatique, les grandes maisons horlogères vont se livrer à une concurrence sans merci en présentant chacune leur modèle de chronographe original. Omega s’appuie sur Lémania qui est l’un des plus grands spécialistes suisses des chronographes pour proposer son premier chronographe automatique. Lémania avait en 1947 mis au point grâce à son calibriste Albert Piguet, un prototype de calibre de chronographe à remontage automatique. Albert Piguet avait « greffé » sur un calibre de chrono CH27-C12A, un système de remontage à butée, très bruyant mais efficace. Le calibre était épais ce qui n’était guère à la mode et imposait un diamètre de montre jugé trop important pour que la commercialisation puisse être envisagée par Omega. Paul-Emile Brandt alors à la tête de la marque de Bienne l’avait donc balayé d’un revers de main en l’estimant superflu et …sans avenir.

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    Ce sont indéniablement les avancées de la concurrence qui alertent Omega en cette fin des années 1960. Omega incite à réfléchir avec Lémania à la création d’un mouvement moderne à remontage automatique. C’est ainsi que l’ingénieur de la Chaux de Fonds Raoul-Henri Erard met au point le premier calibre de chronographe à remontage automatique vendu sous la marque Omega. Le mouvement est fabriqué comme ses aînés chez Lémania et tire son énergie d’une masse oscillante montée sur roulement à billes, inventée par Marius Meylan-Piguet et breveté le 28 décembre 1970.


    Une nouvelle génération de chronographes

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    Baptisé 1040, le mouvement appartient à la génération des calibres évoluant à la fréquence de 28 800 alternances par heure. Originalité, il est muni d’une part d’un quantième (date) et d’autre part, d’un indicateur 24 heures à lecture jour-nuit. Les premiers exemplaires de chronographes sont présentés en 1971 dans des boites tonneaux, étanches à 60 mètres. Les cadrans rhodiés soleil comportent une échelle tachymétrique 500-60 km/h. Des variantes offrent une échelle pulsométrique ou télémétrique. La minuterie est dessinée au cinquième de seconde et les index de type baguette sont lapidés avec des points de tritium. Les aiguilles de chrono sont intéressantes car par la conception même du calibre, la totalisation des minutes se fait à partir de l’axe central au moyen d’une aiguille trainante ailée dite « aiguille flèche »? Un totalisateur de 12 heures situé à six heures enregistre les heures chronométrées. Le verre en plexi bombé signé au centre avec la lettre Omega est renforcé mais il reste facilement polissable.

    Le chronographe est décliné dans plusieurs types de boites tonneaux avec ou sans couverture de la fixation du bracelet, avec bracelet souple ou acier et enfin avec boite dite pilote avec couvre-anses. Cette dernière boite préfigure ce que sera la Speedmaster Mark III. Si Omega tient avec ces formes de boites des modèles qui sont dans la tendance de la mode et traverseront facilement le temps, il faut reconnaître que la lecture de son chronographe est moins intuitive que celle des concurrents qui ont dévoilé leurs versions deux ans plus tôt. Le principe de la trotteuse centrale qui dissimule l’aiguille du totalisateur sur le même axe que les aiguilles des heures et minutes ne contribue pas à améliorer la lisibilité. En outre, la présence d’un compteur à 9 heures et d’un autre à 6 heures créent un déséquilibre du cadran ce qui le désavantage au regard des modèles des concurrents qui ont mis l’accent sur la qualité visuelle de l’affichage. Le mouvement 1040 présente toutefois l’intérêt d’être précis et silencieux et d’avoir une bonne réserve de marche grâce à un remontage facile via sa masse oscillante. Le 1040 va donc s’installer dans plusieurs modèles et s’il ne supplante pas la version à remontage manuel qui équipe notamment la Speedmaster Professional, c’est simplement en raison du succès immense de ce dernier modèle qui grâce à l’aventure spatiale et aux expéditions lunaires en cours au début des années 1970 remporte un triomphe tant lié à sa notoriété qu’à son succès commercial.

    Une nouveauté attendue

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    Omega fera quelques essais de variantes d’aiguilles et de couleurs, la plus réussie est sans doute celle avec les aiguilles blanches sur cadran noir dans la lignée de la Speedmaster Professional mais aussi celle avec les aiguilles de chrono bleu azur et aiguilles horaires noires. Dans le foisonnement des modèles Omega du début des années 1970, ces chronographes apparaissent comme très représentatifs de la modernité d’Omega et de sa réactivité pour offrir au public des produits qui s’avèrent très attendus. L’apparition du chronographe bracelet à remontage automatique a en effet provoqué une nouvelle demande de la part de la clientèle qui ne veut plus avoir à remonter sa montre chaque jour. La déferlante de la montre à quartz va en cela conforter l’idée qu’il faut libérer le porteur d’une montre de toutes les contraintes de remise à l’heure et de remontage. Les chronographes étaient les dernières montres à ne pas avoir de remontage automatique alors que les modèles à trois aiguilles en disposaient déjà y compris pour les modèles sportifs et en particulier ceux de plongée. Omega avait donc pris un peu de retard face à ses concurrents quand son chronographe Seamaster automatique est enfin arrivé dans les vitrines des détaillants. Très attendu comme toutes les nouveautés Omega, ce mouvement bénéficiera de quelques petites évolutions techniques avant d’être supplanté par les calibres ETA adaptés pour Omega.

    Novateur et historique pour la firme de Bienne, le calibre 1040 de la Seamaster intéresse aujourd’hui par son affichage non conventionnel et original. Il est en cela un peu à part dans l’univers des chronographes bracelet où la majorité des pièces est très respectueuse des habitudes du public. Omega démontre avec ces modèles qui ont près de 50 ans, que leur niveau de qualité leur a permis de traverser les décennies sans être altérés et qu’en se plaçant comme inventeur d’un design, ce chronographe a su rester hors des modes et hors du temps qu’il mesure.

    Droits réservés – Forumamontres – Octobre 2017 – Joël Duval
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    #420003574903
    ZEN
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    La Speedmaster Professional X 33 « Apte au service ! »

    S’il est bien une montre qui a du vécu, c’est la Speedmaster Professional X 33. Sans doute, pourrait-on appliquer à certaines montres de pilotes de la seconde guerre mondiale, le même type de remarque mais la Speedmaster X 33 a quelque chose de plus, elle est allée dans l’espace au point parfois de ne pas en revenir. Sa carrière dure depuis 20 ans, ce qui en fait une vintage toujours d’actualité. Si la Speedmaster Professional mécanique, sa sœur aînée a connu un nombre d’expériences spatiales encore plus ultimes avec une présence sur la lune, la X 33 a elle aussi beaucoup vécu et pas seulement des moments positifs.

    Howard Torman est un amateur d’horlogerie américain qui eut une expérience un peu particulière. A la fois médecin, pilote d’essai et ancien correspondant médical national de CBS News, il a vécu une expérience horlogère pour le moins exceptionnelle. Dans les années 1990, il pilotait des avions de chasse et en particulier des F15 et des F16 ainsi que des avions soviétiques MiG -15s et les MiG-21s. Titulaire de deux records mondiaux de vitesse en novembre 1996, sa passion faillit pourtant lui coûter la vie.

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    Tandis qu’en 1995, il visitait le « Johnson Space Center », il apprit incidemment que le général Tom Stafford travaillait avec Omega en qualité de président du conseil d’administration aux USA afin de mettre au point une montre susceptible de remplacer la Speedmaster Professional qu’Omega craignait de voir vieillir au point de ne plus intéresser la Nasa. Omega avait pourtant déjà échoué dans une proposition faite à la NASA de remplacer la Speedmaster par une version Mark II. Mais cette fois la marque de Bienne pensait tenir un concept ultra moderne lui ouvrant les portes de l’espace pour des décennies et en particulier d’un vol habité vers Mars.

    Par relations, Howard Torman fut rapidement associé au projet et chargé de mener des tests avec le prototype de la Speedmaster Professional X33, un modèle à quartz pour lequel Omega tenait à associer des professionnels aux développements de fonctionnalités spécifiques de la montre. Le nom fut à l’époque tiré d’un projet de la Nasa abandonné par la suite qui consistait à développer un véhicule spatial réutilisable.

    La X33 était une montre outil au sens plein du terme embarquant des fonctionnalités qui en théorie sont le fruit de plusieurs instruments. Le chronographe peut être dégressif et la montre qui permet de caler le fuseau de Greenwich permet des mesures de temps longs comme les missions spatiales sur toute leur durée par exemple pour mener à cadence régulière des expériences programmées. Chaque fonction est assortie d’une alarme de 80 Db qui couvre le bruit habituel dans les vaisseaux spatiaux ou dans les cockpits des avions militaires. La X33 est un outil qui n’a pas rencontré un très grand succès commercial en raison de la concurrence des montres japonaises bien moins chères et très suffisantes pour l’usage du grand public.

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    Pour tester ses prototypes, Omega a donné une montre à certains pilotes, cosmonautes et astronautes en échange de leurs commentaires sur les performances et caractéristiques de la montre. Les montres faisaient ainsi la navette entre le poignet des « Beta-Testeurs » et les ateliers d’Omega pour modification. Les testeurs prirent l’expérience très au sérieux et s’enthousiasmèrent pour cette montre au point de la porter en permanence.

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    Howard Torman portait donc son prototype (numéroté 11/22) le 16 octobre 1997, lors d’un test en vol à Stead Field, Reno dans le Nevada. Il pilotait ce jour là un MiG-15 et perdit le contrôle lors de tests d’atterrissage de son avion qui s’est retourné perdant une partie du fuselage. Son casque a raclé le sol et il aurait pu perdre la vie comme en témoignent les photos. Blessé Torman s’en est toutefois bien sorti faisant subir à sa montre un crash test en temps réel. La montre fonctionnait parfaitement après l’accident. La X 33 dont la boite est en titane est il faut le dire adaptée aux chocs et peut subir des chocs de 3,5 kilos ce qui est énorme.

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    On remarque que le modèle a changé entre la phase prototypes et la commercialisation.

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    Les deux versions de la X33 de 1ère et deuxième génération (1998-2011) et (2001-2005) ont des poussoirs plats, une boite plus fine, une lunette mieux adaptée (différente entre la génération 1 et 2), des aiguilles plus lisibles, etc. La version commerciale est finalement plus agréable que les prototypes. La montre qui a fait une seconde carrière aux Etats-Unis après 2006 et la fin de sa commercialisation en Europe a été livrée massivement à la Nasa et aux divers corps d’armée américains qui ont pu se faire fabriquer des fonds spéciaux forcément aujourd’hui très recherchés. On retrouve la pièce au poignet de Thomas Pesquet et elle fut embarquée dans de nombreuses missions spatiales.

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    Thomas Pesquet avec sa X 33

    L’équipage de Columbia n’eut pas la chance de Torman. Tous les passagers de la navette moururent dans l’accident spatial qui eut lieu le 1 février 2003 au cours de la mission STS-107. Durant la phase de rentrée atmosphérique, la navette Columbia fut détruite au-dessus du Texas et de la Louisiane. C’est sans aucun doute le pire souvenir de Columbia. Les cosmonautes avaient tous posé avec leur montre X 33 quelques heures plus tôt.

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    Cela dénote la difficulté d’être présent pour une maison horlogère dans des missions périlleuses. La X33 n’est évidemment qu’un exemple parmi d’autres. Tous les modèles de montres de pilotes ont connu des accidents sévères, des crashs mortels qu’il est habituel de « voiler pudiquement » mais qui prouvent que ces montres sont d’authentiques outils mis à toutes épreuves. La Speedmaster X 33 démontre que les montres outils de professionnels ne sont pas nécessairement des grands succès commerciaux et que leur histoire peut être émaillée de moments chaotiques. L’histoire, la vraie n’est pas toujours celle racontée par le marketing. C’est aussi une réalité de terrain…ou d’espace.

    Images Hodinkee sauf la montre.

    A lire absolument l’article d’Hodinkee

    https://www.hodinkee.com/articles/crash-in-the-desert

    Voir aussi

    https://www.quora.com/What-are-the-final-moments-of-crashing-in-a-jet-like

    Droits réservés – Forumamontres – Mars 2018
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    #420003574904
    ZEN
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    Amusante coîncidence, au moment où je travaille sur un article sur les chronos anciens et en particulier ce sujet, Grégory Pons publie des images et un commentaire fort intéressant. Bravo à lui d’avoir déterré si vite et dégainé le premier !


    Le premier chronographe bracelet automatique daterait de 1947

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    Ainsi donc Lémania aurait en 1947 mis au point grâce à son calibriste Albert Piguet que l’on retrouve parmi les pères de la Speedmaster Omega, un calibre de chronographe bracelet à remontage automatique. L’info n’est pas totalement nouvelle et Marco Richon (si ma mémoire est bonne) avait déjà soulevé ce sujet. Lémania, rappelons-le, maîtrisait déjà le 36 000 aternances depuis 1932 avec son chrono « Olympic » et s’intéressait de très près aux développements chronographiques pour la maison dont il était devenu partenaire depuis son rachat par la Société de microélectronique et d’horlogerie (SMH) dont Omega était déjà l’une des composantes (cette structure donnera lieu plus tard à la naissance de Swatch Group).

    En 1945 donc, Lémania se concentre sur la production de montres à remontage automatique. Le concept des premières montres automatiques est un système à Bumper (butées) bruyant et parfois fragile. Toute le monde fait de la montre à remontage automatique sur des bases assez proches et Jaeger LeCoultre, Zenith, Omega, Movado, etc. ont des propositions de produits assez proches.

    Sans qu’il n’y ait de compétition entre les marques sur le sujet (ou pas encore), Lémania via Albert Piguet imagine un calibre de chrono à remontage automatique ou plutôt greffe sur un calibre de chrono CH27-C12A, un système de remontage à butée, très bruyant mais efficace. Le calibre est épais ce qui n’est pas à la mode et va imposer un diamètre de montre plus important qui lui aussi n’est pas dans les canons de la mode.

    Lémania a déjà étudié la transposition du 36 000 alternances sur des pièces bracelet et y a renoncé en estimant inadaptée la haute fréquence aux petits diamètres de mouvements. Omega ne reçoit donc qu’une proposition de calibre classique mais à remontage automatique. Le tout est fiabilisé et comme l’explique Grégory Pons la livraison se fait sur une série de 10 calibres. Deux sont conservés chez Lémania soit un total de 12 pièces hors prototypes.

    Omega rejette le projet d’abord parce que la masse, lorsqu’elle bute sur les ressorts, donne l’impression d’une mécanique défaillante mais aussi parce que les montres classiques automatiques « cassent » régulièrement et donnent un résultat qui est sujet à réclamations des clients. Le seul calibre à butée vraiment fiable ou en tous les cas le plus fiable, est celui mis au point par Ephrem Jobin pour le calibre 133 puis 133-8 de Zenith. Il fut lui aussi un échec commercial au regard de la renommée des calibres à butée. Sa diffusion commerciale date de …1948.

    Omega ne prend pas le risque de diffuser ce mouvement, à tort sans doute et cela renvoie à 1969, la diffusion de mouvement de chronos à remontage automatique, Buren en déposant les premiers brevets en 1967. Officiellement selon Grégory Pons, il ne resterait qu’un seul exemplaire de ce calibre chez Lémania (donc un des deux non livrés à Omega) mais il me semble que Marco Richon était sur une piste à une certaine époque …

    On imagine sans peine ce qu’aurait pu anticiper Lémania si on avait laissé cette manufacture s’épanouir mais on sait qu’Omega a su aussi anticiper certaines erreurs industrielles et il est très difficile d’établir si ce refus fut une erreur ou au contraire une bonne idée sur un mouvement qui aurait créé des déconvenues à ses possesseurs.

    C’est en tous les cas très bien d’avoir pu obtenir ces images et de les diffuser. Je ne suis pas certain que cela change réellement la donne et arbitre la discussion sur qui a eu le premier mot en 1969 puisque sur un plan industriel, Zenith comme Seiko ne sont pas du tout sur ce type de produit mais au contraire dans une démarche de remontage intégré. En tous les cas, le projet de Lémania est très très proche de celui breveté par Buren en 1967, projet qui donnera naissance au calibre 11 dans l’association Buren, Hamilton, Breitling, Heuer… Rappelons que ce calibre fonctionnait très mal et que le remontage avait été ajouté modulairement à un calibre créé pour un remontage manuel.

    Voir l’article de Grégory Pons sur certains dessins de Lémania.

    http://www.businessmontres.com/lesles-bonnes-lectures-du-week-end/lemania-breguet-omega-leroy-lleroy-patekphilippe-harwood-alpina-hubertsarton-albertpiguet-bernardvuilliomenet-lhistoire-etrange-du-vrai-premier-chronographe-mecanique-a-remontage-automa

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    Comment Lémania a mis au point pour Omega la haute fréquence en 1932

    Omega - Page 2 1932_a10Omega - Page 2 Omega_16

    En 1932, les Jeux Olympiques se déroulent à Los Angeles du 30 juillet au 14 août. Le chronométrage des jeux est pris en charge par Omega. Quatre jours après la clôture des jeux, leur Directeur Technique, William M. Henry, souligne le rôle fondamental joué par les montres Omega. Il pointe dans son propos que les trente chronographes à rattrapante fournis par Omega ont été les seuls utilisés par les juges olympiques officiels et ce pour tous les sports.

    Le fruit d’une collaboration
    Ces chronographes sont le fruit d’une collaboration étroite entre Omega, qui en 1932 appartient au SSIH, et Lémania qui intègre ce consortium précisément la même année. Omega enrichit à cette occasion son potentiel de diffusion de montres compliquées, ces dernières étant la spécialité de Lémania et en particulier, de chronographes dont la manufacture s’est faite une spécialité.

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    Même si Omega en 1932 a déjà produit en interne deux calibres de chronographes, l’un dès 1898 et l’autre dès 1908, ce qui est rare dans les firmes horlogères, la maison de Bienne s’est énormément investie dans les chronométrages sportifs et le calcul par chronographes de la vitesse des automobiles.
    A l’époque, les mouvements de chronographes évoluent majoritairement à 18 000 alternances et parfois moins et le chronométrage peut donc être opéré au cinquième de seconde. Peu de manifestations sont portées par une seule firme d’horlogerie mais Omega a déjà en 1905 chronométré 16 compétitions en Suisse et à l’étranger. En 1909, la manufacture signe l’exclusivité du chronométrage de la Coupe Gordon Benett, une course internationale de 70 montgolfières et dirigeables qui se déroule près de Zurich. En 1916, Omega a ses premiers contacts avec le mouvement Olympique à l’occasion de compétitions organisées à Lausanne en l’honneur des 25 ans d’existence du CIO. L’évolution des performances sportives des athlètes va obliger l’industrie horlogère à se dépasser et à rechercher une précision de chronométrage supérieure au cinquième de seconde. Le calcul décimal du temps va pousser les concepteurs de calibres de chronographes à explorer des fréquences facilitant cette lecture.

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    Un chronographe à haute fréquence

    Alfred Meylan est constructeur chez Lémania en 1932. C’est lui qui depuis plus de 2 ans, travaille activement à la mise au point d’un chronographe sportif doté d’un mouvement évoluant à 36 000 alternances par heure et proposant une rattrapante nécessaire aux juges qui bordent les pistes. Meylan remarque que plus le diamètre d’un calibre est grand, plus il est facile de pousser la fréquence de ses éléments régulateurs en en adaptant corrélativement la taille. Il opte donc pour un mouvement de 24 lignes, soit un diamètre de 53,7 mm doté de 18 rubis, d’un balancier bimétallique à vis de compensation en or, d’un spiral Breguet en acier trempé. A l’époque, plusieurs maisons travaillent aussi sur des chronographes à haute fréquence. Les firmes chercheront à adapter un peu plus tard cette caractéristique à des montres bracelets avec plus ou moins de succès, certaines maisons devant même revenir à des fréquences plus lentes telles que 28 800 alternances en raison de problèmes d’usure prématurée et de lubrification insatisfaisante des mouvements. Les Fabriques Réunies trouveront en 1967 une solution technique qui fera 2 ans plus tard la fortune de Zenith en permettant à cette manufacture de réaliser le premier chronographe à haute fréquence de 5 hertz de l’histoire. Les autres maisons qui se lanceront dans la production de mouvement à haute fréquence y renonceront finalement.

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    Omega avec son calibre 1130 imaginé par Lémania, va définitivement conquérir le monde sportif et la firme va même créer un département spécialisé dans le chronométrage de tous les sports. Omega investira dans toutes les formes de chronométrage créant des technologies sophistiquées tant pour donner les départs que fixer les arrivées et afficher les résultats. Le chronographe « Olympic » connaîtra une version électrifiée pour donner les départs et transformer en son les 5 secondes précédant ceux-ci.

    Par ailleurs, un calibre dérivé du mouvement 1130 est mis au point et exploité dans des compteurs de sport à rattrapante, la technologie imaginée par Alfred Meylan va porter les chronométrages olympiques jusqu’à l’avènement de l’électronique. Régulièrement Omega va rééditer son chronographe jusqu’à en produire des éditions de luxe en or ou en platine notamment en 1995 et dans une version prestigieuse en or jaune, rose ou blanc en 2005.

    Une réédition ultime en 2005

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    Lors de la production de la série limitée à 100 pièces en 2005, Omega explique que le mouvement de sa rattrapante est référencé dans sa version contemporaine « OMEGA 3889A » et qu’il reprend à quelques détails près, la version originelle de 1932. Omega précise par ailleurs que les dessins du mouvement original, datant de la fin des années 1920, furent découverts sur un microfilm. La firme de Bienne ajoute que le chronographe dispose d’un mouvement de précision très performant, doté d’une rattrapante intégrée, le tout étant contrôlé par une double roue à colonnes. Ce mouvement de 24’’ (53,7mm) bat à 36’000 alternances par heure et permet ainsi, une précision au 10e de seconde. Tous les composants d’origine ont été impeccablement restaurés. Les platines et les ponts dorés de 1932 ont été en 2005 reconditionnés, rhodiés et mis en valeur par un grenage circulaire et des côtes de Genève.

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    La version initiale de 1932 et celles qui suivirent hors rééditions en séries limitées, disposaient d’un calibre doré. Les deux roues à colonnes servent au pilotage des deux aiguilles de chrono et assurent une synchronisation parfaite. A l’oreille, le mouvement émet un son très rapide où « le tic et le tac » sont encore discernables mais si rapprochés qu’ils donnent le sentiment d’être sur le point de s’unir en un bruit continu. Dans la plupart des versions à vocation sportive, l’une des aiguilles de chrono est rouge, c’est la rattrapante et l’autre aiguille est bleue. La lecture se fait par un marquage fin des dixièmes de secondes en périphérie du cadran sur lequel viennent pointer les aiguilles de chrono. La lecture du temps chronométré est instantanée et comme ces aiguilles sont déformées à la pointe pour venir pratiquement toucher le cadran, le défaut de lecture dit défaut « du parallaxe » est totalement gommé. La pièce est lourde et sa prise en main est d’autant plus sûre.
    Exploité un temps sous la marque Lémania, ce mouvement de 24 lignes connaît, avec Omega, ses heures de gloire. Habillé dans ses versions à usage sportif soit d’une boite en laiton chromé, soit d’une boite peinte émaillée couleur anthracite antidérapante (collection nuit spatiale) avec un cadran oxydé noir mat et des aiguilles blanches, ce chronographe a véritablement marqué l’histoire d’Omega et des Jeux Olympiques. Les versions olympiques pouvaient être assorties de sur-boitiers comportant un déclencheur le cas échéant, opérationnel avec un système permettant de mettre en marche plusieurs chronographes simultanément et ainsi de gérer le temps de plusieurs athlètes lors d’une compétition.

    Aussi célèbre que les athlètes

    En 1932, Omega envoie 30 chronographes et un horloger aux Jeux Olympiques de Los Angeles. En 1936, ce sont 185 chronographes qui sont missionnés avec toute une équipe pilotée par le représentant d’Omega en Allemagne. Les Jeux Olympiques sont chronométrés au dixième de seconde grâce aux 36 000 alternances des pièces Omega.

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    Avec ce chronographe devenu aussi célèbre que les athlètes dont il a mesuré les performances, Omega a disposé grâce à Lémania d’une véritable pièce de compétition. Les chronographes étaient réglés précautionneusement avant le démarrage des jeux et testés tout au long de ceux-ci avec autant de pièces de secours qu’il était nécessaire au cas où un chronographe viendrait à être défectueux. Omega fournissait ainsi non seulement du matériel mais aussi des équipes techniques chargées de la maintenance et de la vérification du matériel. Certains horlogers régleurs étaient si pointus qu’ils pouvaient à l’oreille saisir la moindre anomalie.

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    La difficulté sur les Jeux était de limiter la casse par négligence des utilisateurs, aussi les juges commissaires avaient-il des recommandations et un protocole d’utilisation à respecter notamment lors de la restitution des chronographes.
    Certaines des pièces opérationnelles lors des différents JO se sont parfois égarées après ceux-ci, soit cédées volontairement aux juges commissaires, soit distribuées aux horlogers détaillants pour être exposées avant d’être dispersées. Certaines pièces sont ainsi parfois accessibles pour les collectionneurs qui découvrent l’avancée technologique de Lémania et d’Omega en 1932.

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    La video à voir !

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    #420003574906
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    L’Omega d’Alphonsine Tranchant

    En 1826 Louis Hachette, né à Rethel dans les Ardennes le 5 mai 1800, rachète à Paris une minuscule librairie du quartier latin 1 rue du Battoir-Saint-André (partie de la rue qui est devenue rue Serpente). Normalien de formation, il publie en 1827 son premier ouvrage, un dictionnaire de grec/français et une revue d’information destinée aux universitaires. Les éditions d’ouvrages vont alors s’enchainer d’abord à vocation éducative puis davantage littéraire. Le 1er janvier 1846, il crée la société L. Hachette et Compagnie et passe un contrat entre Emile Littré et Louis Hachette pour la publication d’un dictionnaire dont les premiers volumes sortiront en 1863. Il invente en 1851 la bibliothèque de gare et met en place en 1852, la bibliothèque des chemins de fer. Les livres manipulables et bon marché sont l’une des souches du livre de poche moderne.

    En 1848 est embauchée par les éditions Hachette une certaine Alphonsine Tranchant. Elle a en charge la lecture des manuscrits et la correction des impressions. Ensuite elle participera à la gestion des collections jeunesse dans laquelle on trouve ces fameux livres de prix remis en fin d’année dans les écoles aux meilleurs élèves. Elle exercera cette activité 30 années durant avant de prendre sa retraite en 1878 après avoir traversé la commune et le coup d’état du 2 décembre 1852… Elle découvre la première certains écrits d’auteurs illustres comme Adolphe Thiers, Michelet ou Balzac…

    Alphonsine fait partie de ces collaboratrices qui au sein d’une entreprise savent trouver leur place et deviennent des expertes indispensables à la vie de la société… Son départ est pour Hachette une grande perte et la maison d’édition lui témoigne sa reconnaissance en lui offrant une montre de col à ancre de grande qualité, une Omega de chez Kirby Bird la grande boutique de l’avenue de l’Opéra à Paris. Sur le fond de la montre, Hachette fait appliquer en lourdes lettres d’or le monogramme d’Alphonsine Tranchant. Le mouvement est doté de châtons en or vissés et la raquette pourvue d’un col de cygne. La pièce est de qualité à l’image de l’employée qui prend congé de l’éditeur.

    On aurait pu imaginer que cette montre se perde à jamais fondue ou éclatée dans le tiroir d’un horloger… Il n’en est rien, la montre est là, intacte comme au premier jour.

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    #420003574907
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    Omega et le marché américain au début du 20ème siècle

    Dès la fin du 19ème siècle, Omega s’intéresse au marché américain. Quasiment toutes les manufactures suisses sont présentes sur le marché américain dès les années 1880. La concurrence avec les manufactures américaines est extrêmement sévère et les uns n’hésitent pas à critiquer les autres ouvertement. Ainsi dans les revues horlogères suisses lit-on en 1904 que les Américains ont des méthodes de travail qui sont proches de l’esclavage avec des gens entassés dans des pièces minuscules pour y loger alors que l’industrie suisse respecte ses ouvriers. Les Américains parlent de leur côté des Suisses comme trop lents à prendre des décisions…

    Quoi de plus logique ? L’industrie américaine a installé ses manufactures dans des zones urbaines avec de grandes manufactures et une population ouvrière qui habite sur place ou à de faibles distances mais avec des systèmes de transport de masse qui en Suisse n’existent pas encore et pour cause, les ouvriers horlogers sont aussi des ouvriers agricoles et ils mènent de front leurs deux activités qui leur impose d’être sur les terres chaque jour du printemps à l’automne. En critiquant les Américains, les Suisses rassurent leurs ouvriers.

    Les deux industries ne peuvent évoluer de la même manière au même rythme. Les Suisses vont donc tenter d’exporter vers l’Amérique du nord des montres qui s’adaptent visuellement à une clientèle qui préfére les calibres rodhiés « blancs » aux calibres dorés « jaunes » et qui sont attentifs à l’empierrement plus qu’aux anglages, à la raquette plus qu’à la boite qu’il préfèrent plaquée or plutôt qu’en argent et massive avec des grosses couronnes plutôt que fine…

    Les Suisses se font bien vite rattraper par le protectionnisme américain qui vise à défendre l’industrie du pays et va conduire dans le domaine horloger à imposer qu’une partie des montres suisses soit faite sur le territoire nord américain à défaut de quoi les montres n’y seraient pas commercialisées.

    Dès lors, et compte-tenu de quotas qui vont en outre à certains moments frapper les marques, beaucoup vont utiliser des marques d’emprunt pour se faire distribuer avec des emboitages américains. Omega sera ainsi distribué sous les marques Louis Brandt (marque et nom du fondateur) mais aussi sous Labrador, Regina et enfin Omega. (Il y eut aussi quelques autres marques dans de moindres proportions).

    Les mouvements ne seront pas tous signés mais il sont reconnaissables assez facilement. Les Américains, au vu des productions locales les plus soignées, sont servis en calibres chronomètres souvent de 17 à 23 rubis. Longines, Omega, Vacheron & Constantin auront la même logique qualitative pour ce marché. Bien sûr, il existe une distribution de calibres 15 rubis mais les versions mieux finies (on ne connait pas le terme haut de gamme) vont connaître un franc succès parfois sous des marques dites « Private Label ».

    Voici une de ces « Private Label » , une montre W.H Cowley, horloger installé à Detroit dans le Minnesota depuis la fin du 19ème siècle. La pièce est massive car sa boite est très lourde, taillée dans la masse par fraisage. Le calibre est un puissant 19 lignes de qualité C avec 17 rubis datant de 1906/07. Les anglages sont soignés et la finition de grande qualité pour ce chrono qui reste à moins de 4 secondes par jour. La boite a un diamètre de 54 mm.

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    La montre est épaisse et lourde, ce qui lui donne un charme particulier et une impression de grande solidité.

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    Le mouvement, un 17 rubis est d’une finition poussée (voir le contre-pivot à l’ancre) et la raquette permet un réglage fin et ultra-précis.

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    La qualité globale de cette montre en fait une pièce intéressante qui pèse très lourd à cause de la masse de la boite. Cette montre témoigne mieux que tout récit de l’intérêt porté par Omega au marché américain et de la qualité des pièces exportées là-bas…

    Droits réservés _ Forumamontres – Mai 2012
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    #420003574908
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    On est en 1915, Omega livre depuis plus de 12 ans les compagnies de chemins de fer canadiennes qui, comme celles des Etats-Unis, ont adopté des cahiers des charges très stricts concernant les garde-temps des personnels. La différence entre les Etats-Unis et le Canada est que les Canadiens ont agréé beaucoup plus facilement des montres dotées de calibres suisses, alors que les Américains par protectionnisme et sous la pression des syndicats « favorisent » les montres 100% fabriquées sur le territoire américain.

    Omega livre aux compagnies canadiennes des calibres haut de gamme soit de qualité C soit de qualité D. A l’exception de la version D 23 rubis, il n’existe pas vraiment une différence qualitative touchant la précision entre les version C et les versions D. L’empierrement est différemment réparti pour les versions à 19 rubis pour lesquelles le barillet est empierré en qualité C alors qu’il est seulement à partir de certaines 21 rubis en qualité D. La qualité D offre un système de raquette différent et pour les 23 rubis un contre pivot en diamant au balancier.

    Ces montres sont souvent signées sous des « Private label », marques de distributeurs qui apposent leur nom sur le cadran. Rarement la marque Omega apparait sur le cadran, très exceptionnellement le nom de Louis Brandt et quasi jamais le nom d’Omega et de Louis Brandt sont associés sur un même cadran…

    Cette pièce est donc plus que très rare et méritait un retour dans la vieille Europe… On notera la qualité des anglages et du rodhiage. Les chatons sont en or 18 carats .

    La voici !

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    Le calibre est enfermé dans un cerclage et dans la boite monobloc qui le protège de l’humidité et de la poussière. Cela n’est pas pour rien dans l’état exceptionnel de conservation de ce mouvement.

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    On voit parfois des version 23 rubis, rares en qualité C. La Baie en a proposé une il y a quelques semaines dans un état moyen. Le bon état du mouvement est fondamental car dans la majorité des cas, faute de retrouver la même qualité de pièces (matériaux, polissage, etc.), ce sont des pièces « ordinaires » qui viennent remplacer les pièces défectueuses et la montre perd alors beaucoup de son intérêt.

    Droits réservés – Forumamontres – Septembre 2012
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    #420003574909
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    L’Omega de la Canadian Pacific

    En 1874, naît près de Cracovie, à Wieliczka dans une famille très pauvre, celle des Pawlowski, un garçon que l’on baptise Victor. Le père est mineur dans les mines de sel et la mère lave du linge pour les familles les plus riches. Victor passe une enfance plutôt heureuse parce que sa mère obtient le droit de laisser jouer son fils, Yvan, dans le parc de la maison où elle fait la bonne et que ce dernier partage ses jeux avec le fils de la maison.

    Une fois adulte, Victor n’est pas oublié par son ami d’enfance et il obtient une place de contremaître dans l’usine que dirige ce dernier. Quand son patron se marie, Victor est convié à la cérémonie et au repas qui suit la cérémonie. Victor a une personnalité timide. Complexé par sa condition sociale, il n’a que très peu de relations avec les femmes, alors quand la soeur de la mariée lui parle, puis l’invite à danser, il imagine que cette jeune fille, Agneska, qui lui donne davantage que toutes les jeunes filles qu’il a connues est sans doute la femme de sa vie.

    De fait, c’est bien une relation amoureuse qui naît entre les deux êtres. Le pauvre Victor va très vite mesurer les embuches que cette histoire provoque. C’est qu’en 1899, les filles de familles bourgeoises doivent trouver des maris qui sont au moins de la même condition sociale qu’elles-mêmes. Le père d’Agneska est aussi le second gros actionnaire de l’entreprise où travaille Victor. Il avait promis sa fille au fils d’un industriel et cette histoire avec l’un de ses contremaîtres le plonge dans une immense colère. Il ne tarde pas à renvoyer Victor sous un prétexte futile et interdit à sa fille de le revoir.

    Wieliczka est une petite ville et Victor n’y retrouve pas de travail. Le père d’Agneska s’emploie à lui rendre inaccessible tout travail local et va même jusqu’à offrir une somme d’argent au jeune homme s’il quitte la ville. Il part en 1900 mais Agneska n’écoute pas son père et avec la prime offerte à Victor, les deux jeunes gens partent pour le Canada.

    Agneska parle le français parfaitement et l’apprend à Victor. Le jeune homme travaille rapidement d’abord dans un commerce puis dans un garage. La jeune fille trouve un emploi d’assistante dans une école où elle s’occupe d’enfants en bas âge. Le couple s’intègre vite dans la population qui est séduite par leur histoire d’amour. Grâce aux membrex d’une association religieuse, Victor se voit proposer un travail de mécanicien au sein de la Canadian Pacific. Le travail est bien payé et il sera chargé d’aider au pilotage de la machine. On est alors en 1902. Victor se montre doué et, en1907, il devient conducteur de locomotive. Il lui est alors remis une montre, un chronomètre Omega porteur d’un mouvement de 21 rubis.

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    La montre est superbe et d’une précision totale. Victor connaissait Omega car c’était la marque de la montre d’Yvan, son ami d’enfance. Jamais il ne pensait en porter une un jour. Yvan et Victor s’écrivent. Dans une lettre où il donne de ses nouvelles et raconte sa vie avec Agneska, Victor raconte qu’il a reçu cette montre avec une somme de recommandations et qu’il doit la protéger tant que faire se peut.

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    En 1913, Agneska et Victor sont devenus Canadiens, ils ont un enfant et Victor a un poste de Directeur de la maintenance des machines à la Canadian Pacific. Son salaire confortable permet à Agneska de ne pas travailler. Le père d’Agneska est au plus mal après une très mauvaise grippe. La famille fait le chemin jusqu’en Pologne. Lorsqu’ils arrivent, il est trop tard. Le père d’Agneska est mort depuis 6 jours et il a été enterré au cimetière de Wieliczka. Victor retrouve son ami Yvan. On s’échange beaucoup de larmes ce jour là. Les soeurs tombent dans les bras l’une de l’autre. Chacun raconte sa vie depuis le départ du couple vers le Canada. Yvan espère que son ami ne repartira pas et la soeur d’Agneska voudrait garder sa soeur auprès d’elle.

    Victor et Agneska voudraient rester mais leur vie est déjà ailleurs, Le Canada leur a ouvert une autre vie dans un climat rude et avec des moments difficiles mais aussi des moments joyeux et gais. Le couple reprend le bateau une semaine plus tard. Avant d’embarquer, Victor tend la main à Yvan. Il y tient son Omega de la Canadian Pacific… « Elle est à toi, en souvenir de notre amitié, ne nous oublie jamais … »

    La montre est restée auprès d’Yvan jusqu’à sa mort en 1971. Son fils l’a alors conservée puis l’a cédée à un horloger il y a quelques mois en racontant l’histoire de son grand-père et de l’ami de celui-ci. La pièce, aux dires de l’horloger, n’a connu qu’un changement de ressort mais jamais d’avaries. Son axe de balancier est d’origine. Il ne fait aucun doute que la montre a peu d’usure mécanique car elle est précise à moins de 2 secondes d’avance par semaine comme beaucoup de ces 21 rubis Omega quand tout est d’origine. Le col de cygne est superbe comme le pont de balancier et le mouvement rodhié fabriqué pour le marché nord-américain est irréprochable. Le cadran en émail, en trois parties, est d’une infinie beauté.
    Le mouvement est un 18 S au sens américain soit un 19, 7/8 lignes soit 44,86 mm. Il n’est pas mentionné adjusted x positions mais juste « Adjusted » … Les aiguilles poires bleuies sont parfaites.

    Victor serait mort en 1968 et Agneska une dizaine d’années plus tôt, leur fils est lui aussi décédé et la famille se perd au sud de Montréal. La branche polonaise a migré en France probablement du côté de Metz mais cela ne fait pas partie de l’histoire de cette montre suisse partie au Canada pour finalement rentrer en Pologne.

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    La folle ascension d’Adrienne Bolland et de son chrono Omega
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    Née le 25 novembre 1895 à Arcueil, elle mourra le 18 mars 1975 à Paris. Adrienne Bolland obtint le 26 janvier 1920 son brevet de pilotage en trois mois de formation à l’école Caudron au Crotoy. Elle fut la première femme convoyeuse d’avions engagée par René Caudron, en février 1920.
    Le 25 août 1920, elle traversa la Manche en avion depuis la France – Harriet Quimby l’avait traversée, quant à elle, depuis l’Angleterre en 1912.

    Les pilotes d’avions avaient tous sinon un chronographe, au moins une montre qui leur servait à plusieurs étapes de leurs vols. D’abord, avant le décollage, afin de mesurer le temps de chauffe des moteurs. Si ce temps de préparation était insuffisant, les moteurs risquaient de caler en vol et la conséquence avait de bonnes probabilités d’être fatale. Ensuite, en vol, les pilotes évaluaient leur quantité résiduelle de carburant à partir de leur temps de vol depuis le départ. Pour cela, le chronographe constituait une aide précieuse qui permettait de recouper les informations avec la jauge qui parfois se bloquait à cause du froid. Les pilotes avaient tendance à davantage faire confiance à leur chrono plutôt qu’à ces jauges parfois capricieuses et dont l’optimisme était forcément suspect. Le dernier usage était de mesurer les records battus avant que ceux-ci ne soient comparés avec ceux mesurés par des assistants qui attendaient l’arrivée des pilotes.

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    Adrienne Bolland chronométrait elle-même ses records confirmés évidemment par des mesures au sol, mais elle portait en permanence un chronographe lors de ses vols. Cet instrument confortait ses instruments de bord et elle savait ainsi avec le temps accumulé depuis son départ si les instruments de bord lui transmettaient des informations cohérentes en particulier sur sa consommation de carburant. Elle y était très attentive car elle avait vu trop de ses homologues masculins disparaitre dans des conditions tragiques qui auraient pu être évitées avec des précautions liées aux consommations de carburant.

    Dans les années 1920, Omega diffuse ses montres dans le monde entier. La maison de Bienne constate que les marchés d’Amérique du Sud sont très soumis à la diffusion de montres en provenance d’Amérique du Nord et en particulier des Etats-Unis. Pour conquérir davantage ce marché, il faut attaquer la concurrence sur le terrain des quantités et des prix. Il serait toutefois contreproductif de vendre les mêmes modèles qu’en Europe mais à un prix réduit sur cette zone géographique. Omega invente donc une série de noms de marques pour diffuser ses montres soit avec ses calibres habituellement placés sous la marque Omega, soit avec des mouvements dont la fabrication est sous-traitée ou encore des produits fabriqués par Omega mais avec des architectures différentes des modèles classiques. L’architecture des calibres est d’ailleurs liée davantage à un découpage des ponts qu’à une technologie différente. En effet, les éléments mobiles se superposent parfaitement avec le calibre leader de la marque. Parfois, il n’existe aucune différence entre le mouvement délivré sous la marque Omega et celui présenté sous une autre marque.

    Omega est diffusé en Amérique du Sud sous le nom de marque « Labrador », marque « soeur » d’Omega. Les pièces livrées sont souvent de la meilleure qualité, très empierrées et pourtant un peu moins chères que l’équivalent vendu sous la marque Omega. Labrador est proche du haut de gamme d’Omega mais avec un tarif catalogue inférieur de 20 à 30%. Le calibre de chronographe Labrador est exactement celui d’Omega dans sa version du plus haut grade.

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    Adrienne Bolland pilota à côté des meilleurs pilotes lors de meetings aériens. Son goût de l’aventure et de l’argent l’emmena vers la Cordillère des Andes. Elle parvint à Buenos Aires aux alentours du 26 janvier 1921 avec deux G.3 démontés et le mécanicien René Duperrier de la maison Caudron. Les chronographes disponibles en Amérique du Sud en 1920 étaient ceux d’Omega et de Longines essentiellement. Zenith n’était pas encore aussi implanté malgré des exportations massives vers l’Amérique du Sud et des campagnes de communication locales.

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    Faisant la promotion de son « sponsor », Adrienne fut défiée par la presse argentine de survoler la Cordillère des Andes. Après quelques essais en mars 1920, elle s’envola au petit matin du 1er avril. L’avion ne pouvait dépasser l’altitude de 4000 mètres tandis que l’Aconcagua culmine à 6 962 mètres. C’est convaincue de mourir dans cette tentative qu’elle prit le départ. Après 4 h 15 de vol difficile elle s’égara entre les flancs à pic de la montagne. Elle évoluait à plus de 50 km/heure jusqu’au moment où elle dut faire un choix essentiel qui la rendit célèbre dans le monde entier. Elle se posa finalement sur la piste de Lo Espejo, l’école militaire d’aviation de Santiago du Chili (aujourd’hui appelé El Bosque).

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    Ce choix fondamental et vital était celui de la route à emprunter et c’est Adrienne Bolland elle-même qui confia à la revue Icare les conditions dans lesquelles elle fit son choix.

    « Mon avion était déjà parti par le chemin de fer pour Mendoza. J’étais en train de faire ma petite valise. On frappe. J’ai cru que c’était la femme de chambre:
    «Entrez !»
    Je vois arriver une inconnue. J’étais nerveuse et la colère m’a prise: «Qu’est-ce que vous venez f… ici ?» Elle comprenait le français, je m’en étais aperçue aux quelques mots que je lui avais dits:
    «Vous êtes encore une Française qui vient m’annoncer que je vais me casser la g…? Ça suffit comme ça, je suis au courant, figurez-vous…».
    Mais l’inconnue insiste. Son père est breton, sa mère basque (ou vice-versa, je ne sais plus). Elle travaillait dans une usine. Elle était timide, elle parlait le français sans trop d’aisance. Je ne sais pas pourquoi, j’ai cédé. J’étais peut-être contente, au fond, d’une diversion:
    «Ecoutez-moi bien. J’allume une cigarette. Le temps que je la fume, dites-moi ce que vous avez à dire. Après, vous me fichez la paix. Entendu ?»
    En cherchant ses mots, alors, elle commence à me raconter une histoire incroyable: tout le voyage que j’allais faire, d’avance… «A un moment, vous serez dans le fond d’une vallée qui tourne à droite. Il y aura un lac. Vous le reconnaîtrez : il a la forme et la couleur d’une huître, vous ne pouvez pas vous tromper. Vous aurez envie de tourner à droite. Il ne faut pas. Les montagnes sont plus hautes que vous ne pouvez monter, mais…»
    Comment cette fille ignorante pouvait-elle savoir qu’un avion plafonne et que le plafond de mon G. 3 était, en effet, à peine suffisant ? Elle conclut: «… Mais il ne faut surtout pas tourner à droite. C’est à gauche. N’oubliez pas. Vous verrez une montagne qui a la forme d’un dossier de chaise renversée…
    – Vous connaissez la montagne ?
    – Non, dit-elle en me quittant, je n’y suis jamais allée.»
    Et ma voyante s’en alla sans un mot de plus. Le temps de faire, en train, les 1’200 kilomètres jusqu’à Mendoza où mon avion était arrivé avant moi, j’avais complètement oublié toute l’histoire. J’avais autre chose à faire qu’à penser à des prophéties. Mon Caudron était entreposé sous une tente de toile au bout du terrain de Las Tamarindos.
    Je décolle, à peu près sûre de ne jamais arriver. Je monte, assez péniblement, et tout à coup, j’aperçois un lac. Machinalement, je me dis :
    «Il est magnifique. On dirait une huître…» Aussitôt, tout me revient. Je regarde, à gauche et à droite. A droite la vallée avait l’air de s’ouvrir. A gauche, tout paraissait bouclé, mais il y avait une montagne qui, en effet, pouvait évoquer vaguement un dossier de chaise renversée, à condition d’y mettre de la bonne volonté.
    II fallait choisir. Je ne sais pas ce qui m’a poussée à faire confiance à la petite Française de Buenos Aires: j’ai tourné à gauche, en pensant:
    «Et dire que pour une ânerie pareille, je vais sans doute me casser la figure ! » J’ai volé pendant un certain temps, sans rien dans la tête que la peur. De plus, j’avais horriblement froid. Mes moyens ne m’avaient pas permis de m’équiper convenablement et je m’étais couverte tant bien que mal avec un pyjama, une combinaison de coton et un matelas de vieux journaux. J’avais les doigts gelés, malgré le papier-beurre dont j’avais essayé de les envelopper. Pas d’inhalateur, bien sûr, et le col, avec sa statue du Christ, était à 4 080 mètres. Je devais passer vers 4 200. Je volais depuis près de trois heures. J’avais beau avoir pour neuf heures d’essence, je n’en menais pas large. Tout à coup, sur ma droite, j’aperçois des cours d’eau qui coulaient dans l’autre sens. Et tout de suite après, la plaine, avec une grande ville presque droit devant moi. Santiago ? Ce n’était pas certain, mais des villes de cette importance, il me semblait qu’il ne devait pas y en avoir des quantités au Chili.
    Le temps de me poser la question et j’étais dessus.

    L’histoire est troublante et reste un mystère car Adrienne Bolland si elle avait le goût de l’argent et du risque n’avait pas besoin de cette histoire pour gagner sa vie. Après cette aventure, Adrienne Bolland multiplia les démonstrations et les acrobaties plutôt lucratives. Ainsi en 1924 à Orly, elle battit le record en réalisant 212 loopings en 72 minutes.

    Engagée dans les combats féministes, elle épousa Ernest Vinchon, un autre pilote et pendant la guerre prêta main forte aux Forces Françaises libres proches du Général de Gaulle. On prête à Adrienne Bolland un grand pouvoir de séduction des hommes qui l’entourent. Elle est renvoyé par Caudron son employeur à cause de la jalousie de son épouse sans doute justifiée. Réputée « emmerdeuse », elle ne supporte pas les contraintes administratives. Elle est morte en mars 1975 au terme d’une vie très remplie, d’exploits incroyables et de cœurs fendus nombreux.

    Pour en savoir plus :

    http://www.aerodrome-gruyere.ch/hommage/cordillere.htm

    http://www.janinetissot.fdaf.org/jt_bolland.htm

    Droits réservés – Joël Duval – Forumamontres – Janvier 2021
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    Sujets Omega

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    L’Omega de la Kriegsmarine Austro-Hongroise

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    Kriegs Erzherzog Franz Ferdinand

    Omega est une des manufactures pionnières dans la fabrication en grandes séries de chronographes. La livraison d’une pièce en argent à la marine Austro-hongroise en 1907 démontre l’intérêt porté par les armées à ce type d’instruments dès avant la création d’une aviation militaire qui n’apparaît qu’en 1910, sous une forme embryonnaire et qui ne cessera de grandir. La marine fut sans doute le corps d’armée le plus demandeur de pièces d’horlogeries sophistiquées et l’ancienneté du chronographe 19 « ‘ Chro d’Omega témoigne de la convergence d’intérêt des manufactures et des armées pour la réalisation très tôt, d’instruments de haute qualité.

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    L’évolution du chrono 19″‘CHRO – A droite la première version, à gauche son évolution

    La création du premier chronographe Omega

    Omega créa en 1898 son premier calibre de chronographe, un 19 lignes que le client pouvait choisir à saut demi-instantané ou instantané. Baptisé 19″‘ chro 15 Pou 16 P selon le nombre de rubis, ce mouvement pouvait selon le cas recevoir une trotteuse horaire ou ne pas en être équipé. La montre était livrée en boite en acier noirci, nickel, métal blanc, argent, argent niellé ou or. La finition du mouvement variait avec soit la partie chrono non empierrée, soit avec un empierrement avec ou sans chatons. La raquette était en général munie d’un col de cygne pour un réglage fin très précis.
    La production de ce mouvement cessa progressivement en 1906 quand Omega recourut à un calibre 18″‘ chro de 18 lignes qui remplaça la première version.

    L’usage du chronographe par le grand public était assez limité jusqu’en 1900 et la demande de la clientèle fut davantage orientée côté civil sur la réponse à des besoins industriels afin de cadencer la production des usines ainsi que le calcul rétrospectif de la vitesse des premières automobiles et côté militaire sur une attente d’abord assez aléatoire des armées. Le cadran en hérisson (simple repérage des 5èmes de secondes à l’extérieur du chemin de fer marquant les minutes) des premières versions dénote l’absence d’intérêt pour les télémètres ou tachymètres qui apparurent ensuite.

    Si la diffusion de chronographes lors de la seconde guerre mondiale fut très importante, celle-ci reste confidentielle au moins au début de la première grande guerre. A fortiori, la vente de chronographes aux armées avant la guerre 14 relève de cas isolés souvent liés à l’aviation balbutiante.

    Au regard des années de pleine production, un chronographe Omega équipé d’un 19″‘ chro date donc l’équipement d’avant 1906. On a une idée non exhaustive des armées qui ont acquis des chronographes avant la guerre 14 et une connaissance très limitée de celles qui se sont équipées ainsi avant 1910. C’est donc le hasard qui nourrit nos informations car peu de manufactures et en tous les cas rarement les armées disposent d’archives fiables sur cette période.

    En Suisse, Omega est, après Longines, l’une des manufactures les plus rapides à industrialiser un mouvement de chronographe infiniment plus complexe à fabriquer qu’une montre classique et qui demande en outre, un personnel davantage spécialisé. Zenith y viendra en 1913 et si Valjoux est omniprésent en qualité de fournisseur d’ébauches à la plupart des grandes maisons, la demande demeure celle d’une clientèle limitée.

    L’intérêt des armées pour les premiers chronographes

    Parmi les armées qui très tôt se penchent sur l’intérêt du chronographe, l’armée Austro-hongroise fait partie des conquérantes. La KUK.K, « kaiserliche und königliche Kriegsmarine » (Marine de guerre impériale et royale) était la marine militaire de l’Empire Austro-hongrois. Cette marine fondée à la création de la double monarchie en 1867 existera jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Elle fit suite à la force navale autrichienne qui était celle de l’Empire d’Autriche. Elle fut au commencement de la grande guerre, la plus modeste des armées des belligérants. Elle livra très peu de combats fautes de moyens mais fut assez influente pour bloquer les marines Italienne et Française en Méditerranée pendant toute la durée des conflits. Bloquée faute de charbon, la marine Austro-Hongroise fut sédentarisée également par les mines posées dans l’Adriatique.

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    En 1918, l’empereur d’Autriche-Hongrie craignant d’avoir à abandonner sa marine militaire et sa marine marchande aux vainqueurs d’une guerre qui le concernait peu, décida de laisser sa flotte ainsi que les ports, fortifications côtières et arsenaux au Conseil du Peuple de l’Etat nouvellement créé des Slovènes, Croates et Serbes. Malgré des missives diplomatiques aux belligérants pour indiquer leur non-engagement dans la guerre et leur prise de contrôle de la marine austro-hongroise. Cette précaution habile n’évita pas un démembrement de la marine Austro-hongroise consécutif aux attaques de la Marine royale italienne, Regia Marina.

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    Le chrono Omega en argent n’a donc aucune probabilité d’avoir participé au moindre conflit. Il renferme un mouvement qui le situe entre 1898 et 1906/1907. Le numéro de boite qui se rapproche des 4 millions vise les années 1907/1908. Le mouvement était alors encore diffusé et il est probable que la Marine Austro-hongroise en ait alors fait l’acquisition.
    Il reste à déterminer pourquoi une armée, assez pauvre au demeurant, a fait l’acquisition d’une pièce en argent massif alors qu’elle aurait pu passer commande d’une montre en acier voire en métal blanc si la corrosion de l’air marin était la crainte de son commanditaire.

    Les chronographes militaires étaient dans la plupart des armées, plutôt des pièces en acier. Celui-ci est en argent à 900 millièmes, c’est-à-dire à haut titre ce qui le distingue encore des pièces en argent au second titre de 800 millièmes. La réponse la plus logique est que sans doute, cette pièce était destinée à un officier. L’absence de choc et la faible usure de la boite et de la couronne dénotent une utilisation peu intense et la qualité du mouvement doré quasi neuf conforte cette analyse. Il est vrai que pour un chronographe de poche militaire, une période d’activité de moins de 10 ans est très courte.

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    Une pièce peu commune

    La pièce est de taille imposante et atteint 55 mm de diamètre, chiffre élevé pour une montre de poche. Le fond de la montre est guilloché autour d’un espace circulaire destiné à recevoir un monogramme. Le marquage militaire est pourtant discrètement gravé à l’intérieur du couvercle, choix manifestement dicté par un intérêt pour la pièce qui dépasse le cadre militaire. Il n’était pas rare dans les armées du début du 20ème siècle que les officiers de nombreuses armées conservent à titre personnel des pièces que les armées leur consentaient plus ou moins officiellement.
    Il est évidemment difficile de déterminer l’usage de ce chronographe autrement que par supposition mais l’hypothèse la plus vraisemblable est celle du calcul de vitesse de déplacement de navires.

    Son propriétaire initial, la marine Austro-hongroise et son détenteur, un officier de cette marine, n’ont sans doute pas connu beaucoup d’autres jolies pièces militaires de ce niveau de qualité. Ils étaient déjà en 1907 de grands privilégiés. Les montres en argent en effet sont assez peu répandues dans les armées davantage préoccupées par l’utilisation de leurs crédits pour des achats de matériel plus directement impliqués dans les combats que dans l’achat de pièces d’horlogerie en métal précieux. Pourtant, en 1918, les Corps of Engineers américains seront dotés de montres chronomètres en argent dont le marquage à l’extérieur des boites cette fois, ne laisse aucun doute sur la propriété de la montre à l’Etat Fédéral américain.

    Ces chronographes de poche Omega de 19 lignes sont toujours un peu « rondouillards », emprunts d’une qualité de construction digne de cette grande manufacture, l’argent à haut titre est chaud au toucher et doux développant une sensualité qui l’éloigne de la carrière militaire qu’il eut pourtant.

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    Ce chronographe après la guerre a traversé l’Atlantique sans doute remis ou échangé auprès d’un militaire américain dans des conditions que nous ne pouvons déterminer. Les Américains appréciaient beaucoup les chronographes suisses et même si Waltham proposait à l’époque de très jolis chronographes, les pièces suisses jouissaient d’une réputation excellente.
    Peu de montres offrent une traçabilité aussi limpide que cette pièce préservée au mieux des affres du temps. Elle est plus d’un siècle après sa sortie de la manufacture Omega probablement aussi précise qu’au premier jour, comme si le temps n’avait eu sur elle aucune influence.

    Droits réservés – Forumamontres – Octobre 2014
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    2 montres de poche Omega pour l’armée anglaise

    Omega livra, notamment lors de la seconde guerre mondiale, de nombreuses montres pour les armées et en particulier pour l’armée anglaise. Il y eu bien sûr des montres bracelet (en plein essor dès les années 30) mais il y eut aussi des montres de poche encore regardées dans les années 40 comme des instruments plus fiables pour certaines utilisations, que les versions bracelets pour afficher l’heure.

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    Dès 1942, la manufacture de Bienne proposa et livra plusieurs versions de montres de poche à l’armée britannique, certaines dans des emboitages à l’anglaise avec une grosse couronne et une bélière ronde et d’autres dans des boites à la française avec des couronne plates et des bélières allongées. Les boites étaient dans leur très grande majorité composées de laiton nickelé ou de laiton plaqué or à partir de 1943. Les livraisons s’échelonneront jusqu’en 1944.
    Le modèle spécialement fait pour l’armée anglaise était de type Lépine et désigné par « UK » 1942. Il fut livré en masse pendant toute la seconde guerre mondiale. Omega en a mentionné plusieurs dizaines de milliers dans ses registres. Les aiguilles de type Mercédès ou ailes de mouche traduisent la présence de radium par leur couleur jaune passée et les cadrans eux aussi peints aux quarts avec cette matière radioactive luminescente rappellent le vécu militaire des pièces.
    Ces montres au fond clipsé marqué de la célèbre Broad Arrow et immatriculé « GSTP » pour General Service Trade Pattern sont loin d’être des montres ordinaires. Les mouvements étaient de véritables perles de précision.

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    Le calibre 38,5 L T1 bénéficiait d’un réglage spécial dans quatre positions et d’une optimisation à moins de 10 secondes de variation par jour, ce qui l’apparentait à un chronomètre de haute qualité.

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    Les exigences de l’armée britannique étaient sévères et la lisibilité du cadran faisait partie du cahier des charges. Le marquage des minutes en « chemin de fer » répond à la norme anglaise. Le cadran en émail avec les petites secondes légèrement creusées, les heures avec chiffres arabes modernes, la glace en plexi pour mieux résister aux chocs faisaient de cette montre un instrument facile d’utilisation en toutes circonstances y compris en lecture nocturne.
    Les versions civiles du modèle avec des cadrans différents et un calibre réglé simplement en 2 positions sont d’une qualité un peu inférieure et ce qui est remarquable sur les versions militaires est l’absence d’indications particulières sur le mouvement quant à ses performances spéciales. Pas de mention chronomètre, d’empierrement supplémentaire ou de raquetterie différente pour marquer un niveau supérieur de finition. L’armée anglaise s’est servie de ces montres quelques années durant après la fin de la guerre et si les modèles que l’on trouve chez les collectionneurs et amateurs sont souvent un peu usés au point que le laiton réapparait, il faut considérer que cela est du à une utilisation intensive.
    On conseillera en cas d’acquisition d’une de ces montres de la faire régler dans les quatre positions pour qu’elle retrouve à plat comme au pendu toutes ses qualités chronométriques initiales. On s’assurera par ailleurs de l’état du cadran et de l’absence de cheveux sur l’émail. La quantité résiduelle de ces montres encore en circulation sur le marché de l’occasion permet d’avoir une certaine exigence…

    Droits réservés – Joël Jidet – Forumamontres
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    La maison de Louis Brandt (Omega) avait déposé une série de marques diverses et variées qui permettait à la manufacture de répondre aux demandes de tous les marchés avec des produits adaptés en qualité, prix de revient et donc à des prix publics des pièces adaptés aux niveaux de revenus de chaque pays.
    Helvétia, marque soeur d’Omega, était une marque de calibres de qualité, et fut distribuée sur le marché suisse de manière quasi simultanée avec Omega. Lorsque les chemins de fer suisses passèrent des commandes auprès des marques, les manufactures voulurent s’assurer que les produits qu’elles vendaient à prix réduit afin de décrocher lesdits marchés, n’allaient pas être retrouvés en concurrence avec les produits commerciaux « classiques ». Elles livrèrent donc lors des toutes premières commandes, car elle comprirent ensuite quel parti en tirer, des pièces sous des noms de marques qui leur appartenait mais n’étaient pas susceptibles d’altérer leurs marchés traditionnels.

    La Suisse à ce titre posait un problème tout particulier d’autant que des emboîteurs étaient demandeurs de calibres pour produire des montres adaptées aux besoins des administrations et structures officielles. Parmi ces assembleurs, la maison Nomis installée à La Chaux de Fond depuis 1912 se servait chez Omega notamment en calibres pour en faire des chronomètres au profit des services publics et des chemins de fer en particulier. Omega qui répugnait à voir les calibres fabriqués sous sa marque assemblés dans des montres terminées et vendues par des tiers, livrait une partie de ses mouvements Omega sous sa marque en Amérique du nord mais préférait des marques de substitution et d’autres mouvements pour les pièces vendues dans ce contexte, en Suisse ainsi que sur certains marchés tel celui de l’Amérique du sud.

    Voici une de ces très rares montres, un chronomètre Nomis avec son calibre Helvetia fait par Omega. Nomis est l’assembleur et Helvétia la marque « faux nez » d’Omega.

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    Le décor du fond raconte une histoire à lui tout seul, la corne en haut est celle de la poste suisse, la locomotive à vapeur entre deux montagnes, celle du Jura et celle des Alpes, les Alpes en arrière plan, la croix suisse, les feuilles de chêne … Cette montre est un élément marquant de l’histoire des chemins de fers suisses et la démonstration que les compagnies de chemins de fer prêtaient une attention soutenue aux montres des personnels roulants.

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    Le calibre avec son col de cygne identique aux chronomètres Omega et une architecture de calibre proche des Omega.

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