FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Les radium girls victimes de l’industrie horlogère.
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Totor 2, le il y a 4 mois et 4 semaines.
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26 décembre 2011 à 11h42 #410000079054
ZEN
MembreLes femmes victimes du radium horlogerDepuis le milieu de la première guerre mondiale jusqu’à la fin des années 30, le radium fut largement utilisé pour obtenir une luminescence nocturne des montres et réveils. Le radium, matière miraculeuse, disait-on, fut transformé pour entrer dans la composition de peintures servant à peindre les aiguilles et les chiffres des cadrans des montres et autres instruments garde-temps. Les armées furent de grandes consommatrices de ce type de pièces et le marché civil adopta ces montres si merveilleusement luminescentes la nuit en dehors de tout éclairage.

Dans tous les pays producteurs de pièces d’horlogerie, on fabriqua de ces pièces et en particulier aux Etats-unis où l’U.S. Radium Corporation ne tarda pas à devenir leader sur le marché de l’extraction et de la transformation du précieux minerai et de la fabrication de cadrans pour l’industrie horlogère américaine très prospére à l’époque. Le radium recommandé pour soigner la peau et les lésions de toutes sortes ne fut guère suspecté jusqu’aux débuts des années 20 de pouvoir être dangereux. L’usine de l’U.S. Radium Corporation située dans le New Jersey ne tarda pas à employer plus de 100 personnes, essentiellement des femmes pour peindre les cadrans et les aiguilles avec de fins pinceaux qu’elles humectaient avec les lèvres. Les pinceaux en poils de chameaux devaient rester très pointus pour conserver leur efficacité et dans l’apprentissage des ouvrières, il était expliqué qu’un passage entre les lèvres permettait un pincement salutaire à la tenue des pinceaux. La confiance était si forte que celles qui travaillaient à domicile pour livrer ce type de cadrans laissaient jouer les enfants avec cette peinture, enfants qui léchaient les pinceaux pour savourer le goût à peine sucré de la peinture.

A partir du début des années 20, certains scientifiques se mirent à douter des effets du radium sur la santé humaine et très vite transformèrent leurs doutes en certitudes sans que les industriels, ni les firmes horlogères ne cessent de laisser travailler des femmes à mains nues sur ces produits. Les chimistes, directeurs, contremaitres commencèrent à se protéger avec des tabliers en plomb et à se tenir éloignés des produits. Ils avaient accès en effet, à une documentation qui s’enrichissait en provenance des médecins et chercheurs qui se mirent à donner l’alerte sur l’utilisation de ces produits.

Dans le même temps, les médecins proches des centres industriels commencèrent à constater des maladies de peaux et des plaies anormales à la mâchoire des ouvrières qui perdaient anormalement leurs dents et saignaient des gencives. Pendant ce temps, inconscientes des dangers, d’autres ouvrières s’amusaient à peindre leurs dents pour épater leurs petits amis où à se peindre les ongles avec ces peintures avant d’aller danser. Les cas de maladies se mirent à croître si fort que les médecins demandèrent l’arrêt de ces fabrications.
Le nombre de malades connut une croissance exponentielle. Pour dissiper les accusations faites à l’industrie horlogère, celle-ci accusa les appareils servant à faire les radiographies d’être à l’origine des maux rencontrés mais les symptomes devenaient sans limites. « Les os de la mâchoire étaient comme brûlés et cédaient sans motif » raconte un médecin. Les cas d’anémie, de leucémie, de ménaupose précoce, de naissance d’enfants handicapés, de stérilité, d’ongles se détachant spontanément des doigts, de perte d’une partie des joues et de la bouche devinrent alors très nombreux et incitèrent à l’arrêt dans la hâte de l’exploitation de cette industrie par peur des procès. Les cancers graves se multiplièrent et la médecine américaine complice de l’industrie n’hésita pas à détourner l’attention pour impliquer d’autres causes dans la mort des travailleurs et travailleuses qui furent même accusées d’avoir contracté la syphilis ! Dès 1924, neuf des ouvrières soignées étaient mortes, toutes étaient des jeunes femmes n’ayant pas encore atteint 30 ans. Leur seul point commun était d’avoir travaillé dans l’usine du New Jersey.

Cinq des ouvrières malades portèrent malgré tout plainte et se rendirent au tribunal en 1928. Le procès tourna court grâce à un arrangement entre les parties offrant 10 000 dollars à chaque ouvrière, une rente annuelle de quelques centaines de dollars et l’assurance que les soins médicaux seraient payés par l’U.S. Radium Corporation. Toutes furent décédées 2 ans plus tard.
Deborah Blum qui s’est intéressée à ce sujet raconte que Harrison Martland, médecin qui a mené l’enquète sur le sujet fit exhumer le corps d’une des ouvrières et en préleva des tissus qu’il réduisit en cendres avec les os. Il nettoya le tout et le plaça dans une chambre noire près d’un film photographique enveloppé dans du papier noir. Il procéda ensuite à la même préparation avec des tissus et des os pris sur un mort non contaminé afin de disposer d’un échantillon témoin.
Le docteur Martland raconte, “s’ils étaient radioactifs, les os et les cendres de tissus émettraient un rayonnement et les rayons bêta et gamma traverseraient le papier noir pour impressionner le film photographique”… Au bout de dix jours, le premier film était constellé de taches blanches et le second était resté noir.
Au delà de la preuve apportée de la radioactivité des corps, il fut établi, en approchant un compteur Geiger des tombes de ces femmes, la présence d’une source radioactive, cela en 1987 soit plus de 60 ans après leur mort.
En France, en Suisse, il n’existe que peu ou pas d’études sur le sujet. Tout juste s’est on préoccupé de la dépollution des sites de fabrication notamment des réveils Bayard ou autres marques qui avait eu recours au radium. La France a créé une législation drastique sur la dépollution des sites. En Suisse, les choses sont plus discrètes. On ne perturbe pas une industrie qui rapporte autant. Voilà pourtant un beau sujet de thèse pour un étudiant doctorant qui accepterait de s’expatrier ensuite car il aurait peu de chance de trouver du travail dans l’industrie. Mais tout va bien au pays du chocolat, des marmottes et de la belle horlogerie bisounoursienne.
Lecture recommandée : http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2011/03/29/les-irradiees-du-new-jersey/
26 décembre 2011 à 11h58 #420001580615landeron
Membre- ZEN a écrit:
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Lecture recommandée : http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2011/03/29/les-irradiees-du-new-jersey/
Et ici même: radium girls
26 décembre 2011 à 12h20 #420001580616ZEN
MembreEt là
https://famontres.com/forums/topic/la-radioactivite-et-les-montres/?highlight=radioactivit%E9
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).26 décembre 2011 à 12h22 #420001580617doc-le-suisse
MembreEt bien boss!
Tu ne chômes pas!
Comme on est gâté!!DS
26 décembre 2011 à 12h27 #420001580618Crow
MembreMerci Zen pour cet article
26 décembre 2011 à 13h00 #420001580619fred1563
MembreBonjour à tous,
tout d’abord j’espère que le Père Noel vous a tous gâtés, à moins que vous ne vous en soyez chargés vous-même!
Merci ZEN pour cet article sur le sujet (pas le premier mais c’est le genre de choses bonnes à rappeler).
J’ai une petite suggestion à faire: serait-il possible de rassembler les informations sur ce même sujet en France que pourraient avoir les historiens de l’horlogerie présents sur ce forum?
J’avais vaguement cherché via gogol suite à un précédent sujet là dessus… et rien trouvé. Mais j’ai du mal à croire que celà n’ait pas fait de dégats dans l’hexagone.
Cordialement et bonne journée.
Fred.26 décembre 2011 à 19h55 #420001580620Mosbilo
MembreLe french kiss en prend un coup …
26 décembre 2011 à 22h16 #420001580621laphroaig007
MembreImpressionnant ! C’est la 1ère fois que je lis un article détaillé sur les conséquences du Radium, je comprends mieux pourquoi il a été interdit.
Pas forcément pour les utilisateurs de montres, mais bien pour ceux qui les fabriquaient !Merci Zen
26 décembre 2011 à 22h37 #420001580622watchconcept
MembreCest le même article parut il y a peu être un an dans un magazine il me semble ? Recyclage ?
Il ny avait pas les mêmes photos par contre
En tout cas cest toujours intéressant
26 décembre 2011 à 22h38 #420001580623nanthiat
MembreHé bé!!! Merci pour cet article… Une fois de plus nous mettons des années à accepter nos erreurs…
26 décembre 2011 à 23h18 #420001580624Miniman 08
MembreRadium, plomb, amiante….
Chaque decenie interdit un produit…..malheureusement quand la mort est passée….
27 décembre 2011 à 1h33 #420001580625Daniel.
MembreIl est courant de mettre en forme les pinceaux avec les lèvres. Ayant fait de nombreuses
aquarelles dans un temps pas si lointain que çà.Par contre cette histoire m’en rappelle une autre ou une société d’informatique
s’était installée dans un ancien atelier de ce type et que les ordinateurs ne
fonctionnant pas correctement on s’était aperçu après avoir démonté le plancher
que le mauvais fonctionnement était consécutif à du radium qui avait coulé entre
les lames de ce plancher et qu’il était toujours présent.27 décembre 2011 à 10h14 #420001580626ZEN
Membre- watchconcept a écrit:
- Cest le même article parut il y a peu être un an dans un magazine il me semble ? Recyclage ?
Il ny avait pas les mêmes photos par contre
En tout cas cest toujours intéressant
Non, l’article portait sur les dangers du radium mais pas sur la fabrication des montres. Il n’y a pas les mêmes photos parce que le contenu est différent. Nous ne sommes pas dans un copié collé comme beaucoup de sites s’en nourrissent en puisant chez nous d’ailleurs leur nourriture…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).4 février 2012 à 6h55 #420001580627fulcanelli
Membre- ZEN a écrit:
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Les pinceaux en poils de chameaux devaient rester très pointus pour conserver leur efficacité et dans l’apprentissage des ouvrières, il était expliqué qu’un passage entre les lèvres permettait un pincement salutaire à la tenue des pinceaux. La confiance était si forte que celles qui travaillaient à domicile pour livrer ce type de cadrans laissaient jouer les enfants avec cette peinture, enfants qui léchaient les pinceaux pour savourer le goût à peine sucré de la peinture.
Dans le même temps, les médecins proches des centres industriels commencèrent à constater des maladies de peaux et des plaies anormales à la mâchoire des ouvrières qui perdaient anormalement leurs dents et saignaient des gencives. Pendant ce temps, inconscientes des dangers, d’autres ouvrières s’amusaient à peindre leurs dents pour épater leurs petits amis où à se peindre les ongles avec ces peintures avant d’aller danser. Les cas de maladies se mirent à croître si fort que les médecins demandèrent l’arrêt de ces fabrications.
très intéressant ton sujet et j’avoue que ces passages m’ont fait froid dans le dos
l’élite pensante était assez tordue pour faire croire a ces femmes que le radium ne présentait aucun danger
ou l’ignorance était elle générale ?
des suppositoires de radium mais faut excusez moi être con a boulet pour s’enfiler ça dans les fesses
merci zen
4 février 2012 à 16h57 #420001580628Juli13
Membretrès bon à savoir tout ça.. C’est choquant comme les industriels peuvent controler d’autres secteurs comme celui de la santé/médicine…
Merci Zen

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