Le cabinet de curiosités

FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Le cabinet de curiosités

15 sujets de 31 à 45 (sur un total de 54)
  • Auteur
    Messages
  • #420004628293
    ak
    Membre

    10 ans
    10 000 messages pile poil, au jour près affraid

    Difficile de faire mieux.

    De plus en plus difficile à lire aussi! Mr.Red

    A mon avis c’est la vieillesse… Une Calatrava et une Lange c’est jamais bon signe.

    On se revoit bientôt?

    #420004628294
    frbou
    Membre
    ak a écrit:
    10 ans
    10 000 messages pile poil, au jour près affraid

    Difficile de faire mieux.

    +1 C’est très fort ! thumleft

    Une belle ode au temps qui passe inexorablement … Chinois
    (m’en vais regarder dans le dico ces quelques mots que je découvris tantôt ! Wink )

    #420004628295
    skeleton31
    Membre

    Quel magnifique texte ! Le seul souci est qu’il faut le dictionnaire à portée de main…

    Tu devrais passer à l’écriture inclusive…. Le cabinet de curiosités 1f604

    #420004628296

    C’est l’heure de la sieste et dans la salle d’attente je découvre et lis ce magnifique regard vers l’avant dans le petit rétroviseur.
    Que de belles images et de mots choisis. A l’image de toutes ces belles aiguilles posées sur les cadrans satinés dont tu nous fais part.

    Tu as bien fait de partager c’est du bonheur! Merci Eric67.

    #420004628297
    py3.14
    Membre

    Merci pour ces 10000 posts , de bons mots, toujours un régal à lire.

    Et je suppose ne pas être le seul à espérer, parfois, lors d’un débat qui part dans tous les sens ou s’enlise, l’intervention d’Eric. Pardon, Eric67, parce que sérieusement la moitié du forum c’est des Eric avec des noms de département derrière Mr. Green (mais cela n’empêche pas les autres Eric de poster des choses intéressantes pour autant, bien évidemment). Heureusement que ton avatar n’est pas McQueen ou Brosnan, là on serait perdus.

    #420004628298
    Papa Bib
    Membre

    Euh… un brin ampoulé, non?
    Suis pas allé au bout….

    J’attends les baffes.

    #420004628299
    Eric67
    Membre
    ak a écrit:
    A mon avis c’est la vieillesse… Une Calatrava et une Lange c’est jamais bon signe.

    On se revoit bientôt?

    Salut Arnaud, eh oui comme tu vois la vieillesse est un naufrage. Mr. Green
    On se revoit quand tu veux, moi tant qu’il y a une tarte flambée et une (quelques) bière… Chinois Le cabinet de curiosités Blunt_gi

    #420004628300
    Jownz
    Membre

    Joli texte introspectif Eric Wink Qui me rend un peu nostalgique également.

    J’ai quand même relevé deux choses :

    – Tu songes donc à conclure cette frénésie horlogère ?
    – « Flâner sur un autre quai de Genève », dois je comprendre que tu as des vues sur une Czapek « Quai des Bergues » ? Incompréhensible Mr. Green

    #420004628329
    Eric67
    Membre

    Merci camarade langophile Chinois

    #420004628301
    Eric67
    Membre

    Merci à tous pour vos messages. Chinois

    #420004628302
    Eric67
    Membre

    2. Naruralia

    Le cabinet de curiosités Pxl_2536
    Chrysalide

    Le cabinet de curiosités Pxl_2537
    Imago

    #420004628303
    Panini
    Membre

    @Eric67 : Merci beaucoup d’avoir mis à mal mon frêle cerveau dyslexique. J’envie ta verve.
    Ces clichés énigmatiques amènent du relief à ta prose transpirante de mélancolie.
    10 ans, 10000 posts et en guise d’apothéose, l’accouchement d’un fil trouble et déroutant…
    Tu fais quand même bien flipper Eric Le cabinet de curiosités Blunt_gi

    #420004628304
    Doudou-GTi
    Membre
    Trava a écrit:
    Splendide verve Éric.

    Félicitations, pour les dix ans et les dix mille.

    bravohap Chinois

    Bravo Eric !

    #420004628305
    Eric67
    Membre

    3. Le temps des Héros, Acte III : deux Allemands en vadrouille

    1990. Par-delà la fenêtre la nuit tombe. Les bruits s’estompent, le monde va vers son repos. Seule encore palpite au plafond la lueur blafarde de la fée électricité, celle-là même qui, dit-on, fit trembler l’horlogerie sur ses fondements. C’est l’heure où l’adrénaline retombe et où prend place cet état de harassement mêlé de délassement qui succède aux activités du jour, et précède celles du soir ; cet instant entre deux temps où l’esprit, libre et sans entraves, entre chien et loup, vagabonde dans les contrées vespérales en quête de sa pitance. Avachi dans le fauteuil, et les pieds posés sur le bureau. Embrumé d’inspirations exhalées en fumeroles et alangui du goût boisé d’ambroisie d’une eau de vie nouvelle. Le jour décline, la chasse est finie, Diane est diurne, la nuit hésite encore dans une lumière sélénique, c’est l’heure des carrefours, l’heure d’Hécate, l’heure de choisir une voie nouvelle, sous le regard de la lune. Les chambres s’ouvrent où sommeillent les souvenirs, les pièces où s’agitent les desseins, et dansent et se mélangent.

    1990. Schaffhausen. Bien des choses, ici, ont déjà été accomplies, bien des travaux menés à leur terme. Cela, ce pourrait être le labeur de la journée. Portofino. Da Vinci, le calendrier perpétuel de Kurt Klaus. Bientôt Il Destriero Scafusia, Grande Complication. Sur le versant ensoleillé, il souffle un vent de Méditerranée, et toute une noblesse mécanique à proclamer, à révéler, à réhabiliter, à exprimer. Comme un pied-de-nez aux circuits imprimés. Plus que cela. Un défi. Une revanche, une reconquête. Comme si, ici, résonnait encore, atténué par les âges, presque inaudible et pourtant bien présent dans la rumeur des temps, le nom de ce fondateur, Florentine Ariosto Jones. Florentine Ariosto Jones, comme un écho perpétué dans cette litanie de latinismes. Un nom qui est déjà une invitation au voyage, une curiosité, une étrangeté, un paradoxe. Un improbable alliage de cyprès, de soleil, de chianti, de chants, d’Europe Renaissante et d’industrie, de terre-à-terre, de Nouvelle Angleterre, d’ingéniérie. Un soupçon d’épopée enraciné dans cette région allemande de Suisse. Et ce sera bientôt aussi, sur le versant ombragé, Porsche design, le titane, la céramique, les montres d’aviateur, mark xi, le Doppelchronograph de Habring, le retour de la Portugaise. Un nouveau marketing, une nouvelle cible, un nouveau langage à destination de cet homme d’aujourd’hui, qu’on se représente volontiers homme d’action, avide de passer à son poignet des instruments à la mesure de sa virilité. Engineered for men. Les plus belles heures de l’International Watch Company, en somme. Et puis, aussi, ne l’oublions pas, la Grande Maison, plus délicate, à traiter avec davantage d’égards, de courtoisie, et les prouesses mécaniques, jusqu’à l’hybris peut-être. Et, bien sûr la Reverso.
    Ce qui est fait n’est plus à faire. Passons. Le présage des activités de demain, c’est peut-être une évocation du Rhin, qui coule ici, à Schaffhausen. Ce Rhin qui raconte à l’enfant quelque Märchen dans le miroitement de profondes et solennelles forêts, comme une voix maternelle, et chante à l’adolescent quelque Lied dans ses embruns, qui sont autant de notes de musique, dans les reflets argentés désargentés des écailles de quelque truite. Car il coule ici, à Schaffhausen, le Rhin, comme il coule en Allemagne, et charrie certainement dans ses eaux comme une concrétion puisée à la source des roches claires des vertigineux sommets alpins, perdus dans les brumes éthérées de l’inconscient, hors de vue mais à portée de main, une sédimentation qui porterait le nom de Heimat.
    Oui, cette horlogerie sera allemande, résolument, et elle sera au sommet, ou elle ne sera pas.

    1990. Pforzheim
    Il y eut les années trente, années d’enfance dans le petit village de Glashütte. Il y eut les années d’apprentissage à l’école d’horlogerie, d’abord à Dresde, puis à Karlstein. Il y eut le nazisme, et il y eut la guerre. La mobilisation en 1942. Le travail pendant les rares congés dans les ateliers de la manufacture familiale, qui fournissaient l’armée allemande. La blessure du corps le 1er février 1945 à Königsberg, et celle du cœur la nuit du 8 au 9 mai, quand la manufacture est bombardée, et détruite. La nuit du 8 au 9 mai 1945. L’occupation et l’expropriation. Il y eut l’exil, enfin, pour échapper au travail forcé. Il y eut une tentative, cette Original Lange Uhr, bientôt avortée. Et puis il y eut ce vendredi 10 novembre 1989, et la chute du mur. Une explosion d’espoir, un éblouissement.
    L’exil n’est pas, nous dit le romancier, une séparation de son pays, mais l’impossibilité d’avoir une patrie. Il n’y a pas de retour d’exil. Pourtant, si l’Histoire a ses fracas, l’Homme a ses obsessions. A Schaffhausen, le Rhin chute dans un bruit assourdissant, un bruit de tonnerre. Mais, en amont comme en aval, il suit un cours paisible et, s’il alterne les méandres, il dessine aussi au fil de son cours ce lac qui porte le nom symbolique de Constance. Mais c’est pousser un peu loin sans doute le jeu des correspondances et il est fort à douter que le grand horloger se soit montré si scrupuleux en son ouvrage.
    Les rêves, pour la plupart, que ce soit paresse ou fatalité, sont destinés à rester des chimères. Il en est certains cependant qui sont d’emblée des projets, et seront bientôt des œuvres. Les profondeurs immémoriales du Rhin sont pavées de rêves échoués. Le chant cristallin de la Lorelei noie les espoirs déchus. Mais la légende parle aussi d’un trésor d’or, dont on fera un anneau d’or, mais qui nous interdirait d’en faire une horloge d’or ?

    Nul ne saurait connaître, bien sûr, quelles aspirations, quelles ambitions, quelles espérances, quelles craintes, quels doutes, quelles inquiétudes, quelles blessures, quelles utopies pouvaient hanter ou habiter ces hommes qui allaient rebâtir l’horlogerie allemande. Bien hasardeuse et téméraire serait l’entreprise de qui prétendrait se livrer à pareilles conjectures. Toujours est-il que le 07 décembre 1990, 145 ans plus tard, jour pour jour, Walter Lange, fils de Rudolf Lange, petit-fils d’Emil Lange et arrière petit-fils de Ferdinand Adolf Lange, fonde la société Lange Uhren GmbH et dépose la marque A. Lange & Söhne. Et, le 24 octobre 1994, au Royal Palace de Dresde, grâce au support de Günter Blümlein et des équipes des manufactures suisses IWC et Jaeger Lecoultre, est présentée la collection inaugurale de A. Lange und Sohne, qui comprend 4 montres : Lange 1, Tourbillon « Pour le Mérite », Saxonia et Arkade. A la croisée d’un héritage et d’une vision.

    Le cabinet de curiosités Jsh-jo10
    Günter Blümlein

    Le cabinet de curiosités 2720_a10
    Walter Lange

    Le cabinet de curiosités A_lang13

    Le cabinet de curiosités Retros11
    La collection inaugurale de A. Lange und Söhne

    #420004628306
    McQ
    Membre

    Les chutes d’eau de Schaffhouse…
    Merci de nous régaler avec cette brume, ces clair-obscurs et ces rayons de soleil diffus mais qui nous éclairent.

    Chinois

15 sujets de 31 à 45 (sur un total de 54)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.