« J’ai mal à mon ADN » Déclaration d’un fondateur de maison horlogère – Billet

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14 sujets de 31 à 44 (sur un total de 44)
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  • #420004353597
    zatopek
    Membre

    Ou autrement, on pourrait imaginer que pour Rolex la précision est une contrainte plus qu’un but inscrit dans leur Adn.

    S’ils pouvaient s’en passer de leurs 1-3 secondes de dérive sans perdre du marché ils le feraient puisque le paradigme « recherche de la précision » n’est plus d’actualité dans ce nouveau monde.

    Leur problème est qu’Omega viendrait taper a la table en reivindicant leurs coaxiales et que le number 1 ne peut pas se faire trop dépasser dans un critère.

    Ils font quoi donc? Du clinquant pour les nouveaux marchés, du Federer pour argumenter leur classe et du fiable parce qu’on ne peut pas s’en passer…malheureusement.

    Je reconnais beaucoup de cynisme mais l’idée est là…

    #420004353598
    Eric67
    Membre

    Sauf que la production d’une montre fiable et précise a toujours été le credo de Rolex. C’est bien dans leur ADN. Bien sûr il a fallu la vendre aussi, c’est fait pour ça. Mais c’est la base sur laquelle repose l’édifice. Même aujourd’hui, où on n’achète que rarement une Rolex pour ces raisons, je pense que ces caractéristiques sont quand même souvent présupposées par l’acheteur. Je doute que Rolex puisse s’en passer.

    #420004353599
    zatopek
    Membre
    Eric67 a écrit:
    Sauf que la production d’une montre fiable et précise a toujours été le credo de Rolex. C’est bien dans leur ADN. Bien sûr il a fallu la vendre aussi, c’est fait pour ça. Mais c’est la base sur laquelle repose l’édifice. Même aujourd’hui, où on n’achète que rarement une Rolex pour ces raisons, je pense que ces caractéristiques sont quand même souvent présupposées par l’acheteur. Je doute que Rolex puisse s’en passer.

    Je suis d’accord.

    #420004353600
    zatopek
    Membre

    Ou alors on pourrait dire qu’ils ont vendu leur âme (leur ADN) en travestissant leurs montres outils.

    Ou en mettant de côté la sobriété.

    Ou en laissant de côté une partie de passionnés.

    Enfin pour dire que cette histoire d’ADN, dans le monde que nous vivons, me paraît un concept un peu judeo-chrétien que j’aimerais embrasser sans y croire vraiment.

    …

    #420004353601
    chubby
    Membre

    Tellement vrai …. et toujours parfaitement écrit, un grand merci pour cet article !
    tout ça me remonte le moral pour un vendredi matin morose.
    Vivement le grand nettoyage.!!!

    Pour ma part, entre la flambée stratosphérique des prix, "le n’ importe quoi" de Chrono 24 je me désintéresse de plus en plus des montres, au profit des mouvements et de la pendulerie

    #420004353602
    Invité
    Membre

    Par rapport à ce genre d’articles, je me demandais ce qu’il faut penser de marques Suisses sans grande réputation ou légitimité historique.
    Je pense à mon Chrono Frederique Constant, une montre très qualitative, superbes finitions, un mouvement de qualité qui reste toujours aussi précis à la seconde près d’un jour à l’autre, que j’ai eu pour « seulement » 1500 euros.
    Comparativement à des Chronos Chinois grossièrement fabriqués à 800 euros, ou la Seiko Landmaster que j’avais payé plus de 2000 euros qui prenait 14 secondes par jour, je me dis qu’il existe des marques Suisses ou l’on n’est pas pris pour un imbécile, du moment qu’on n’accepte de ne pas avoir la « marque » au poignet.
    Il est vrai que s’agissant de Frederique Constant, j’ai lu ici même sur FAM que rien que le nom, ça ne « classait » pas, un fabricant pas assez cher, ça ne faisait pas sérieux, ça suscitait le mépris, pour eux, le nom de la marque prime. Qu’on les prenne pour des sots, c’est un peu la normalité d’un marché de s’en charger, les « marques », se sont adaptés à cette demande idiote.. Il me semble qu’il n’y a rien de nouveau en fait, si on achète un produit pour le nom qui est écrit dessus, si c’est le nom qui est le seul porteur de la valeur au détriment du produit, il n’y a pas d’anomalies à ce que des gens payent dix fois ce que ça vaut ou plus, puisque c’est ce qu’ils souhaitent. Je pense que ce sont plutôt les marques qui sont aujourd’hui les victimes d’une demande ridicule de clients qui ne voient que l’esthétique, le logo, le « wouah », les likes, etc… sur l’aspect extérieur, la com qui est faite, etc.. Comment s’y prendre pour trouver ou créer une clientèle qui achète une vraie et belle montre ? Est-ce encore possible…

    #420004353603
    francois77
    Membre

    Attendant la naissance de mon héritier, je voyais basculer ma vie pèpère vers une vie complètement anarchique, dangereuse et risquée jocolor . J’avais donc besoin d’une montre capable de me suivre dans ces conditions extrêmes. Il me fallait un « Instrument pour Professionnel ». Je suis donc tombé sur une marque dont le slogan était « Instruments for Professionals ». Je vérifie que ce n’est pas juste un discours. Et non cà se retrouve dans les caractéristiques des montres, la mienne est étanche à 3000m (ça passe pour le bain et la piscine). Il y a des montres spécifiques pour les pilotes, les plongeurs, les aventuriers… bref, une correspondance entre la com, le produit et l’histoire. Aujourd’hui cet ADN a disparu et je n’arrive plus à trouver le bon qualificatif pour cette marque… ou peut-être si: « Instruments for Hipsters ».

    #420004353604
    O’Conner
    Membre

    Meuuuuu nooon, sérieux, Beckham et Pitt auraient des têtes de hipsters, d’influencers ? Tu ne t’identifies pas comme l’un des leurs ? Même avec ton chrono avenger transocean limited cosc au poignet ?

    Je plaisante, bien sûr.
    Je suis 100% d’accord avec ton post François77

    #420004353605

    Personnellement je ne trouve pas ce billet déprimant.

    Ce qui est déprimant c’est de courir moins vite et moins longtemps, d’avoir décalé récemment d’un cran la ceinture de son pantalon ou constaté avec amertume que le mois de mai est encore passé plus vite que novembre.
    Pour la plupart d’entre nous l’horlogerie c’est de la mécanique fine avec tout un tas de noms charmants dedans. C’est la détente d’un ressort qui entraîne l’oeil d’un échappement jusqu’au lent parcourt d’une trotteuse sur un cadran.
    C’est aussi sourire ou rire lorsque, durant une panne de courant la pendule sonne et qu’un des jeune de 20 ans présent dit: Ahh! Le courant est revenu et saute sur la zapette de la tv puis rouspete en constatant que non et enfin s’interroge sur la batterie, vu qu’il ne n’a jamais vu de fil électrique sur l’horloge. Pour finalement accepter que décidément tout ne fonctionne pas avec du courant.
    Lorsque je montre ma collection de roulements à billes peu de gens en comprennent l’intérêt (du roulement, pas de la collection hein?!). Pourtant…
    Fernand Raynaud disait dans l’un de ses sketchs qu’il était calé en mécanique parce que -d’ailleurs- sa grand-mère avait une machine a coudre. (Perso, la grand-mère de ma montre a été sur la lune …)

    Pour ce qui est de la valeur ou des repères, les marques n’en n’ont plus d’assez solide pour s’y rattacher, parfois s’il en est un, alors, le temps que la campagne de pub soit décidée la valeur a disparue et le slogan pondu pour l’occasion c’est retourné contre elle.
    Finis la traversée de la manche à la nage, la 1ere plongée en bathyscaphe à -3000m, le « premier pas » sur la lune ou un tournage au Mans sur le circuit des 24h.

    Force est de constater que les montres d’Horloger comptent a peu près pour rien dans les grands exploits d’aujourd’hui.

    Peut-être que les montres d’aujourd’hui sont comme les vieux meubles: ceux que l’on a nous avons plaisir a sortir pour eux l’encaustique Rivain et le Mirror… mais aussi à les peindre en RAL 7043. Et comme pour les montres il existe les swatchs, pour se meubler il existe les meubles Ikea. Le partage, le désir, l’environnement sans doute favorisent ou imposent l’un ou l’autre.

    Dans l’ensemble les innovations qui vont survenir dans les mois ou années ne changeront rien de fondamental, le besoin ne reviendra pas. Il va rester le plaisir. Sous toutes ses formes. Du plus classique au plus surprenant (mon écran de veille est une Panerai).
    C’est pourquoi avant tout, l’ADN de nos montres aujourd’hui c’est surtout le notre. A nous de le défendre et comme pour la reproduction, a nous de la partager.

    #420004353606
    Chocorose
    Membre
    Laureline a écrit:
    En revanche, et dans le même ordre d’idée, j’ai mal en voyant écrit 16ième siècle au lieu de XVIième…

    Moi de même, sachant que cela s’orthographie XVIe siècle clown

    #420004353607
    Hardooz
    Membre

    Certes, la communication est capitale.
    Mais dans le cas de l’horlogerie, je ne sais pas si le problème n’est pas plus le marché que la comm.
    le marché a rétréci et n’est plus suffisamment grand pour toutes les marques.
    Je pense que même en affirmant leurs adns et en adaptant leur comm, d’autres produits sont venus manger des parts de marché à l’horlogerie et il y a en ce moment une sélection naturelle qui se fait parmi les maisons.
    C’est le jeu. Et donc. a tord ou à raison, beaucoup de maisons vont chercher de nouveaux marchés, et il se trouve qu’il y a de bons clients sur Instagram

    #420004353608
    Laureline
    Membre
    Chocorose a écrit:
    Moi de même, sachant que cela s’orthographie XVIe siècle clown

    C’est bien keske j’dis, tout merde…

    #420004353609
    -Slayer-
    Membre

    Pas d’accord avec ceux qui doutent de l’importance capitale pour Rolex de ne pas être à la pointe de la robustesse et la fiabilité.
    C’est essentiel pour eux plus que pour n’importe quelle maison, là où les autres marques ont une clientèle en majorité un minimum conscientes des contraintes d’une mécanique, chez Rolex c’est une majorité de clients peu au fait voir complètement ignares et souvent peu concernés de la montre mécanique. L’échange d’informations techniques avec les vendeurs se limite souvent aux consignes sur l’étanchéité, et voilà.

    Si la Sub que machin a reçu à sa bar-mitsva il y a 7 ans se met à prendre 12 secondes par jour ou de la buée sous le cadran elle risque fort de rester comme ça jusqu’à ce qu’elle finisse au tiroir / eBay / refilée à son fils, là elle aura peut-être la chance d’aller en révision.
    Je me demande fort d’ailleurs quelle est la part de Rolex qui voient un service de maintenance dans les 15 années après achat. Ça ne doit pas être la folie.

    C’est cette fiabilité et cette robustesse qui leur permet d’être au poignet de toute cette écrasante majorité de gens qui se contrefichent de l’horlogerie et veulent juste le marqueur social ou se faire plaisir avec un bijou / objet de luxe. Ces gens n’achèteraient pas un produit qui leur impose des contraintes.

    #420004353610
    Piotr65
    Membre

    Sujet fort intéressant, oui. Les réseaux sociaux ont bouleversé notre rapport à la réalité, à l’information et à la manière de communiquer. Le monde du luxe, pas seulement horloger, s’y est engouffré et y a dirigé une part de plus en plus importante de son (imposant) budget en communication. Pendant une bonne décennie, les marges et les ventes ont explosé, et ce sont bien les marques aux plus gros moyens de visibilité qui ont ramassé la plus grosse part du gâteau.
    Au moment où l’horlogerie suisse a failli disparaître face aux montres à quartz, un trio de visionnaires a créé la Swatch avec le succès que l’on sait. Les garde-temps mécaniques n’avaient plus aucune crédibilité en termes de rapport précision/coût et plus grand monde n’en voulait et ne s’y intéressait. Parmi les multiples anecdotes significatives de cette époque, il y a Zenith qui a failli mettre à la benne son El Primero. La stratégie de reprise a consisté à recréer l’envie face à un objet pérenne, issu d’une tradition mécanique centenaire, un beau bijou horloger qui durera dans le temps, qui racontera une histoire, qui portera le rêve, etc. Et qui accessoirement donnera l’heure. Pour moi, dès ce moment-là, tout est déjà devenu marketing dont les passionnés que nous sommes sont les « victimes » consentantes. Une Speed portée sur la lune ? Très désirable aujourd’hui parce qu’il y a eu une communication patiemment élaborée autour de cette histoire qui n’intéressait pas grand-monde il y a 25 ans. D’ailleurs la montée en gamme d’Omega, pour ne prendre que cet exemple, est le fruit d’une décision marketing du Swatch Group également. Je vois dans le succès de Rolex le fruit d’une grande cohérence dans la communication comme dans le développement de sa gamme: créer un vrai désir qui reste constant malgré l’augmentation de la production, monter en tarifs en s’assurant que les ventes suivent et que la qualité demeure, etc. Hélas, peu de marques peuvent effectivement en dire autant.
    Personnellement, je suis également beaucoup moins sensible aux influenceurs voire même ambassadeurs de luxe et autres placements de produits. Mais c’est sans doute parce que j’appartiens à une génération qui ne s’informe pas à travers Facebook et qui n’est pas fascinée par le dernier Youtubeur à la mode. La déferlante d’images et de vidéos produit certainement également une banalisation peu compatible avec le vrai désir, d’autant que l’on semble investir aujourd’hui beaucoup plus sur la forme que sur le fond. Sans doute aussi que le marketing d’Apple, dont l’efficacité n’est plus à démontrer, capte une partie grandissante du rêve des millenials. C’est pour cela qu’il me semble que l’autrefois visionnaire JC Biver se trompe lorsqu’il pense qu’une montre connectée Tag Heuer puisse détourner une partie des acheteurs potentiels de l’Apple Watch: ils sont fascinés par la marque à la pomme, alors que le nom de TH ne leur parle absolument pas…

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