FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › « J’ai mal à mon ADN » Déclaration d’un fondateur de maison horlogère – Billet
- Ce sujet contient 43 réponses, 29 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Piotr65, le il y a 6 années et 2 mois.
-
AuteurMessages
-
20 juin 2020 à 21h42 #420004353582
ZEN
MembreLe client achète ce qu’on lui vend. Il est évidemment plus difficile de lui faire sortir 10 000 euros que 245 mais si on sait lui donner envie de sortir 10 000, il reste assez de potentiel pour que les ventes se remettent à niveau. Mes doutes ne sont pas du coté des clients mais de l’aptitude des maisons à comprendre qu’elles perdent toute cohérence et finalement accompagnent leurs clients chez Garmin.
Prenons l’exemple d’une marque de montres mécaniques qui se met à vendre une montre connectée. Sans système propriétaire, elle ne fera qu’un sous-produit largement dépassé par Apple ou Garmin et comme elle n’aura jamais le moyen de les égaler, chaque pas de sa communication contribuera à pousser un client vers une montre connectée.
Prenons l’exemple de Tag Heuer. Pas une revue sur les objets connectés et les objets tendance ne parlent de leur montre connectée et il ne faut pas dépenser plus de 150 euros pour avoir un produit bien plus attrayant. Le principe du connecté est d’être un consommable. Qui choisira une montre jetable à plus de 5000 euros ?
Je discutais avec des jeunes de 21 à 27 ans. Et je leur ai posé la question suivante en leur montrant les visuels : « Qu’est-ce qui vous donne le plus envie d’acheter une Tag ? Un sujet historique sur Heuer (la Bund) ou un communiqué de presse sur la montre connectée ? Dois-je détailler la réponse ?
Je ne suis absolument pas pessimiste sur la capacité des clients à revenir vers des montres mécaniques mais je pense que les marques ne leur parlent plus. Elles parlent dans le vent à un public qui ne les écoute plus. Elles réduisent leurs budgets de communication et le public ne s’en rend même pas compte, le supprimeraient-elles totalement que ça ne changerait strictement rien. Elles ne savent plus intéresser.
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).20 juin 2020 à 22h11 #420004353583Lycad
MembreCe que tu dis là s’applique surtout au vieux continent je pense, les jeunesses dorées asiatiques sont justement friandes des communications sur Instagram, qui ne sont clairement pas vécues comme des publicités au rabais chez eux, et qui constituent le nerf de la guerre pour ces marchés au potentiel énorme.
A mon avis, la montre est maintenant vue pour la plupart des personnes comme un accessoire vidé de ses fonctions premières (bah oui, le smartphone est très pratique pour l’heure), donc ils vont juste se balader en daniel wellington (pour les hommes) ou en cluse (pour les femmes).
Opposer les campagnes réseaux sociaux aux campagnes plus classiques (presse, etc…) relève de l’ignorance du marché de la pub, elles ne s’adressent tout simplement pas aux mêmes personnes.
Et à l’heure ou beaucoup d’entreprises se trouvent une « raison d’être », l’ADN est justement en train de revenir…21 juin 2020 à 0h05 #420004353584Necro
MembreJ’approuve qu’en 2020 si t’es pas sur Instagram, t’es juste mort. Qu’on aime ou pas.
ZEN, bien évidemment que ton raisonnement est juste en soit. Mais n’est pas Omega qui veut avec les JO, Bond, l’espace.
Aujourd’hui le CEO de JLC, il est coincé. Il a rien entre les mains. C’est fini pour la marque au-delà d’un micro marché. Et c’est pas les seuls dans ce cas là.
Le luxe se vend par association d’image avec autre chose. Ça peut être l’histoire, ok. Mais en effet un concours de chronométrie en 1903 va intéresser 3 personnes.
Donc après il reste les peoples, les événements, le sport, etc… Mon voisin de bureau il connaît TAG parce qu’il est fan de la ligue 1. Une montre mécanique, il sait même pas comment ça marche…
Là où tu trompes c’est que tu penses qu’Omega ou Rolex vendent des montres. Ça fait belle lurette qu’ils vendent de l’image. Le fait que ça donne l’heure mais la majorité des clients s’en cognent complétement.
Une boîte de luxe qui chercherait à vendre des montres aujourd’hui n’a aucune chance.
21 juin 2020 à 0h29 #420004353585ZEN
MembreLe CEO de JLC a une des plus belle manufactures entre les mains ! Le problème est qu’il ne se fait plus rien de nouveau chez JLC depuis des années. Depuis que Jérôme Lambert a quitté la maison, il ne sort plus rien à part des choses qui relèvent de niches. Quant à la communication de JLC, elle est si désuète qu’elle es devenue illisible. Le hic est que chez Richemont JLC est leader… Quid de nouveau chez les autres marques du groupe ? A part MontBlanc qui fait preuve d’une dynamique vérifiable, le reste est au point mort ou presque. IWC roupille, Cartier est out, Panerai dort sur ses lauriers.
Rolex et Omega on des ventes plus complexes, certes les marques vendent de l’image ( mais au moins elles vendent) mais il y a aussi un contenu sur lequel les 2 maisons communiquent. Longines a besoin de rajeunir sa communication mais la marque vend des montres et pas que de l’image. D’une manière Swatch Group démontrer que le groupe est industriel avant tout et développe une logique produits cohérente.
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).21 juin 2020 à 0h53 #420004353586selfautowash3
MembreJ’ai assisté à une étude faite par une agence de communication qui démontre que pour la population en général 70% des marques pourraient disparaître sans que quiconque s’en émeuve. Elle n’apportent aucun « sens ».
A mon avis l’horlogerie n’y échappe pas. Voir même 70% semble peu pour l’ensemble de la population. J’imagine même que pour beaucoup de gens la quasi totalité des marques peuvent disparaître sans une larme.21 juin 2020 à 1h38 #420004353587Eric67
MembreJLC est la marque historique qui a le plus oublié qu’une montre servait à donner l’heure et devait être portée. En cela ils ont totalement oublié leur ADN. Ils sont allés jusqu’à nommer leur dérive du nom d’une collection: hybris. Au moins ils sont lucides. Heureusement, il leur reste la Reverso.
21 juin 2020 à 3h08 #420004353588ZEN
MembreD’une manière générale, SwatchGroup tient plutôt le cap sur ses marques en préservant leur identité. Le nombre de maisons au sein du groupe et la répartition des segments contribue à une logique d’ensemble. On a vu ces derniers jours un jeu de chaises musicales avec le départ de Von Kanel de Longines qui montre une logique assez organisée et structurée.
Chez Richemont, on flaire une improvisation généralisée.
Chez LVMH, on sent une rupture entre Bulgari d’un coté et les marques pilotées par Stephane Bianchi de l’autre. Bulgari ne chasse pas que sur le terrain horloger mais s’y étend et du coup, on voit émerger 2 pôles horlogers ce qui est forcément une vision du groupe dont les motifs m’échappent, je l’avoue.
L’ADN des marques est ce qui est réputé les rendre identifiables et les singulariser. JLC ne ressemble plus à rien, IWC tend à se lisser dans des produits moins singuliers, Baume et Mercier est mort etc …
Il y a derrière tout ça un défaut de stratégie et une communication dépassée. Ce n’est pas du pessimisme d’en parler. peu de site s’autorisent à l’évoquer ce qui génère ici des critiques et des attaques du forum d’ailleurs ce qui est assez démonstratif d’une volonté d’étouffer ce type de sujets.
L’effet Instagram que je ne nie pas, est de submerger tout ce qui relève d’avis, d’analyse ou de contradiction …
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).21 juin 2020 à 4h48 #420004353589jean-marie
MembreTrès intéressant post de Zen et les réactions sont toutes aussi intéressantes.
C’est vrai que l’horlogerie doit se réinventer et, à mon sens, ne surtout pas essayer d’aller chercher les rois de la montres connectés, c’est perdu d’avance. Mais pour cela, il faut effectivement qu’elles retrouvent leur ADN… Et tout n’est pas perdu avec les jeunes générations, j’en connais qui sont friands de belles mécaniques horlogères….21 juin 2020 à 5h26 #420004353590Laureline
MembreOn se demande simplement ce que font les enseignants dans ce post…
L’égalité, en France, est le nivellement par le bas, et on le voit actuellement dans les actualités.
Nous avons les « élites » que nous méritons…
D’autre part, je ne vois rien de choquant pour dire ml ou cc, travaillant dans le PSAD.
En revanche, et dans le même ordre d’idée, j’ai mal en voyant écrit 16ième siècle au lieu de XVIième…
21 juin 2020 à 5h57 #420004353591O’Conner
Membre- Lycad a écrit:
- Ce que tu dis là s’applique surtout au vieux continent je pense, les jeunesses dorées asiatiques sont justement friandes des communications sur Instagram, qui ne sont clairement pas vécues comme des publicités au rabais chez eux, et qui constituent le nerf de la guerre pour ces marchés au potentiel énorme.
+1
Tu veux vendre en Asie ? Il te faut du « like » sur insta…
Tu veux du « like » sur insta ? Il te faut montrer du rêve… une moonwatch, Mike Horn au pôle nord, les fesses à Beyonce, le sourire dentifrice à Brad, et que sais-je d’autre.
Chacun son segment, Omega a les JO, le golf. IWC Hamilton, Rolex la F1, wimbledon, Roland-Garros, Casio les surfeurs à abdo, etc… Ça parle ! C’est du placement, du rêve.
Le reste est accessoire. Et si tu ne peux pas croquer dans ce gros gâteau, tu va tomber en désuétude, amha…21 juin 2020 à 5h59 #420004353592rackamlevert
Membre- Laureline a écrit:
- On se demande simplement ce que font les enseignants dans ce post…
En revanche, et dans le même ordre d’idée, j’ai mal en voyant écrit 16ième siècle au lieu de XVIième…
Je ne vois pas bien le lien avec les enseignants…
Concernant les siècles, tu as mal genre « crise hémorroïdaire » ou pire?
Parce que XVIième on devrait l’écrire en minuscule avec « e » en exposant et non comme tu l’écris.[url=https://www.question-orthographe.fr/question/eme-siecle-de-quelle-facon-ecrire/#:~:text=On %C3%A9crit xxe si%C3%A8cle avec,bordes le 14 mars 2018.&text=C’est exact%2C j’,dit minuscules pour faire court.]https://www.question-orthographe.fr/question/eme-siecle-de-quelle-facon-ecrire/#:~:text=On%20%C3%A9crit%20xxe%20si%C3%A8cle%20avec,bordes%20le%2014%20mars%202018.&text=C’est%20exact%2C%20j’,dit%20minuscules%20pour%20faire%20court.[/url]
PS Puis on s’en fiche sur ce sujet non?
25 juin 2020 à 21h00 #420004353593ZEN
MembreMerci à Grégory Pons qui a repris cet article sur son site Business Montres !
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).25 juin 2020 à 21h54 #420004353594AdrienP
MembreSujet très intéressant !
Pour ma part, du haut de mes 29 ans, jamais je ne porterai une montre connectée.
Je m’intéresse, même si cela prend du temps, à l’histoire derrière les marques, et même si pour le moment je n’ai qu’une seule montre, chacun de mes prochains achats sera orienté sur deux créneaux : la marque (notamment son histoire) et l’esthétique (même si j’avais les moyens, je n’achèterais jamais Rolex car je n’aime pas leur identité visuelle).Effectivement l’industrie horlogère est en crise depuis que les Apple et autres envahissent le segment, mais pour moi ce ne sont pas des montres.
Il faut que les marques gardent en tête que le nombre de personnes appréciant les montres est limité, et que malheureusement dans cette optique on ne peut pas faire une croissance à deux chiffres chaque année.De mon point de vue (mais ça ne plaira pas forcément à tous), je trouve que les grandes marques devraient essayer de s’orienter vers un segment entrée de gamme plus fourni.
Je ne parle pas forcément de toutes, et je suis conscient qu’un mouvement manufacture ne peut pas être vendu au rabais, mais en proposant des modèles à 500-1000€ des marques comme Tissot ou Frédérique Constant s’attirent une clientèle que d’autres n’auront jamais.Je rejoins également à 100% l’avis que j’ai lu un peu plus haut : la montre connectée « haut de gamme » est une aberration. Par définition, le processeur intégré, les différents capteurs… seront obsolètes dans l’année ou presque, et la batterie devra être changée dans les 5 ans.
Moi qui espère pouvoir léguer les mienne en état de marche à mes enfants dans plusieurs dizaines d’années avec un bon entretien, je sais d’avance que c’est impossible dans le monde « connecté » et je ne m’y intéresse donc absolument pas.25 juin 2020 à 22h26 #420004353595isosta
MembrePost très intéressant !
habituellement tout ce qui concerne le marché du neuf me fatigue vite. Je lis en travers et… pas tout !
là j’ai tout lu et trouve que les interventions de tous sont intéressantes, que les avis différents se tiennent,
et surtout, pour une fois sont exprimés sans trop d’agressivité.peut-être le début du FAM d’après …
Bon faut pas pousser quand même je retourne à mes vintage; marché ou ça bouge plus.
Peut être une relation de cause à effet. Certainement…
Isosta
26 juin 2020 à 0h35 #420004353596zatopek
MembreDans les années 50 la montre était un produit généralisé et éminemment utilitaire, nécessaire comme une casserole ou une brosse à dents. Elle était déjà un marqueur social comme posséder un Mercedes au lieu d’un Fiat mais le besoin impératif était là. Seule une immense minorité des gens regardaient l’objet d’un point de vue passionnel.
La preuve? L’avènement du quartz, les gens n’ont pas eu l’ombre d’un doute en passant d »une technologie fragile, imprécise et chère à une « meilleure ». Pas de sentimentalisme ou des notions de noblesse a se poser par rapport à cet objet de consommation là.
La recherche de la précision chronométrique était un argument manketing comme aujourd’hui les montres vertes ou l’utilisation du bronze à tout va…ou enfin les fonctionnalités d’une apple watch (désolé, c’est bien une montre, elle se porte au poignet). Les marques communiquaient ainsi.
Aujourd’hui, la montre mécanique n’étant plus nécessaire, le public ciblé s’est rétréci. Donc une autre époque et un produit différent, un produit de luxe, dispensable. Un autre marché.
Après, comme vendre la chose? On joue la carte de la chronométrie et de la fiabilité tant chérie par les passionnés? Ces passionnés, ils représentent quel pourcentage des ventes ?
Moi, CEO, passionné d’horlogerie, simple exécutif mis en place par des actionnaires, je vendrais mon âme sans douter.
Ils sont où? chez Insta et Facebook ? Ils viennent d’où? de l’Asie? Ils veulent du doré et du clinquant? allons-y !
Une maison peut aussi jouer la carte de son ADN. Elle se positionnera dans un marche de niche. Un micro marché, un autre marché.
-
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.