Billet : Parenthèse olympique, lendemains qui (dé)chantent

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15 sujets de 16 à 30 (sur un total de 195)
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  • #420004963535
    MrLoup
    Membre

    En fait tout ça dans l’absolue bénéficie je pense aux indépendants. L’envolée des prix des produits « industriels » me fait de plus en plus réfléchir à me tourner vers des indépendants car la différence de budget s’amoindrit grandement pour un travail que je valorise énormément.

    #420004963536
    Mc
    Membre

    Cela fait des décennies que les volumes baissent constamment. À titre d’exemple, ceux-ci ont diminué de moitié entre le années 2000 et aujourd’hui. On est passé d’environ 30 mio de pièces suisses à 16 mio de pièces. Par ailleurs, ces 16 mio de pièces sont essentiellement produites par environ 6 marques (swatch environ 6 mio, Tissot environ 4mio, Longines environ 1.6mio, Rolex environ 1.3 mio, omega environ 700k, Cartier environ 600k).

    On s’aperçoit dès lors vite que le reste a une production marginale, de plus en plus de marques produisant même moins de 20k pièces par an, voire même moins que 10k pièces par an, sans pour autant être actives dans ultra luxe.

    La question à laquelle il faudrait pouvoir répondre est la suivante :

    L’augmentation des prix sert-elle a compenser l’effondrement de la demande ou en est elle à l’origine ?

    A mon avis, les deux cas de figure peuvent s’envisager suivant les marques…

    #420004963537
    Mc
    Membre
    trinita a écrit:

    C’est bien le problème, dans l’entrée de gamme nulle révolution depuis le powermatic 80,

    et concernant le moyen gamme, passage au manufacture avec des finitions souvent à peine meilleures,

    quand au haut de gamme c’est peut être le pire, des prix qui explosent et des fintions qui deviennent de plus en plus industrielles
    que ce soit chez patek ou vacheron et comagnie, il faut mettre combien pour avoir des vrais fintions manuelles….

    Entièrement d’accord! Cela étant, je pense également que, comme dans bien d’autres domaines, le consommateur a sa part de responsabilité là-dedans. En effet, je suis persuadé que si ce dernier s’intéressait plus à ce qu’il achetait et à la façon dont son objet était produit, les marques auraient été contraintes de maintenir un certain effort de qualité. Or, dans le luxe, ça fait belle lurette que le 99.999% des acheteurs ne s’intéressent plus du tout au savoir faire ou à la qualité, mais bien davantage au statut que son objet de luxe va permettre de renvoyer au monde.

    Or, pourquoi les marques de montres, vêtements, chaussures, maroquineries s’embêteraient à produire mieux et donc marger moins si elles peuvent refourguer aux consommateurs des objets qui s’apparentent au mieux à un objet purement industriel, voire carrément pour certains à de la camelote ?

    A ce jeux là, je suis assez d’accord que les pires sont malheureusement peut-être ceux qui interviennent dans le très haut de gamme. Quand on voit les dernières productions patek, Vacheron et compagnie (hors grande complication), on peut en effet légitimement se demander ce qu’il reste de vraiment haute horlogerie en dehors du prix et du marketing.

    Aucun angle rentrant, aucune finition manuelle, des cadrans non plus guillochés à la main, mais étampés, des performances chronométriques pas folichonnes, des rdm dignent du siècle dernier, l’usage de calibres bien trop petits pour la boîte, des étanchéités minables, etc., etc.

    #420004963538
    Grl_schuss
    Membre
    Citation :
    Entièrement d’accord! Cela étant, je pense également que, comme dans bien d’autres domaines, le consommateur a sa part de responsabilité là-dedans. En effet, je suis persuadé que si ce dernier s’intéressait plus à ce qu’il achetait et à la façon dont son objet était produit, les marques auraient été contraintes de maintenir un certain effort de qualité. Or, dans le luxe, ça fait belle lurette que le 99.999% des acheteurs ne s’intéressent plus du tout au savoir faire ou à la qualité, mais bien davantage au statut que son objet de luxe va permettre de renvoyer au monde.

    Tout à fait, on est beaucoup passé sur le l’égo plus qu’un intérêt sur le produit. Le marketing a créé l’image, le client fortuné l’achète. Et il achète bien plus l’image que le produit.

    Finalement, en dehors de quelques collectionneurs, on a que ce qu’on mérite, certains se sont enrichis, d’autres ont pris l’explosion de la bulle en pleine face. Mais surtout beaucoup ont voulu payer « quoiqu’il en coûte » pour faire parti de ce club. Jusqu’à ce que les prix soient vraiment déconnants…

    Après, pour les marques, c’était tout bénéf’, plus de profit avec autant/moins d’efforts, avec l’excuse de l’inflation toute trouvée (combien de gramme d’acier dans une montre en acier ?). Elles ont eu raison de ne pas se priver. En espérant qu’elles aient été plus fourmi que cigale…

    #420004963539
    Alt0201
    Membre

    Merci DON pour tes billets toujours agréables à lire en plus d’être intéressants.

    #420004963540
    toyotiste
    Membre
    Mc a écrit:
    Cela fait des décennies que les volumes baissent constamment. À titre d’exemple, ceux-ci ont diminué de moitié entre le années 2000 et aujourd’hui. On est passé d’environ 30 mio de pièces suisses à 16 mio de pièces. Par ailleurs, ces 16 mio de pièces sont essentiellement produites par environ 6 marques (swatch environ 6 mio, Tissot environ 4mio, Longines environ 1.6mio, Rolex environ 1.3 mio, omega environ 700k, Cartier environ 600k).

    On s’aperçoit dès lors vite que le reste a une production marginale, de plus en plus de marques produisant même moins de 20k pièces par an, voire même moins que 10k pièces par an, sans pour autant être actives dans ultra luxe.

    La question à laquelle il faudrait pouvoir répondre est la suivante :

    L’augmentation des prix sert-elle a compenser l’effondrement de la demande ou en est elle à l’origine ?

    A mon avis, les deux cas de figure peuvent s’envisager suivant les marques…

    Merci pour cette analyse, je ne savais pas que les volumes avaient autant diminué depuis les années 2000 !!

    #420004963541
    gump25000
    Membre

    Un exemple que la qualité ne va pas en s’améliorant :

    J’ai acheté une zenith el primero chronomaster acier et or il y a quelques années.
    Avant mon achat, j’avais visité le site de Tudor qui parlait de montre doré 18 carats.
    J’ai été surpris du terme qui est pas très clair. J’ai envoyé un message au service client Zenith qui m’a signalé que la lunette était en or massif mais que les auiguille et index était idem dorée en or 18 K.
    Une montre vendu dans les 10 ke avec des index et des aiguilles en plaqué or digne de pandora ou Swarowski, ca le fait moyen.

    Actuellement je regarde pour m’acheter une montre en or et la première chose que je regarde dans les marques breguets, zenith, ou vacheron, c’est le prix de l’occasion (qui est en fait des montres neuves jamais vendu datant de 2 ou 3 ans). Et bien avec la hausse de prix systematique des manufactures, on peut avoir des différences de 5 à 8 ke facilement entre une montre neuve à 25 Ke sur Chrono 24 et le prix boutique affiché.
    J’aime bien mon ad mais pas au point d’acheter le meme produit 5 à 8 Ke de plus.
    Mon exemple est basé sur un El primero chronomaster gold avec coeur ouvert. On peut voir aussi que sur les montre vacheron patrimony ou glashusse, il y en a très très peu a vendre pour une offre mondiale. Ca rejoint donc le commentaire concernant les volumes de ventes. Ca doit etre devenu marginal désormais pour ces manufactures de vendre une montre en or.

    #420004963542
    Cramix
    Membre

    Effectivement @gump25000 un bel exemplaire récent en état impeccable peut offrir de belles opportunités au niveau prix. Wink

    #420004963543
    jeanbat 31
    Membre

    Vraiment toujours très intéressants tes Posts Don !

    Je lis toujours tes analyses et tes billets avec un grand intérêt même si je suis à peu près sûr que je ne serais en accord sur pas grand chose avec toi !

    merci de continuer thumright

    #420004963544
    Invité
    Membre

    Merci pour ton billet.
    Il est à craindre que ces politiques commerciales ont découragé les gens de s’intéresser à l’horlogerie, je crains définitivement, en tout cas, parmi mes connaissances, j’ai pourtant croisé beaucoup de personnes cet été, j’étais le seul à porter une « belle » montre.
    Pourtant un milieu plutôt aisé, comme si porter ces breloques, c’est devenu ringard ? Pour ainsi dire, pas de montres ni d’objets connectés sur les poignets, comme si la classe, c’était le poignet libre de tout objet de mesure ou d’indication de données. Pour les belles montres, des gens pourraient se les offrir, mais ils voient trop ces bidules clinquantes chez les racailles, les sportifs, stars, mais finalement, ça ne fait pas rêver, ils n’ont pas envier de s’assimiler avec « ces gens là » comme dirait Killian Mbappé, oui lui par exemple, il ne fait pas rêver, ni ses copains, ni, le marketing horloger est en total contre courant de ce que souhaitent les gens je pense …

    J’ai du faire régler le bracelet d’une Rolex, personne dans la boutique, le vendeur me dit, c’est l’été c’est calme … Je lui demande ou ils en sont au niveau des listes d’attente .. Il botte en touche pour éviter de me répondre.. Ok, ils ont tous un souci, moindre chez Roro je pense, mais quand même, c’est violent, de l’euphorie au printemps 2022 …

    ça ne me fait pas plaisir d’écrire cela, j’aime les montres, c’est une histoire qui me cause depuis que je suis gosse, pour moi ça me ramène en 1968 ou j’ai reçu ma première belle montre pour la communion solennelle, envisager le déclin de l’horlogerie me fait de la peine.

    #420004963545
    raynew
    Membre

    Je cite l’article de 2023 :
    La Suisse produit un peu plus de 15 millions de montres par an, soit à peine plus de 2% du total des garde-temps fabriqués dans le monde. En revanche, elle occupe plus de 50% du marché horloger mondial en valeur, avec un chiffre d’affaires toutes marques confondues estimé à plus de 50 milliards de francs (valeur des ventes au détail).

    Un ratio qui ferait rêver n’importe quel chef d’entreprise :
    https://www.swissinfo.ch/fre/economie/les-huit-choses-que-vous-devez-savoir-sur-l-horlogerie-suisse/45888244

    Vous oubliez un paramètre important dans vos analyses : l’explosion des fabricants chinois. Si je m’en réfère à cet article, ils fabriquent un paquet des montres actuelles (Applewatch et autre montres connectées comprises), et ils n’existaient pas dans les années 2000.
    La production japonaise est impressionante aussi : 70 millions de montres par an !
    https://thegoodlife.fr/horlogerie-japonaise-un-colosse-discret-aux-70-millions-de-montres-par-an/
    On en parle pas souvent de ceux-la.

    Sont fabriquées, selon les estimations, 1,2 milliard de montres par an actuellement, ce qui signifie que l’on est pas loin du milliard de montres fabriquées annuellement par les chinois !
    https://www.fhs.swiss/file/59/Horlogerie_mondiale_2021_fr.pdf

    Je trouve que le marché s’est quand même fortement diversifié depuis le retour en grâce de l’horlogerie. L’horlogerie est un marché hyper segmenté, parler de celui-ci dans sa globalité est une aberration selon moi.

    #420004963546
    jeanbat 31
    Membre
    jacno1977 a écrit:
    envisager le déclin de l’horlogerie me fait de la peine.

    Pareil,

    Mais moins toutefois que celui de l’humanité !

    #420004963547
    DON
    Membre
    Milannimes a écrit:
    Salut !

    Je lis toujours tes billets avec attention.
    Ce que du décris ci-dessus est avéré et montre surtout que le marketing et les commerciaux new style vont droit dans le mur…

    Le problème est qu’ils ont déroulé un scenario où la clientèle à étrangler n’est plus l’Europe de l’ouest ou les States mais l’Asie où les fortunes s’envolaient.
    Les suites économiques du covid ont mélangé les cartes, les tensions internationales et ethniques inquiètent et font que le marché s’écroule !
    Je pense que l’on est partis pour plusieurs années et qu’il y aura des fabricants au tapis…

    Bonjour Milannimes,

    Je te remercie pour ton commentaire Chinois

    Je pense en effet que Business Model sur lequel les marques helvétiques ont bati leur prospérité ces 20 dernières années arrive à une fin de cycle. On pourrait même parler de cycle Kondratiev, après une vingtaine d’année de phase ascendante, il est possible d’avoir après une vingtaine d’années de phase descendante. Si les marques ont été fourmis et qu’elles ont tiré parti des années prospères pour se constituer des réserves pour faire évoluer leur business model / s’adapter / mettre en oeuvre un redéploiement de leurs investissements, alors elles pourront survivre en cas de crise structurelle ou en cas d’une grosse crise conjoncturelle. Si elles ont été cigales par contre, il y aura vraisemblablement des dégats…

    Le marketing n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire mais je pense qu’il y a eu comme dans toute fin de phase ascendante des excès et le business model a bien vieilli, les grosses ficelles font moins effet. Cela se voit aussi dans les médias ou les influenceurs qui sont confrontés à une chute de leur capaciter à impacter les ventes. Le problème est simple : la demande ne suit plus et se restreint à un groupe d’acheteurs de moins en moins important. Le développement du commerce international (cf. mondialisation) avait permis de continuer à vendre en augmentant les prix du fait d’une demande surmutipliée par le développement des pays émergents et de leurs « Upper upper classes » et des classes moyennes. Le ralentissement économique observé, normal quand le rattrapage économique s’estompe, remet en cause tout ce postulat.

    Il est fort possible que le réveil pour certaines marques soit douloureux.

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    #420004963548
    dedune
    Membre

    Je n’ai pas la même lecture. Je ne pense pas que l’augmentation des prix a tari la demande. Nous ne sommes pas représentatifs: L’Europe n’est plus la cible de l’horlogerie et les passionnés encore moins. Ceci dit après réflexion pas sur que j’aie réduit mes achats dans la dernière décennie et pas sur que j’aurais acheté plus si les prix n’avaient que suivi l’inflation.

    Les années Covid (ou post halving) ont vu la création de bcp de nouveaux riches, ce qui s’est répercuté sur les montres les plus emblématiques. Aujourd’hui nous entrons dans une récession. Le coup d’arrêt est d’autant plus brutal qu’il fait immédiatement suite à une bulle plutôt spectaculaire. Mais l’augmentation des prix n’y est pour rien, c’est le contexte politico économique qui a gelé la demande.

    #420004963549
    misterb
    Membre

    Que de bonnes analyses !!! Pour le prix, je pense que malheureusement, même si le rapport prix/luxe est économiquement aberrant, je pense que ces augmentations sauvages pour resegmenter des marques vers le haut (JLC) est un échec patent. Le consommateur, d’où qu’il vienne, ne doit pas être pris pour un con. Et nous sommes actuellement pris pour des gogos, que ce soit avec le swatch group et des repositionnements de marques comme BP avec des tarifs lunaires (FF 42 plus cher que la FF en 45mm, même mvt, mais 5k plus cher) ou JLC, Cartier, Chopard, AP, Omega, … il me semble que Rolex émarge de ces égarements comme LA boite la plus sérieuse en ce moment. Augmentations douces, modèles d’entrée de gamme soignés, communication maitrisée. A part se payer une Laurent Ferrier, Journe, Dufour, Voutailinen etc… pour nous les forçats des 10-15k la montre, et bien ma considération va à Rolex, qui portant reste une marque très polarisante. Saint Laurent récemment a baissé ses prix pour la gamme sacs à mains constatant qu’il n’arrivait plus à renouveler leur clientèle. L’Horlogerie doit faire son mea culpa et revenir à la raison. Sinon il vont passer du Champagne à la San Pellegrino.

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