Ah l’histoire, quelle histoire !

FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Ah l’histoire, quelle histoire !

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 36)
  • Auteur
    Messages
  • #410000093540
    ZEN
    Membre

    Les suppléments horlogers des magazines vont fleurir, Baselworld oblige, avec leur flot habituel de communiqués de presse mal dégrossis et de faux articles mal écrits par des pigistes de l’impossible, qui pissent de la copie au vu d’une commande de 2500 signes mais toujours avec moins de 150 mots de vocabulaire.

    La tarte à la crème du moment parce que la mode le veut, est l’histoire. Histoire de la marque, histoire de son fondateur, histoire à gogo, grande histoire, petites histoires… Tout est bon pour tenter de se trouver une légitimité historique. Images d’archives achetées pas trop cher, banques de données d’images, les pigistes doivent puiser dans les articles tout prêts la matière d’autant d’articles qu’ils servent de support. La mission n’est pas simple car si les articles se ressemblent forcément, le support leur commande un article différent des autres supports. Les photos utilisées seront donc différentes, plus ou moins grandes et malheur à celui qui paraît le dernier qui n’aura plus à se mettre sous la langue qu’un chewing gum mâché et remâché qui n’aura plus ni goût, ni couleur.

    Prenons le cas de Moinet et de son invention révolutionnaire du chronographe moderne. Ce pauvre compteur de Tierce n’a jamais intéressé personne, il ne donne pas l’heure, s’utilise avec un instrument pour bloquer le déclenchement ce qui est tout de même très « bricolé » et s’il porte de la haute fréquence (il n’est a priori pas le seul à l’époque a avoir fait des essais), il n’en existe aucun autre exemplaire. Le président de Louis Moinet auquel on doit toute la communication de l’invention de l’automatisme par Perrelet a tiré parti de cette pièce pour en faire une pièce maîtresse et surtout historique.

    Si Rieussec a inspiré beaucoup de monde, Moinet n’a influencé personne mais avec un communiqué de presse betonné par deux ou trois références, l’histoire a le vent en poupe. Ensuite, il y a la part romantique de l’histoire. Nous ne citerons aucun nom de ces artistes-journalistes qui brodent sur l’histoire, des choses aussi surprenantes, sont capables de faire parler les morts et de trouver des intentions délibérées à des hasards de la vie des anciens. Non, nous ne citerons pas les noms mais relèverons tout de même que ces pigistes qui pompent tels les shadocks, à droite et à gauche sont de mauvais copieurs/colleurs quand ils recopient même les fautes d’orthographes de leurs petits camarades qui sont sollicités pour pondre les communiqués.

    Je relisais il y a quelques jours, l’invention de la montre à répétition par une grande marque suisse, document publié dans un magazine il y a un ou deux ans. C’est fort, très fort… C’est presque intense quand on reconnaît le calibre Lecoultre d’imaginer l’auteur de l’article en train de justifier que c’est une autre manufacture qui l’a conçu et mieux encore, le co-créateur de la marque …

    Mais ne soyons pas méchant, cette docilité de la plume fait vivre des familles, nourrit grâce aux cocktails ceux qui tiennent cette plume et enchante les marques rassurées de ne pas avoir de surprises à craindre devant tant d’inculture. C’est un paradoxe mais l’histoire fait le nid de l’inculture, elle la cache, la dissimule, l’habille devant un public ébahi qui sur facebook clique et reclique sur « j’aime » quand il devrait fuir. Le succès se mérite, il faut donc applaudir. Lorsqu’on va mélanger les histoires, on verra que les mêmes acteurs ont vécu plusieurs vies, que les mêmes inventions ont plusieurs auteurs et que finalement la mesure du temps est un immense mensonge mais il suffira d’un expert ou deux pour faire la synthèse de tout ça…

    #420002103589
    phip_3l2
    Membre

    Je constate que je ne suis pas le seul à avoir ce pessimisme marketo-journalistique Mr. Green

    Tout est dit. Le malheur est que ces « histoires » peuvent en cacher de plus légitimes. Comment discerner le vrai du faux pour nous humbles passionnés.

    J’aurais préféré me tromper lorsque j’ai plaisanté sur la découverte de Moinet, mais je pense que malheuresement de nos jours il y a plus de chance de tomber sur un bon mirage marketing que sur une découverte historique.

    #420002103590
    oliveka
    Membre

    je suis d’accord avec ce constat …
    mais je me dis aussi, que ces articles pseudo réchauffé cachent aussi un manque cruel d’actualité de nos marques préférées …
    quand il n’y a pas d’actualité à commenter, on ressort les vieilles histoires comme tu le dis ZEN.

    moi je suis vraiment inquiet du manque de ( vraies ) nouveautés … et surtout, que nous, sur FAM nous parlons de « toujours ou presque » des mêmes montres, avec les mêmes débats et les mêmes sondages … un sujet sur la Submariner ou la Speedmaster fera toujours plus de posts … et ces montres ont 60 ans …

    Tu posais ( aussi ) la question ZEN, de savoir quelles montres seraient les icones de demain … et bien je dirai, les mêmes qu’aujourd’hui.

    Olivier

    _________________

    _________________
    Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.

    #420002103591
    phip_3l2
    Membre
    oliveka a écrit:
    mais je me dis aussi, que ces articles pseudo réchauffé cachent aussi un manque cruel d’actualité de nos marques préférées …
    quand il n’y a pas d’actualité à commenter, on ressort les vieilles histoires comme tu le dis ZEN.
    Olivier

    Je suis d’accord pourquoi les marques se reposent autant sur leurs lauriers. C’est dommage de ne pas avoir de marques qui cherchent à sortir une montre mécanique abordable (ou pas) qui aurait une précision à la 1s/ par semaine par exemple, une montre avec des matériaux qui ne nécessites aucun entretien sur une vie (un peu comme swatch avec ses echapements en plastiques, mais avec des matériaux plus nobles).

    Pourquoi les marques d’aujourd’hui cherchent à se faire une réputation sur une pseudo histoire qui n’existe pas, au lieu de se faire comme à l’époque une réputation sur la qualité et la précision de leur production?

    Cela à déjà été dis mais à l’heure actuelle avec les technologies de conception numérique d’aujourd’hui comment se fait-il que nos montres soient moins précises que les vieux goussets de Zen !! Rolling Eyes

    #420002103592
    Le Güi
    Membre
    phip_3l2 a écrit:
    Cela à déjà été dis mais à l’heure actuelle avec les technologies de conception numérique d’aujourd’hui comment se fait-il que nos montres soient moins précises que les vieux goussets de Zen !! Rolling Eyes

    Bah les Chinois, faut le dire, sont quand même un peu moins bons que les Suisses pour faire des montres… (non, des parties de montre seulement, j’oubliais le grandiloquent « Swiss Made »!) batman

    #420002103593
    phip_3l2
    Membre

    Je ne pense pas que cela soit le problème, les chinois ne font pas de conception, ils exécutent des pièces conçus par les suisses (en tous cas pour les calibres « swiss made » Mr. Green ).

    Je pense que le problème viens du temps consacré au réglage, du télescopage des gammes au sein d’une marque ou d’un groupe.

    Mais là on est toujours sur des précisions classiques, on va dire COSC…

    Quand je parle d’innovation et de nouvelles technologies je parle de pulvériser le COSC (qui est amha largement obsolete.)

    #420002103594
    isochrone
    Membre

    Il me semble que l’industrie horlogère obéit à la même règle que les autres industries : le progrès a un sens et quand une marche est franchie, on ne revient jamais en arrière. Ce fut le cas de la lampe à pétrole, de la machine à vapeur, de l’écran cathodique, de l’avion à hélice, de la photographie argentique, des vidéo et son magnétiques, etc. . . Pendant des siècles, le progrès horloger a été l’amélioration de la précision et une marche décisive a été franchie avec le quartz.
    Si les montres mécaniques ont trouvé une nouvelle jeunesse, ce n’est plus en tant qu’instruments de mesure du temps, mais en tant que bijoux qui indiquent l’heure. Si on en reste au barillet à ressort et à l’échappement à ancre, les progrès possibles restent très marginaux. Il reste donc le créneau historique et patrimonial (rien d’étonnant pour moi).

    #420002103595
    phip_3l2
    Membre

    Oui c’est pas faux. Mr. Green

    Mais cela veut dire que l’on est dans le profit immédiat on ne cherche pas à démarrer une grande révolution dans l’horlogerie ce qui demanderait un certain investissement mais pourrait, si on obtient une précision proche de celle du quartz sur des mouvements auto, avoir un réel avenir, plus de pile poluante, plus de changement de pile à effectuer. Je pense que les arguments existent et son très pertinents pour notre époque.

    Malheuresement le profit immédiat et le fait de raconter de belles histoires aux nouveaux riches marche bien en ce moment, mais si le monde de l’horlogerie conserve ce cap, je ne donne pas cher de cet art dans 30 ans!!

    #420002103596
    Alecsendri
    Membre
    isochrone a écrit:
    Il me semble que l’industrie horlogère obéit à la même règle que les autres industries : le progrès a un sens et quand une marche est franchie, on ne revient jamais en arrière. Ce fut le cas de la lampe à pétrole, de la machine à vapeur, de l’écran cathodique, de l’avion à hélice, de la photographie argentique, des vidéo et son magnétiques, etc. . . Pendant des siècles, le progrès horloger a été l’amélioration de la précision et une marche décisive a été franchie avec le quartz.
    Si les montres mécaniques ont trouvé une nouvelle jeunesse, ce n’est plus en tant qu’instruments de mesure du temps, mais en tant que bijoux qui indiquent l’heure. Si on en reste au barillet à ressort et à l’échappement à ancre, les progrès possibles restent très marginaux. Il reste donc le créneau historique et patrimonial (rien d’étonnant pour moi).

    J’aime beaucoup ton analyse… Chinois

    phip_3l2 a écrit:
    Cela à déjà été dis mais à l’heure actuelle avec les technologies de conception numérique d’aujourd’hui comment se fait-il que nos montres soient moins précises que les vieux goussets de Zen !! Rolling Eyes

    Là je pense que tu vas un peu vite… Il y a aussi le fait que les volumes de production ont énormément augmenté par rapport à l’époque et qu’il n’est plus possible de régler aussi précisément une montre, réglage qui peut prendre un peu de temps… D’où une partie le surcout d’une certification COSC je pense: en plus du temps passé à faire les certifications, il faut aussi passer du temps à régler la montre.
    Des plus « velus » techninquement que moi nous confirmeront (ou pas!), mais quasi n’importe quel mouvement peut être COSCé pour peu que l’on passe le temps à le régler…

    #420002103597
    isochrone
    Membre
    phip_3l2 a écrit:
    Mais cela veut dire que l’on est dans le profit immédiat on ne cherche pas à démarrer une grande révolution dans l’horlogerie ce qui demanderait un certain investissement mais pourrait, si on obtient une précision proche de celle du quartz sur des mouvements auto, avoir un réel avenir, plus de pile poluante, plus de changement de pile à effectuer. Je pense que les arguments existent et son très pertinents pour notre époque.

    On n’est pas près d’obtenir une précision proche du quartz, qui lui aussi peut progresser.
    Quant aux piles, rien n’interdit de recharger une réserve d’énergie électrique par un système à inertie.

    #420002103598
    Zoltar1572
    Membre

    "…Moinet n’a influencé personne"

    Non, du tout, juste 2 traités horlogers épais comme une Bible que personne n’a lu, c’est d’ailleurs pour cela qu’il avait été nommé président de la société de chronométrie de Paris et qu’Abraham-Louis Breguet lui-même l’avait choisi pour qu’il écrive ses mémoires.

    Les journalistes, des pisses-copies? Mais c’est justement leur métier! (enfin, à la très écrasante majorité). Ce sont des employés, dont le rôle et d’être le laquais scribouillard de celui qui tient la gamelle. Rien de choquant dans cela.

    #420002103599
    Zoltar1572
    Membre

    Et pour ceux qui vomissent l’horlogerie Suisse, il y a l’horlogerie Japonaise, Chinoise et même Française (qui, concernant cette dernière, ne magouille absolument pas son pédigrée).

    Y’en a pour tous les goûts.

    Je vais me faire un plaisir, demain, de me promener à Bâle en compagnie des pisses-copies. En espérant quelques goodies, le reste je le jetterai à la benne (comme le font tous les journalistes, d’ailleurs. Seule la gamelle compte). Il y aura peut-être un peu de pognon à faire sur Ebay en vendant des chocolats Rolex périmés, mais "full set" Mr. Green

    #420002103600
    Manitou
    Membre

    Le story telling – une marque, qu’elle soit horlogère ou d’un autre domaine d’activité se doit de raconter une histoire, son histoire, dévoiler et cultiver son ADN.
    Rolex, Oméga, PP, vendent-ils un produit qui donne l’heure ?
    Red Bull vous vend-il une boisson qui vous désaltère ?
    Starbuck vend-il du café ?

    NON NON et NON.

    Je vous conseille de lire cet ouvrage :

    « Storytelling : La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits » de Christian Salmon
    Chinois

    #420002103601
    ZEN
    Membre
    Citation :
    Non, du tout, juste 2 traités horlogers épais comme une Bible que personne n’a lu, c’est d’ailleurs pour cela qu’il avait été nommé président de la société de chronométrie de Paris et qu’Abraham-Louis Breguet lui-même l’avait choisi pour qu’il écrive ses mémoires.

    Président de la société de Chronométrie de Paris… Un joli titre mais sans grand chose derrière hélas. Mécaniquement, Moinet n’a eu d’influence directe sur aucun horloger… Soyons honnêtes, la révolution historique s’est éteinte aussi vite qu’elle fut allumée. Il ne fallait pas s’y prendre comme Moinet s’y est pris pour valoriser ce compteur.

    _________________

    _________________
    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420002103602
    phip_3l2
    Membre
    Alecsendri a écrit:
    Là je pense que tu vas un peu vite… Il y a aussi le fait que les volumes de production ont énormément augmenté par rapport à l’époque et qu’il n’est plus possible de régler aussi précisément une montre, réglage qui peut prendre un peu de temps… D’où une partie le surcout d’une certification COSC je pense: en plus du temps passé à faire les certifications, il faut aussi passer du temps à régler la montre.
    Des plus « velus » techninquement que moi nous confirmeront (ou pas!), mais quasi n’importe quel mouvement peut être COSCé pour peu que l’on passe le temps à le régler…

    Je te trouve très gentil avec les manufactures là!!

    Plutôt que de payer 2 marketeux une fortune à écrire des histoires, si les manufactures prenaient quelques régleurs supplémentaires je ne suis pas sûr que cela couterait beaucoup plus cher!!

    De plus tu ne vas pas me faire croire qu’il faut un mois pour bien régler une montre, ni même une semaine, je pense qu’avec un bon chrono-comparateur en quelques jours il doit déjà être possible d’avoir un réglage pas mauvais. Et puis tu parles de cadences de production faut pas exagérer quand même tous les habitants de la planette ne porte pas de Rolex on est quand même dans un marché de niche avec des productions raisonnables.

    Je pense aussi qu’il est possible d’avoir des mouvements COSC avec n’importe quel mouvement, mais comme je l’ai dis au delà de l’investissement et du temps consacré au réglage je pense que le positionnement dans une gamme d’une marque ou d’un groupe joue beaucoup sur la précision, et c’est bien dommage.

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 36)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.