FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Actu: Mon horloger est un robot
- Ce sujet contient 30 réponses, 22 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Daniel.Lohill, le il y a 6 années et 3 mois.
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AuteurMessages
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24 juin 2020 à 4h38 #410000127562
ZEN
Membre- Citation :
- Des machines toujours plus perfectionnées remplacent les sous-traitants. Dans l’horlogerie, tous les segments vivent leur révolution industrielle. Avec plus ou moins de discrétion.
Le long des lignes de production, des dizaines de bras mécaniques s’activent sur de minuscules composants. Pas de trace d’un horloger. Les humains qui déambulent dans les couloirs aseptisés de l’usine Swatch de Boncourt (JU) sont «pilotes de ligne automatisée», «automaticiens» ou «graphistes». Drapés dans leurs blouses blanches, ils supervisent derrière leurs écrans les 170 étapes nécessaires à la fabrication du mouvement Sistem51.
Dans l’usine, les bras mécaniques continuent inlassablement à polir, visser et assembler chacun des 51 composants du mouvement de Swatch, guidés par leurs yeux de verre qui analysent une dizaine d’images par seconde. L’usine produit une montre toutes les six minutes. Un rythme impossible à tenir pour les humains.
La manufacture date de 2013. A l’époque, personne n’avait jugé que Swatch était entré dans l’industrie 4.0. Mais les temps ont changé. Drones livreurs, humanoïdes instructeurs ou accompagnants: les robots envahissent peu à peu notre quotidien. Et tout le monde ne parle plus que de la quatrième révolution industrielle, celle qui doit connecter les machines entre elles, depuis que Klaus Schwab en a fait la thématique principale du Forum de Davos 2016. Mais au-delà des cercles technophiles, on craint que l’économie 4.0 ne soit plus en mesure de créer suffisamment de postes de travail. Le mécanisme de «destruction créatrice» se serait-il enrayé? En 2016, le secteur horloger a perdu 2000 emplois, selon la Convention patronale de l’industrie horlogère. C’est plus de 4% des effectifs. La conjoncture est en cause, mais la tendance de fond est réelle.
Lire la suite
https://labs.letemps.ch/interactive/2017/longread-horlogers-robots/
24 juin 2020 à 8h12 #420003625820Bacalhaueiro
MembreArticle très intéressant, merci.
24 juin 2020 à 8h32 #420003625821Rocca
MembreOui, très intéressant.
Mais il n’y a pas que Swatch qui utilise de telles machines…
J’ai un ami qui travaille comme technicien dans une très grande marque suisse, il me le disait encore récemment : c’est 100 % industriel. Il n’y a presque plus rien qui est fait à la main. Le montage des bracelets par exemple, parce que les machines ne savent pas encore le faire…
Éternel problème. La machine supprime le travail des hommes, et ça ne date pas d’aujourd’hui (les canuts lyonnais qui jetaient dans la Saône les métiers à tisser, etc.)24 juin 2020 à 9h30 #420003625822Jotunn
MembreEffectivement ça n’est pas un phénomène spécifique à l’industrie horlogère mais répandu à toute les industries.
Le chômage dans nos sociétés est structurel, avant les gens travaillent dans les champs ou à la chaîne dans les usines.
Un robot c’est beaucoup plus facile à manager…Quant à l’horlogerie en effet il n’y a pas que swatch mais est ce une découverte? Un horloger présent lors de la rencontre moonwatch sur Lyon m’a affirmé avoir visité les usines roro et que les mouvements y étaient assemblés par des robots.
Personnellement d’un point de vue technique je n’y trouve rien à redire.
Cela pose plus la question de l’organisation du travail dans nos sociétés futures.27 juin 2020 à 0h21 #420003625823FD
MembreC’est bien…
Comme je n’y connais rien je me permets de donner mon avis.
Produire toujours plus, pour donner à consommer toujours plus, à des prix toujours plus bas, pour des gens de plus en plus en difficultés mais qu’on incite à consommer,
Car consommer c’est exister.
Tous ces biens ont une valeur à neuf délirante et une valeur résiduelle d’occasion déprimante…pas grave, dans l’intervalle tous les rouages économiques auront pris leur part, pas grave si, à la fin, quelqu’un est en difficulté, floué ou juste attristé.
Je conçois que l’on ne fabrique pas une Swatch plastique toutes les 6 minutes à la main.
Mais quand on produira tout avec des machines, qui achètera les produits finis, quels consommateurs, avec quels sous ?
L’entreprise doit avoir un rôle social et d’intégration par le travail, mais ce n’est que mon avis. On doit pouvoir vivre de ça et en être fier.
Il y a bien un moment où le système va se bloquer.
Des millions de produits sans acheteur…
Ou des millions d’ouvriers qualifiés et techniciens qui se rebellent…
Ou les machines se ligueront contre nous et les hommes devront fuir… Tien ce serait une idée de film ça, non ?

Il y a destruction mais création ?
27 juin 2020 à 0h45 #420003625824Grl_schuss
MembreCe n’est pas ce qui m’inquiète le plus. On trouvera toujours une solution de « répartition » des richesses même si « répartition » passera plutôt par concentration. Phénomène auquel on assiste depuis la chute du communisme. La mort de ce régime a permis à l’autre de ne plus « cacher » ses défauts.
Enfin, ce qui pour moi est plus inquiétant et la croissance infinie dans un monde fini. Croissance de l’économie, croissance de la population, mais la planète qui chaque année atteint son point de rupture de plus en plus tôt… et de manière exponentielle. Le jour du dépassement. Une crise écologique majeure aura, selon moi, beaucoup plus de risque d’arriver que le chômage de masse.
27 juin 2020 à 1h30 #420003625825MaitreRobinton
Membre- FD a écrit:
- C’est bien…
Comme je n’y connais rien je me permets de donner mon avis.
Produire toujours plus, pour donner à consommer toujours plus, à des prix toujours plus bas, pour des gens de plus en plus en difficultés mais qu’on incite à consommer,
Car consommer c’est exister.
Tous ces biens ont une valeur à neuf délirante et une valeur résiduelle d’occasion déprimante…pas grave, dans l’intervalle tous les rouages économiques auront pris leur part, pas grave si, à la fin, quelqu’un est en difficulté, floué ou juste attristé.
Je conçois que l’on ne fabrique pas une Swatch plastique toutes les 6 minutes à la main.
Mais quand on produira tout avec des machines, qui achètera les produits finis, quels consommateurs, avec quels sous ?
L’entreprise doit avoir un rôle social et d’intégration par le travail, mais ce n’est que mon avis. On doit pouvoir vivre de ça et en être fier.
Il y a bien un moment où le système va se bloquer.
Des millions de produits sans acheteur…
Ou des millions d’ouvriers qualifiés et techniciens qui se rebellent…
Ou les machines se ligueront contre nous et les hommes devront fuir… Tien ce serait une idée de film ça, non ?

Il y a destruction mais création ?
Tout cela est très juste et constitue une illustration de la vision de court terme des dirigeants économiques du monde d’aujourd’hui.
Il devient urgent que le politique et les citoyens derrière lui reprenne les rênes pour réintégrer un peu de long terme si on ne veut pas aller à la catastrophe si ce n’est environnementale au moins sociétale.
Et que l’on ne vienne pas me traiter de crypto-communiste, ce n’est pas du tout le sujet !
27 juin 2020 à 2h28 #420003625826FD
MembreTout à fait d’accord.
Pourtant je suis de droite et plutôt libéral, j’adore le travail…pour la satisfaction du travail bien fait. En tout cas c’est un de mes moteurs.
Dernier malaise pourtant : hier soir, je rentre tard du bureau et, devant mon immeuble, des gens en faisaient les poubelles.
Des gens en apparence normale (sans dénigrer, tout le monde étant habillé sur un modèle mondial de jean, baskets, t-shirt).
Une situation somme toute très habituelle.
Je suis chez moi, le soir, tranquille, et j’entends des gens fouiller mes poubelles.
Comme si c’était normal. On s’habitue à tout.
Viennent-ils, les malins, chercher un surplus de consommation débile qu’ils sauront utiliser,
Ou sont ils malheureux à ce point qu’il subviennent ainsi à leurs besoins. L’humiliation n’a plus de limites…
Et, franchement, je supporte ça de moins en moins bien.
27 juin 2020 à 2h45 #420003625827Daniel.Lohill
Membre- FD a écrit:
- Produire toujours plus, pour donner à consommer toujours plus, à des prix toujours plus bas, pour des gens de plus en plus en difficultés mais qu’on incite à consommer…
En l’occurrence, pour le secteur de l’horlogerie c’est produire plus et plus cher ;-).
Plus sérieusement, et cela n’engage que moi, j’ai l’impression que la jeune génération (millennials, génération Z) va potentiellement consommer différemment.
Dans mes amis proches, beaucoup accordent bien plus d’importance au fait de »vivre » plutôt que de posséder. Je suis convaincu que le changement s’enclenchera grâce à la prise de conscience des consommateurs.Pour en revenir à la question de la robotisation, le premier tampon sera les jobs les moins qualifiés.
Dans ce sens, c’est aux parents et surtout à l’éducation d’orienter efficacement les plus jeunes générations… et sur ce point, il y a beaucoup à dire.27 juin 2020 à 2h50 #420003625828DUF
Membreeffectivement, ca donne de moins en moins envie!
On a bien perdu le coté artisanal dans la majorité des grandes marques; mais cela fait des années; avec son volume je doute que Rolex puisse fabriquer ses montres sans ses robots par exemple!
toute la puissance du marketing, qui vend du rêve!! et on aime ça!!
27 juin 2020 à 3h26 #420003625829Manivel
Membre- MaitreRobinton a écrit:
- Tout cela est très juste et constitue une illustration de la vision de court terme des dirigeants économiques du monde d’aujourd’hui.
Ils ont une vision a long terme: de petites citées blindées ou ils prospèrent et tout autour une zone de non droit ou les survivants s’entre dévorent.
Le smicard ne les fait pas vivre de toute façon, autant qu’ils crèvent.Voila voila…
La beauté des montres et leurs complications me font encore rêver, mais plus envier.
Ça pue trop l’arnaque et une vision de la société catastrophique pour la plupart d’entre nous…27 juin 2020 à 3h39 #420003625830S.Monster
Membre- Grl_schuss a écrit:
- Une crise écologique majeure aura, selon moi, beaucoup plus de risque d’arriver que le chômage de masse.
Complètement d’accord, il ne faut pas sous-estimer mère nature, l’auto-régulation c’est elle qui la ferra, vu que l’homme n’est pas capable de la faire.
Après elle a plusieurs choix pour passer à l’acte:
-Disparition du courant Gulf Stream https://www.youtube.com/watch?v=CIJJ4X0cv94
-Inversion des poles magnetiques https://www.youtube.com/watch?v=-4zd1HkTgaU
-Augmentation des catastrophes naturelles http://geopolis.francetvinfo.fr/les-catastrophes-climatiques-du-xxie-siecle-23109
-Ou autres…27 juin 2020 à 3h44 #420003625831Invité
Membre- FD a écrit:
- …
Ou les machines se ligueront contre nous et les hommes devront fuir… Tien ce serait une idée de film ça, non ?

…
Trop tard, films déjà produits : Terminator
27 juin 2020 à 3h49 #420003625832metropolitan
Membre- Daniel.Lohill a écrit:
- Dans mes amis proches, beaucoup accordent bien plus d’importance au fait de »vivre » plutôt que de posséder. Je suis convaincu que le changement s’enclenchera grâce à la prise de conscience des consommateurs.
Attention danger… l’économie du partage, emprunter la perceuse pour avoir la fonction (percer le trou) plutôt que de posséder la perceuse, Rifkin, Uber, AirBnB, Blablacar & co, c’est bien joli vu de loin !
Avec une façade pseudo-ecologique et politiquement correct, cela cache en fait la pire des économies néo-libérale (nommé par certains l’économie des barbares… vous trouverez plein d’articles la dessus)Je cite un article :
« nous sommes face à un paradoxe où de réelles économies – qui devraient être favorisées par l’action publique – se trouve contrariées par le tropisme d’un profit,
échappant tant à la fiscalité qu’au bénéfice des usagers. Et ce, au nom d’un avantage collectif. »27 juin 2020 à 4h01 #420003625833Daniel.Lohill
Membre- metropolitan a écrit:
-
Attention danger… l’économie du partage, emprunter la perceuse pour avoir la fonction (percer le trou) plutôt que de posséder la perceuse, Rifkin, Uber, AirBnB, Blablacar & co, c’est bien joli vu de loin !
Avec une façade pseudo-ecologique et politiquement correct, cela cache en fait la pire des économies néo-libérale (nommé par certains l’économie des barbares… vous trouverez plein d’articles la dessus)Je cite un article :
« nous sommes face à un paradoxe où de réelles économies – qui devraient être favorisées par l’action publique – se trouve contrariées par le tropisme d’un profit,
échappant tant à la fiscalité qu’au bénéfice des usagers. Et ce, au nom d’un avantage collectif. »
Tu as raison de souligner la nuance, mais dans mon message je ne pensais pas à ce genre d’économie (qui je te rejoins est pervers). Je prends deux exemples :
1. je cherche un scoot en ce moment, je vais certainement m’orienter vers Peugeot qui produit encore un modèle entièrement en France. Néanmoins, je perds en rapport q/p… tant pis, je préfère savoir où mon argent va (au moins en parti). Certes cela implique de se renseigner un peu, mais internet permet de vraiment concevoir l’acte d’achat différemment.
2. pour mes 30 ans, au lieu de me faire un beau cadeau (à savoir une montre supplémentaire…), je me dis qu’il serait peut-être plus sympa de partir avec ma petite famille à quelques heures de Paris ou je vais pouvoir dormir dans une chambre d’Hôte, manger dans un restaurant du coin etc etc…
Certes c’est peut-être une vision un peu idyllique, mais à mon niveau j’ai l’impression que je dépense mon argent autrement.
- metropolitan a écrit:
- S.Monster
Complètement d’accord, il ne faut pas sous-estimer mère nature, l’auto-régulation c’est elle qui la ferra, vu que l’homme n’est pas capable de la faire.
Après elle a plusieurs choix pour passer à l’acte:
-Disparition du courant Gulf Stream https://www.youtube.com/watch?v=CIJJ4X0cv94
-Inversion des poles magnetiques https://www.youtube.com/watch?v=-4zd1HkTgaU
-Augmentation des catastrophes naturelles http://geopolis.francetvinfo.fr/les-catastrophes-climatiques-du-xxie-siecle-23109
-Ou autres…
Vision cynique… l’homme n’est-il pas capable d’être plus raisonnable ? J’ose espérer que oui… dans la négative, nous laisserons un héritage bien peu reluisant.
Certains pays réussissent à réguler »sainement » leur économie, à préparer et former leurs jeunes générations. Dans ce sens, si les dirigeants auto-centrés n’arrivent pas à insuffler le minimum de bon sens nécessaire, ne serait-ce pas à nous tous de changer nos habitudes et donc forcer l’économie à prendre la bonne orientation ?
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