Billet : Quand l’entrée de gamme remonte en gamme

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  • Ce sujet contient 38 réponses, 20 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par H, le il y a 3 années.
15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 39)
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  • #410000155319
    DON
    Membre
    Billet : Quand l’entrée de gamme remonte en gamme Citize11

    Billet : Quand l’entrée de gamme remonte en gamme

    Si vous suivez les billets sur FAM, vous pouvez constater l’évolution globale des marques. Dans de précédentes interventions, j’évoquais les chiffres des exportations horlogères suisses qui révèlent plusieurs tendances de fond : le haut de gamme tire littéralement la croissance du secteur qui afficherait des résultats inquiétants sans l’appoint du luxe. D’après la FHS, ce segment progresse ainsi de 15,6% par rapport à 2021 alors qu’en parallèle les autres segments évoluent tantôt négativement, tantôt en croissance molle.

    Billet : Quand l’entrée de gamme remonte en gamme Fhs_st10
    Source : Fédération Horlogère Suisse

    Ainsi, il n’est pas étonnant de voir que la bouée de secours du Swatch Group demeure Omega dont les ventes et les marges permettent au paquebot horloger de surmonter pour le moment les tempêtes. Pour autant, dire que seul Omega bénéficie des efforts du Swatch Group dans le développement de l’offre serait faux : des efforts ont été réalisés dans les autres marques du portefeuille du géant helvétique comme Tissot ou encore Mido notamment sans parler de Longines qui tente de rattraper son concurrent Tudor qui, entre-temps, est passé en une petite dizaine d’années du stade « Baby Rolex » à une marque plus respectée et à nouveau présente sur les marchés américains et européens alors qu’au début des années 2010 la marque n’était quasiment plus distribuée en dehors de la Chine avec d’ailleurs à cette époque une offre très quelconque.

    Mais toutes les marques ne peuvent pas s’offrir le luxe d’une relance avec les deniers de Rolex. Si nous nous intéressons aux autres marques et dans d’autres gammes, nous voyons une évolution notable dans leurs offres. Ainsi en entrée de gamme Timex s’est relancée de manière notable avec une offre en partie renouvelée avec les modèles Q. Si la gamme de prix reste très abordable, cette marque qui semble incarner les montres à quartz sympa et très accessibles propose de nouveaux modèles automatiques dont la qualité semble s’être améliorée comme le montre vos commentaires au sujet de la Giorgio Galli

    Il ne s’agit que d’un exemple. Bien plus proche de nous, nous pourrions citer Lip dont l’offre s’est mise à évoluer ces derniers temps. Ainsi, son offre quartz traditionnelle se voit remplacée progressivement par la montée de ses modèles mecaquartz mais pas uniquement. Son patron a révélé ici sur FAM le bouleversement de sa collection avec l’arrivée prochaine d’une nouvelle offre avec le retour des mouvements Franco-Suisses dans de futurs modèles visant à réoccuper un segment que la marque n’occupait plus depuis le milieu des années 70 suite à la conclusion de l’Affaire Lip. Selon les toutes dernières informations qui ont été confirmées, la marque bisontine historique va lancer très prochainement deux plongeuses équipées du G100 avec 70h de réserve de marche sans abaisser la fréquence avec des modèles dont les finitions seraient nettement plus hauts de gamme pour un peu plus de 1000 euros.

    Billet : Quand l’entrée de gamme remonte en gamme La_jou10
    Mouvement G100 de La Joux-Perret doté de 70h de RDM avec une fréquence de 28800 alt/h : nous le retrouverons bientôt auprès de plusieurs marques montant en gamme
    Source : The Naked Watchmaker

    Les marques japonaises ne sont pas en reste avec Citizen qui, si elle a réalisé un très beau coup avec le modèle Tsuyosa dispose d’une offre plus haut de gamme avec la Series 8 pour une assiette de prix autour de 1000 euros. Orient Star continue de même le déploiement de sa Diver 1964 pour un tarif de 1350 euros.

    Le phénomène ne s’arrête pas uniquement à ces exemples de montée en gamme. Seiko a fini par suivre la stratégie de remontée en gamme qui fut dans le passé l’apanage d’une grande partie des marques suisses. Dernier exemple en date chez nos voisins helvétiques, Breitling, présent auparavant dans le moyen de gamme, a été propulsée dans le luxe avec Georges Kern qui a restructuré l’offre de la marque et qui semble porter pleinement ses fruits. Le mirage du luxe et des marges plus confortables reste toujours la grande tendance du secteur horloger traditionnel. Reste à savoir combien de marques pourront réellement en profiter car bien des marques de luxe et de haute horlogerie se révèlent être des canards boiteux pour les groupes qui les possèdent. Il n’y a et il n’y aura pas de la place pour tout le monde sous le soleil.

    Pour revenir à l’entrée de gamme, les marques de ce segment sont obligées d’évoluer pour faire face à la concurrence des montres connectées. Si ces dernières viennent d’un autre secteur – l’électronique – elles apportent une nouvelle concurrence pour occuper les poignets des hommes et des femmes. Même s’il existe quelques offres plus haut de gamme, ces montres sont majoritairement en concurrence frontale avec l’entrée de gamme des montres mécaniques ou à quartz.

    Il reste alors aux marques d’entrée de gamme 3 choix :

    – le statut quo ou le choix suicidaire à moyen terme de ne pas évoluer
    – la différentiation en redynamisant l’offre pour la rendre à nouveau tendance tout en conservant le même positionnement sur les prix
    – le choix de la montée en gamme

    La montée en gamme n’est pas sans risque car ce qui est valable dans le luxe est également valable avec le moyen de gamme : pour planter son parasol sur la plage ensoleillée, il faudra batailler pour l’espace. La grande différence avec le luxe c’est que cette dernière reste en expansion alors que le moyen de gamme croit nettement moins vite, concurrencé à sa gauche et à sa droite. Ce n’est pas tout, les évolutions de la structure de notre société influence grandement la structure de l’offre des marques. Le retour d’une société en sablier avec d’un côté un phénomène ressenti de déclassement d’une partie notable des classes moyennes impose des contraintes sur la demande qui s’oriente dès lors vers l’entrée de gamme d’un côté et de l’autre vers le luxe qui est surtout porté par le développement des CSP supérieures dans les marchés émergents sans parler du segment dits des « upper upper classes » plus communément appelés ultra-riches chez nous.

    Cela peut paraître étrange : alors que le moyen de gamme connaît une évolution moins forte dans son ensemble en termes de chiffres, il semble rester des créneaux et des opportunités qui attirent de nombreuses marques. Je pense qu’au-delà des chiffres des évolutions du moyen de gamme, il faut regarder de plus près et voir les opportunités de ce marché globalement délaissé par nombre de marques suisses et qui laissent des créneaux importants aux autres acteurs. Ce n’est pas parce que ce marché peut évoluer à un seul chiffre globalement qu’il ne recèle pas d’opportunités pour ceux qui feront la différence. L’évolution de Tudor est à cet égard manifeste : un moyen de gamme solide et en développement est possible à condition d’offrir des modèles d’excellente qualité à des tarifs non pas inabordables mais suffisants pour permettre aux marques de séduire une clientèle en quête de montres au rapport qualité / prix / style élevé (ou du moins perçu comme tel par les clients) et sans l’excès d’enfumage d’une partie du luxe ayant perdu toute relation avec le réel.

    Comme dans un autre secteur, il y aura deux tendances alors : les marques qui proposeront à grand renfort de marketing l’image d’un faux luxe aux prix en apparence abordables mais à la qualité se rapprochant davantage de l’entrée de gamme et de l’autre des marques qui batailleront sur le terrain de la qualité pour proposer au meilleur tarif une offre optimale avec des prix plus justes en comparaison.

    La bataille du milieu de gamme ne fait que de commencer avec de nouveaux acteurs qui rentrent sur ce marché. Ne serait-ce pas là une opportunité pour un secteur qui a besoin cruellement de se renouveler et pour des clients qui veulent toujours de la qualité sans pour autant devenir des cibles de choix dans une société devenant de moins en moins sûre pour les porteurs de montres de luxe ?

    En restant disponible pour échanger sur ce sujet, je vous souhaite à tous une bonne fête de l’Assomption auprès de vos proches et je vous dis à très bientôt pour un prochain billet.

    Don, tous droits réservés
    #420004865877
    ChristopheH
    Membre

    Merci @DON, pour ton analyse Chinois

    #420004865878
    uncledave44
    Membre

    Réflexion très intéressante effectivement pour prolonger la discussion sur l’avenir de l’horlogerie française spécifiquement je partage ici une interview que j’ai trouvé passionnante de Julien Humbert Droz : https://youtu.be/5tdcfOQNufE

    #420004865879
    Invité
    Membre

    Merci pour ce billet.
    Citizen frappe fort avec son modèle Tsuyosa, assez incroyable comme rapport qualité prix.
    Le faux luxe attire beaucoup les nouvelles marques, forcément, vendre cher un piètre produit, c’est lucratif, un super marketing, quelques influenceurs efficaces, mais ce serait à terme un poison pour l’horlogerie.
    J’ai un peu hâte de voir les nouveautés de Lip, une belle marque avec une grande histoire et jusqu’à maintenant, je trouve qu’il réussisse fort bien leur retour.

    #420004865880
    tof-fvt
    Membre

    L’évolution de ce marché colle à une vilaine réalité…

    Les riches ont encore plus les moyens d’acheter du luxe, donc sont de plus en plus riches.
    Les classes ouvrières plus ou moyennes moins tirent de plus en plus la langue et ont de moins en moins les moyens
    L’augmentation des petits budgets peut venir du fait que les classes « moyennes » se rabattent sur du moins cher.

    Après l’évolution en valeur est bien plus impactée par les pièces de forte valeur donc au global le CA grimpe mais il ne se vend pas plus de montres…

    #420004865881
    Alt0201
    Membre

    Top ce billet.
    Merci

    #420004865882
    G&N
    Membre
    tof-fvt a écrit:
    Les riches ont encore plus les moyens d’acheter du luxe, donc sont de plus en plus riches.
    Les classes ouvrières plus ou moyennes moins tirent de plus en plus la langue et ont de moins en moins les moyens
    L’augmentation des petits budgets peut venir du fait que les classes « moyennes » se rabattent sur du moins cher.

    Ph. Martinez, sors de ce corps… ! Mr. Green

    #420004865883
    nephaste
    Membre

    Billet très intéressant. Merci DON.Chinois

    Pour ma part, c’est chez YEMA que je me suis fait plaisir récemment en entrée de gamme.
    Leurs derniers modèles proposés sont très sympa et ont un RQP vraiment correct.thumright

    #420004865884
    tof-fvt
    Membre
    G&N a écrit:

    Ph. Martinez, sors de ce corps… ! Mr. Green

    LOL
    Tu fais partie de ceux qui croient vraiment que ce sombre individu défend les classe moyennes et/ou populaires?
    Décidément ces sectes… pardon syndicats sont forts pour faire avaler des couleuvres! Mr. Green Mr. Green

    Pour se consoler on a encore des jolies marques qui proposent des choses géniales à des budgets serrés!

    #420004865885
    G&N
    Membre

    Ce type est Edit Modération : épouvantable et ta phraséologie me faisait penser à son catéchisme, maintes fois rabâché…
    Mais ce n’est pas vraiment le sujet.

    #420004865886

    Comme d’hab. un article à lire avec ce plaisir qui retient l’attention. Et en plus fait réflechir sur ses propres recherches nécessités horlogères.

    Pour ma part j’ai remarqué que certaines marques récentes (ou émergentes) commençaient à proposer des créations motorisées par des mouvements de plus en plus cheap mais finalement proposent leurs montres +3 x plus chères que la montre d’origine qui utilise ce mouvement. (Depancel avec le ST1901 sur un chrono annoncé à plus de 650€ et une Seaugull swan neck à 220€ sur la zon).

    Et ce n’est sûrement pas le seul exemple à disposition. Mais il rentre parfaitement dans le créneau de prix cités comme moteurs dans cet article.

    Après la lecture hier soir et avant de poster ce commentaire je me suis tout de même pris à penser que l’esprit du temps est vraiment à l’ivresse.
    Ivresse des grands espaces pour tout le monde, ivresse du luxe pour chacun, ivresse de richesse pour soi, ivresse d’exception, de pouvoir. Ivresse d’ivresse même. Les prix s’envolent et tout le monde plane. L’aveuglement semble intense; À lire les annonces de revente le paracetamol semble ne pas satisfaire tous les besoins curatifs de la gueule de bois…

    #420004865887
    tof-fvt
    Membre
    G&N a écrit:
    Ce type est Edit Modération : épouvantable et ta phraséologie me faisait penser à son catéchisme, maintes fois rabâché…
    Mais ce n’est pas vraiment le sujet.

    C’est vrai que ça n’est pas le sujet, après ma première intervention est aussi à prendre sur le ton sarcastique aussi, pas forcément au premier degré!

    Ceci étant dit, la barre des 500 CHF/EUR a été franchie par un certain nombre de modèles que l’on trouvait à 250/300€ et qui maintenant sont au dessus des 500 ; je pense à certaines Orient, Orient Star, il y a plein d’exemples ; il serait intéressant de savoir combien il y a de montres proposées aux catalogues des fabricants sur chacun de ces créneaux de prix pour les comparer aux chiffres de vente.

    J’ai l’impression que la plage 200-500 se tarit un peu au profit de la 500-3000, sans compter que la largeur de ces plages joue aussi.

    Ce sujet est passionnant et pourrait être discuté longuement.

    #420004865888
    G&N
    Membre
    tof-fvt a écrit:
    C’est vrai que ça n’est pas le sujet, après ma première intervention est aussi à prendre sur le ton sarcastique aussi, pas forcément au premier degré!

    Absolument.
    Je l’avais d’ailleurs bien compris Wink

    Par ailleurs, ce billet est effectivement intéressant.

    #420004865889
    isosta
    Membre

    Billet très intéressant qui, à mon avis reflète bien la réalité du marché.

    Deux remarques :

    Quelle est la part des « nouvelles marques » qui je pense sont en train de prendre une vraie place en entrée de gamme ?

    Quid des fourchettes de prix indiquées par la fédération horlogère Suisse ?
    Si les choses n’ont pas changé elles sont communiquées en prix de vente HT sortie de manufacture.
    Ceci fait une grosse différence avec le prix de vente public TTC des différents marchés.
    Vu sous cet angle (si c’est bien toujours le cas) il faut au minimum multiplier les prix par 4 ou 5
    pour arriver à un prix public TTC.

    Isosta

    #420004865890
    DON
    Membre
    jacno1977 a écrit:
    Merci pour ce billet.
    Citizen frappe fort avec son modèle Tsuyosa, assez incroyable comme rapport qualité prix.
    Le faux luxe attire beaucoup les nouvelles marques, forcément, vendre cher un piètre produit, c’est lucratif, un super marketing, quelques influenceurs efficaces, mais ce serait à terme un poison pour l’horlogerie.
    J’ai un peu hâte de voir les nouveautés de Lip, une belle marque avec une grande histoire et jusqu’à maintenant, je trouve qu’il réussisse fort bien leur retour.

    Citizen a frappé très fort et au-delà du modèle Tsuyosa que j’ai moi-même acquis à titre privé, la stratégie globale du groupe japonais me semble pertinente. Le modèle Tsuyosa sert de tête de gondole permettant au groupe d’attirer davantage l’attention sur l’ensemble de son offre. Possédant Miyota, ils ont l’avantage concurrentiel de pouvoir faire des prix compétitifs par rapport au marché avec leur mouvement d’entrée de gamme. Un cran au-dessus, ils ont bien poussé leur 9015 qui me paraît être un bon compromis. Enfin, le G100 via La Joux-Perret (racheté par Citizen il y a quelques années) permet d’avoir une offre complète avec des mouvements plus hauts de gamme avec des caractéristiques techniques supérieures par rapport à nombre de ses concurrents pour un prix certes supérieur aux précédents mouvements cités mais accessibles pour permettre de prendre le relais du 2824.

    Voir Lip recourir au nouveau mouvement G100 n’est pas anodin, la marque bisontine a attendu d’avoir les reins suffisamment solides avant de partir à la reconquête de son ancien cœur de marché or Lip aurait pu recourir à d’autres mouvements comme ceux de Soprod ou de Sellita par exemple mais ils ont fait le pari d’un nouveau mouvement prometteur et qui semble bien né. Avec Lip, nous sommes loin d’une micro-marque, c’est une entreprise de près de 140 salariés qui est en plein (re)développement. De mon côté, collectionnant les anciennes Lip (au même titre que les anciennes Zenith et Omega entre autres mais aussi les marques américaines de la grande époque) – toutes gammes confondues – je suis très attentif aux prochains lancements. J’attends la marque au tournant pour voir ce que les prochains modèles vont nous réserver.

    uncledave44 a écrit:
    Réflexion très intéressante effectivement pour prolonger la discussion sur l’avenir de l’horlogerie française spécifiquement je partage ici une interview que j’ai trouvé passionnante de Julien Humbert Droz : https://youtu.be/5tdcfOQNufE

    Merci beaucoup pour avoir fourni cette vidéo qui permet d’avoir un aperçu global des activités d’Humbert Droz Chinois

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