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ZEN, le il y a 8 années et 10 mois.
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23 avril 2017 à 21h10 #420003574831
ZEN
MembreLéon Morane au ZenithL’un des pionniers les plus représentatifs de la conquête de l’air est sans doute Léon Morane. Des frères Morane, il est l’aîné, d’un an de plus que son frère Robert. Léon est né le 11 avril 1885. Enfant, il s’intéresse à la technique, aux mécanismes … A 10 ans, il bricole des tricycles et traine son frère derrière lui dans une petite charrette accrochée à son « vélo ». Le terme viendra plus tard.
Morane n’est pas vraiment un casse-cou mais il a l’ivresse de la mécanique et est fasciné par ce qui vole. Il obtient à 25 ans en 1910, le brevet de pilote numéro 54. Porteur de montres Zenith, il va sur un avion Blériot, autre adepte de la manufacture du Locle, battre les premiers grands records du monde de vitesse en dépassant les 108 km/heure, puis la même année, le 3 septembre, il va à Trouville, battre le record mondial d’altitude en faisant monter son avion à 2584 mètres.

Il faut se souvenir que 10 ans plus tôt, les avions faisaient des bonds de quelques centaines de mètres et ceci en basse altitude. A peine un mois plus tard, le 5 octobre 1910, les deux frères sont en avion, en compétition pour la course du trophée Michelin entre Paris et le Puy de Dôme. Leur avion s’écrase durement les blessant grièvement.
Il en faudrait beaucoup plus pour que ces deux pilotes passionnés renoncent et Léon va s’associer à Raymond Saulnier pour créer la Société Morane-Saulnier le 10 octobre 1911. Cette société fabriquera des avions. Robert devient pilote d’essai de la nouvelle compagnie. La guerre va transformer l’aviation dans un premier temps cantonnée aux missions de repérage. Les pilotes revendiquent de pouvoir se battre. Les premiers combats aériens se font avec des armes classiques que le pilote tient d’une main en conservant de l’autre main les commandes de l’appareil.
Ensuite des mitrailleuses sont placées à l’avant et les balles passent entre les hélices blindées pour la circonstance afin de ne pas provoquer d’incident de vol. Lorsque les balles ricochent, cela peut être très dangereux pour le pilote et plus d’un sera blessé de cette manière. La première guerre mondiale verra tomber des centaines de pilotes et verra naitre une poignée de héros qui construisent leur notoriété sur le nombre d’avions abattus dans le camp ennemi et la difficulté des missions accomplies.
En 1918, Léon Morane a 32 ans, la vie devant lui et des projets pleins la tête. La Grippe espagnole va pourtant le faucher le 9 octobre 1918 comme des millions d’Européens. Son frère mourra 50 ans plus tard après une vie d’aviateur héroïque pionnier des airs.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h17 #420003574832ZEN
MembreL’histoire de la préservation du El primero de ZENITHEn 1971, ZENITH à bout de souffle et financièrement exsangue devient la propriété de la firme américaine ZENITH Radio Data corporation de Chicago. Contrairement à l’idée reçue la firme ne s’empare pas de la manufacture mais celle-ci est heureuse de trouver les nouveaux actionnaires que les dirigeants de ZENITH sont allés chercher dès lors que toute l’industrie suisse en crise ne démontre aucune solidarité à son égard malgré des tentatives de rapprochement recherchées par les dirigeants de la marque.
La firme américaine fait rapidement le constat que ses ambitions de créer un grand pôle horloger avec la manufacture du Locle seront compromises dès lors que celle-ci est peu engagée dans la production de calibre à quartz et les achète à l’extérieur.
Les Américains tentent rapidement de limiter la casse et leurs pertes sont telles qu’ils annoncent la fin dès 1975 de toute production mécanique.
Charles Vermot est découragé à cette idée et prend seul l’initiative sans en référer à sa hiérarchie d’écrire à la nouvelle direction son désaccord profond et tente d’expliquer que la crise est temporaire. Il risque sa place mais probablement perçu comme un marginal, ne recevra pas directement de réponse si ce n’est un ordre répercuté par sa hiérarchie de livrer à la destruction machines, étampes et outillages dédiés aux montres mécaniques pendant que la Direction de ZENITH est chargée de revendre les ateliers du Pont de Martel où sont produits depuis 1969 les El Primero dans les anciens ateliers de Martel Watch.
Charles VermotLes ateliers sont vendus à une entreprise agro-alimentaire.
N’écoutant rien de l’ordre donné, Charles Vermot (dit Charly) entreprend de classer, étiqueter et ranger avec précaution toutes les étampes du El Primero et d’écrire dans des cahiers tout le processus de fabrication du mouvement et toutes les recettes qui en font les secrets de préparation. Les plans, les fiches techniques sont également répertoriés et classés avec soin.La manufacture du Locle est grande et personne ne vient contrôler si les locaux vendus sont pleins ou vidés alors Charly range dans un des greniers autrefois atelier au moment des heures de gloire , quand il y avait 1000 personnes qui animaient la manufacture et la transformait chaque jour en une fourmilière.
Chaque décision des Américains est commentée vertement par Charly qui défend l’horlogerie mécanique auprès de ses collègues résignés même s’ils caressent tous l’espoir d’un retour à la propulsion mécanique des montres.
Le domaine d’activité est peu prospère et en 1978, les Américains ne voient plus l’intérêt de posséder cette manufacture quand l’électronique impose d’autres investissements. Il revendent ZENITH aux Suisses…
ZENITH peine à relancer son outil de production et à se refaire une place malgré toute la passion de la nouvelle équipe de direction. En 1982, Ebel s’intéresse au mouvement dans sa version avec phase de lune pour ses propres collections et en assemble quelques dizaines sortis des stocks disponibles depuis 1975.« Un intermédiaire » présente le El Primero à Rolex en version classique qu’il a fait assembler sur des modèles qu’il commercialise après avoir racheté les stocks restants chez Zenith. Rolex en possession de cette montre en examine le mouvement et les ingénieurs de la marque dressent un cahier des charges des adaptations qu’ils voudraient y voir si la Direction choisit ce mouvement pour ses Daytona.
La Direction de ZENITH se tourne vers Jean-Pierre Gerber, directeur Technique, pour étudier la faisabilité d’une remise en fabrication. C’est à ce moment que Charles Vermot vit l’un des plus beaux moments de sa vie et les larmes aux yeux explique tout ce qu’il a mis en oeuvre en 1975 pour qu’un jour, son protégé soit à nouveau fabriqué…
Il faudra 2 ans pour « relancer la machine » et c’est en 1984 que les premiers El Primero sortent des ateliers du Locle… Un atelier spécial travaille pour Rolex qui, conciliant, a « payé d’avance » certaines livraisons et offert sa garantie donnant à la marque du Locle les moyens des investissements indispensables à la remise en fabrication de son mouvement mythique.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h21 #420003574833ZEN
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C’est en 1993 que ZENITH présenta pour la première fois la Rainbow et en lança en fin d’année la commercialisation. La marque étoilée reprenait les recettes éprouvées avec son modèle dit « De Luca » du nom d’un distributeur Italien qui en avait commandité une réalisation adaptée à son propre marché et dont ZENITH avait généralisé la distribution.
Le modèle « étanche » préexistant datait d’avant l’arrêt de la production du el Primero en 1975. Le cadran en était différent avec des index de forme rectangulaire au tritium, des aiguilles « lance », des poussoirs classiques non protégés et la simple mention « Automatique » sur le cadran sans référence au El Primero.
Avec la Rainbow, ZENITH voulait tirer vers le haut sa collection en offrant un nouveau boitier sportif à son calibre prestigieux, boitier équipé d’un verre saphir, d’une lunette tachymétrique fixe ou tournante pour des modèles de plongée puis propres aux pratiques aéronautiques et susceptibles de bénéficier d’une étanchéité adaptée à tous les usages.
La boite n’abritait pas d’ailleurs que le El Primero mais aussi des calibres classiques dont à partir de 1995, le fameux Elite élu calibre de l’année par la presse spécialisée Allemande l’année de sa sortie en 1994.
Au-delà du boitier caractéristique ZENITH a offert à sa montre outre des bracelets cuir des bracelets acier dont le confort demeure une référence rarement égalée.
Le modèle démarre le nouvel esprit de ZENITH pour repartir à la conquête du milieu de gamme de qualité. En 1993, les responsables de l’époque de ZENITH, sous la Direction de François Manfredini et Didier Leibundgut, sont convaincus que la montre mécanique va connaitre un nouvel essor et qu’il faut jouer la carte de la manufacture au travers de modèles misant sur la qualité. ZENITH sort donc de sa timidité et des modèles produits à coût limité comme pouvait l’être la De Luca.
Avec la Rainbow, ZENITH soigne la finition, le choix du bracelet massif et confortable. Le choix de la boite se fait en cohérence avec celle des Chronomaster qui seront la version chic d’une collection totalement redessinée dès le catalogue 1994. L’objectif est de purger la collection des ses dessins de boites passées et de se placer en rupture totale avec les années quartz. L’opération n’est pas simple car à cette époque les détaillants ont de gros stocks de montres à quartz dont Zenith les a inondés pendant des années.
Tout le monde retrousse les manches. Les détaillants jouent à fond le jeu du renouvellement, ZENITH leur offre des tarifs préférentiels dans son catalogue professionnel « Bonnes affaires » pour vider les stocks de montres à quartz.La Rainbow immédiatement adoptée par le public et par la presse connait un vif succès notamment pour certains modèles plus particulièrement encore sur les marchés nord-américains ou italiens. Tel fut par exemple, le cas du modèle de plongée acier et or à cadran bleu dont les rares modèles encore en stock ou d’occasion chez quelques revendeurs s’arrachent entre collectionneurs.
La présentation à la foire de Bâle en 1997 puis la production en novembre de cette même année du modèle Fly-back après un appel d’offres lancé par l’armée Française en 1995 paracheva le succès de la collection Rainbow.
La montre remarquable par ses couleurs d’abord distribuée sur un bracelet acier puis sur cuir et enfin en version à cadran et lunette noirs reçut l’adhésion rapidement des amateurs de calibres haut de gamme dans des montres faites pour résister aux sports extrêmes avant d’être prisée aujourd’hui des collectionneurs qui la laissent rarement s’éterniser sur les présentoirs…Les stocks sont importants, la régulation de la production est un peu un problème à l’époque et ce depuis la création de la marque.
ZENITH se refait une image et prépare dans l’ombre des « coups » médiatiques avec sa Rainbow Fly-back mais courant 1998, Paul Castella le propriétaire décide de céder ZENITH. Il se confie à François Manfredini et à certains collaborateurs de la marque. Les groupes du luxe sont en pleine moisson de firmes horlogères. LVMH s’est fait griller pour IWC et Jaeger LeCoultre. ZENITH n’a pas tenté Richemont qui au vu du prix, de l’outil de production et de son ancienneté a reculé. LVMH saisit l’affaire …
Le groupe découvre l’horlogerie, la manufacture, et apporte ses équipes de Direction, Thierry Nataf arrivera un peu plus tard. L’analyse faite par LVMH débouche sur la conclusion qu’il faut pousser l’image vers le haut de gamme car le calibre est vendu sous sa vraie valeur comparativement aux autres marques. Par ailleurs, il faut investir rapidement pour un renouvellement complet de l’outil de production. Comme toujours dans ces cas là, chacun croit avoir la solution…
La Rainbow est considérée comme scotchant l’image de ZENITH vers le milieu de gamme, le modèle est arrêté car en outre, son dessin est analysé comme ayant vieilli. La Fly-back passe à la trappe avec le modèle principal. La décision est subite et les stocks seront lâchés sur tous les marchés pour donner de la trésorerie et rééquilibrer les stocks. On est en 2001.
Ventes privées, marchés asiatiques et américains sont indirectement ou directement inondés de montres qui sont discountées. Certains hurleront à l’erreur mais comment avancer avec 2 ans de stock ?
La Rainbow reste au catalogue jusqu’en 2002 et sera affichée avec les augmentations de prix que ZENITH doit appliquer pour équilibrer sa situation financière. Le réseau de distribution est modifié, réduit pour éviter que des montres ne dorment en vitrine des mois et ne cassent l’image de la marque. Les revendeurs haut de gamme qui auparavant refusaient ZENITH car pas assez haut de gamme, se mettent à courir pour obtenir la distribution car c’est LVMH qui a pris les commandes.
Les petits détaillants qui avaient fait le tissu de la distribution sont abandonnés, le nombre de points de vente réduit, les marchés étrangers fouillés et cap est mis sur le haut de gamme …Ce sera le début d’une autre aventure…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h23 #420003574834ZEN
MembreZenith – Une page d’histoire d’amour cachée
Georges Favre Jacot est né le 12 décembre 1843 dans une famille sans fortune peuplée d’horlogers. Très tôt à l’âge de 9 ans, on lui fait quitter l’école et affronter la vie par l’apprentissage du métier de tourneur pivoteur. De l’enfant élevé avec dureté, naitra un adolescent indépendant au caractère trempé quand, à l’âge de 13 ans, il commande déjà d’autres apprentis et impose ses vues à un patron dont il claque la porte pour cause de désaccord. Sa décision est prise, il travaillera « en indépendant ».
Sa force de caractère, son tempérament d’entrepreneur et son charisme séduisent une jeune horlogère, fille elle-même d’horloger qu’il épouse à 20 ans en 1863 alors qu’il n’est pas encore majeur. De cette union, naîtront 5 filles et un garçon, Adrien, qui disparaîtra très jeune en 1916.
Fernande, la seconde fille du couple voit le jour en 1870. Son caractère est tout à l’opposé de celui de son père. Ce dernier a créé en 1865 une fabrique horlogère sur le lieu-dit des Billodes. D’abord assembleur de mouvements achetés à des sous-traitants, il conceptualise rapidement ce que sa manufacture doit devenir et met au point des calibres qu’il fabrique de manière autonome.
Le concept même de manufacture, il le tient d’expériences naissantes en Suisse et de l’exemple américain qui occupe les conversations des horlogers suisses qui découvrent des montres très bien finies par des manufactures qui maîtrisent l’interchangeabilité des pièces.
Georges Favre Jacot n’est pas un gestionnaire d’entreprise, c’est en fonceur qu’il avance jouant de son instinct pour orienter son entreprise vers le succès. Le patriarche qu’il est règne sur le canton de Neuchâtel où il accumule les propriétés foncières et aime à réunir toute la famille le dimanche, unique jour de repos de la semaine.
Des enfants qui jouent, il ne voit pas grand chose, pas plus qu’il ne s’aperçoit que sa fille adolescente a l’oeil qui s’illumine quand elle retrouve son cousin germain James Favre à l’occasion des rencontres familiales. Les deux adolescents s’ouvrent en même temps à la vie et du tendre sentiment qui les unit naît un amour profond qui en fait fusionner les âmes.
Georges Favre Jacot embauche en 1882 son jeune neveu au sein de la manufacture. Il est à l’époque d’usage de faire travailler toute la famille auprès de soi. Georges Favre Jacot ignore tout de ce qui relie James et Fernande et quand il l’apprend de la bouche même de sa fille, c’est la fureur qui l’envahit. Il n’est pas question que sa propre fille, celle qu’il chérit par dessus tout, épouse son cousin. On est dans les dernières années du siècle et les mariages entre cousins sont déjà des choses que la société tend à refuser. On ne sait pas grand chose des échanges entre James et Georges sinon que la colère a dominé leur rapports et que James a contenu beaucoup de sa personnalité elle aussi trempée pour éviter la rupture avec son oncle dont il craignait qu’elle ne l’éloigne de Fernande.
Le couple se voit en secret et échange de tendres lettres dans lesquelles Fernande déclare inlassablement sa flamme à James qui supporte de plus en plus difficilement l’autoritarisme de son oncle.
« Mon attachement devient si grand pour vous que la séparation sera toujours plus pénible, ma seule consolation est de penser qu’un jour je vous appartiendrai…./ …Vous connaissez maintenant mes sentiments, que mon seul but est de vous rendre heureux, je serai pour vous la femme aimante et dévouée, je supporterai toutes les peines et me sacrifierai entièrement pour vous, ayez confiance en l’avenir, toute votre affection vous sera rendue. Je suis à vous pour la vie et vous donne ma parole la plus sacrée !! » ( C’est Fernande qui souligne elle-même ses propos). Le 6 février soit 5 jours plus tard, elle laisse sur un carton ces quelques mots «N’abandonnez jamais celle qui vous aime et qui n’attend plus le moment de pouvoir créer une nouvelle vie à son bien aimé ! Votre fidèle Fernande ».
Georges Favre Jacot refuse de partager un quelconque pouvoir sur la manufacture avec son neveu. Malgré tout, il se préoccupe davantage de la production et délègue à son neveu la charge de développer la diffusion commerciale des montres de la manufacture.
Il est plus que probable que le souci de Georges fut d’éloigner James de Fernande. En envoyant son neveu parcourir le monde à une époque où les voyages sont longs et où les délais d’acheminement du courrier rendent impossibles d’épistolaires échanges romantiques, Georges a la certitude que sa fille oubliera cet amour et que son neveu à l’autre bout du monde aura en tête d’autres idées que l’amour de sa cousine.
Le couple a pourtant décidé de se rapprocher et dans une fronde amoureuse de s’aimer malgré tout, malgré un contexte familiale hostile, malgré un environnement sociétal défavorable et un lien de sang réputé rendre cette union insurmontable.
Ni le silence imposé par la séparation organisée par Georges, ni la distance due aux voyages qu’entreprend James ne vont séparer le couple. On croit souvent à tort que le silence et la distance éloignent les êtres alors qu’il n’en est rien, bien au contraire, ils les rapprochent jusqu’à la fusion des esprits.

En 1904, c’est à Francfort puis aux Etats-Unis que Georges expédie son neveu pour y explorer et développer le marché allemand puis américain et y observer les techniques de travail des manufactures d’outre Atlantique. Ce voyage marquera un tournant dans l’histoire de Zenith car James en ramènera des techniques de fabrication et un agencement des ateliers améliorant sensiblement la rationalisation des tâches et donc la rentabilité de l’outil industriel développé par Georges.
Ces voyages sont durement vécus par le couple que la longue séparation affecte. Fernande écrit à James …
« Billodes 21 mars 1904, Lundi soir
Mon James !! mon seul amour !!
Les heureux moments passés ensemble avant votre départ restent gravés dans mon cœur, le tendre souvenir de votre premier baiser est ineffaçable… Je vis heureuse du doux sentiment de votre amour lequel me soutient et me donne du courage. De plus en plus je sens combien je dois apprécier votre âme noble, votre bon coeur ; vous êtes toute ma joie et mon bonheur ! je vous dois toute ma reconnaissance de posséder votre amour !
Votre dernière parole en me quittant était : nous nous aimons bien.
James !! mon cœur, je ne pourrai plus vivre sans vous. La mort seule peut nous séparer, votre vie est la mienne… je veux vous aimer comme votre tendre mère désirait que son cher fils soit aimé !! vous pouvez compter sur moi, je vous donne ma parole la plus sacrée.
Je ne puis me faire à l’idée que vous êtes loin de moi ; je sens que j’en souffrirai beaucoup, ma seule consolation est de toujours penser à vous, à vous amour.
Je n’attends plus le moment de pouvoir causer à papa, quel soulagement ce sera pour moi de lui faire connaître nos sentiments ; dieu veuille que papa consente à notre union, je veux lui parler très ouvertement ; je veux que papa reconnaisse tous les torts qu’il a eu vis-à-vis de vous ; par moi il entendra tout [sic] l’estime que vous devez mériter, enfin comptez sur moi, je veux tout sacrifier pour vous…Dans l’espoir que vous recevrez ma lettre à temps et que vous aurez fait bon voyage jusqu’à Francfort, votre pauvre isolée vous envoie le plus doux, le plus tendre baiser.
Votre fidèle Fernande. »L’idée du mariage de James avec sa plus jeune fille Fernande vient très vite après 1904 et provoque la colère de Georges Favre Jacot non seulement parce qu’il a échoué dans la tentative de séparation des jeunes amoureux mais encore parce qu’il sait qu’il ne refusera pas à sa fille le bonheur qu’elle trouve avec James qu’il voit prendre du poids dans la gestion de la manufacture face à un conseil d’administration qui entend de plus en plus les recommandations du jeune homme et de moins en moins les colères du fondateur de la maison horlogère.
De refus en tergiversations, Georges finira par accepter cette union pour le bonheur de sa fille sans nul doute et aussi probablement avec la perspective de mieux cerner au sein de la famille les intérêts de la manufacture.
En 1911, James succède à son oncle à la tête de Zenith dans un tonnerre de déchirements d’intérêts divergents et dans une dispute familiale que seule cette belle et exceptionnelle histoire d’amour permet d’effacer.
Cette histoire totalement tirée des faits de l’époque permet de constater que l’amour triomphe de tout et même de la raison des autres quand le coeur prend les commandes et laisse à leur juste place ce que les sentiments doivent ignorer.https://famontres.com – Texte déposé – Droits de reproduction réservé – ZEN – Octobre 2008 –
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h26 #420003574835ZEN
MembreOn est en 1913. Certains croient encore que la guerre n’est qu’une rumeur et que le siècle apportera la paix. En Suisse, les manufactures d’horlogerie tournent à plein régime comme leurs concurrentes américaines qui vendent de mieux en mieux leurs productions en Europe et en particulier en Grande Bretagne.
Ce 21 janvier est en France une année de forte pluviométrie. Le bassin Parisien et tout le Nord-Est sont encore gorgés d’eau et après les grandes inondations de 1910, la population s’angoisse à l’idée de devoir abandonner les maisons et nettoyer les dégâts. « On a de l’eau jusqu’aux genoux » écrit un Auvergnat exilé près de Paris. » Nous ferons notre affaire de toute cette eau… »
Poincaré va céder la place à Aristide Briand. L’hiver est glacial et on n’arrive pas à réchauffer les maisons. Les ateliers d’horlogerie sont éparpillés sur le territoire suisse car faute de moyens de transport, il faut les installer à proximité des zones où vivent les ouvriers. On a recours au travail à domicile et les manufactures regroupent les travaux les plus complexes ou nécessitant des machines coûteuses et indispersables.
Fanny travaille au Locle chez ZENITH, on y est bien avec des semaines à 58 heures rythmées par la sirène. Les samedis sont travaillés mais quoi faire quand le sol est gelé ? C’est à pied que l’on vient parfois de plusieurs kilomètres prendre son travail. La neige, ici on connait alors on sait isoler ses pieds avec des chaussettes de laine ou du journal. Le froid ne fait pas peur. Fanny travaille au polissage des boites qu’elle termine et fréquente depuis quelques mois Philippe à l’atelier d’outillage.
Ils se voient pendant les pauses et le soir il la raccompagne chez elle. Ils discutent et suprême récompense, elle l’embrasse tendrement sur la joue à l’arrivée. Ce moment délicieux vaut bien les 4 kilomètres à pieds du détour.
Un 21 janvier 1913 finalement comme les autres jours se profile sauf que le contremaitre a dit aux filles de se faire belles car un photographe doit venir immortaliser leur travail. Le photographe fige les images et les oblige à se statufier le temps de charger la plaque de la chambre en bois de la lumière qui va l’impressionner.
Fanny est belle, elle rayonne à l’établi comme dans la vie et illumine la photo autant que le soleil qui éclaire la pièce. Coiffée avec une élégance folle d’un chapeau pour protéger ses jolis cheveux châtains des poussières d’argent. Son profil séduit le photographe qui fixe pour l’éternité la beauté de ses 24 ans sur la plaque. C’est aujourd’hui l’anniversaire de Fanny et ce soir, elle fera a Philippe la promesse de passer un peu plus de temps avec lui dimanche prochain.
L’insouciance des êtres, le romantisme de Fanny et son amour pour Philippe ne seront que très peu altérés par la guerre qui se prépare. Non leur combat à eux viendra juste à la fin de la guerre pendant laquelle ils uniront leurs destins. C’est d’Espagne que soufflera le rappel aux réalités du malheur. La grippe espagnole décime entre 1918 et 1919, 30 à 40 millions d’Européens officiellement et probablement plus de 100 millions de personnes dans le monde, chiffre qu’on dissimule aux populations pour cause de fin de guerre. On y perd Guillaume Apollinaire.
Fanny et Philippe protègeront comme ils peuvent l’enfant né de leur union et voient disparaître leurs parents et un frère. Pas une famille n’échappe à une disparition. On se compte chaque semaine comme pour se rassurer et on se méfie de tout le monde car le virus est partout, ignorant le froid et le chaud.
La vie ensuite ne sera jamais plus pareille. L’insouciance d’avant a disparu cédant la place à la conscience que le bonheur est forcément furtif et provisoire. Fanny reste magnifique sur cette image qui finalement n’a pas figé plus que son reflet et a conservé la fraicheur et le bonheur de cette année 1913.
On est forcément toujours avant ou après quelque chose. C’est après que l’on sait si c’était mieux avant, un avant dont on n’est pas toujours maître. Fort heureusement, il arrive aussi que ce soit mieux après…
Le temps ne joue pas nécessairement contre nous mais il joue avec nous en partenaire ou adversaire. Nos montres ne font que le mesurer en contribuant à nous convaincre de l’apprivoiser.
Merci à Fanny d’avoir partagé avec nous un siècle plus tard, l’image de son temps d’avant…__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h27 #420003574836ZEN
MembreOn est en 1916. Charles Rosat (celui qui a fait la raquette de mon avatar) est directeur de l’atelier de ZENITH à Boudry et il enseigne à l’école d’horlogerie de Saint Imier.
Ses loisirs, il les consacre à la recherche sur la précision et depuis qu’il a obtenu le prix Guillaume, il souhaite réaliser une expérience sur un calibre ZENITH d’exception.
Son choix se porte sur le chronographe mis au point par la manufacture en 1914 et fabriqué depuis 1915. C’est le premier calibre de chronographe que la manufacture a mis au point en interne. D’habitude, elle recourait à des mouvements Valjoux et comme elle n’avait pas encore acheté la manufacture Le Phare avant 1915, le choix était donc limité.Sur ce mouvement de chronographe de poche, Charles Rozat fait le serment d’adapter un balancier monométallique fait avec cet elinvar inventé par Guillaume. D’habitude dans ces montres, on utilise un balancier bimétallique coupé à vis afin de compenser les écarts de température. Le balancier quand il n’est pas coupé subit une déformation à la chaleur comme au froid due à la dilatation des métaux et cela le déséquilibre en faisant perdre à la montre sa précision. Charles Rosat a le sens du défi. Lui, ce qu’il veut c’est un balancier non coupé fait d’un seul métal et comme tous les horlogers lui prédisent l’échec, il assure qu’il pourra même obtenir un bulletin de marche de son chronographe et en faire un chronomètre.
Un chronographe chronomètre avec un balancier monométallique en 1916, cela semble osé. Les essais antérieurs se sont faits sur des montres classiques avec des larges balanciers mais leur certification au rang de chronomètre reste plus qu’exceptionnelle. Sans doute l’a-t-il évoqué à ses élèves qui restent perplexes mais Rosat est opiniâtre. Il a gardé de son passé de régleur de précision chez LeCoultre puis Zenith, cette passion du parfait, ce goût immodéré d’aller plus loin juste pour faire reculer les limites du possible. Depuis 1913, il s’exerce chez Zenith sur la mise au point de ce balancier qu’il a déjà monté dans quelques montres classiques avec succès. Sur un chronographe de poche, l’expérience est nouvelle et incertaine. Il ne faudrait pas que s’ébruite un échec au cas où, car c’est toute la manufacture qui en subirait les conséquences.
La tentative se fait sur 2 cartons de 6 pièces soit 12 montres au total.

12 pièces qui, au delà de leur rareté, témoignent de l’esprit de recherche permanente qui animait la manufacture. Les 12 pièces reçurent bien un certificat de chronomètre attestant de la régularité de leur marche. L’expérience toutefois s’arrêta là, car la mise au point de ces balanciers coûtait cher et les balanciers Guillaume plus sûrs quant aux résultats avaient encore de beaux jours devant eux.
Ces 12 pièces furent éparpillées sur les marchés conquis par la marque et la demande de chronographes fut telle pendant la grande guerre qu’aucun ne fut conservé par Zenith. Remettre la main sur celui-ci fruit d’un hasard incroyable, relève de la probabilité zéro. Les mentions du cahier qui a enregistré dans la manufacture, les traces de cette pièce stipulent simplement qu’il fut fabriqué le 21 décembre 1915 pour l’ébauche, sorti de sertissage le 10 janvier 1916 et en montre le 11 avril 1916.Ah, j’allais oublier, il y a une mention marginale pour 12 pièces parmi la série de mouvement listés « Chronomètre spécial »…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h29 #420003574837ZEN
Membre
En 1965, ZENITH appartient à un groupe d’actionnaires dont la banque DUPAMO. C’est Jean-Pierre de Montmollin qui, associé de cette banque, préside à la destinée de ZENITH et avec une vraie dynamique tire la marque vers le haut. ZENITH est à l’époque interdit de séjour aux Etats-Unis à cause de la ZENITH Radio Data Corporation qui a protégé ce nom de marque sur le territoire américain (sans imaginer qu’en 1972, elle en deviendra propriétaire). Le président de ZENITH opte malgré certaines propositions de ses coactionnaires pour pousser la marque vers le haut de gamme et réfute les arguments de certains actionnaires qui au contraire souhaiteraient situer la marque dans des produits bon marché. En 1959, la manufacture a absorbé Martel Watch C° qui fabrique de superbes calibres notamment des chronographes pour Universal Genève.
Depuis 3 ans, un nouveau directeur commercial a été nommé et celui-ci veut dynamiser la marque et revoir les collections de fond en comble. ZENITH s’est lancé dans la conception d’un calibre de chronographe à remontage automatique intégré mais le projet qui devait aboutir en 1965, année anniversaire des 100 ans de ZENITH, piétine.
Les modules électroniques à la conception desquels Jean-Pierre de Montmollin voudrait voir la marque s’intéresser depuis 1954 n’ont pas vu le jour et c’est Movado qui en ce domaine a pris des longueur d’avance…
C’en est trop pour le président de ZENITH qui veut un projet nouveau, qui soit en rupture avec l’image un peu vieillote de la marque et ce projet passe par le El Primero (appelé alors 3019 PHC) et par la collection DEFY. Il faudra attendre 1967 pour que cette collection voit enfin le jour dans sa version « ultra-sports » de l’extrême.
La tendance des collections des firmes horlogères dans la seconde moitié des années 60 est d’aller vers des montres sportives, « professionnelles » et le plus souvent faites pour la plongée. Par catalogues interposés, les marques se lancent le défi de la conquête des profondeurs.Jacques Mayol place la plongée au centre de l’intérêt du public en réussissant sa première plongée à 60 mètres, ce qui fait grand bruit dans la presse et à la télévision dont les émissions phares relatent les plus grands exploits sportifs, sujets lisses et non teintés de politique.
Le commandant Cousteau parcourt les océans et la télévision qui entre en force dans les foyers fascine petits et grands en diffusant les documentaires réalisés par l’équipe de la Calypso. Les fonds marins et le goût de l’exploit sont dans les esprits. L’horlogerie pour ne pas être en reste présente des modèles réputés accompagner les héros dans leurs aventures subaquatiques. La fiabilité des mouvements est déjà acquise et il reste à offrir à la mécanique de précision des emboîtages capables de transporter celle-ci partout et longtemps.

ZENITH produit sur les bases de cet environnement médiatique et de cette tendance, une ligne résolument sportive et signe des temps, la baptise DEFY, nom qui sera à nouveau d’actualité quand en 2006 sera lancée une nouvelle collection dans la perspective des sports extrêmes.
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Plusieurs apports technologiques qui fondent la différence avec un modèle classique justifient le nom de baptême de cette collection dans les années 60. D’abord, le choix du calibre automatique 2562 PC produit dans l’unité ZENITH de Martel Watch qui préserve le joint d’étanchéité de couronne par rapport au mode manuel de remontage du mouvement. L’efficacité du remontage est améliorée par l’introduction de deux roulements à billes.
Afin de parer aux chocs induits par les pratiques sportives le mouvement est entouré d’un cercle amortisseur avec brides et vis de fixation doté d’une élasticité qui absorbe les chocs sans les diffuser. Ce système de suspension élastique consiste à doter chaque mouvement d’un cercle serré lors de la fermeture de la boite entre la carrure et le fond qui assure une liaison élastique entre le mouvement et la boite.


La boite rendue étanche à 300 mètres dotée d’une couronne vissée sur le tube, plus épaisse qu’à l’accoutumée est particulièrement robuste et se voit équipée d’un verre minéral trempé qui sans atteindre la résistance des verres saphir contemporain est adapté pour résister aux chocs et rayures.
Par ailleurs, le verre est fixé par un écrou de blocage combiné à la lunette qui permet de changer le verre sans déboîter le mouvement et l’étanchéité est garantie par un joint spécifique de grande dimension. Ultime astuce, la lunette et le fond sont dévissables avec la même clé. Cette caractéristique fera prendre au modèle le surnom de « DEFY Boulon ». La publicité de l’époque la présente positionnée sur un gant de boxe.
Pour sa version spéciale « plongeur », ZENITH porte l’étanchéité à 600 mètres et ajoute une lunette tournante à crans par demi-minute avec un système de sécurité empêchant que celle-ci ne tourne accidentellement. La couronne est placée près de la date à 4 heures trente et ZENITH affirme que les aiguilles dotées comme le cadran de matière luminescente ne produisent aucun rayonnement dangereux. Le bracelet acier extensible permet le port de la montre au dessus de la combinaison de plongée. Présentée avec cadran noir et zone orange ou cadran argenté rencontre un franc succès.
ZENITH produira par ailleurs un modèle étanche à 1000 mètres très massif et très convoité des professionnels de l’époque.
La collection DEFY disparaîtra avec le quartz jusqu’à ce qu’en 2006, ZENITH la fasse revivre avec le même esprit que celui qui a guidé la marque 40 ans plus tôt et les mêmes principes de défi technologique adaptés cette fois aux possibilités du 21ème siècle. C’est sur le calibre que ZENITH se penche cette fois en introduisant un matériau appelé le ZENITHIUM à base de Titane, aluminium et nobium utilisé dans l’aérospatiale pour sa mémoire de forme. Cet alliage va servir à fabriquer le pont de balancier, le pont de rouage et d’inverseur. D’une moindre inertie que le laiton, ce matériau exclusif et breveté permet en cas de choc de réduire sensiblement les effets de chocs subis par la montre lors des pratiques sportives. Des tests de près de 3 ans faits en laboratoire attestent des gains ainsi opérés.
A terme, toutes les pièces en laiton sont susceptibles d’être ainsi modifiées et en particulier la platine. Le El Primero approche des quarante ans mais n’a gardé de ses premières années que la conception architecturale géniale et une fiabilité qui n’a d’équivalent que la modernité.
La mode a conduit ZENITH a proposer deux gammes de modèles, les DEFY Xtrème aux cadrans ajourés qui inspirent maintenant nombre d’autres marques et des modèles DEFY classic plus traditionnels. En tout état de cause, les DEFY d’aujourd’hui ont des gènes dans les années 60 et il serait injuste et inexact d’imaginer qu’elles ne sont sorties de nulle part.[/b][/color]__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h30 #420003574838ZEN
Membre- Citation :
- Un soir, Georges Favre-Jacot met au point un mouvement qui lui apparaît comme le plus parfait. Il sort alors dans la nuit argentée et lève les yeux vers la voûte céleste. Et le Cosmos lui parle. Il y voit une gigantesque mécanique organisée autour de l’étoile Polaire, semblable dans sa complexité au jeu des pivots et des roues autour de leurs axes. Il décide alors de baptiser son nouveau mouvement, puis sa Manufacture, du nom désignant le plus haut point de l’univers : ZENITH.
Je ne voudrais pas jouer les « Alain Castelot raconte » mais je viens de trouver sur un site ce texte et comme j’ai rarement lu autant d’inexactitudes en si peu de lignes sur ZENITH, il me semble nécessaire de rectifier.
D’abord le nom de ZENITH fut bien dans un premier temps l’un des noms de calibres créés par la maison de Georges Favre-Jacot. La création de ce mouvement semble dater de 1896, mais il n’apparait pas immédiatement dans sa version définitive et subira nombre d’améliorations tant au plan intrinsèque que sur celui de ses modalités de fabrication.
L’idée du nom du modèle vient du fait qu’à l’époque on donnait un nom et pas une simple référence aux calibres. Georges Favre-Jacot avait un goût immodéré des superlatifs, lui qui n’était parti de rien, était autodidacte et qui avait travaillé dès l’âge de 13 ans comme pivoteur. Diogène, Terminus étaient les noms qu’il avait donnés à ses précédents mouvements qui présentaient l’inconvénient d’un coût de fabrication élevé. Le ZENITH eut rapidement l’avantage d’être précis et fiable et d’avoir un coût de fabrication abaissé ce qui était important face à la concurrence.
Jusqu’en 1892, la manufacture de GJF pratiquait l’autofinancement et bénéficiait d’un appoint bancaire d’une banque du Locle mais les exigences du marché imposaient que la production fut plus importante et donc que l’outil de production s’adapte avec notamment un agrandissement de l’usine. Il fallut donc changer de banque et en 1896, les statut de l’entreprise changèrent au profit d’une société en commandite dont GFJ était le gérant et l’actionnaire aux côtés de la banque qui apportait les fonds. L’actionnaire GJF était toutefois doté d’actions à droit de vote limité qui dénotaient un déséquilibre entre son investissement et ceux des coactionnaire au regard des dividendes tirés de l’entreprise et de l’influence sur les décisions. Les autres associés se méfiaient du patriarche au ton direct, au caractère trempé et aux décisions prises à l’emporte-pièce.
A cette époque la manufacture ne s’appelle toujours pas ZENITH et le calibre qui porte ce nom continue à être amélioré…
En 1904, le neveu et gendre de Georges Favre Jacot, James Favre qui parcourt le monde pour placer la marque revient des USA et en importe des méthodes de travail qui sont considérées par les actionnaires comme de nature à accroitre la production et à générer à leur profit des dividendes supplémentaires sans trop toucher à l’outil de production quand dans le même temps Georges Favre-Jacot veut les pousser à investir toujours plus dans l’outil de production et donc réduire leurs profits. De 1904 à 1911, le neveu et l’oncle fonctionnent dans un climat de discorde et tandis que James est nommé cogérant, il réussit à dresser le conseil de surveillance contre son oncle qui sera purement et simplement éjecté de l’entreprise en 1911 année au cours de laquelle les statut de la société sont transformés au profit d’une Société anonyme qui à la demande des associés prendra le nom de « Manufacture des montres ZENITH successeur de GFJ »On est très loin du conte de fée et l’histoire de ZENITH est beaucoup plus complexe que ce qui s’est jusqu’à présent raconté ici et là. La manufacture a une histoire riche, très riche faite de moments euphoriques et de périodes noires…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h31 #420003574839ZEN
MembreA la fin des années 50, le calibre le plus marquant chez ZENITH est sans contestations le 135. Calibre chronomètre bracelet finement décoré et caractérisé par un empierrement généreux et un balancier surdimensionné tout comme son barillet.
ZENITH décide par ailleurs d’ajouter à sa collection de calibres de montres de poche encore abondante avec des mouvements de très grande qualité comme le 18-28, le 68 ou le 177, un nouveau mouvement qui sera au plan de la finition, de la conception et des caractéristiques chronométriques, le pendant du 135.Ce calibre doit être mixte à la fois pour les montres de poche et les chronos de bord que ZENITH continue à fabriquer et livre encore en sous-traitance à Ulysse Nardin.
Le choix après quelques hésitations se porte sur un calibre de 22 lignes (50 mm) et 11 mm de hauteur. Il sera donc chronomètre et mixte et comportera dans sa version de base un indicateur de réserve de marche indispensable pour les chronos de bord.
100% conçu et fabriqué au sein de la manufacture, il restera un calibre d’exception décliné en de petites quantités parfois (souvent) moins de 50 unités par an. D’un coût de revient élevé, le 5011 k est une merveille quant à son aptitude à demeurer précis en toutes positions. Ses bulletins de marche de l’observatoire de Neuchâtel le qualifient de « Chronomètre aux résultats particulièrement bons. » En 1967, il remporte le record absolu ultime et inégalé de chronomètre le plus précis jamais présenté.
ZENITH a préservé ce mouvement et le catalogue 2002 lui consacre encore une place. Il est toujours livrable sur commande en poche à boitier or ou argent avec ou sans la complication phase de lune et en chrono de bord dans son boitier en acajou.
C’est évidemment un grand luxe, un privilège que de se l’offrir neuf aujourd’hui quand rares sont ceux qui sont prêts à investir davantage dans un gousset que dans une montre bracelet. Mais le plaisir de pouvoir manipuler cette montre est incomparable.
La boite est dotée d’un fond guilloché et d’un second fond intérieur clipsé transparent en verre saphir qui permet de ne rien perdre de la beauté de ce mouvement sans le laisser accessible aux poussières hostiles. Je pensais ne jamais l’avoir et puis… J’ai craqué.
Folie diront certains, excès, fantaisie etc. Je réponds plaisir, juste plaisir…
Celui qui aime le 135 aime forcément le 5011K. Celui qui comprend ce qu’il y a derrière ces mouvements ne peut éviter de craquer pour celui-ci. J’avoue être séduit. Je ne l’avais jamais vu qu’en photo, il est impossible de rendre ce qu’il est en « vrai » mais tout de même…
Bienvenue à bord !





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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 3h35 #420003574840ZEN
MembreSamedi 10 janvier 2009, le El Primero aura 40 ans … Cette année sera une année au ZENITH pour ce qui me concerne et ce sur beaucoup de plans. Voilà ce que l’on peut appeler un sujet plaisant sur un forum horloger
.Pour bien démarrer l’année, je vais présenter cette montre dont j’ai déjà parlé maintes fois et que j’ai appelée mon Graal …
Pourquoi le graal ? Parce qu’en principe cette montre est une pièce à laquelle on n’accède jamais. Réservées aux musées des marques ou aux musées, les montres de concours sont extrêmement rares dans les ventes et les échanges. On voit bien des chronomètres avec des bulletins de marche ou même des montres de prix mais des montres qui par deux fois furent 1er prix de chronométrie, ça n’arrive jamais. Et pour cause, ces montres étaient soit conservées par les chronométriers qui les préparaient pour les concours, soit conservées par les manufactures, soit enfin vendues chères à des clients spéciaux.
Celles qui furent conservées par les manufactures n’étaient pas plus en « sécurité » que les autres car dans les années quartz, beaucoup de manufactures ont vidé les armoires et mis à la casse certaines de ces montres parfois laissées au personnel…
Autant dire qu’il y en a peu en circulation voire très peu.
Sur cette pièce très grosse (le calibre est un 20 1/2 lignes), rien ne laisse paraître un tel parcours historique, parcours d’autant plus exceptionnel que la montre fut placée entre les mains de plusieurs chronométriers et qu’elle remporta non pas un seul premier prix mais deux …
Par ailleurs, cette montre fut à titre expérimental équipée d’une raquette qui n’avait pas été conçue pour ce calibre mais pour un autre mouvement réservé aux concours et qui était le calibre 260. Un 20 1/2 lignes avec cette raquette est exceptionnel chez ZENITH car même les autres pièces présentées au concours simultanément furent équipées de raquettes normales …
La montre est donc non seulement unique par son histoire mais aussi par sa construction. Elle n’est pas spectaculaire au sens ou souvent les amateurs d’horlogerie l’entendent. Elle ne comporte pas de complications car les montres de concours n’en avaient pas mais elle dispose d’une finition caractéristique des pièces de très haut niveau et surpasse tout ce que j’ai toujours vu en montres de poche par la finesse des olivages des pierres ou le polissage de chaque axe.
Il faut pour bien comprendre le contexte, savoir que les pièces de concours proviennent d’une sélection des meilleurs calibres parmi les meilleurs, une sorte de tri ultime dans des petites séries et une pièce soignée à chaque étape de sa fabrication et des réglages qui totalisent des centaines d’heures pendant des mois par des chronométriers qui se mettent à la disposition de leurs pièces de concours 7 jours sur 7.
Cette montre est donc non seulement une montre d’observatoire mais encore un premier prix récurrent …
Le rappel de l’histoire …
- Citation :
-
Le Graal est-il magique ?
Le contexte
Des années de quêtes horlogères m’avaient fait caresser l’idée d’avoir un jour un chronomètre de poche. Bien sur ce n’était pas si compliqué et j’en avais déjà plusieurs. Non, la montre désirée était différente et ma recherche portait sur une pièce que l’on puisse qualifier de « meilleure ». L’idée était de pouvoir entrer en possession d’un chronomètre de concours, mais pas un simple candidat, un chronomètre gagnant, un premier prix.
Ces chronomètres sont en général dans des coffrets vitrés en bois ou en alu et n’ont pas d’intérêt pour le porté quotidien.
Quelques-uns, très peu à en croire les registres, furent après les épreuves, emboités soit pour être offerts aux chronométriers chargés de les régler, soit pour être exposés, soit pour être confiés à des musées, soit plus rarement encore pour être vendus à des amateurs contemporains des concours qui voyaient dans ces pièces des trésors de savoir-faire.
Plus généralement, c’est à dire dans 90% des cas ces chronomètres repartaient dans les soutes des manufactures où l’oubli les attendait.
Autant dire que le désir d’avoir une de ces pièces confine à l’utopie et que la probabilité d’en devenir propriétaire si on est particulier est proche du zéro absolu.
Ces montres sont presque toujours différentes des pièces du commerce. Le marquage est différent, la finition est soit plus brute que les pièces vendues soit plus élaborée. Je n’ai pu dégager de règle de mes rencontres avec des pièces de concours. Pour ne prendre que l’exemple des raquettes, elles sont souvent des plus simples et classiques avec une flèche basique.
Par contre, les balanciers, l’empierrement, les olivages, les polissages des pivots et des roues sont poussés à l’extrême jusqu’à une quasi perfection.
Résigné et convaincu qu’une telle pièce me serait inaccessible, j’avais fini par renoncer tant le questionnement des marchands à ce sujet devait me faire paraître candide pour ne pas dire naïf.
Le hasard, la chance, appelons cela le destin, a mis sur mon chemin il y a un an, une telle montre …
C’est une pièce confiée par ZENITH à sa filiale française dans un premier temps pour être exposée lors d’une exposition universelle et qu’ensuite, la filiale a conservée et vendue ou donnée…
Les registres de ZENITH mentionnent 3 sorties de pièces faites dans le même temps sur les 6 admises au concours. L’une fut donnée pour un concours de Tir et l’autre expédiée aux Etats-Unis (vendue ou pour exposition). La mienne est probablement différente au moins par sa raquette semble-t-il unitaire.
Les 3 dernières restantes étaient encore au milieu des années 50 dans les réserves de ZENITH.La rencontre du troisième type
Je sais peu de chose de l’histoire de cette montre entre 1930 et 2006 mais par reconstitution j’ai pu malgré tout établir un cheminement assez évident. Toujours est-il que fin 2006, la montre sort entre les mains d’un "ancien" sur un vide grenier un dimanche matin. L’homme dit l’avoir de longue date et ignore comment ses parents l’ont eue. Il sait simplement que ça ne vaut pas grand chose…
Son acheteur partage cet avis et la met rapidement en vente. Il la trouve plus grosse que celles qu’il voit d’habitude et se demande si elle diffère des autres.
Rien mais alors rien de rien ne laisse à penser que la montre a ce fabuleux passé. La raquette est certes atypique mais mis à part la mention de chronomètre rien ne peut laisser supposer une montre de concours. Le cadran semble de qualité, fait en 3 pièces et les aiguilles type pomme Breguet sont caractéristiques du milieu des années 20. Le boitier en argent de 900 millièmes ne permet d’établir aucun lien avec une pièce de concours puisque ces pièces ne sont pas en principe emboitées.
Une fois achetée et entre mes mains, la montre m’interpelle davantage. Le hasard veut que je sois au même moment plongé dans la lecture du livre de Charles Thaumann sur les chronométriers et les concours de chronométrie. L’imagination, l’envie et la curiosité aidant, je me mets très vite à considérer cette montre comme totalement atypique. Le remontage anormalement doux, la qualité des dorures et des anglages, les polissages parfaits et les signes d’ouvertures fréquentes pour montrer le mouvement me font dire que cette montre a été probablement souvent examinée sous toutes les coutures. Sa précision au deuxième jour de test de fonctionnement à moins d’une seconde achève de me pousser vers l’idée d’une pièce rare.
Sans le secours de ZENITH, la présomption ne peut aller plus loin.
Les images du Graal






Le système d’écartement des goupilles permet de préserver l’isochronisme du réglage. Lorsqu’on retourne la montre, le spiral est par son inertie attiré vers le bas …Là, l’écartement des goupilles est constant et le réglage est d’autant mieux assuré. Dans un calibre doté d’une raquetterie classique, le risque potentiel est de régler l’écartement des goupilles de telle sorte qu’elles forment un V et donc altèrent l’ébat du spiral au regard de la position de la montre ce qui modifie l’amplitude du balancier.
Le premier prix est bien attribué au mouvement N° 2553321


Les vis en or et platine du balancierEn 1951, la montre était sortie de chez ZENITH Suisse pour être livrée à ZENITH France depuis 1930 en vue de l’exposition de 1931. Pierre Gigax, chronométrier décida de présenter les "soeurs" de cette montre au concours de chronométrie de 1952.
Sa passion pour la chronométrie le poussait à être le "troisième" chronométrier à s’exercer sur cette catégorie de montres…Avec 30 ans de plus, la montre proche de celle qui fut victorieuse en 1924 et 1925, remporta un solide 2ème prix …

Comparaison de taille avec un calibre 18 lignes …

Voilà pour la présentation de cette montre. Ne parlons pas de valeur s’il vous plait car une pièce unique n’en a pas et c’est aussi ce qui fait tout son intérêt.
Droits d’usage des images réservés
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 3h39 #420003574841ZEN
MembreLes calibres de chronographes de poche de la manufacture ZENITH
Avant la seconde guerre mondiale, les manufactures ont une offre diversifiée de chronographes qui ne sont pas toujours issus d’une conception ou d’une fabrication interne.
Omega qui s’est lancé très tôt, dès la fin du 19ème siècle, dans la fabrication de chronographes « in house » réfléchit déjà à l’aube de la guerre à confier à Lémania la fabrication de ses mouvements de chronographes. La demande de ces pièces reste en effet marginale, conditionnée essentiellement par l’expansion du marché naissant de l’automobile.
Longines qui s’est engagé dans la conception et la fabrication d’un calibre de chronographe de 19 lignes très astucieux et très performant connait un franc succès essentiellement en Amérique Latine. Omega partagent le marché encore assez peu florissant et nombre d’autres manufactures telles Ulysse Nardin ou Vacheron et Constantin se focalisent sur d’autres catégories de mouvements.Avant 1914, la manufacture Zenith ne dispose pas encore de ses propres mouvements. Les chronographes de poche et les versions bracelets qu’elle distribue déjà renferment donc des calibres achetés à l’extérieur, le plus souvent des Valjoux de 17 rubis de 15 lignes dans les modèles bracelet et de 18 ou 19 lignes dans les chronographes de poche. La demande n’est pas assez importante avant 1910 pour que ZENITH s’engage dans la conception d’un mouvement de chronographe. Les marchés sensibles aux équilibres politiques internationaux débouchent sur une économie en dents de scie qui n’incite pas les actionnaires de la manufacture à laisser Georges Favre Jacot développer un mouvement dont les ventes resteraient limitées.
De fait, les chronographes ne sont pas des pièces de grande diffusion et ZENITH répond aux commandes avec des mouvements dont la fiabilité peut d’autant moins être mise en cause que de nombreuses autres manufactures font également appel à Valjoux pour équiper leurs propres chronographes.
Omega et Longines commencent à exploiter l’image du sport et des chronométrages sportifs pour fonder leur communication vers le grand public sur la qualité et la précision de leurs mouvements. Les messages mettent l’accent sur le savoir faire des manufactures. Il n’en faut pas davantage pour qu’au Locle, sur les directives de James Favre qui a succédé à Georges Favre-Jacot en 1911, soit engagée par le bureau d’études la conception d’un mouvement de chronographe. Celui-ci voit le jour en 1915 tandis que la même année Zenith prend le contrôle de la manufacture Le Phare installée également au Locle et qui est spécialisée dans les complications dont notamment les chronographes..
Le mouvement Zenith est un calibre de 19 lignes de 19 rubis, une pièce de grande qualité précise et fiable qui passe pour être une référence dans le foisonnement des chronographes présentés ici et là, à l’époque parfois sur des bases identiques et retravaillées juste pour dissimuler leur provenance. Le balancier coupé bimétallique à vis est assorti d’un spiral Breguet et la raquetterie est celle brevetée en 1903 à disque excentrique. ZENITH a quasiment universalisé ce type de raquette dans tous ses modèles et cet ensemble d’éléments réglants depuis plus de 10 ans est la clé de voûte de tous les mouvements de la manufacture.

Livré en version Lépine ou savonnette, le cadran peut intégrer un pulsomètre, un tachymètre, un télémètre ou simplement un disque de mesure décimal. On en trouve avec plusieurs combinaisons de ces différentes échelles de lecture. Les boites sont en or parfois assorti d’émail peint, argent, acier bruni, acier nickelé ou métal blanc. C’est la manufacture qui réalisait elle-même les boites des mouvements qu’elle manufacturait. Le poinçon d’orfèvre pour les versions en métaux précieux intègre les lettres ZB pour « Zenith Billodes » et témoigne de cette paternité de fabrication.

Certaines productions de ces montres furent luxueuses. Les boîtiers rivalisent alors d’élégance et de finesse. Certains modèles furent enrichis de décorations émaillées représentant des scènes romantiques ou art déco. D’autres furent ornés de fines gravures ou de reliefs faisant l’apologie de la voiture et des modes de transport. Les automobilistes aimaient à mesurer leurs performances autant que celles des voitures et le calcul des vitesses et des moyennes n’était pas encore intégré dans les tableaux de bord.

Selon les variantes, le compteur totalisateur des minutes est situé à midi en version Lépine ou savonnette. La version savonnette est plus généralement livrée avec un totalisateur des minutes à trois heures. Ce totalisateur cumule jusqu’à trente minutes, la période chronométrée. Il existe une version rare du chronographe avec une variante de compteurs qui totalise jusqu’à dix minutes sur un arc de cadran situé à midi et revient à 0 au delà de ce délai.
Une version du calibre fut présentée avec rattrapante. Il en fut fabriqué très peu d’exemplaires d’autant que Le Phare allait offrir une collection assez complète de chronographes à complications.
Le mouvement classique de chronographe ZENITH a connu des variantes très particulières sans doutes dues aux recherches menées par Charles Rosat qui en 1915 dirigeait l’atelier que la manufacture possédait à Boudry. Dans sa quête de la précision ultime, Charles Rosat auquel on doit une raquette par ailleurs décrite, s’intéressait également à la composition des balanciers et des spiraux. Ses recherches qui lui avaient valu entre autre le prix Guillaume, avaient un degré d’avancement certain quand il mit au point un balancier monométallique assorti d’un spiral faisant une entorse au recours au balancier compensé bimétallique coupé à vis dit balancier Guillaume auquel la manufacture recourait généralement. Si les recherches sur le balancier monométallique n’était pas l’exclusivité de Charles Rosat, son emploi dans des pièces de précision était une première au moins chez ZENITH tant la fiabilité des balanciers bimétalliques était un acquis.Avec des éléments réglant classiques, la variation de température qui déforme le spiral est compensée par la dilatation des métaux qui composent le balancier. Ce dernier est coupé pour mieux absorber les déformations induites par le changement de température. Le recours à l’Elinvar pour le spiral, en évite la déformation. Le balancier n’a plus alors d’effet de compensation utile et il devient possible de le fabriquer avec un seul métal ou alliage. Si ce composant est lui-même de l’Elinvar, la conjugaison du spiral et du balancier est théoriquement insensible aux variations de température, ce qui assure à la montre une régularité de marche optimale.
Ces balanciers monocomposés étaient très controversés auprès des horlogers et ingénieurs et peu croyaient à la précision qu’ils étaient capables d’atteindre. Charles Rosat qui aimait les défis équipa deux cartons de six pièces de ce type de balancier. Si l’équilibrage est opéré avec des vis en or jaune, en revanche, c’est bien un élément réglant révolutionnaire qui anime ces douze pièces rarissimes sorties de la manufacture début avril 1916 et dont la fabrication des ébauches remonte à décembre 1915.
Pour dissiper la perplexité probable des détracteurs de ce type de balanciers, ZENITH qui surfait sur le fil de la précision extrême livra ces douze modèles avec un bulletin de marche attestant de leur précision chronométrique.
Le très rare chronographe à balancier monométallique mis au point par Charles RosatSi cela ne suffit pas à généraliser ce type de balanciers sur lesquels les concurrents de la manufacture n’ont pas recherché à développer des produits analogues pour les commercialiser, en revanche, la performance demeure le fruit d’une initiative qui illustre les recherches permanentes menées au Locle en matière de conception des mouvements et de chronométrie.
Zenith va donc commercialiser deux chronographes simultanément voire trois pendant un certain temps, celui avec le calibre Valjoux, celui avec le calibre interne et celui avec un mouvement Le Phare.

Le calibre « simple » de chronographe mis au point par Le PhareLe succès du calibre Zenith sera d’autant plus grand que les armées d’Europe s’engagent dans un conflit armé sans précédent et que les armées sont demanderesses de chronographes de qualité.
Droits réservés – Joël Jidet pour Forumamontres – 2011
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 3h41 #420003574842ZEN
MembreLe calibre 707
Le calibre 707 est un mouvement d’observatoire. Surnommé « la patate » à cause de sa forme à la fois triangulaire et ovoïde, il fut conçu en 1961/1962 et construit en 1963. Exclusivement destiné aux concours, il ne connut aucune carrière commerciale.
Ce mouvement est le dernier conçu pour la spécificité des concours de l’observatoire par Zenith. Sans nul doute, ce n’est pas sa décoration qui le distingue particulièrement. Il tient son nom de 707 de la catégorie ouverte par le règlement qui limite la participation à des chronomètres de moins de 30 mm de diamètre et/ou à une surface de 707 mm carrés.

La surface exacte du 707 est de 687 mm carrés. Le choix de cette surface de 707 millimètres est la conséquence d’une volonté d’avoir au concours des pièces qui soient ouvertes sur la créativité des fabricants qui y participent.
Aurèle Maire, Directeur technique de ZENITH s’investira avec son équipe dans ce projet d’autant plus qu’il a acquis la conviction que malgré toutes ses qualités, le calibre 135 a atteint pour les concours la limite haute des performances accessibles. Toute l’équipe de régleurs de l’époque composée de René Gygax, Jean-Pierre Vuille, Paul Favre et Jean-Pierre Sunier contribuent à ce projet. .
Le mouvement participera aux concours dans la catégorie des chronomètres bracelets de 1963 jusqu’en 1967. Réglage, remontage et mise à l’heure se fond par l’arrière au moyen d’une couronne. Le train de rouages (roue des minutes et roue de moyenne) est celui du calibre 17 ¾ lignes, un calibre de poche de 17 lignes et si le balancier est commun avec celui du 135, la ressemblance s’arrête là. En effet, le pont de balancier transversal s’appuie sur trois points dont deux sont situés du même côté et le troisième à l’opposé. D’une construction totalement atypique et asymétrique, le 707 répond au seul souci des chronométriers et se veut avant tout expérimental. Ses caractéristiques sont optimisées pour les compétitions auxquelles on le voue. D’une épaisseur de 5 mm, il reçoit un échappement à ancre, un balancier Guillaume de 13,80 mm x 0,99 mm à 14 vis, un double anti-choc Duofix à l’échappement et au balancier, 21 rubis, un ressort en inox 1.4310 Nivaflex de 460 mm pour une hauteur de 2,10 mm, une épaisseur de 0,16 mm, d’un diamètre enroulé de 15, 50 mm dispose d’une réserve de marche de 36 heures, d’un angle de levée de 52 degrés et sa fréquence est optimisée à 28 800 alternances par heure.

ZENITH teste pour son calibre plusieurs versions dont la fréquence varie en fonction d’une roue intermédiaire dont le nombre de dents est ramené d’abord de 48 à 45 ce qui abaisse le nombre d’alternances par heure à 27 000 puis à 42 dents pour une fréquence réduite à 25 200 alternances. Des essais sont également menés pour pousser la fréquence à 36 000 alternances ou au contraire l’abaisser à 21 600. C’est finalement la version à la fréquence intermédiaire de 28 800 alternances qui est retenue par l’équipe technique qui y voit le meilleur compromis. On peut rétrospectivement s’étonner que ZENITH n’ait pas testé des fréquences plus élevées que des marques comme Longines expérimentaient déjà. Il semble que l’équipe technique de la manufacture n’avait pas encore d’intérêt pour les très hautes fréquences qui pourtant feront son succès en 1969 lors de la présentation du El Primero. Il ne semble pas d’ailleurs que ZENITH se soit livré à des études sur des mouvements évoluant à 36 000 alternances par heure sur d’autres calibres que le 707 antérieurement à la conception de son chronographe mis à part quelques tests sur son 135. Les mouvements Movado qui avaient épousé cette fréquence avaient été conçus totalement en dehors de la manufacture du Locle.
Le dernier mouvement conçu par ZENITH pour les compétitions est donc celui qui évolue à la plus haute fréquence jamais proposée par la marque aux concours de l’observatoire de Neuchâtel.
Le choix du balancier Guillaume bimétallique coupé n’a rien de surprenant. Il est guidé par les exigences de compensation de températures lors des tests et épreuves du concours. La conception du pont de balancier étranglé en son milieu rend les ébats du spiral observables sur la totalité de sa longueur.
Tout ce qui a pu apparaître superflu a été écarté de la conception. En revanche, rien n’a été omis pour améliorer les qualités mécaniques du mouvement. Deux roulements à billes de 18 billes chacun viennent par exemple faciliter le bon fonctionnement du barillet. Les surfaces de frottements ont été réduites au minimum et le plan de lubrification optimisé. Les dents des roues sont effilées, chaque axe est poli, les pierres des palettes d’ancre et l’ensemble des rubis sélectionnés parmi les pierres de la meilleure qualité connue sont également polis soigneusement, bombées et olivées.
Le porte piton mobile placé sur la raquette facilite le réglage du spiral sans risque de l’altérer en intervenant sur la virole.
Le mouvement obtient des résultats époustouflants aux concours notamment dans la catégorie des pièces isolées de type bracelets en 1964 où le chronomètre numéro 558 réglé par Pierre Gygax est premier avec une note de 2,62. Un autre chronomètre numéro 521 du même type réglé par Jean-Pierre Vuille se classe la même année, troisième avec une note de 2,78 tandis qu’un autre exemplaire numéroté 527, réglé par Jean-Pierre Sunier est neuvième avec une note de 3,43 et que le dixième chronomètre classé, numéroté 515 est réglé par Jean-Pierre Vuille avec une note de 3,43. Ainsi sur les 10 premiers chronomètres, quatre sont des 707 de ZENITH.
En 1965, René Gygax classe à nouveau au rang de premier un exemplaire numéroté 601 du mouvement avec une note de 5,58 puis de 4,39 l’année suivante en 1966.
La manufacture a construit à peu près de 200 exemplaires de ce calibre, numérotés à partir de 501.Il semble qu’il n’y ait eu que 127 exemplaires présentés aux épreuves des concours entre une et quatre fois. En 1963, 11 calibres 707 sont présentés à côté de 27 calibres 135. En 1964, 38 mouvements 707 sont soumis aux épreuves du concours et de 1965 à 1967, 50 exemplaires sont chaque année portés à l’observatoire de Neuchâtel pour concourir. A partir de 1965 et du numéro 571, les ponts et platines grises de la première série de mouvements reçoivent une dorure.Il doit être noté que le 261 sera lui aussi présenté dans les derniers concours des années 60. La carrière de ce dernier fut un peu plus longue …
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 3h47 #420003574843ZEN
MembreLe calibre 71 fut produit de 1954 à 1957 par ZENITH. Ce mouvement est en fait une variante du calibre 133 et du 133.8, calibre à remontage automatique à bumper. Le 133 qui évoluait à 18 000 alternances fut produit de 1948 à 1961 à 25 000 exemplaires et le 133.8 évolution du précédent fut quant à lui fabriqué de 1951 à 1958 à 77 000 exemplaires.
Ces calibres ont une base commune et un inventeur commun puisqu’il sont nés de l’imagination d’Ephrem Jobin, créateur par ailleurs du célèbre 135.ZENITH à la fin de la guerre se rend compte que la manufacture a pris du retard sur ses concurrents et en particulier sur Omega et qu’il lui faut à tout prix un calibre à remontage automatique. Ephrem Jobin est chargé de réfléchir à ce calibre qui bénéficiera d’une raquette à double flèche mise au point par Charles Fleck, chef régleur de la manufacture pour le calibre 120.
Charles Fleck adopte le principe d’un calibre très astucieux à bumper en évitant par exemple, des systèmes d’attache des ressorts de renvoi qui cassent si facilement chez les concurrents. ZENITH dépose même un brevet pour cette masse oscillante très particulière.

Ephrem Jobin s’en est remis à l’amplitude des mouvements du poignet pour calibrer la course de la masse oscillante. Le remontage est suffisant et très efficace, mise à part la fréquence, les modifications apportées seront minimes quand ZENITH fera basculer son calibre dans le 21 600 alternances.


Les caractéristiques imaginées par Jobin sont à l’automatisme prêt des caractéristiques que l’horloger a également développées dans son 135.


Un calibre à grand balancier à vis pour le réglage de marche, doté d’un grand barillet pour la réserve de marche et la stabilité du fonctionnement et surtout un calibre plat.


Il manque pourtant quelque chose à ce calibre pour qu’il soit concurrentiel sur le marché. Le calibre 133.8 n’a pas de date. Ephrem Jobin est donc sollicité pour compléter son invention.
Il présente en 1954, une version dotée de la date. La même année Ephrem Jobin quitte ZENITH qui vient de remporter 4 années de suite le premier prix de série de chronométrie au concours de l’observatoire de Neuchâtel. ZENITH en tire une grande fierté et, lors de la remise du prix de 1954, oublie une nouvelle fois d’inviter son horloger qui quittera fâché l’entreprise.
Le calibre 71 nait ainsi du croisement du 133.8 et d’un système dateur qui hélas sera figé pendant les 4 années de production des 6 000 exemplaires, et ne bénéficiera pas d’un système de mise à la date rapide.

Le calibre équipe des modèles haut de gamme car son coût de production est relativement élevé. La Captain profite ainsi de ce mouvement sans que semble-t-il il n’existe de version chronomètre comme pour le 133.8.
ZENITH cesse en 1957 de produire ce mouvement au moment où tout le monde abandonne les calibres à remontage automatique à butée.
La marque continue jusqu’en 1961 à assembler des mouvements 133.8 et 133 mais dès 1959 va opter pour une autre famille de mouvements produits dans les ateliers de Pont de Martel par Martel Watch C° que la firme du Locle rachète.Tous les mouvements automatiques produits avant l’ère du quartz par ZENITH sortiront dès lors des ateliers de Pont de Martel que les actionnaires américains de ZENITH revendront en 1975 à un traiteur industriel.
Ce calibre 71, à la date un peu capricieuse est d’une précision exemplaire comme son aîné le 133.8 dont il partage la fréquence de 21 600 alternances par heure. Pour mémoire, le calibre 135 considéré comme rare fut fabriqué à 11 000 exemplaires et il n’existe que 6000 pièces de ce 71.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 3h57 #420003574844ZEN
MembreLa répétition des minutes en argent de ZenithOn est en 1918, la guerre enfin s’est arrêtée. Les troupes américaines continuent à aider les pays d’Europe à se reconstruire avec les Signal Corps et les Corps of Engineers tous dotés de montres suisses et en grande partie de montres Zenith. Le Phare est depuis 1915 sous le contrôle majoritaire de la manufacture Zenith qui porte ce nom depuis 1911. Le Phare offre plus de 200 variantes de ses calibres à répétition des minutes ou des quarts et, en entrant dans la sphére de Zenith, lui a apporté un superbe catalogue de complications. L’ex maison Barbezat-Baillot rebaptisée La Phare fournit à la manufacture Zenith ses calibres mythiques et permet ainsi à Zenith qui disposait d’un catalogue particulièrement riche de devenir la maison horlogère qui dispose sans doute du plus grand catalogue de ce premier quart de siècle.
Zenith comme Omega ou Longines référence des pièces qui vont de la petite montre à 7 rubis d’une précision de 5 minutes par semaine à des chronomètres défiant la précision et susceptibles de varier de moins d’une minute par semaine. Zenith fait à l’époque encore mieux puisque la manufacture est déjà présente dans les concours de chronométrie et est titulaire de premiers prix des concours de chronométrie de l’observatoire de Neuchâtel.
A l’époque, les calibres à répétition des minutes sont en général réservés à des pièces en or. Pourtant la demande est forte et certaines marques proposent à des prix assez accessibles des montres à répétition des quarts dans des boites en acier bleui ou des boites en nickel. Quelques marques offrent des pièces en argent mais dans les métaux précieux, la plus grande production se porte sur des pièces en or.
Zenith présente pourtant en 1918 une montre à répétition des minutes dans une superbe boite en argent. La manufacture est si fière de cet exploit qui permet à un tarif abordable d’accéder à l’une des complications les plus recherchées qu’elle affiche le nom de sa marque en rouge. La manufacture a cette pratique des lettres rouges depuis la fin du siècle précédent pour des pièces souvent destinées aux marchés d’Amérique du sud et à la Russie.
Inutile de préciser que ces pièces à 3 aiguilles sans autre complication sont plutôt rares et que lorsque le détaillant a pu convaincre le client d’entrer dans la boutique en exposant en vitrine une répétition des minutes en argent, il ne lui reste qu’à lui présenter la pièce en or qui doit conduire l’amateur de belles pièces à franchir le pas vers la montre habillée du métal le plus précieux et d’une complication supplémentaire : le chronographe.
Voici donc l’une de ces exceptionnelles Zenith en argent à répétition des minutes et sans fonction chronographe.

Pièce magnifique d’un diamètre de 54 mm hors couronne dans une boite épaisse à 900 millième d’argent, cette Zenith permet de retrouver les aiguilles bleuies qui font la beauté de ces montres et ce cadran caractéristique des montres Zenith du premier quart de siècle avec ces chiffres arabes en noir et cette indication des 24 heures en rouge dans un chemin de fer qui présente les minutes.

Le calibre n’est pas la version la plus empierrée proposée à l’époque et pour cause puisque l’objectif poursuivi était de produire à un prix abordable une répétition en tous points aussi efficace que les versions les plus haut de gamme. Avec cette pièce, Zenith réussit son pari. Plus d’un siècle plus tard, la montre n’a rien perdu de son charme et de sa beauté. La marque en rouge est toujours aussi attractive et la montre donne cette irrésistible envie de presser sur le poussoir pour entendre l’heure. Il ne faut en effet pas oublier que la fonction sonore des montres visait au delà du gadget raffiné que nous y voyons aujourd’hui à pouvoir entendre les heures soit en faible éclairage soit parce que la vue du propriétaire de la montre ne permettait pas de la lire sur le cadran. La guerre a fait revenir au foyer plus d’un combattant aveugle à cause des gaz ou des éclats d’obus et ce type de montre était une manière de conserver la détention individuelle de l’heure. Les manufactures horlogères avec l’invention de la montre à ancre avait apporté cette conquête sociale aux travailleurs en les plaçant à égalité avec les plus fortunés et la complication des répétitions des minutes préservait cette conquête pour ceux qui ne pouvaient plus connaître l’heure par le regard.
Zenith avec ce modèle démontre son omniprésence et sa proximité des gens qui en firent plus qu’une simple marque industrielle, une marque chargée d’affectif pour plusieurs générations.
Reproduction interdite – Droits exclusifs – Forumamontres Joël Jidet Octobre 2011
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 4h16 #420003574845ZEN
MembrePoinçon de l’observatoire de Besançon et poinçon de Besançon …
On trouve dans les ouvrages horlogers et sur certaines montres anciennes la mention du Poinçon de Besançon et en référence de manière aléatoire, celle du poinçon de l’Observatoire de Besançon et celle du poinçon que l’on peut qualifier d’économique de Besançon. Il existe une différence fondamentale entre ces deux poinçons.
Le poinçon de l’observatoire de Besançon est un poinçon chronométrique appliqué sur des pièces ayant satisfait à des critères de chronométrie. Il fut créé en 1897 sous forme matérielle de poinçon insculpé sur le calibre. Le poinçon représente bizarrement une tête de vipère dont on ignore par quoi elle fut inspirée.

Le poinçon de Besançon fut quant à lui créé en 1929 par les syndicats de fabricants et la Chambre de commerce et d’industrie de Besançon et du Doubs afin de récompenser les plus belles pièces d’horlogerie. Il atteste d’une qualité supérieure et est accessoirement une manière de créer une sorte d’appellation d’origine contrôlée. Il peut prendre la forme du sceau de la ville de Besançon insculpée sur le calibre ou simplement d’une référence gravée sur le calibre et plus rarement sur le cadran. Norme sans l’être, il fixe une origine et garantit que la pièce fut assemblée à Besançon. On parlerait aujourd’hui plus de label que de poinçon.

Ce second poinçon ne figure pas nécessairement sur le calibre de manière visible. Il peut être caché sous un pont ou plus rarement être mentionné sur le cadran pour désigner que toute la pièce est soumise au poinçon de Besançon qui s’apllique à la montre et non au seul calibre. Cette mention n’est pas courante du tout sur les montres de marques a fortiori sur des marques qui sont suisses et n’avaient en France qu’une filiale. Zenith a présenté de très rares montres avec cette mention

On connaissait donc la mention « Fabrication Française » « Made in France » et voici celle plus pointue de « Poinçon de Besançon ».
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