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ZEN, le il y a 8 années et 9 mois.
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23 avril 2017 à 4h31 #410000126470
ZEN
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La montre Zenith du département hydrographique de la Royal Navy britanniqueDans la fourniture de montres aux armées, ZENITH s’est illustré par la fourniture à la Royal Navy britannique d’une magnifique montre de bord à seconde centrale. La plupart des mouvements de ces montres, tous des 19 lignes (41,3 mm) de type 19-34-3-T, bâtis sur une base proche du 193, dotés d’un pont et d’une roue de renvoi de seconde centrale, furent fabriqués à partir de 1938. ZENITH réalisait en effet ses calibres par séries et les stockait avant emboitage après parfois plusieurs mois ou années. Cela explique l’absence de chronologie dans la sortie en montre et la mise en service auprès du département de la défense anglais.
Des cadrans classés en trois catégories
Trois types de cadrans furent validés par le département de la défense britannique pour ses services hydrographiques. Certains comportent des variantes portant sur la zone d’inscription de la Broad Arrow a midi ou 6 heures et sur sa forme.

Sur cet exemplaire de type III , la Broad Arrow a été effacée lors de la démilitarisation de la montre.
Version de Type IIIOn note que les cadrans de type I comportent de longs index. Ces cadrans correspondent en principe aux premières livraisons (ce qui ne signifie pas systématiquement premières mises en service).
Pourquoi des index plus longs que sur les autres versions lors des premières livraisons ?
Plusieurs maisons livraient ce type de montres et Zenith avait une certaine souplesse dans la fabrication des cadrans car la manufacture les fabriquait elle-même. Sans aucun doute, Zenith s’est conformé à une exigence militaire laquelle était consécutive à une recherche de réduction des erreurs de lecture. Mais alors pourquoi ces différentes versions ? Celui à index courts était destiné à rester dans une boite en bois vitrée et à être consulté sur une table (Desk watch). L’autre avec index long est destiné à bouger sans sa boite en bois et donc à être lu sur le terrain de l’action. Selon l’angle et la lumière, la parallaxe peut induire en erreur et moyennant un cadran un peu plus chargé et un peu moins aéré, il a été choisi de faire se superposer aiguilles des minutes et des secondes avec les index tracés sur le cadran. L’erreur de lecture serait alors réduite sensiblement.
Cette explication de source militaire est malgré tout sujette à critique car l’aiguille de trotteuse est si fine et si longue que l’erreur sur la demie seconde est assez fréquente. En effet, l’aiguille recouvre de la même manière les index de minutes et de demies minutes ce qui n’est pas si facile à lire en une fraction de seconde. Il est plus probable que constatant le risque de confusion sur le cadran de type I, les services hydrographiques anglais soient passés au cadran de type II avec chemin de fer plus clair. La lecture de la seconde se fait alors sur deux points de lecture dont l’un ne comporte que le marquage des secondes ou minutes et pas des demies secondes.
Malgré ces 2 essais de cadrans, la simplification a fini par l’emporter avec la version de type III, de loin la plus simple et la plus lisible avec finalement peu de risque d’erreur. Il est à noter que les services hydrographiques ont même fini par « raccourcir la trotteuse » de manière non systématique lors de services opérés sur les montres. Cette opération fut souvent à tort mise sur le compte de maladresses mais il n’en est rien.
Des mouvements chronomètres de très bonne qualité
Dotés de 16 rubis, les mouvements « chronomètres » bénéficiaient d’un balancier bimétallique à vis micrométriques de compensation et de la raquette à disque excentrique brevetée en 1903. Certains mouvements furent gravés de la Broad Arrow directement par Zenith avant livraison. Ce calibre n’a pas d’antichoc à la différence du 193 qui équipe l’armée allemande. L’armée anglaise avait déjà une expérience certaine de la qualité des mouvements ZENITH puisque c’est sur des bases de mouvements quasi identiques que la Royal Flying Corps fut dotée en montres en 1916.
Remarquables pour leur précision extrême et la qualité soignée de la finition des mouvements, les montres bénéficiaient de boites fabriquées par ZENITH en staybright, acier inoxydable de l’époque. Les fonds et lunettes vissées de ces modèles étaient dotés d’une cannelure périphérique en facilitant le vissage et le dévissage système qui garantissait une très bonne étanchéité. Le fond des montres était gravé de la mention « HS/|\\3 », signe d’appartenance au service hydrographique de la Royal Navy. Le cadran émaillé à chiffres arabes et indication intermédiaire des minutes par un index, comportait à midi la marque ZENITH suivie du numéro individuel de la montre et juste en dessous, la Broad Arrow de l’armée britannique. Tous les cadrans étaient par ailleurs, estampés Swiss made à 6 heures.
A la fin de la guerre, ces montres ont rejoint les réserves du département Hydrographique de la Royal Navy avec les autres chronomètres stockés au château de Herstmonceaux dans le Sussex.
Après l’exil, le service pour l’OTAN
Il fallut attendre le début des années 50 pour que le Département Hydrographique fasse reprendre du service à ces montres dont les cadrans furent soigneusement remplacés par des cadrans décimaux brevetés par L.B. Ferguson, divisant en périphérie les secondes en 10 sections de 10 unités. La lecture de l’heure est alors considérée comme accessoire puisque les montres vont être destinées au chronométrage, ce qui justifie de privilégier la lecture de la trotteuse. Les nouveaux cadrans peints sont divisés en trois zones avec à l’extérieur les secondes. Un disque rouge plus petit définit les minutes notées cinq par cinq avec un index unitaire et un cercle noir concentrique intérieur permet la lecture des heures. La trotteuse et l’aiguille des heures sont de couleur noire tandis que celle des minutes est rouge à l’identique de la zone du cadran sur laquelle elle se lit.

Ces montres, ainsi équipées d’un cadran au mode de lecture spécifique, permettaient un calcul mathématique plus rapide des temps mesurés et de leur expression sous une forme décimale. Les nouveaux cadrans sont anonymes et ne comportent plus de marquage ZENITH. Les fonds des montres font l’objet d’un nouveau gravage avec la nouvelle référence de stockage de l’OTAN et quatre chiffres de référence individuelle de la montre reportés à l’intérieur du fond de la boite. Une nouvelle gravure de Broad Arrow en rappelle la propriété de l’armée Britannique. La mention initiale » HS/|\\3 « est alors barrée de deux traits horizontaux afin de signifier le changement d’affectation.
Les montres étaient logées dans des boites en bois à couvercle monté sur charnière spécialement étudiés pour laisser apparaître le cadran par une zone évidée. Aujourd’hui, très prisées des collectionneurs, les versions à cadran émail ou à cadran décimal sont devenues des pièces que l’armée britannique a réformées.
Droits réservés – Forumamontres – Joël Duval – Avril 201923 avril 2017 à 4h31 #420003574817ZEN
MembreSujets Zenith
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 4h57 #420003574818ZEN
MembreLes plus beaux mouvements de montres de poche de ZenithAu début du 20ème siècle, les ingénieurs de Zenith multiplient les conceptions de nouveaux calibres. Concrètement la manufacture produit d’énormes séries et fabrique plus de 150 000 mouvements, à jeu égal avec Omega chaque année, ce dont elle se glorifie sur les devantures des plus grandes boutiques. La montre de poche à mouvement à ancre est en train de conquérir le monde et avec elle l’heure juste devient accessible à tous. Auparavant, les montres à cylindre souvent assemblées par des horlogers voire des ouvriers à domicile plus ou moins impliqués dans l’horlogerie à partir de pièces achetées chez des fournisseurs, permettaient d’accéder de manière aléatoire à l’heure avec des variations qui pouvaient dépasser largement le quart d’heure sur la journée.
La détention individuelle de l’heure juste devient essentielle avec le développement de l’industrie car elle conditionne le temps de travail en commun des équipes et donc la productivité. La grande force de l’horlogerie est d’avoir convaincu chacun que posséder une montre de qualité est un besoin mais aussi un plaisir. La publicité, on dit alors « la réclame », ne cesse de marteler le message du plaisir avec la montre « cadeau » et référence du bonheur partagé.
Au sein du bureau d’étude de la manufacture, on dessine des mouvements qui vont équiper les montres de demain. Les objectifs assignés sont de cultiver l’interchangeabilité des pièces, ce qui allège le coût des services de maintenance des montres et en facilite la fabrication en volumes mais aussi d’abaisser les coûts de revient des calibres.
On voit ainsi des mouvements apparaître avec un pont en moins mais des demi-platines, plus de numéro de série, une décoration allégée, etc. Zenith est en mesure dès le début du siècle de produire 1000 mouvements consécutifs tous chronomètres ! C’est une performance industrielle exceptionnelle.

En 1906, le bureau d’étude conçoit un calibre référencé 68. Doté d’un large balancier, ce 19 lignes, soit 41,30 millimètres, vise la précision ultime. Les ingénieurs aimeraient bien en faire une bête à concours. Hélas les chronométriers de Zenith chargés de préparer les montres pour les concours internationaux de chronométrie notamment de l’Observatoire de Neuchâtel, voient les choses autrement et préfèrent travailler sur des calibres de 20 1/2 lignes dont le réglage est plus facilement domesticable. Coincé « entre le calibre dit « Zenith » 18-28 et le 20,5 lignes, ce 19 lignes ne sera pas finalement fabriqué immédiatement et va rester près de 40 ans dans les cartons ! En effet, la manufacture va lancer seulement en 1943 la fabrication d’une petite série de ces mouvements haut de gamme sous la référence 69. Quelques montres en sont équipées notamment pour l’exportation vers les marchés nord-américains. Le mouvement est ensuite ré-enfoui dans les cartons et il faudra attendre 13 ans pour qu’il rentre en grâce.
Mouvement de 20 lignes « Supérior » livré aux chemins de fer américainsIl faut en effet attendre le milieu des années 1950 pour que Zenith se détermine à exploiter ses ébauches après que les Chemins de fer canadiens aient passé une commande à la manufacture du Locle. A la fin de l’année 1955 plus précisément, Peter Kushnir alors représentant de Zenith au Canada qui deviendra en 1964, responsable de la chronométrie pour les chemins de fer canadiens, se trouve confronté à une pénurie de mouvements pour l’assemblage des montres réglementaires de la compagnie de transports du pays.
Aucun stock n’est suffisant au sein des manufactures américaines dont le devenir commence à laisser perplexe, pour répondre aux besoins de la compagnie des chemins de fer canadiens. Peter Kushnir sollicite donc auprès de la manufacture une transformation du calibre 69 pour s’adapter au cahier des charges de la compagnie de chemins de fer. Il se souvient en effet que ZENITH a déjà fourni les chemins de fers canadiens avec des calibres de 19 lignes dits « Superior » grade de 21 rubis ajustés en 5 positions. Il est alors installé à Hamilton dans la province de l’Ontario et transmet la demande au Locle en vue de l’adaptation du calibre 69.
La manufacture a déjà fourni à des compagnies de chemins de fer des montres avec des calibres de haute qualité. On la retrouve ainsi en 1928 parmi les marques agréées par les compagnies américaines aux côtés de 8 autres manufactures américaines et deux autres suisses, à savoir Omega et Longines. La plupart des mouvements sont des 19 lignes. Les marques américaines les livrent dans des versions de 17 à 23 rubis, Longines propose des pièces de 19 à 23 rubis tandis qu’Omega et ZENITH versent essentiellement des 21 et 23 rubis.
Les calibres fournis par ZENITH dans les années 20 étaient des 19 lignes de type « Superior » mais parfois aussi qualifiés de « Extra » et dotés de 23 rubis. En 1956, ZENITH demeure la seule manufacture suisse agréée par les chemins de fers américains. Elle livre des calibres de qualité Extra en 23 rubis et en 21 rubis.
Sans doute Peter Kushnir espérait-il pouvoir livrer ce même calibre Extra dans les boites spécifiques imposées par les chemins de fers canadiens. Les horlogers du Locle ont toutefois fait évoluer leurs mouvements depuis les années 20 et ont fabriqué en 1943 des ébauches de calibre 19 lignes dans une version en finition haute d’un mouvement 19 N antérieur. Ce mouvement de 41,30 mm de diamètre pour 6,45 mm de hauteur est référencé 69 dans la manufacture. Il est de qualité Extra avec 21 rubis, un réglage Breguet et un système dit régulateur de raquette. Doté d’une finition de type côtes de Genève, il a subi un réglage dans 6 positions et températures et bat à 18 000 alternances par heure. Si les ébauches datent de la première moitié des années 40, c’est bien en 1956 que les mouvements sont achevés. ZENITH met donc en fabrication ce RR56 et passe commande le 18 février 1956 de cadrans à la société Flickiger et Cie de Saint Imier, de jeux d’aiguilles chez H et M, et des mouvements terminés à ses propres ateliers. Les cadrans seront livrés en juin et les calibres en novembre par boites de 10

Les deux versions de cadrans livrés par Flickiger et Cie de Saint ImierLa mise à l’heure se fait en dévissant la lunette, par une targette (levier) placée sur le bord et sous le cadran à 2 heures. Le mouvement « anti-magnetic » sans pare-choc, ce qui est surprenant pour une pièce du milieu des années 50, est doté d’une plaque de contre pivot à l’échappement en acier qui dénote un souci du détail particulièrement poussé. Il est difficile d’établir pourquoi la manufacture n’a pas livré ce mouvement en 23 rubis en empierrant le barillet ce dont elle était capable. Toutefois, ZENITH ne poursuivait pas une surenchère à l’empierrement de ses mouvements et il est probable que cette caractéristique ne relève pas d’un choix économique mais davantage d’une option technique. Autre dispositif particulier, la raquette de type classique simple flèche élargie est dotée d’un col de cygne classique.
Le magnifique calibre RR 56ZENITH n’a donc pas opté pour sa raquette à disque excentrique brevetée en 1903 et exploitée par la manufacture jusque dans les années 60. Ce 19 lignes est un 21 rubis fabriqué spécialement pour cette commande exceptionnelle. Surnommé « Le Canadien» dans les ateliers ZENITH, le RR56, qui est son nom de diffusion auprès des chemins de fer canadiens, est considéré comme l’un des plus beaux mouvements de la manufacture au plan esthétique. La qualité de sa finition n’y est certainement pas pour rien.
Le cadran est lui aussi exceptionnel. Conforme au cahier des charges des chemins de fers canadiens, il en existe deux types, celui dit Montgomery*, c’est-à-dire avec chaque minute en périphérie marquée en chiffres arabes de 1 à 60 et celui de type classique sans ce marquage. C’est la société Flickiger et Cie de Saint Imier qui a fabriqué et livré les deux versions.
ZENITH a livré 1100 exemplaires de son mouvement en version RR56 a priori en 2 séries dont l’une de 500 pièces et l’autre de 400 chacune avec un des deux types de cadrans. Les livraisons s’étalent de cette manière :
– 500 mouvements courant 1956,
– 150 fin 1956
– 450 en 1957
– Le solde fut réservé
La manufacture réserva donc une grande partie des mouvements fabriqués soit au SAV, soit sans doute dans le cadre d’une anticipation de commande ultérieure sans doute suite à un accord probable qui prévoyait l’échange pur et simple des calibres en cas de réforme ou de panne. La très grande majorité des montres emboitées au Canada avec plusieurs modèles de boites (au moins 6 différents) fut distribuée aux personnels navigants et aux chef de gare. Les montres étaient remises avec un écrin à l’intérieur duquel était imprimé sur la toile le logo de la compagnie de chemins de fer. Celle-ci réserva quelques montres terminées dans l’hypothèse d’un besoin d’échange de la pièce suite à une panne, un vol ou la casse d’une montre après un choc. Même s’il est difficile de comptabiliser les pièces ainsi conservées neuves, on ne peut imaginer qu’il y en ait eu plus d’une vingtaine.
Ces montres relativement récentes sont restées assez rares. On sait que statistiquement la perte d’un modèle est potentiellement de 10% par décennie. Pourtant, s’agissant de modèles réglementaires la « perte » est probablement inférieure mais ce sont là des suppositions car il n’existe aucun recensement possible. Cette RR 56 des chemins de fer canadien est une véritable légende dans l’histoire de l’horlogerie, une légende portée par Zenith que nulle autre firme horlogère n’a pu égaler. La RR 56 est sans aucun doute aussi une porte d’entrée dans la mémoire collective nord-américaine de ce qu’une manufacture suisse a pu avoir de plus glorieux là-bas.
Le mouvement 68, frère de sang du RR 56 réapparait plus tard sous la référence 68-2 en 1961 cette fois en 6000 exemplaires livrés en 1961 et 1962 sur la base des ébauches de 1943. Avec les version RR 56 c’est un peu plus de 7000 exemplaires qui sont au total distribués. La finition du calibre 68 est lisse, rhodiée et le mouvement est doté d’un antichoc. Sa plaque de contre-pivot à l’ancre est quasi dans sa surface originelle, à peine ajustée sur le bord de la demie platine. On y retrouve le même col de cygne que sur la version du RR 56 mais de Prima qualificatif affecté au RR 56, le mouvement est devenu Extra Prima, c’est à dire le plus haut de gamme dans le référencement Zenith.
Le calibre 68 en version Extra Prima – 21 rubisPlutôt rare, ce calibre 68-2 toutefois plus aisé à trouver que le RR56 partage avec son mouvement frère, une précision extrême et une beauté architecturale particulière. Malgré cela en 1962, les montres de poche se vendent beaucoup moins bien et Zenith en conservera un nombre conséquent dans ses réserves. En 1983, ZENITH est revenu depuis 5 ans, sous capitaux suisses depuis que les Américains ont revendu la marque à un consortium de trois industriels suisses dont Paul Castella propriétaire de DIXI. C’est sans conteste pour ne pas voir une marque qui fait partie du patrimoine national, contrôlée par un groupe étranger que ses nouveaux propriétaires ont cédé à la tentation d’en reprendre possession.
La production d’un modèle de prestige renouant avec la tradition est à l’époque pour ZENITH, une excellente occasion de prouver qu’après des années noires au plan horloger, la marque a conservé tout son savoir faire. C’est Thomas Engel qui va donner à la manufacture l’occasion de faire une grande démonstration de celui-ci. Cet ingénieur chimiste spécialisé dans les polymères et dont les montres sont le hobby de longue date pratique l’horlogerie de haut niveau en amateur averti. Thomas Engel s’est essayé à diverses complications dont le tourbillon et propose cette fois à ZENITH d’adapter un calibre de montre de poche pour réaliser une petite série, sur une base de calibre 68 en version 17 rubis. Zenith puisse toujours dans sa réserve qui n’est que de seulement 6 000 exemplaires du mouvement conçu rappelons-le, en 1906.

Thomas Engel travaillera sur le projet avec Jean-Pierre Guerber directeur technique de la manufacture que l’arrêt de la production de mouvements mécaniques ordonné par les Américains avait rendu impatient de retrouver des pièces à la hauteur de son engagement dans l’horlogerie. Cette production de pièces en nombre limité sera d’ailleurs un avant goût de la relance d’une activité de production de pièces mécaniques avant que le mouvement de chronographe El Primero ne soit lui-même, à nouveau remis en fabrication.

Sans cette série de montres qui fait le lien entre les années « quartz » et la relance de l’horlogerie mécanique, il est fort à craindre d’ailleurs que la manufacture n’aurait plus bénéficié du savoir faire de Jean-Pierre Guerber dont d’autres manufactures n’auraient pas hésité à s’attacher le talent. Les trois petites séries de 25 pièces de haute horlogerie par la technicité qu’elles mobilisent sont donc probablement salutaires quant à la suite de l’histoire de ZENITH.

Les pièces non assemblées des calibres 68 sont ainsi ressorties des réserves où elles dormaient depuis plusieurs années pour bénéficier d’une nouvelle finition avec côtes de Genève et d’une raquetterie avec col de cygne et antichoc. Thomas Engel passionné par les complications horlogères et par les montres ZENITH dont il apprécie la qualité des mouvements est très inspiré par les dessins des montres Breguet d’où un design qui rappelle la production de l’illustre horloger dont on dit qu’il séjourna au Locle avant de rejoindre Neuchâtel lorsqu’il dut se réfugier en Suisse après la Révolution. Le style Breguet est d’ailleurs revendiqué haut et fort dans les dépliants qui font la promotion des modèles. Au total la collection comportera trois séries de 25 montres dont les clients sont prévenus dès la commande qu’elles se feront attendre au moins trois mois. Une version simple à phase de lune, une version phase de lune, jours de la semaine et thermomètre et une version heure décentrée, phase de lune et jour de la semaine. Boites en or et cadrans en argent massif équipent ces montres magnifiques qui sont livrées dans un coffret en acajou numéroté comme les montres et qui contiennent, raffinement suprême, un ressort de barillet et des aiguilles de rechange « comme autrefois ».

Chaque fond est différent, unique et chaque cadran est doublement signé par ZENITH et Thomas Engel. Boites et cadrans sont guillochés grâce à des machines ancrées dans la tradition et de plus de 150 ans d’âge. Les fonds des boites en or 18 carats sont au choix guillochées et le cas échéant émaillées avec ou sans incrustations de décors or. La patine des boites irrésistible et exceptionnelle n’a d’équivalent que celle des cadrans gravés à la main. Tous les calibres sont non seulement certifiés chronomètres et réglés dans 5 positions mais bénéficient en plus de la mention exceptionnelle de « Résultats particulièrement bons », une véritable performance en 1983 pour des mouvements fabriqués 20 ans plus tôt mais de conception bien plus ancienne.
Ces montres vendues dans un processus proche de la souscription ont évidemment remporté un grand succès et sont aujourd’hui dispersées dans les collections d’amateurs éclairés. L’histoire ne dit pas si lors des révisions ces derniers feront usage des aiguilles de rechange mais reconnaissons la grande intelligence et la finesse de l’idée qui a consisté à doter les propriétaires de ces montres des moyens d’en assurer l’entretien en leur évitant le souci de retrouver des aiguilles conformes au modèle originel. Certainement ces montres sont-elles avant tout des modèles de pure collection et sortent-elle de l’esprit qui a présidé à la destinée de la manufacture de toujours produire des pièces fonctionnelles mais elle furent pour la marque un moyen habile de se replacer dans la course des manufactures auxquelles « les années quartz » n’ont pas fait perdre la main.Le calibre 68 est finalement l’un des plus beaux mouvements de montres de poche, brillant par son esthétique et sa fiabilité. La version RR 56 des chemins de fer Canadiens est la plus rare mais les autres versions ne manquent pas d’intérêt au regard du savoir faire accumulé par plusieurs générations d’horlogers qui ont contribué à élaborer ce calibre.
*Le cadran Montgomery tient son nom de son inventeur, Henry S. Montgomery, qui fut inspecteur général du matériel horloger pour la compagnie américaine de chemins de fers Santa Fe Railway de 1896 à 1923. Ce type de cadrans vise à sécuriser la lecture de l’heure à la minute près, sans risque d’erreur sur les minutes. Le cadran identifie par ailleurs la qualité Extra du mouvement et outre le nombre de rubis, ses caractéristiques antimagnétiques. Il mentionne enfin, la référence RR56 qui renvoie expressément à la fabrication spéciale faite par ZENITH de ce calibre. La montre est évidemment un chronomètre capable d’une précision sans faille et faisant preuve d’une fiabilité à l’image de celle portée par ZENITH pour ses montres de poche réputées parmi les plus précises et solides.
Droits réservés – Joël Duval – Forumamontres – avril 2017__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 4h59 #420003574819ZEN
MembreLa montre d’observation des sous-marins de la Navy britanniqueEn 1938, l’armée anglaise se prépare à la guerre dont le monde entier imagine l’imminence. La Navy britannique, grande consommatrice de montres notamment avec les pièces pour les services hydrographiques, est très satisfaite des mouvements prima 17 rubis qui les équipent. Toutefois, la marine anglaise a besoin de pièces très particulières pour ses sous-marins. Il s’agit de chronomètres d’une précision absolue et d’une fiabilité sans faille. La Navy s’enquiert auprès de Zenith quant à la faisabilité d’une montre dans une boite très plate et un verre plat et un mouvement de très haute précision. La manufacture propose son fameux 22,5 lignes qui a battu des records de précision mais cela ne satisfait pas la marine anglaise qui tient absolument à une montre plate et d’un diamètre discret.

Ce qu’il faut à la marine anglaise est en fait un calibre de 19 lignes et de 21 rubis. Zenith dispose d’ébauches fabriquées le 22 janvier 1931 et stockées dans la manufacture pour des pièces prestigieuses en or. La quantité est très limitée mais la commande de l’armée porte sur un nombre de pièces réduit. Zenith fait savoir que la manufacture ne dispose pas des boites mais cela importe peu car le fabricant anglais Dennison fabrique des boites réglementaires pour cette catégorie de mouvement. L’armée souhaite en effet des boites spéciales pour des mouvements de 19 lignes à fond vissé plat et couronne anglaise (boule). Les boites pour ces montres sont un peu spéciales à cause de la hauteur du mouvement qui n’est pas commune.
Il reste à la manufacture des Billodes à terminer les mouvements, ce qu’elle réalise le 30 mars 1938 et le dorage qui lui, sera achevé le 6 mai 1938. Les montres apparaissent dans la catégorie des « commandes spéciales », c’est-à-dire de pièces en très petites quantités faites pour une armée et les livraisons sont faites par boîtes de 6. Zenith livrera une vingtaine de kits calibre/cadran/aiguilles. Les autres montres serviront ailleurs.
Dès la première boîte, chaque cadran produit, peint et assemblé par Zenith reçoit un numéro autonome par rapport au reste des montres faites par ailleurs pour l’armée anglaise que ce soit par Zenith ou une autre manufacture. De cette commande spéciale, tout le monde croyait qu’il ne restait aucune pièce tant leur nombre initial fut limité. Ce n’est pas le cas et de manière tout à fait exceptionnelle, l’une d’elles s’est égarée depuis Londres … Le cadran porte la célèbre Broad Arrow et ce numéro symbolique de l’unicité des pièces. Loin des calibres 7 rubis ou même des 15 rubis des GSTP, ce mouvement est celui de la plus belle qualité jamais livrée à l’armée anglaise par son nombre de rubis et sa finition dorée, un calibre très rare dans une pièce militaire qui ne se justifie que par un besoin spécial lié à celui de la vie dans les sous-marins et le besoin d’avoir une montre ultimement précise afin de doubler les instruments de bord susceptibles de donner l’heure.



Trouver l’une de ces montres était une chance extraordinaire mais le hasard a mis, 6 ans après la première, un second exemplaire de cette micro-série sur mon chemin. La numéro 6 trouvée en 2011 est dorénavant accompagnée de sa petite soeur, la numéro 4. Le numéro du mouvement est quasi consécutif à 2 près.

Une recherche plus approfondie démontre que la Marine anglaise accordait une extrême importance à la précision de ces montres qui, lorsque les moyens radio étaient coupés pour rendre moins détectables les navires par l’ennemi, restaient à bord le moyen privilégié de conserver une heure de référence fiable. L’armée anglaise faisait donc subir à ces pièces des tests qui débouchaient sur un tri où n’étaient sélectionnées que les montres les plus précises. Les tests ont conduit à choisir ces Zenith parmi les premières puis quelques IWC et Elgin à seconde centrale. La marine anglaise préféra en effet ensuite des pièces à seconde centrale, semble-t-il plus lisibles pour les armées.
Ces 6 Zenith sont donc des pièces d’une exceptionnelle rareté avec des calibres « spéciaux » dont les hauteurs de pont sont différentes des autres mouvements de la manufacture ce qui aujourd’hui rend leur maintenance plus complexe quand il faut remplacer un axe. Deux pièces, cela correspond à un tiers de la production et il sera sans nul doute difficile d’aller plus loin.
Droits réservés – Forumamontres – Mars 2017__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h18 #420003574820ZEN
MembreDes montres pour les armées de terre anglaise et allemandeAu détour de la Seconde Guerre Mondiale, les armées de tous les pays s’équipèrent en quantités importantes auprès des fabricants de montres pour des modèles qui, répondant à un cahier des charges, ont une esthétique constante et commune. Bulla, Cronos, Doxa, Felsing, Glycine, Grana, Hanhardt, Helios, Heuer, Huber, IWC, Junghans, Laco, Lancet, A. Lange & Söhne, Revue, Schätzle & Tschudin, Schieron, Siegerin, Stowa, Tutima, Wagner, Wempe et Zentra ont notamment fait partie des fournisseurs des deux camps, parfois simultanément.
Ce fut en outre le cas de Buren, Cyma, Eterna, Invicta, Jaeger-LeCoultre, Lemania, Longines, Omega, Record, Rolex, Rotary, Ulysse Nardin, Vacheron et Constantin, Vertex et Zenith.Pour Zenith, les modèles livrés à l’armée anglaise comportent la plupart du temps la broad arrow sur le cadran blanc ou noir et parfois en rappel ce même repère sur le fond de la montre. Les montres livrées par Zenith, à la différence de la plupart des autres marques, furent rarement emboitées dans des boites en laiton chromé mais plus souvent dans des boites en nickel ou en métal blanc. Zenith indiquait en outre le millésime de ses montres sur les cadrans. Certaines livraisons notamment pour les colonies anglaises furent opérées avec des pièces de 7 rubis.



Pour l’armée de terre allemande, les cahiers des charges étaient un peu plus exigeants. Boites massives fraisées dans la masse, fonds épais vissés, cache poussière, joint d’étanchéité, mouvement en qualité chronomètre de 15 ou 17 rubis, rien ne fut négligé dans la commande passée aux marques.
Longines notamment livra le même type de modèles.
Sur ce cadran, chiffres au radium à 9, 12 et 3 heures


Le calibre 193-P-6 avec son antichoc conçu par Zenith ce qui est une rareté horlogère
L’armée anglaise fut particulièrement consommatrice d’instruments de mesure et de montres dont elle multiplia les fournisseurs.
Quelles que fussent les armées clientes, ces montres étaient toujours d’assez belle facture et d’une exécution soignée avec des mouvements fiables, de qualité et des boîtes pour lesquelles des efforts d’étanchéité avaient été consentis.Dans les livraisons faites à la Wehrmacht de montres bracelets ou de montres de poche, on retrouve des caractéristiques communes conformes au cahier des charges allemand.
Pour ce qui concerne la version de poche, la montre est remarquable pour son cadran noir marqué de chiffres arabes inscrits comme les aiguilles, au radium puissamment luminescent à chaque quart. Le mouvement précis est protégé dans une robuste boîte en acier Staybright faite par ZENITH, à lunette dessinée dans la carrure mais faisant corps avec le boîtier. L’épais fond vissé à trois encoches s’ouvre sur un antipoussière qui enferme le mouvement par ailleurs garanti par un fin joint en plomb écrasé lors du vissage du fond. Le cadran donne à lire en lettres dorées le nom de ZENITH que l’on retrouve avec le logo rond étoilé dans le fond intérieur de la boite, fond qui sur la face externe est gravé des lettres D pour Dienst (uhr) suivi de 7 chiffres et de la lettre H pour Heer correspondant au recensement militaire allemand des montres de service en dotation de l’armée de terre (Wehrmacht). Le calibre de 15 rubis, un 193-P-6 de 19 lignes (41,3 mm x 6,45mm) à petite seconde est doté d’un antichoc à griffe pour protéger l’axe de balancier ce qui est rare dans les montres de poche en 1942/1943 période de production des mouvements.Lourdes et massives, ces montres semblent insensibles aux éléments extérieurs et leur étanchéité réelle les a garanties des affres du temps.
Zenith répondit à des cahiers des charges proches de celui élaboré par la Wermarcht pour d’autres armées. Les modèles sont différents par les cadrans dont tous les chiffres sont peints au radium à la différence du modèle de l’armée de terre et dont le boitier plus épais encore est différent notamment au niveau de la bélière.

Ici tous les chiffres sont recouverts de radiumPièces de choix des collectionneurs, elles symbolisent pour la marque une production de masse dont la qualité rivalise avec celle des montres américaines servies aux soldats américains et anglais. L’évaluation des volumes en reste complexe mais 5000 à 6000 exemplaires par année de 1938 au début des années 50, semble correspondre à la réalité des commandes de l’époque.
A côté de la version de poche, de nombreuses marques ont livré une version bracelet, construite avec la même rigueur. Il s’agit de la Military Heeres DH – II WK. d’un diamètre de 34,5 mm. Pour Zenith, la boite en inox signée ZENITH brevetée est tout aussi massive. Le fond en est vissé et marqué aux références de la Wermacht (D 7chiffres H). Une fois ce fond enlevé, un cache poussière en acier léger protège encore le mouvement. La lunette épaisse dégage une impression de solidité. Le mouvement embarqué est un 12-4-6 à ancre de 12 lignes à remontage manuel, produit de 1944 à 1947 en 3600 exemplaires, évoluant à 18 000 alternances par heure, à petite seconde et pare-chocs. Le cadran noir est peint de chiffres arabes au radium. Il comporte une petite seconde à 6 heures. Très lisible, la montre est équipée d’aiguilles heures et minutes également recouvertes d’une peinture au radium. La trotteuse blanche est sans contrepoids.

Ici tous les chiffres sont peints au radium
On retrouve le principe du cache poussière de la version de poche
La montre bracelet est un peu plus rare que la version de poche car produite en plus faible quantité et dans un cadre plus concurrentiel que la version de poche déjà en voie de production restreinte dans beaucoup de manufactures au milieu des années 40.
Droits réservés – Textes déposés – Joël Jidet – Reproduction interdite – Septembre 2011
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h19 #420003574821ZEN
MembreLa montre du département hydrographique de la Royal Navy britanniqueLes montres d’observation sont des instruments précieux pour les armées. Donnant une heure de référence, elle permettent d’accompagner des missions qui supposent des calculs horaires et des relevés les plus précis. On leur demande fiabilité et solidité. En 1941, la Royale Navy britannique décide de s’équiper de montres de ce type et en recherche d’importantes quantités en vue d’un débarquement sur les côtes françaises. Elle souhaite par ailleurs d’autres modèles pour ses sous-marins. Dans le même temps, la Royal Air Force passe commande de montres de poche à cadrans noirs, modèles dont l’armée anglaise a longtemps équipé ses troupes dans les colonies notamment indiennes. Naturellement, les Anglais se tournent d’abord vers les Américains pour lesquels Elgin et Hamilton tournent à quasi 100% de leurs capacités de production. Hamilton va mettre au point en 2 ans des chronographes et des chronomètres de marine qui seront fabriqués dans des volumes que les firmes suisses additionnées ne peuvent servir.
Hamilton répond négativement aux Anglais et ne peut leur servir que des volumes réduits de pièces. Waltham également sollicité ne pourra davantage répondre à l’immensité des besoins. La Navy se tourne alors vers les firmes suisses. La demande est spéciale et mentionne des pièces de poche à seconde centrale. Les mouvement doivent être de « haut grade » et donc d’au moins 16 rubis et avec un empierrement central. Ils doivent être « chronomètres » avec une précision de 2 secondes au maximum par jour.
Tavannes/Cyma, Zenith et Ulysse Nardin seront parmi les principaux fournisseurs. Zenith adapte un de ses calibres de 19 lignes et livre une superbe montre qui va avoir une singulière histoire. La Navy exige des lunettes et fonds vissés jugés plus étanches et une boite de type anglais pour profiter d’une couronne plus préhensible. Ces montres étaient logées dans des boites en bois à couvercle monté sur charnière spécialement étudiées pour laisser apparaître le cadran par une zone évidée. La montre d’observation est une pièce dite de bord (Deck watch). La plupart des mouvements de ces montres, tous des 19 lignes (41,3 mm) de type 19-34-3-T, bâtis sur une base proche du 193, dotés d’un pont et d’une roue de renvoi de seconde centrale, furent fabriqués à partir de 1938 et figuraient donc dans les réserves de la manufacture, ce qui explique une capacité de livraison rapide de grands volumes. ZENITH réalisait en effet ses calibres par séries et les stockait avant emboitage après parfois plusieurs mois ou années.

Dotés de 16 rubis, ils bénéficiaient d’un balancier bimétallique à vis micrométriques de compensation et de la raquette à disque excentrique brevetée en 1903. Ce calibre n’a pas d’antichoc à la différence du 193 qui équipe l’armée allemande. L’armée anglaise avait déjà une expérience certaine de la qualité des mouvements ZENITH puisque c’est sur des bases de mouvements quasi identiques que la Royal Flying Corps fut dotée en montres en 1916.
Remarquables pour leur précision extrême et la qualité soignée de la finition des mouvements, les boites étaient fabriquées par ZENITH en staybright, acier inoxydable de l’époque. Les fonds et lunettes vissées de ces modèles étaient dotés d’une cannelure périphérique en facilitant le vissage et le dévissage. Le fond des montres était gravé de la mention « HS/|\3 », signe d’appartenance au service hydrographique de la Royal Navy. Le cadran émaillé à chiffres arabes et indication intermédiaire des minutes par un index, comportait à midi la marque ZENITH suivie du numéro individuel de la montre et juste en dessous, la Broad Arrow de l’armée britannique. Tous les cadrans étaient par ailleurs, estampés Swiss made à 6 heures.A la fin de la guerre, la Navy récupère ses montres auprès des militaires et au lieu de les réformer, elle les envoie dans les réserves du département Hydrographique de la Royal Navy avec les autres chronomètres stockés au château de Herstmonceaux dans le Sussex. Les montres sont conservées dans des cartons avec des fiches recensant les numéros des pièces, numéros qui sont peints sur chaque cadran. Cette peinture était apposées par la Navy. Les montres sommeillent avec plusieurs fois des projets de reventes que le conservateur militaire des lieux fait échouer.
Au début des années 1950, le département Hydrographique remet ces montres en service au profit de l’OTAN. Il faut toutefois les adapter à leur nouvelle destination. Les cadrans sont alors soigneusement remplacés par des cadrans décimaux brevetés par L.B. Ferguson, divisant en périphérie les secondes en 10 sections de 10 unités. La lecture de l’heure est alors considérée comme accessoire puisque les montres vont être destinées au chronométrage ce qui justifie de privilégier la lecture de la trotteuse. Les nouveaux cadrans peints sont divisés en trois zones avec à l’extérieur les secondes. Un disque rouge plus petit définit les minutes notées cinq par cinq avec un index unitaire et un cercle noir concentrique intérieur permet la lecture des heures. La trotteuse et l’aiguille des heures sont de couleur noire tandis que celle des minutes est rouge à l’identique de la zone du cadran sur laquelle elle se lit.

Ces montres, ainsi équipées d’un cadran au mode de lecture spécifique, permettaient un calcul mathématique plus rapide des temps mesurés et de leur expression sous une forme décimale. Les nouveaux cadrans sont anonymes et ne comportent plus de marquage ZENITH. Les fonds des montres font l’objet d’un nouveau gravage avec la nouvelle référence de stockage de l’OTAN et quatre chiffres de référence individuelle de la montre reportés à l’intérieur du fond de la boite. Une nouvelle gravure de Broad Arrow en rappelle la propriété de l’armée Britannique. La mention initiale HS/|\3 est alors barrée de deux traits horizontaux afin de signifier le changement d’affectation.
Dans les années 1960, les montres sont réformées et vendues par lots lors d’enchères gérées par les armées.

Droits réservés – 2014__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h23 #420003574822ZEN
MembreZenith dispose d’un long passé militaire…
La manufacture produisit notamment les premiers altimètres qui dès la grande guerre servirent aux avions qui allaient photographier les lignes adverses… En 1939, Zenith reçoit une commande spéciale de montres de bord destinées aux tableaux de bord des avions de l’armée de l’air Française. Ces pièces dites « Montres d’aéronefs » font l’objet d’un cahier des charges précis qui les placent dans la catégorie des Type 20.

D’un diamètre global de 65 mm, elles sont équipées d’une trotteuse à 6 heures et d’un cadran noir mat disposant de chiffres arabes peints avec une matière incluant du radium pour en optimiser la lecture de nuit. Les aiguilles larges et également revêtues de radium confortent cette lisibilité instantanée indispensable en vol. Les pilotes lors du check-up précédant le vol, remontent le mouvement en tournant la lunette crantée dans le sens des aiguilles d’une montre puis soulèvent celle-ci pour la mise à l’heure en prenant soin de placer le repaire situé sous le verre plat de manière à identifier l’heure de départ afin de sécuriser par un instrument supplémentaire, l’autonomie de leur appareil. D’une simplicité évidente l’instrument a été conçu avec une infinie intelligence pour les pilotes qui peuvent le manipuler avec leurs gants et disposer instantanément d’une lecture fiable de l’heure. Les mouvements auraient pu être certifiés chronomètres tant ils sont précis mais pas question d’encombrer le cadran avec des mentions inutiles.

Au dos de la pièce horlogère, la mention Zenith Type 20 est rappelée ainsi que le numéro de série et la date de fabrication. La plupart des pièces sont datées des mois d’octobre et novembre 1939 mais on en rencontre avec d’autres dates. Ce sont ces montres de bord Type 20 qui équipaient les bombardiers français et les Dewoitine de l’armée de l’air française.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h27 #420003574823ZEN
MembreLa seconde guerre mondiale a créé dans l’horlogerie un phénomène unique d’aspiration. Du jour au lendemain, toutes les armées sont devenues demanderesses de pièces d’horlogerie dans des volumes atteignant les 2 millions de pièces. L’armée américaine s’est d’abord tournée naturellement vers les firmes américaines et Waltham, Hamilton ou Elgin ont dû fabriquer jour et nuit pour suivre la demande. Hamilton s’est même engagé dans des fabrications jamais réalisées comme les chronomètres de marine, les chronographes à saut instantané et la marque a réussi en moins de 18 mois à mettre au point des produits de qualité équivalente à ceux des firmes suisses qui maîtrisaient cette fabrication depuis des années. En 1942, Hamilton livrait ces deux types de pièces qui n’existaient même pas à l’état de projet 2 ans plus tôt. En attendant qu’Hamilton soit prêt, l’US Navy s’est équipée de chronomètres de marine 8 jours fabriqués par Zenith avec la firme Vail de Chicago.
L’armée anglaise va profiter en partie des produits américains mais va se tourner, au vu de l’ampleur de ses besoins, vers des marques suisses comme Omega, Zenith qui depuis plusieurs années fournissaient les Anglais pour leurs colonies indiennes, et Tavanes ainsi que Longines et à titre plus accessoires d’autres maisons.
L’armée allemande va solliciter les marques suisses outre les maisons allemandes. La liste des manufactures suisses qui ont livré les allemands est longue. La particularité des Allemands est sans doute d’avoir eu des exigences techniques très précises et d’avoir exigé des fabrications quasi spéciales. Longines va ainsi servir aux Allemands de la Wermarchrt des chronomètres de très belle facture.

Zenith, qui fabriquait également ses boites, va livrer des montres assez exceptionnelles d’abord parce qu’elles sont équipées d’une griffe antichoc dont le brevet d’usage libre était assez peu usité et parce que la manufacture va aller jusqu’à fabriquer en série ce mouvement en qualité chronomètre avec seulement 15 rubis.

La boite est aussi exceptionnelle. Proposée en 2 versions elle est en 2 parties et la carrure très épaisse est fraisée dans la masse. Le mouvement 193-P-6 est protégé par un cache poussières amovible qui sert également à le préserver du magnétisme. Certains calibres sont exceptionnellement dotés d’un col de cygne notamment pour les montres d’Etat-Major.

Quasi insensibles aux champs magnétiques et très étanches du fait de l’absence de lunette amovible, ces montres sont dotées d’un joint de fond en plomb et d’un joint en cuir sous la couronne. Les verres étaient par ailleurs très épais pour protéger la montre des chocs.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h29 #420003574824ZEN
Membre
Les 3 montres de cette photo illustrent la variété des montres militaires Zenith faites pour l’armée anglaise.
La plus grosse en bas est une montre d’officier éclaireur. Larges aiguilles et trotteuse élargie, aiguilles blanches mais pendant court, cette montre marquée sur le fond, le cadran et la carrure a servi pour les officiers anglais en Indes et aussi en France. C’est une pièce qui contrairement aux apparences (elles se ressemblent toutes) n’est pas courante ni avec cette boite, ni avec ces aiguilles. La boite taillée dans la masse dispose d’une carrure qui réduit le diamètre du calibre (18 lignes et 15 rubis) qui peut être implanté. La carrure visait par son épaisseur à parer les chocs et le magnétisme.
Caractéristique plutôt rare, la montre est gravée sur le fond (Broad Arrow et numéro), le calibre est marqué de la Broad Arrow et la carrure est elle aussi gravée. Cette montre est exceptionnellement solide et servait comme mentionné plus haut aux officiers éclaireurs qui allaient donc sur le terrain essentiellement par voie de parachutage. La montre devait tenir le choc.

En haut à gauche, c’est une montre marquée 1927 dotée de chiffres et aiguilles au radium (très chargé) . Cette montre est également une pièce d’officier (15 rubis et non 7) qui en théorie n’a pas servi en Indes mais était destinée à l’observation nocturne. Les montres envoyées en Indes étaient assez peu dotées de cadran avec chiffres au radium. Ce n’est pas une GSTP mais une montre d’observation pour l’armée de terre. Pièce elle aussi assez rare car livrée en peu d’exemplaires.
La dernière pièce est la surprise. Livrée à l’armée anglaise sans être marquée et pour ne pas l’être, elle était destinée aux officiers chargés de la reconnaissance au sol. Les unluminous 50 hours qui servaient aux flying corps, elles non plus n’étaient pas marquées pour l’hypothèse où ces militaires qui entraient en territoire ennemi au sol se feraient prendre et donc pour retarder les identifications. Toutes les armées ont eu des montres non marquées mais celle-ci est plus amusante car 100% conforme au cahier des charges et sans indication ni broad arrow. Cette pièce est d’autant plus rare qu’en général elle était dotée d’un calibre de 7 rubis. Ici c’est un 15 rubis classique.
Ces trois montres, toutes chronomètres, sont en parfait état. Tout juste le radium a-t-il fait quelques traces sur le cadran mais le calibre est neuf car la montre avait la pince cassée (cette pièce permet de soulever la couronne et de positionner la montre pour la mise à l’heure puis de la repositionner pour le remontage). Cela a dû lui arriver alors qu’elle était quasi neuve.
Si on résume cette production militaire de Zenith, on trouve donc pour l’armée anglaise :
Mer
-Montre de bord sous-marin avec heure de référence (21 rubis – Prima)
-Montre des services Hydrographiques de la navy (2 versions à trotteuse centrale) qui finirent leur carrière horlogère auprès des forces anglaise de l’OTAN
Air
-Montre de reconnaissance des Flying corps utilisées pour les photos de reconnaissances militaires en 1914
-Montre bracelet à large couronne dite Special Pilot (fin des années 20)
Terre
-Montre d’observation au sol sans marquage militaire afin de réduire les risques pour les officiers chargés de cette reconnaissance.
-Montre des troupes en Indes version Officiers (15 rubis) et version armée coloniale (7 rubis) (cadran et fond marqués)
-Montre à cadran noir et radium pour les états majors anglais (marquage sur le fond par la broad arrow) – montre d’observation nocturne.
-Montre bracelet de petit diamètre marquée ou non pour les officiers (vers 1941)
Les montres d’officiers sont en général à 15 rubis et plus et les montres de bord à 17 et 21 rubis
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h33 #420003574825ZEN
MembreZenith dans les premiers avions militaires de l’histoire.
En 1908, l’aviation applaudissait le premier kilomètre de Farman, en 1909, Blériot traversait la Manche… En 1914, l’aviation entrait dans l’instrumentation militaire pour le repérage des lignes ennemies. En 1916, elle devenait un instrument porteur d’armement… A la fin de la guerre, rien que l’armée anglaise avait engagé plus de 54 000 avions dont plus de 35 000 avaient été abattus.

Dès les débuts de l’aviation, les pilotes eurent besoin d’instruments de bord fiables et précis, capables de résister à des chocs parfois assez violents lors notamment des atterrissages sur des pistes herbeuses. Les pionniers à bord de leurs aéronefs purent découvrir que Zenith s’était vite fait une place majeure sur les tableaux de bord de leurs engins volants. Georges Favre Jacot puis James Favre étaient en effet à l’affût de ce qui pouvait offrir à leur manufacture le moyen de prospérer. Zenith s’imposa donc comme l’un des fournisseurs essentiels des armées anglaise, américaine, belge et française avec des montres qui se comportaient imperturbablement en donnant une heure précise dans toutes les conditions.
L’armée de l’air anglaise, celle des Flying Corps de la Royal Navy élargit sa confiance en Zenith en installant à bord de ses avions Avro 504s, Sopwith Camels, Sopwith Pups, SE5As et Bristol Fighters des altimètres que la manufacture lui fabriquait spécialement. Dès 1911, la manufacture s’était installé un atelier spécialisé dans les tachymètres et les altimètres ce qui lui permit de très rapidement être opérationnelle pour répondre aux besoins importants de l’armée de l’air quand, en 1914, éclata la première guerre mondiale. D’abord chargés de missions de repérage, les avions furent ensuite envoyés au combat.
Les altimètres Zenith étaient reconnus pour leur précision et surtout leur immense résistance sans besoin particulier d’entretien. Ainsi, aux côtés des autres instruments de navigation, ils trouvèrent une place essentielle au pilotage et à la sécurité des pilotes. Les montres de bord, d’abord des montres de poche à peine transformées essentiellement au niveau des cadrans et aiguilles prenaient place à côté de ces instruments. Ces montres n’avaient pas vocation à rester statiquement sur les tableaux de bord et les pilotes auxquels elles étaient affectées en usaient comme des montres individuelles en les détachant des supports en laiton, acier ou cuir qui les adaptaient sur les tableaux de bord.

Il existe très peu d’images d’époque des tableaux de bord de ces avions mais en voici deux qui mettent en situation de manière exceptionnelle ces instruments.

L’altimètre Zenith ici à bord d’un Avro 504S
L’avion AVRO 504Ss
L’altimètre est ici adossé à un tableau de bord de Bristol Fighter
Le Bristol Fighter B2__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h35 #420003574826ZEN
MembreNous avons déjà rencontré la Type 20 de 1939 mais avant cela, l’Armée Française a commandé en 1935 des montres de bord à Zenith (entre autres) et en particulier un modèle dit type B.
Les aiguilles et le cadran sont différents de celui de la type 20 et la finition est ici en bronze rodhié. La pièce est lourde et au delà de la présence de radium plus massive que la Type 20, on note que les aiguilles sont très ouvragées et quasi uniques sur ce type de modèle.

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h38 #420003574827ZEN
MembreZenith Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous, Mark V
Les avions biplans Avro 504 furent largement utilisés par les Flying Corps de la Royal Navy

En moins de 10 ans, l’aviation balbutiante dans la première décennie du 20ième siècle fait une avancée immense lorsqu’éclatent les premiers combats de la première guerre mondiale. De sport d’hurluberlus en mal de sensations fortes, l’aviation devient l’outil de héros d’un nouveau genre projetés dans une guerre sanglante d’une forme qui est à la croisée des guerres des deux siècles antérieurs et de la seconde guerre mondiale à venir.
A partir de 1916, Zenith devient fournisseur de la Royal Air Force pour des montres de bord qui vont s’intégrer aux tableaux de bord rudimentaires des avions et en particulier des biplans Avro 504 qui équipent beaucoup d’armées européennes. Dotées de cadrans noirs non luminescents, les montres « Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous » sont fabriquées pour être lues facilement par les pilotes dans des laps de temps très courts à une époque où le pilotage se fait au vu. La mention de la réserve de marche de 30 heures est là pour rappeler aux pilotes que l’heure précise dont ils disposent dépend du remontage de la montre dans des espaces temps qui ne doivent pas excéder 30 heures entre chaque armage complet du barillet.

Si les premières livraisons comportent des cadrans noirs mats avec des chiffres arabes non luminescents et des aiguilles épaisses peintes en blanc, c’est parce que ces montres sont de véritables instruments de navigation dont la destination est de s’intégrer pleinement dans les tableaux de bord des aéronefs. Cette intégration s’opère selon les modèles d’avions de plusieurs manières :
-par une sorte de griffe fixée au tableau de bord
-soit par un support en cuir qui protège la montre
-soit par un support en bois
-soit encore par un procédé de bague d’adaptation qui se superpose à la montre et est vissé sur le tableau de bord
-soit par intégration dans un boitier en laiton rhodié qui s’ouvre par l’arrière et laisse découvrir le cadran par une ouverture de la dimension de ce dernierCe dernier type de support et le système en bois ont également une autre utilité pour l’heurage des photographies des avions de reconnaissance.
La plupart du temps selon les premiers modes d’intégration aux tableaux de bord, la montre ne comporte pas de bélière. Elle est dotée d’un pendant plus haut que sur les montres classiques pour une préhension plus aisée avec des gants lors du remontage où de la mise à l’heure. Les montres comportent également sur le cadran une référence d’inventaire commençant par deux lettres qui identifient la manufacture dont la montre est issue puis 4 chiffres. Les lettres CB correspondent par exemple à Zenith.

L’aviation évolue de manière fulgurante dans les années de guerre et très rapidement la Royal Air Force met en place des vols nocturnes pour surprendre davantage l’ennemi dont les modes de repérage des avions sont essentiellement visuels et ainsi mieux protéger ses pilotes. Les bombardiers ainsi engagés dans les combats doivent disposer de montres luminescentes, lisibles pendant les vols de nuit. Les instruments de bord sont alors adaptés en appliquant dans un premier temps sur les cadrans des montres des points de peinture luminescente à base de radium et en peignant avec cette matière les aiguilles. Ce sont directement les services responsables de la maintenance des montres de l’armée de l’air qui se chargent de ces adaptations sur les premières versions luminescentes. Ils le font parfois de manière rustique, simplement en ajoutant cette peinture et en dissimulant d’un trait de peinture noire la mention « Non Luminous » et la référence de la montre.
Ces montres dotées de calibres de type 19 lignes et 15 rubis étaient remarquables pour leur précision et pour leur résistance tant aux vibrations dues aux décollages et aux atterrissages des avions sur des pistes herbeuses qu’aux chocs consécutifs aux atterrissages souvent assez brutaux. A l’époque, les antichocs, qui ne verront le jour qu’à la fin des années 30, ne peuvent équiper ces pièces et donc en protéger l’axe de balancier. Malgré tout, peu de montres ont montré des signes de faiblesse dans des conditions d’utilisation pourtant extrêmes qui ne ménageaient pas non plus les mouvement soumis à l’humidité et au froid de l’altitude.
Les montres de la Royal Flying Corps avaient parfois un usage particulier en ce qu’elles servaient de mode d’identification de l’heure sur les clichés pris par les appareils de repérage photographiques des avions de reconnaissance. Ce fut le cas en 1918 pour certaines pièces faites par Zenith dotées d’aiguilles épaisses y compris la trotteuse pour mieux marquer les négatifs des plaques argentiques des appareils photo. La photo de la montre apparaissait ainsi en bas à droite des clichés. La trotteuse épaisse assurait une visibilité sur la photo parfois un peu floue à cause du « bougé » imposé par les vibrations de l’avion. Il était en effet essentiel de disposer d’une heure précise pour évaluer les distances parcourues par l’ennemi et calculer ses vitesses de déplacement.

Ces pièces horlogères pouvaient aussi côtoyer sur les tableaux de bords des avions Avro 504 de la Royal Air Force d’autres instruments de navigation dont Zenith avait fait sa spécialité. La manufacture en effet, fabriqua dès le début des années 10 des altimètres très réputés dans l’univers de l’aviation. Un atelier complet de la manufacture fut dédié jusqu’à la seconde guerre mondiale à la fabrication de ces pièces très particulières qui étaient livrées avec des disques en pieds ou en hectomètres selon les pays destinataires et selon leur adoption ou non du système métrique. Les premières versions des altimètres Zenith ne comportent évidemment aucun marquage militaire.

En effet, les premiers avions des armées étaient souvent des appareils civils recyclés et en tous les cas mal préparés à la guerre. La vocation militaire des instruments de bord suivit celle des avions eux-mêmes. Par la suite la Broad Arrow fait son apparition sur des pièces qui, comme les montres, passent de l’absence de luminescence à la luminescence de l’aiguille et de quelques chiffres. Les cadrans des altimètres des Flying Corps anglais sont en outre marqués d’une mention « Mark V » et d’un numéro d’inventaire. Ainsi, lors des vols de nuit, les pilotes continuent à lire leurs instruments qui deviennent leurs références ultimes. Ces altimètres sont dotés d’une aiguille à tête rectangulaire qui n’est pas sans rappeler celle que les chronographes El Primero utiliseront en 1969.

L’armée anglaise fit fabriquer pendant la seconde guerre mondiale 58 144 avions dont 35 973 avions furent abattus. Les pièces passaient parfois d’un aéronef à l’autre. Malgré tout, les volumes requis par la Navy furent très importants. Pour cette raison, la Royal Air Force eut recours à plusieurs manufactures horlogères pour ses montres d’aviation. Zenith fut l’une des rares à fabriquer les pièces livrées à 100%. La plupart des autres maisons durent emboîter outre leurs calibres, des mouvements divers disponibles sur le marché suisse.

On trouve aujourd’hui assez facilement des versions des montres en état moyen et plus rarement en parfait état et encore plus exceptionnellement avec des systèmes d’emboitage ayant servi sur les aéronefs de l’époque. Pour les altimètres, ceux fabriqués par Zenith ont connu une demande exponentielle et sont recherchés autant pour leur histoire que pour leur intérêt technique. Beaucoup furent détruits avec les avions dans lesquels ils volaient.
Droits réservés – Joël Jidet – janvier 2012 – Forumamontres__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h39 #420003574828ZEN
MembreMinisterstwo Spraw Wojskowych "M.S.Wojsk" est le nom du ministère des armées polonaises de 1921 à 1939.
Redevenue indépendante à la fin de la Première Guerre mondiale, l’armée polonaise lutta contre l’Armée Rouge lors de la guerre russo-polonaise et réussit à empêcher la chute du nouvel état face à l’URSS. Des conseillers français y ont été présents. Charles de Gaulle fut envoyé en Pologne (de 1919 à 1921) pour participer à la formation de la nouvelle armée polonaise.
En septembre 1939, l’armée polonaise succomba durant la campagne de Pologne face à la Wehrmacht de l’Allemagne nazie à l’Ouest et fut achevée par l’invasion soviétique à l’Est.La France fut très impliquée dans la formation de l’armée polonaise et cette armée se fournit en montres Zenith fabriquées dans la filiale de Besançon. Zenith livra des chronographes et des montres de très haute qualité spécialement marquées lors de la fabrication dans la manufacture.
Ces montres sont très rares car marquées d’un affectif fort, leurs détenteurs les gardèrent comme un symbole de leur lien avec la démocratie.
Les montres transitaient par la société Z Jeznacki de Varsovie (Warszawa), fournisseur officiel de l’armée polonaise qui inscrivait sa marque sur le cadran pour donner à l’objet sa validation de pièce militaire.
Place aux images pour cette montre trappue, avec un cadran en émail ou sont rappelées les 24 heures. On notera la lisibilité des aiguilles bleuies plus habituelles sur les montres d’artilleurs. L’aiguille des minutes marquées "en chemin des fers" a sa pointe qui marque précisément la minute à lire.


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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h40 #420003574829ZEN
MembreOn est en 1942. Les studios Universal Pictures UK participent à l’encouragement des armées alliées et en particulier de l’armée anglaise à l’effort de guerre. Le cinéaste anglais John Glyn Haggard raconte l’histoire d’un pilote de la Royale Air Force dont l’avion manque à l’appel… Au poignet de ce pilote incarné par Hugh Burden une Zenith Weems.
One of ou aircraft is missing est considéré comme l’un des meilleurs films anglais de l’époque.
L’affiche du film de 1942Arrêt sur image …

La Weems est un modèle peu courant chez Zenith et fut spécialement conçue pour les pilotes de l’armée anglaise. Le fait d’utiliser cette montre est symbolique et valorisant aujourd’hui pour Zenith.
Le thème du film …
Le film commence avec le krach de « B pour Bertie», un drone RAF bombardier Vickers Wellington. Son équipage a été contraint de se réfugier aux Pays-Bas après qu’un de leurs moteurs a été endommagé lors d’un raid nocturne sur Stuttgart. Cinq des six aviateurs se retrouvent, le sixième est porté disparu …. Comment va se comporter la population néerlandaise? …
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 20h44 #420003574830ZEN
MembreMa Zénith de poche et son calibre exceptionnelDepuis plusieurs années et grâce à l’expansion d’internet, les amateurs européens ont appris à apprécier les montres américaines et leur décoration, leur finition, leurs qualités tout à fait exceptionnelles.
De la fin du dix-neuvième siècle jusqu’à la première guerre mondiale, les grandes firmes d’horlogerie américaines avaient su apprendre des Suisses la technique puis apporter leur propre savoir-faire dans des montres aussi précises qu’agréables à regarder face cadran ou côté calibre.
Au delà d’une décoration de haut niveau, ces montres bénéficiaient pour les versions haut de gamme d’un empierrement généreux, de châtons, de raquetteries élaborées et d’un ajustage du réglage dans 3, 5 ou 6 positions qui leur assurait une régularité de marche hors norme.
L’horlogerie suisse, en particulier après la révolution russe et la fermeture du marché des pays de l’Est dut orienter ses ventes vers d’autres contrées dont la Chine, les colonies, la Turquie et l’Amérique du nord.
La conquête du marché nord américain supposait pour les manufactures suisses d’offrir à cette clientèle désormais habituée à une horlogerie de luxe, des montres de qualités comparables tant au plan esthétique que mécanique.
La remise en question pouvait être d’autant plus sévère que nombre d’horlogers de l’époque ne voyaient pas par exemple dans l’empierrage du barillet un avantage technique qui justifiait le surcoût de fabrication de la montre.
Les montres suisses produites en masse sont souvent, à l’époque, de grande qualité mais les calibres haut de gamme sont réservés aux modèles en or et encore, sous réserve que lors de sa commande, le client ait manifesté son souhait d’un tel niveau de mouvement. Généralement dans les cultures européennes de cette première moitié de siècle, la qualité de la boite et l’usage d’un métal précieux se faisait donc au détriment du calibre sur lequel on recherchait l’économie.
ZENITH au début des années 20 décidé de mettre en production sur une toute petite série, des calibres 17 3/4 en leur offrant ce que la technique horlogère faisait de mieux à l’époque.
Ces montres sont certainement dans l’esprit de leurs créateurs destinées au marché américain. Les mouvements parfois emboîtés en raison du protectionnisme américain, directement aux Etats-Unis comportent la mention « ZENITH WATCH C° ».
Cette mention est infiniment plus rare sur les cadrans…
Le calibre en est simplement somptueux de qualité et atteint un niveau tout à fait exceptionnel.


Le calibre est un 17 3/4



