Utilité du méplat sur le verre de certaines montres de gousset

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9 sujets de 16 à 24 (sur un total de 24)
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  • #420001998745
    one2wan
    Membre

    Un début de réponse (ou à défaut une bonne tranche de culture…) : study

    Citation :
    Extrait de Guide du verrier (G. Bontemps, 1868)

    VERRES DE MONTRE

    Nous ne devons pas négliger de parler des verres de montre dont la production est très intéressante au point de vue des procédés de fabrication et de l’extrême bon marché qui est résulté de ces procédés. Nous dirons toutes les transformations qu’a subies cette fabrication. Autrefois les verres de montre étaient simplement des segments de sphère enlevés sur des boules au moyen de cercles de fer rougis au feu. Le bord de ces segments était régularisé à la meule. L’opération était très simple, mais il fallait prendre ces verres sur des boules d’un diamètre relativement assez petit, de 6 à 10 centimètres, pour que la flèche fût assez grande pour permettre le mouvement des aiguilles; des boules d’un diamètre de 20 à 25 centimètres de diamètre auraient donné des segments trop plats. On avait ainsi beaucoup de matière perdue et des verres de montre d’un bombé disgracieux. L’invention des montres à cylindre, qui permettait de les fabriquer beaucoup plus plates, rendit plus sensible l’inconvénient de ces verres bombés; on fit alors, pour les montres de luxe, des verres chevés, c’est-à-dire que, dans une plaque ronde de cristal du diamètre voulu et d’une certaine épaisseur, on creusait, on chevait, à la roue de graveur, l’excavation nécessaire pour le passage des aiguilles, on polissait ensuite ce creux et on ajustait le bord, en le rendant apte à être reçu dans la rainure ou drageoire du couvercle de la montre. Les horlogers vendaient alors ces verres de 3 à 5 francs pièce. Ce prix si élevé devait naturellement engager les maîtres des verreries à fabriquer des verres d’un moindre prix, et pour cela, ils firent souffler des espèces de fioles à fond plat ou presque plat (fig. 148), de diamètres variés et dont le rebord du fond, coupé au fer chaud et usé à la meule, formait la partie qui devait s’ajuster dans la rainure de la montre; ces petites fioles étaient soufflées très rapidement et pouvaient être livrées à un prix extrêmement modique; mais il fallait souffler une pièce pour chaque verre de montre, il y avait donc et beaucoup de travail et beaucoup de verre fondu pour un très faible résultat, et toutefois on arriva, par ce moyen, à livrer au commerce des verres qu’on appelait chevés, à raison de 60 francs la grosse.

    Utilité du méplat sur le verre de certaines montres de gousset 110

    Le procédé que nous allons décrire et que nous avons vu pratiquer dans l’intéressante usine de MM. Walter-Berger, à Goelzenbruck, a été un bien grand perfectionnement dans la fabrication des verres de montre. Il avait été imaginé par des fabricants de Genève; il consiste à mouler les verres de montre pris, comme autrefois, sur des boules, dans des moules creux.
    Les boules ayant été fabriquées dans les dimensions convenables pour les divers diamètres de verres chevés, on commence par découper sur ces boules des segments de sphère, non plus au moyen de cercles de fer rougis au feu, mais au moyen d’un diamant monté comme l’indique la figure 149.

    Utilité du méplat sur le verre de certaines montres de gousset 210

    AB est une tige métallique repliée en AC à un angle légèrement aigu et armée à l’extrémité C d’un diamant fixé de manière à se trouver sur sa coupe quand la tige AB est mue circulairement autour d’un point de centre pris sur un des points de sa longueur. Sur cette tige AB glisse une partie DE, dont la partie D forme en même temps manche et vis de pression pour être fixé sur un point déterminé de la tige AB, graduée en millimètres; l’autre extrémité E de ce manche, mobile autour d’un axe, est terminée par une petite surface concave en feutre ou en cuir, et sert de point d’appui sur la surface convexe de la boule.
    Le diamètre des verres à couper étant déterminé par la position de la partie DE sur la branche AB, on pose la partie E sur la boule, la partie D dans la paume de la main droite, la boule dans la main gauche, et, tournant les deux mains en sens inverse, on fait parcourir au diamant C un cercle entier; le verre de montre se trouve ainsi tracé, mais non détaché. On comprend que la partie AC est légèrement inclinée sur la direction AB, pour que le diamant se trouve, dans sa course, perpendiculaire à la surface convexe de la sphère. On trace de cette manière dix cercles sur la convexité de la boule, dont un opposé au trou de canne, cinq sur une zone se rapprochant de ce trou et quatre autour du trou de canne. Quand ces dix cercles ont été tracés, il s’agit d’abord d’en détacher un, ce qu’on fait en imprimant de petits chocs secs autour d’un des cercles; quand un premier rond a été détaché (c’est le plus long et le plus difficile), l’ouvrière introduit le pouce en dedans de la boule par l’ouverture du premier verre et prend un deuxième verre entre le pouce intérieurement et deux doigts extérieurement, et pressant légèrement du dedans au dehors, ce deuxième verre se détache aisément, et ainsi de suite. Ces verres sont ensuite triés, classés et portés au four à chever, où on donne à ces segments de sphère la forme de verres chevés, c’est-à-dire une surface presque plane, recourbée seulement sur les bords. Cette forme se donne dans des moules ayant intérieurement la forme voulue, ressemblant à des godets d’aquarelle; ces moulés sont en terre réfractaire très-fine, ils sont parfaitement unis intérieurement, on peut même dire polis (mais non émaillés). Les fours à chever sont chauffés au coke; ils contiennent une petite moufle dans laquelle se fait l’opération.
    Les outils pour l’opération de chever le verre sont :
    1° Le moule dont nous venons de parler: il faut naturellement un moule pour chaque dimension;
    2° Un petit crochet avec lequel l’ouvrier pousse le moule dans la moufle et le retire sur la table (plaque de terre réfractaire posée en avant de la moufle), quand le verre est suffisamment chaud, et maintient ce moule fixe quand il presse sur le verre dans le moule;
    3° Une petite tige de polissoir en fer dont une extrémité est recourbée à angle droit et pointue de manière à pouvoir se piquer dans le polissoir;
    4° Les polissoirs sont des petits tampons ou cylindres en papier mâché d’environ 2 centimètres de diamètre et 2 centimètres et demi de hauteur, d’une pâte bien homogène ne contenant pas de parcelles de corps durs qui rayeraient le verre : l’ouvrier a une provision de ces petits polissoirs à côté de lui;
    5° Un petit sachet contenant une poudre impalpable de chaux et d’argile.
    L’ouvrier secoue un peu ce sachet sur le moule, prend un verre, le pose exactement sur le moule du côté du convexe, pousse avec le petit crochet le moulé dans la mouffle, le retire sur la table quand il voit que le verre est suffisamment chaud, et, appuyant avec le polissoir sur toutes les parties du verre, il fait prendre à ce verre la forme exacte de l’intérieur du moule; il renverse ce moule dont le verre se détache (au moyen de la poudre interposée) et est empilé avec les verres précédemment moulés. La recuisson n’est pas nécessaire, vu la minceur du verre. On change souvent les polissoirs, qui se brûlent un peu chaque fois, et dont la surface brûlée devient peu à peu irrégulière. Les verres ainsi moulés paraissent assez nets et non rayés; ils pourraient à la rigueur être ainsi employés, mais, pour être livrés au commerce, ils doivent être repolis intérieurement et extérieurement avec la pierre ponce et la potée sur des roues de feutre.
    L’intérieur du verre se fait avec le tour de la roue, et le convexe sur le côté de ladite roue.
    Toutes ces opérations étaient tellement combinées, la division du travail établie d’une manière si efficace, que la fabrique de Goetzenbruck était arrivée à livrer ces verres en qualité ordinaire au prix de 2 fr. 50 c. la grosse, auquel on avait été amené par la concurrence de Bohême et qui ne laissait qu’un bénéfice insuffisant. Cet état de commerce amena chez MM. Walter-Berger un nouveau procédé qu’il tint breveté, et que nous allons également décrire. Il consiste principalement à prendre les verres dans des boules d’un très grand diamètre, et à les monter sur des moules en relief au lieu de moules en creux.
    Les boules, que l’on fait de 80 centimètres de diamètre environ, nécessitent une bien plus grande masse de verre ou plusieurs cueillages. Il en résulte à la vérité un plus grand nombre de défauts dans le verre; mais, d’une part, la grande boule fournit environ trois grosses de verre, dont environ un dixième est premier choix, quatre dixièmes sont deuxième choix, et cinq dixièmes troisième choix; et comme la vente est généralement environ dans cette proportion, cet inconvénient de quelques défauts disparaît devant le grand avantage d’obtenir sur un grand diamètre des verre presque plats, et dont il n’y a qu’à recourber les bords pour obtenir des verres chevés.
    Cette dernière opération se fait également avec un moule en terre réfractaire très polie, mais convexe au lieu d’être concave. On se sert des mêmes moufles; le verre est posé sur le moule qu’il déborde juste de la longueur qu’il faut pour former le rebord du verre chevé; ce débordement n’appuyant pas sur le moule, se chauffe ainsi beaucoup plus vite dans la moufle que le verre touchant au moule. On retire ce moule sur la table, on capuchonne le verre avec une petite calotte en bois d’une forme conique qui rabat le verre sur le côté du moule, et comme cette calotte ne touche qu’au débordement, le verre reste clair à l’exception du débordement en dehors, qui a seul besoin d’être un peu repoli, il y a donc suppression d’une grande partie de la main-d’oeuvre, et dans le moulage et surtout dans le repolissage, et MM. Walter-Berger sont ainsi parvenus à vendre à bénéfice, au prix de 1 fr. 95 c. la grosse, les verres de choix moyens qu’ils vendaient auparavant 2 fr. 50 c.

    Félicitations ! Vous êtes arrivé au bout ! Mr. Green Ne reste plus qu’à passer à la pratique… scratch Sans moi ! Chinois

    #420001998746
    Bernard
    Membre
    Gil_58 a écrit:
    Bonjour,
    Je m’intéresse depuis peu aux montres de gousset et je me pose la question sur l’utilité du méplat au centre du verre des montres du début du XIX siècle ? était-ce pour pouvoir poser la montre coté verre (mais je ne vois pas pourquoi) ? ou était-ce lié à la fabrication ? ou pour une tout autre raison ?
    Je pense que Pianiste pourrait avoir la réponse.
    Merci pour les précisions que vous pourriez m’apporter sur ce que je considère comme une singularité liée à cette époque.
    Très cordialement

    Bonjour,
    Il y a montres et montres , verres et verres , plats et plats …. , raison ou raisons ….
    Il eut été utile de voir une ou deux images pour savoir ce dont on parle plus précisément ….. Incompréhensible

    Salutations à tous
    bernard

    #420001998747
    Bernard
    Membre

    Pour simplifier les choses , ci-après un instrument de mesure concernant les « verres »
    Mais ????
    Consacré à l’horlogerie ou à l’optique …. ??
    Quizz !!! clown

    A +
    bernard

    Utilité du méplat sur le verre de certaines montres de gousset Spharo14

    Utilité du méplat sur le verre de certaines montres de gousset Sharom10

    #420001998748
    fly back
    Membre
    plume68 a écrit:
    c’est vrai que bizarrement c’est beaucoup plus rare sur les montres avec de très beaux boîtiers que sur des montres plus basique en argent… savoir pourquoi???

    ces verres assez épais , à face plate et polie sont d’après 1830. de tailles peu extremes

    Seules les boites dites paysannes doivent en être munie ou pas…

    C etait selon l’utilisateur …..

    Les moins épais, sans facette, sont pour des montres plus raffinées.

    L’usage est assez compréhensible.

    Portez quelques temps ces montres…hein Bernard l’opticien….

    #420001998749
    plume68
    Membre

    Chinois

    #420001998750
    carlgustav
    Membre

    Fallait le trouver, l’article sur la fabrication de ces verres ! Merci Bernard, vraiment consistant, l’article, et c’est bien ainsi.

    Trois qualité de verres ! On avait bien remarqué, parfois des défauts, type fines bulles, en réduisant , pour adapter; compris pourquoi maintenant.

    #420001998751
    Bernard
    Membre
    carlgustav a écrit:
    Fallait le trouver, l’article sur la fabrication de ces verres ! Merci Bernard, vraiment consistant, l’article, et c’est bien ainsi.

    Salut l’ami,
    ???
    Merci infiniment !
    Mais …… sauf erreur … tu dois te tromper de bonhomme !! clown clown
    Je ne connais absolument rien sur ce sujet ….
    C »est la raison pour laquelle je viens enrichir mes connaissances sur le forum ….
    Amicales salutations
    bernard

    #420001998752
    carlgustav
    Membre

    Je rends donc à One2Wan ce qui lui revient, avec mes plus plates excuses ! Le psy est demandé au parloir pour identifier cette manie maladive, et certainement grave.

    Merci à toi , Bernard.

    #420001998753
    MONA6974
    Membre

    Merci à tous d’avoir abordé le sujet, et bonjour Bernard,

    Pour info, il y eut plusieurs manufactures de verre de montre en haute-savoie issues de la manufacture de coton d’Annecy
    Notamment à Cluses à l’emplacement des anciennes usines Carpano semble-t-il (?)
    Malheureusement je n’ai pas trouvé d’informations techniques sur cette fabrication.

    En tapant Sur Google  » Fabrique de verres de montre à Cluses » on trouve quelques articles
    Amitiés

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