FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Une question de lecture. (Histoire)
- Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
ZEN, le il y a 17 années et 8 mois.
-
AuteurMessages
-
31 janvier 2009 à 14h08 #410000039278
ZEN
MembreVirgile en a passé du temps sur cette terre. Du haut de ses 99 ans, il contemple son passé, regarde en arrière ce qui a fait de sa vie d’homme un instant de raison heureux et malheureux dans son histoire au sein de l’humanité.
Sa naissance, la mort de son père en 1918, celle de sa mère un an plus tard pour cause de grippe Espagnole. La séparation d’avec son frére et puis les retrouvailles un an après chez une tante devenue majeure et qui les élèvera comme ses enfants sont teintées du bon et du mauvais.
Le mariage de cette tante, son malheur à elle sous les coup et la violence de son mari puis le départ de la maison précairement reconstituée en foyer familial s’inscrivent dans la suite.
Cette jeune femme accrochée à l’éducation de cette marmaille et qui sacrifie sa vie pour eux, son bonheur à elle et puis son destin qui la fait retrouver un mari bon et généreux, les études au lycée et puis l’entrée dans la vie active, sont la suite accélérée de l’histoire.La guerre, la seconde, celle qui frappe les âmes de l’échos de la précendente et terrorise les êtres au plus profond d’eux mêmes, le bruit des bottes et puis la rencontre avec Jeanne au mileu de tout ce tumulte donnent le sens du meilleur et du pire.
L’euphorie d’un amour sans limite, ses sourires à elle , son sourire à lui, ces ballades sur la plage du littoral, cet enfant qui court près d’eux et leur tend la main, le fruit d’une union indestructible prolongent les choses et puis il y a ce trouble, son trouble à lui qui l’éloigne de Jeanne. Son attirance pour Justine et cette euphorie qui se crée au fond de lui comme un signal pour changer de vie, les pleurs, la peur, la déception de l’autre d’avoir été floué par son propre sentiment et sa confiance, voilà qui fait entrer dans l’obscurité.
La jeunesse de Justine et cet autre gamin, espiègle qui joue et réclame des belles histoires de dragon gentil qui ne souffle qu’une chaleur protectrice, cet accident, cette chute en montagne et ces trois mois de siège roulant, cette angoisse de ne jamais reposer le pied sur le sol et puis les premiers fourmillements et la rééducation , le retour à la vie sont un souvenir diffus dans l’esprit de Virgile.
Il y a aussi ce matin sombre où un rayon de soleil éclaire quelques rides et la peur de passer sur la pente descendante. La naissance des petits enfants, la perte de Justine partie la première, ces Noël seul avec les cadeaux au pied du sapin si jamais les enfants venaient… Il y a enfin, ce jour ou le médecin a préconisé le placement dans un centre avec des vieux. On n’est jamais aussi vieux que les autres vieux.
Ce matin, Charles est parti comme Marie et Paul au début de la semaine. Ils seront remplacés par des plus jeunes vieux. Ca met toujours une semaine, jamais plus.
Virgile ce matin, sait que son tour arrive, il va laisser sa place, il a mal à gauche au niveau du coeur. Il attendait cet instant, ce moment où il passe du pendant à l’après. Il ne regrette rien, il a une pensée pour ceux et celles qui l’ont aimé et qu’il a aimé si fort sans être capable de leur donner davantage. Il pense à ses moments heureux et malheureux, à l’ébat de la vie, au va et vient du meilleur et du pire. La vie, la sienne fut une alternance du bon et du mauvais comme le balancier d’une pendule va de droite à gauche pour quand il s’arrête, rester au mileu.
Aucun balancier ne s’arrête légérement décalé d’un coté ou de l’autre, la vie parfois ne connait pas cet équilbre. Elle peut tirer vers le bas ou vers un bord les êtres jusqu’à leur donner le vertige, celui d’être trop en haut ou trop en bas…
La hauteur prise au moment du bilan déjoue les lois de la physique et n’autorise que les regrets ou la satisfaction d’avoir été quelqu’un de bien.
Virgile est loin d’avoir connu plus souvent le meilleur que le pire, c’est du parti qu’il a tiré des évènements qu’il a pris la hauteur qui lui permet aujourd’hui de rester serein avant d’inscrire le mot fin.
Bonheur ou malheur, vie heureuse ou ratée, ce n’est souvent qu’une question de lecture que le temps éclaire.
31 janvier 2009 à 14h20 #420000631837Invité
Membre- ZEN a écrit:
- Il attendait cet instant, ce moment où il passe du pendant à l’après.
Un changement de position qui facilite grandement la régularité de marche.
Å célavi
31 janvier 2009 à 23h16 #420000631838ZEN
MembreLa diiférence entre le pendant et le pendu …
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.