Tout ou rien?

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  • #410000160203
    Rod’s
    Membre

    Bonjour tout le monde
    Je suis à la recherche d’explications et surtout d’illustrations (plans, photos…) sur ce sujet du “tout ou rien”, aussi appelé “silence”, paraît-il, installé sur certaines montres à répétition.
    Je possède l’encyclopédie Diderot dalembert qui traite rapidement du sujet (mais c’est vraiment mal expliqué et illustré… ou alors mon cerveau est en panne?) et j’ai également deux goussets à répétition des quarts (un du milieu du 18e et l’autre du debut du 20e. Aucun des deux n’en est pourvu car lorsque j’appuie insuffisamment sur leur poussoir, j’obtiens par exemple trois coups s’il est six heures et qu’il faut que je fasse aller le poussoir jusqu’en bout de course pour avoir effectivement les six coups frappés
    J’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’une sorte de verrou qui, tant qu’il n’est pas levé, empêche de frapper un seul coup.
    Merci beaucoup pour vos lumières… s’il y en a 😬

    #420005055239
    Saturne
    Membre

    Bonjour,

    Le fonctionnement du tout-ou-rien est assez simple.

    Le limaçon des heures est monté sur une bascule dont l’extrémité empêche la pièce aux quarts de tomber. Cette même pièce aux quart maintient la levée du marteau des heures relevée tant qu’elle est en position relevée.
    Tant que la pièce aux quarts n’est pas libérée, ni les heures ni les quarts ne peuvent donc sonner.
    Pour libérer cette pièce aux quarts, il faut que la crémaillère viennent en contact avec le limaçon des heures (c’est donc qu’on a poussé « à fond »). La bascule sur laquelle est monté le limaçon pivote alors légèrement et libère la pièce aux quarts. Ainsi, la montre peut sonner.

    Le meilleur ouvrage pour comprendre toutes les complications traditionnelles est : « Les montres compliquées » de F. Lecoultre
    Je vous conseille fortement de l’acheter si vous souhaitez approfondir le sujet.

    Deux cadratures avec tout-ou-rien :

    #420005055240
    Rod’s
    Membre

    Merci, ô Saturne!
    Je me coucherai moins bête ce soir…

    #420005055241
    Saturne
    Membre

    De tout ou rien Smile

    #420005055242
    Rod’s
    Membre

    😊
    Alors tant que j’y suis , je me permets d’abuser encore de ta gentillesse et de solliciter ton savoir qui semble infini (brisé à reluire, brosse à reluire…) ; j’avais posé une autre question qui n’a pas été répondue : le butoir sur lequel frappe le marteau semble soudé dans l’intérieur du boîtier. Les deux sont en argent. Et en l’absence de chalumeau, à ma connaissance, j’aurais aimé savoir comment on s’y prenait vers 1750 pour souder ? Les seules fixations que je connaisse sont : vissage, sertissage, rivetage, matage, goupill(age?) 🤔

    #420005055243
    Saturne
    Membre

    Merci pour le coup de brosse, je me sens moins terne Mr. Green

    Rod’s a écrit:
    en l’absence de chalumeau, à ma connaissance, j’aurais aimé savoir comment on s’y prenait vers 1750 pour souder ?

    Justement, la soudure au chalumeau est beaucoup plus ancienne qu’on ne pense.
    Le traité de Thiout (1741) mentionne le chalumeau par exemple. Mais son invention remonte au moins à l’antiquité.
    Pline l’Ancien, dans son Histoire Naturelle (1er siècle) mentionne la soudure de l’or et de l’argent ( https://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre34.htm )

    Et sinon, il existe d’autres options pour braser sans chalumeau :

    #420005055244
    Rod’s
    Membre

    Incollable Saturne ! 😡
    Je l’aurai, un jour!
    Je l’aurai!

    #420005055245
    Torzio
    Membre

    Bonjour,

    Pour info, voici un chalumeau « à bouche », je sais pas si c’est la bonne appellation. J’ai mis 2 montres à côté pour que l’on se rende compte de l’échelle :

    Tout ou rien? Chalum10

    J’ai vu mon maître d’apprentissage s’en servir, dans l’urgence, pour mettre à grandeur une bague, lorsque le délai ne permettait pas de la porter chez le bijoutier. Il avait ce genre de chalumeau, sur lequel il avait mis un petit tuyau en caoutchouc avec un embout blanc (plastique, corne, ivoire ?) qu’il tenait entre ses dents. Il se servait d’une lampe à alcool avec un bec déporté. J’en ai une, mais je ne la retrouve plus.

    @+
    JC

    #420005055246

    Merci à tous pour ces découvertes.

    #420005055247
    Rod’s
    Membre

    😳
    Excellent !
    J’ignorais totalement l’existence de ce truc!
    Et tu peux souder quoi avec ça ? Quels métaux et de quel volume?

    #420005055248
    Saturne
    Membre
    Torzio a écrit:
    chalumeau « à bouche », je sais pas si c’est la bonne appellation.

    C’est l’appellation que j’emploie aussi pour cet outil, et ça semble correct (Catalogue Fisseau & Cochot 1925) :
    Tout ou rien? Chalum10

    Le petit embout est normalement en os, je l’ai déjà vu directement inséré dans le tube laiton du chalumeau, mais intercaler un tuyau en caoutchouc est une bonne idée pour améliorer la maniabilité de l’outil.

    Je me suis déjà servi de cet outil juste pour m’amuser. Je le garde dans un tiroir pour dépanner « au cas où » en cas de pénurie de gaz Mr. Green

    #420005055249
    Rod’s
    Membre

    Rions un peu :
    En abordant ce sujet de la soudure “a l’ancienne “, et en découvrant cette technique quasiment magique , je me suis soudain souvenu d’une de mes vieilles patientes dont j’ai remis la restauration à plus tard : une montre à repetition des quarts du 20e siècle, que j’avais réussi à refaire fonctionner , mais dont le boîtier est partiellement dessoudé . Bon, là on est sur de la soudure de tres tres haute précision… mais je me dis q’en me faisant la main sur des bouts de ferraille de plus en plus petits, j’arriverai peut-être à maîtriser suffisamment cette discipline pour tenter un truc?… L’espoir fait vivre!

    #420005055250
    Rod’s
    Membre

    Tout ou rien? Img_1017

    #420005055251
    Saturne
    Membre
    Rod’s a écrit:
    dont le boîtier est partiellement dessoudé . Bon, là on est sur de la soudure de tres tres haute précision… mais je me dis q’en me faisant la main sur des bouts de ferraille de plus en plus petits, j’arriverai peut-être à maîtriser suffisamment cette discipline pour tenter un truc?… L’espoir fait vivre!

    Alors, oui. L’espoir fait vivre. La soudure des charnières n’est pas une mince affaire, personnellement je n’ai jamais tenté.
    D’autant plus que tu as une seconde charnière juste à côté que tu risques de dessouder en chauffant.

    A tout hasard, je te partage ces deux vidéos qui évoquent la soudure des charnières :
    https://www.youtube.com/watch?v=2RkzNCQN3iU

    https://www.youtube.com/watch?v=RQCij-JYx2M

    #420005055252
    Rod’s
    Membre

    Grand merci Saturne!
    Mais … je me suis peut-être enflammé un peu trop rapidement.
    J’ai bien conscience que la proximité des soudures n’aide pas!
    Donc je vais peut-être me tourner vers une autre approche : découper le couvercle dessoudé et y mettre un verre plat
    Je possède un petit tour qui devrait raire l’affaire. La difficulté (car il y en a toujours…) sera de réaliser correctement une feuillure pour caler le verre 😓! Mais si ça marche, j’aurai un joli spectacle en ouvrant le boîtier : les marteaux qui frappent les heures et le balancier qui… se balance. J’ai une montre triple quantième d’à peu près la même époque avec un boîtier similaire. C’est assez chouette ! Mais j’ai un autre chantier en cours sur cette montre à répétition : cadran explosé à l’emplacement des deux piliers qui sont manquants . La aussi, l’espoir fait vivre 😬

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