Séries limitées : Plus dure sera la chute ( Billet qui va faire grincer )

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 37)
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  • #410000131864
    ZEN
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    Plus un blog, plus un gros détaillant n’a pas accès à son édition limitée ! Et ça, pour être limitée les séries le sont bien. 25 exemplaires ici pour Dubail qui fait sa Lange & Sohne, 10 là pour Hodinkee, 20 ici pour un blog, 15 là-bas pour un forum… Les montres pleuvent et d’éditions limitées en séries limitées, il devient presque difficile de retrouver l’identité d’une marque. Brader son image est devenu un jeu, un sport mais ce n’est pas une nouveauté. Autrefois, il y a 100 ans de cela, les montres de poche ne portaient même plus le nom de la marque du fabricant au profit de noms de distributeurs plus ou moins pérennes.
    La pérennité est l’un des sujets du devenir de ces montres mais ce n’est pas le seul. Quid d’un incident sur un cadran dans 10 ou 20 ans ? Le fabricant stocke-t-il des cadrans de rechange ? A en juger aux réponses embarrassées des fabricants, non, il n’y a aucun stockage particulier. Le responsable d’un SAV m’a même confié qu’en cas de besoin la seule ressource sera de remettre un cadran de série… Le cadran ne cadrera plus avec le reste de la montre souvent gravée sur le fond …

    Qui sera excité dans 10 ou 15 ans de porter une montre à l’effigie d’un site internet disparu, d’un commerçant racheté par une autre maison ? Le client initial lui-même transformé en homme sandwich aura-t-il si longtemps envie de porter une montre que certes, personne d’autre n’aura mais que personne d’autre que lui ne voudrait ? Plutôt que ces séries limitées souvent un peu cheap, ne vaudrait-il pas mieux faire des montres à l’unité sur commande comme d’ailleurs cela se faisait il y a un siècle et finalement faire la montre d’un client qui lui au moins aura un attachement particulier à sa pièce ?

    La montre numéro 8/50 d’une série limitée de 50, numérotée sur le fond et sur le cadran pourra-t-elle porter sans ne plus rien représenter, un cadran sans numéro ? Le détaillant disparu représentera-t-il un attrait particulier quand en lieu et place de sa boutique on trouvera un marchand de Sushis ? Le site internet marchand mis en faillite car assis sur un château de cartes justifiera-t-il de conserver à sa montre une image de culte ambulant ? Sans doute pas !

    Les écrans de fumée qui encadrent ces montres et le trouble des accords qui conduisent à les créer en série limitée devraient être assortis de mentions légales telles que la disponibilité des pièces pendant au moins 10 ans… Mais là, les marques ne portent aucun engagement. Elles vendent dans l’instant pour des raisons de trésorerie, un produit sec sans rien autour sinon la garantie constructeur. Heureux homme le client qui ne se doute de rien et arbore fièrement une pièce qui pourra devenir son boulet le jour où il souhaitera une révision ou la faire réparer. Qui pense raisonnablement que les aiguilles vertes fluo, le cadran orange ou le marquage n° x va faire l’objet d’un stockage minutieux quand dans chaque maison on en est à jeter avec les déchets, les stocks de pièces détachées de plus de 10 ans parce que la gestion de stock coûte trop cher et que les inventaires sont ingérables ?

    La naïveté de ces nouveaux acquéreurs est sans borne. Le voile pudique des distributeurs de ces séries comme des fabricants est si savamment posé que l’honnêteté à laquelle on peut légitimement s’attendre quand on achète une pièce à 8, 10 000 ou 40 000 euros semble suspecte. Si sur une Ice Watch, le sujet est facile à admettre, il ne peut l’être sur une montre de prix, un modèle de luxe, un plaisir exceptionnel qui ne doit pas confiner à la déception. Les déconvenues sont pourtant forcément au bout du chemin. Les marques s’en fichent totalement car les raisonnements économiques sont faits sur le très court terme. Il faut encaisser et dégager des profits. Certains groupes ont déjà en tête de ne pas garder toutes les marques mais il faut avant de revendre remonter les chiffres d’affaires pour vendre les filiales à des prix acceptables. Une maison qui perd de de l’argent ne vaut pas grand-chose. Ces micro-séries à répétition boostent les ventes immédiates avec comme moteur la perspective d’équilibrer les comptes pour revendre toute l’usine.

    Le futur acquéreur se moquera bien de ce qu’aura fait son prédécesseur. On voit déjà la réponse faite sur Facebook « Nous sommes désolés de votre désagrément mais nous avons racheté la marque en 2020 et faisons de notre mieux auprès de chaque client. Des erreurs ont sans doute été commises par nos prédécesseurs et malgré nos efforts, nous ne pouvons donner totalement satisfaction à chacun. Sachez que nos modèles de la collection actuelle sont garantis 5 ans et que les pièces seront disponibles pour 10 ans ».

    Le scandale de ces séries limitées, car c’est un scandale commercial, est de duper les clients en conscience qu’on ne portera pas demain les conséquences de ces errements. Il n’est pas un jour sans qu’apparaisse une nouvelle série limitée et pas un jour non plus sans qu’un partenaire ne divorce pour aller coucher avec un autre. Aston Martin est passé du lit de Jaeger LeCoultre à celui de Tag-Heuer, mais le client avec sa JLC Aston-Martin pourra-t-il faire réparer sa montre chez JLC et à quel prix quand il faudra faire refaire à l’identique une pièce en raison de son marquage ?
    Quand la différence se limite à la gravure d’un fond, les choses sont simples mais quand il faut trouver des aiguilles spéciales, un cadran particulier et un fond voire la gravure d’un calibre alors là, c’est beaucoup plus complexe.

    Le sourire béat des amateurs dupés d’aujourd’hui avec leur série limitée au poignet sera sans doute bien mieux exposé que leurs larmes de demain avec la montre en panne sans trouver de responsable à la déshérence du service après-vente. Collectionneurs, blogueurs, amateurs de séries limitées, sachez que le sourire qui vous est servi avec les montres est une forme de lubrifiant pour détendre votre esprit. Vous en aurez été avertis, et ça sur un forum qui n’a lui, rien à vendre. A bon entendeur !

    #420003823402
    Leopal
    Membre
    ZEN a écrit:
    Plus un blog, plus un gros détaillant n’a pas accès à son édition limitée ! Et ça, pour être limitée les séries le sont bien. 25 exemplaires ici pour Dubail qui fait sa Lange & Sohne, 10 là pour Hodinkee, 20 ici pour un blog, 15 là-bas pour un forum…

    J’imagine qu’il s’agit ici au moins autant de s’attirer les bonnes grâces du-dit blog ou du-dit forum sur le long terme, que de vendre… Une sorte d’assurance sur de futures bonnes relations, et donc de mise en avant des produits à venir. Incompréhensible

    #420003823403
    ZEN
    Membre

    Je crains que les choses ne soient bien plus cyniques. On est sur du Chiffres d’affaires de court terme, les grâces du site ne sont même pas un enjeu.

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420003823404

    A quand une montre série limité « FAM »? Mr. Green

    #420003823405
    Invité
    Membre

    la série limitée ce n’est pas bon signe, c’est certainement un signe que le fabricant a du mal à écouler sa collection catalogue, il lui faut des séries limitées, c’est la même chose pour les enseignes, si elles sont demandeuses de séries limitées pour se démarquer, c’est bien la preuve qu’elles ont des difficultés à vendre. Ce qui est décrit ici pour la montre, je le retrouve dans mon domaine, la guitare.
    J’ai un ami qui sur un coup de tête, sans réflexion aucune avant achat, a acheté impulsivement une sorte de montre série limitée de chez Hublot, la montre est très grosse, très voyante, c’est la montre « football » pour moi, c’est tellement bizarre à voir que je la trouve déjà démodée, je ne lui ai pas dit, mais si il avait choisi un modèle standard chez Rolex entre autres, il assurait une pérennité à son investissement, alors que là, sa Hublot spécial, dans cinq ans, il ne la portera plus, ça finira délaissée dans un placard, et lui, n’achètera plus jamais une montre chère, c’est ça aussi le risque, ces marques pour un succès immédiat, à terme, ils détournent une clientèle, c’est triste.

    #420003823406
    marmoot
    Membre

    Analyse très pertinente. Je m’étais fait la même réflexion concernant une certaine SL chez Omega et la spéculation qui l’accompagne. Dans d’autres domaines que l’horlogerie, où mon expérience n’est pas suffisante, j’ai pu voir des blogs/sites, autrefois référence dans leur domaine sur le net, disparaître corps et biens, voire se saborder par une réorientation éditoriale malvenue. Maintenant, on n’en parle plus, ou alors avec un certain dédain. Plus rarement avec nostalgie.

    Le but semble effectivement de capter l’auditoire de ces supports, en y ajoutant un petit côté exclusif et moderne. Sauf que le net est le monde de l’instant et du temporaire, où le novateur devient has-been avant d’avoir eu le temps de s’en rendre compte. Cette démarche rend les choses un peu inconfortables, car ça me semble aux antipodes du message global d’intemporalité et de durabilité porté par les grandes marques horlogères.

    Ce grand écart à un arrière-goût de dissonance cognitive ce qui, généralement, ne se termine pas bien.

    #420003823407
    francoisb
    Membre

    Quelque part, tu as déjà eu indirectement : pas mal d’acquéreurs de montres de l’AHA sont membres de forum !

    Après, leur prix est modique (à peine le prix d’une apple watch qui a une durée d’utilisation de moins de 10 ans, certains diront 5), avec un mouvement répandu donc révisable. Pour le reste, il n’est pas certain que dans 20 ans, un propriétaire paye le prix pour changer le cadran par exemple. Pour réparer une Seiko5, tu n’acceptes pas un devis de 500 €, comme tu ne fais pas réparer ta montre connectée si une nouvelle version plus performante est sortie depuis… surtout si réparer te coute le prix de la nouvelle.

    Le vrai soucis, ce n’est pas non plus pour moi le millionnaire qui se paye une Hublot, une Breiting ou une RM pour aller avec son Aston, sa Bentley ou sa Ferrari. Si leur montre à 20 K€ (ok, pour RM, ça fait un peu plus) n’est plus réparable, bah tant pis, ils en ont d’autres.

    Le soucis, c’est plus le passionné de la marque Aston par ex, qui a acheté une Jaeger avec le logo Aston sur le cadran. Le mouvement est réparable, la montre aussi. Mais si le cadran a un soucis et est remplacé par un standard, le fond de boite portera toujours la mention Aston, et ça deviendra une montre Frankenstein, sans vraie valeur. Son proprio ne la reconnaitra peut être même plus !

    #420003823408
    Manivel
    Membre

    Sujet intéressant et très encombrant il est vrai… On peut l’étendre à bien des domaines en plus.

    Pour ma part, ça fait un moment que je considère l’horlogerie de luxe comme un produit jetable.
    Je limite donc désormais le montant de l’investissement à ce que me coûterait une révision de montre de luxe ou de HH.

    #420003823409
    Invité
    Membre

    Je m’étais pas aperçu de l’étendue du problème, je viens de visiter une boutique Seiko, un nombre incroyable de séries limitées, même eux, je n’aurais pas cru que cette marque s’était engouffré dans ce marketing, idem pour Grand Seiko.
    Comme quoi ils sont nombreux dans cette approche commerciale.

    #420003823410
    rogan
    Membre

    et encore on ne parle ici séries limités liés à un partenariat avec un faible tirage et pour la plupart du temps un faible intérêt du moins pour moi.

    Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les séries limitées à plusieurs milliers d’exemplaires de grandes marques…

    #420003823411
    plop
    Membre

    Simple réponse à la demande sans cesse grandissante d’exclusivité et de rareté qui flatte un peu plus l’ego du chasseur de numéro de serie.
    Tant qu’à faire dans la SL autant aller voir chez PP …
    jocolor

    #420003823412
    Tom74940
    Membre
    Manivel a écrit:
    Pour ma part, ça fait un moment que je considère l’horlogerie de luxe comme un produit jetable.
    Je limite donc désormais le montant de l’investissement à ce que me coûterait une révision de montre de luxe ou de HH.

    Si tu prends comme limite une révision de chez AP, tu peux avoir une belle SL chez d’autres marques Mr. Green

    #420003823413
    Leopal
    Membre
    ZEN a écrit:
    Je crains que les choses ne soient bien plus cyniques. On est sur du Chiffres d’affaires de court terme, les grâces du site ne sont même pas un enjeu.

    Tu crois? Les marques qui en sont à gratter par tous moyens quelques dizaines de ventes supplémentaires doivent être dans une situation difficile. Incompréhensible

    #420003823414
    LUDOSTER
    Membre

    Un très bon article et un bon avertissement! Chinois

    Les marques ne vendent plus la montre d’une vie ou pour 20 ans… la logique des groupes reste de faire du chiffre, une partie de la clientèle (hors passionnés) aime le changement et n’achète une montre que pour un temps puis en changera. On change de téléphone, de Tv, de voiture, de travail, de femme, etc.

    Les possibilités chez Pequignet de personnaliser sa montre, charger les aiguilles ou la couleur des disques jour/date, reste raisonnable et amène déjà la possibilité d’avoir « sa » montre!

    #420003823415
    LUDOSTER
    Membre
    Leopal a écrit:

    Tu crois? Les marques qui en sont à gratter par tous moyens quelques dizaines de ventes supplémentaires doivent être dans une situation difficile. Incompréhensible

    Je pense aussi qu’il y a le chiffre d’affaire à court terme, mais c’est aussi un moyen d’occuper la scène et d’être présent et visible dans les actualités sur les blogs, les forums, des magazines divers, etc.

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