FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Quel avenir pour l’horlogerie ? Billet
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Bilboqueto, le il y a 5 années et 6 mois.
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14 avril 2020 à 10h42 #410000143271
ZEN
MembreOn lit un peu partout des commentaires sur le futur de l’horlogerie? Chaque auteur pense détenir la vérité, l’expertise sur ce que sera l’après Coronavirus. Cela est rassurant puisque cela signifie que les gens se projettent dans un après quand le présent n’est pas terminé et qu’une deuxième vague démarre en Chine. L’histoire souvent prise en référence n’est pas pour le coup un indicateur pertinent. Pourquoi ? Simplement parce que jamais dans le passé une montre n’a servi à autre chose que lire l’heure. La déferlante du quartz ne fut en aucune manière une remise en cause du principe de ne porter que l’heure au poignet.
L’idée de porter au poignet autre chose qu’une montre ( je ne parle pas des bijoux) est assez récente avec les montres « polyvalentes ». Tissot avec sa T Touch a tracé le chemin … Température, boussole, altimètre, chronographe etc …Les montres connectées vont bien plus loin et apportent avec un téléphone a proximité mais, de plus en plus sans et via le wifi ou le réseau 4G et bientôt 5G, une foultitude d’informations qui n’ont de limite que l’imagination humaine et peuvent se focaliser sur la santé du porteur en tant réel. La montre est supplantée et, dans un espace temps anxiogène, un objet qui va prévenir des risques et contribuer à soigner ne joue plus du tout dans la même catégorie qu’une montre classique. C’est vrai surtout si les prochaines montres connectées conservent leurs coques design quelque soient les modules qu’on va y adapter.
Nous ne sommes plus dans une évolution de la technique de mesure du temps mais dans un changement de technologie qui induit un changement culturel profond encouragé par un contexte sanitaire de crise.
Les montres ont déjà subi des changements de statut mais elles continuaient à ne donner que l’heure, cette fois l’heure est très accessoire et cela c’est la première fois.
Cela amène à se rappeler qu’au fil du temps, la montre fut perçue de manière très variable.
Au 18ème siècle par exemple, la montre est un objet purement scientifique et pas un objet de luxe. Elle peut se parer d’or et d’émail et devenir un bijou mais son statut est avant tout jusqu’à la fin du siècle un instrument de mesure portable au même titre que les thermomètres ou baromètres de poche très prisés à l’époque. 20 ans avant 1800, elle devient un bel objet ou l’enveloppe compte autant que le mécanisme. Bien sur, il y a eu, dès l’origine, des montres bijoux mais l’état d’esprit était d’avoir un instrument de mesure qui concentrait des savoir faire et demandait de la dextérité. On achetait un objet unique fait avec une connaissance mécanique avérée.Le début du 19ème siècle répand les montres populaires. Elle ne sont pas précises, à cylindre et souvent en argent, à remontage à clé soit par le cadran, soit par le fond. Ces montres assemblées à domicile par des ouvriers sans qualification ou les horlogers commerçants sont plus accessibles et pullulent. Elles créent un besoin, celui d’avoir l’heure individuellement. La détention individuelle de l’heure devient ainsi un élément social de reconnaissance et au milieu du 19ème siècle, l’industrie va répondre doublement à cette attente en créant des montres aux pièces interchangeables, production industrielle de série oblige, et des montres plus précises grâce à l’échappement à ancre, véritable révolution quant à la précision des pièces.
La montre est alors un outil populaire et nécessaire pour avoir l’heure juste dans une société industrielle où tout le monde travaille en équipe et donc à la même heure sur des lieux de production dont sa résidence peut être éloignée. La sirène de l’usine n’est alors plus la référence unique pour sonner le ralliement ou libérer les ouvriers de leur journée de travail.
Que le 20ème siècle fasse passer les montres de la poche au poignet, de la mécanique à remontage manuel à la montre à remontage automatique, de celle-ci au quartz, de l’affichage par aiguille à celui par diodes ne sont pas des révolutions culturelles. Ce sont tout au plus des aléas industriels qui suscitent de nouvelles envies accessoires du public mais ce dernier cherche toujours à porter l’heure pour ne pas dépendre d’un tiers.
Cette fois, aujourd’hui, le public ne cherche plus à porter l’heure. Elle devient accessoire mais comme elle est déjà partout, il peut s’en abstenir. Le consommateur est en train de passer à autre chose et va chercher des indicateurs qui sont très différents de l’heure qu’il aura de toutes façons y compris par sa montre connectée mais, cette fois, avec une précision absolue car sourcée d’un système qui est celui qui génère l’heure exacte.
L’heure n’a plus le monopole des poignets et il faut craindre que cela ne soit définitif. Est-ce pour autant la fin annoncée des montres mécaniques ? Non, surement pas, au moins pas immédiatement. La montre mécanique reste un plaisir et le restera, elle est une fantaisie, un caprice de riches, un vent de résistance à l’électronique connectée, au fil à la patte du positionnement GPS. L’horlogerie conserve un avenir mais sans doute pas identique à ce que nous connaissions. L’heure de gloire est terminée, il y aura une sélection des vétérans, un tri par une entrée encore inconnue dont le prix sera forcément un des composants.
L’horlogerie a de l’avenir si elle sait se trouver une place. Cela c’est encore à construire et pour y parvenir, il aura fallu le choc du Coronavirus. Dommage, si l’horlogerie avait été plus réactive il y aurait eu moins de marques victimes de ces changements. On est toujours plus intelligent après qu’avant.14 avril 2020 à 11h40 #420004307009Epicea
MembreJe vais répondre en tant que néophyte des montres :
J’ai toujours préféré avoir les poignets « libres » : pas de bracelets ou de montres.
Si aujourd’hui je porte une montre, c’est uniquement parce que j’ai choisis des automatiques et que j’aime l’objet en tant que tel.
L’heure on l’a maintenant affichée de partout, à commencer par notre téléphone.
Les montres connectées ne sont qu’une extension du téléphone, et pour moi c’est un gadget inutile et surtout une mode.
Les montres résisteront à mon avis pour ce qu’elles sont : des beaux objets, principalement mécaniques, mais aussi à quartz pour ceux qui ne veulent pas se prendre la tête.
Les montres mécaniques et le vinyle ont ça en commun je pense : un coup de mou du à une technologie plus récente et meilleures, mais un regain d’intérêt pour l’objet en tant que tel
14 avril 2020 à 14h16 #420004307010Nico1293
Membre- Epicea a écrit:
- Je vais répondre en tant que néophyte des montres :
J’ai toujours préféré avoir les poignets « libres » : pas de bracelets ou de montres.
Si aujourd’hui je porte une montre, c’est uniquement parce que j’ai choisis des automatiques et que j’aime l’objet en tant que tel.
L’heure on l’a maintenant affichée de partout, à commencer par notre téléphone.
Les montres connectées ne sont qu’une extension du téléphone, et pour moi c’est un gadget inutile et surtout une mode.
Les montres résisteront à mon avis pour ce qu’elles sont : des beaux objets, principalement mécaniques, mais aussi à quartz pour ceux qui ne veulent pas se prendre la tête.
Les montres mécaniques et le vinyle ont ça en commun je pense : un coup de mou du à une technologie plus récente et meilleures, mais un regain d’intérêt pour l’objet en tant que tel

Etant amateur de vinyles, je trouve très juste le rapprochement que tu fais entre eux et les montres
14 avril 2020 à 15h05 #420004307011Lamontretictac
Membre- ZEN a écrit:
- On est toujours plus intelligent après qu’avant.
Rien n’est moins sûr …
14 avril 2020 à 15h19 #420004307012Epicea
Membre- Nico1293 a écrit:
- Etant amateur de vinyles, je trouve très juste le rapprochement que tu fais entre eux et les montres
J’en suis aussi
J’ai une petite collection, environ 80 vinyles
14 avril 2020 à 15h47 #420004307013Nico1293
Membre- Epicea a écrit:
-
J’en suis aussi
J’ai une petite collection, environ 80 vinyles

L’univers des platines est au moins aussi complexe que celui des montres
Allez, on arrête le HS
14 avril 2020 à 16h11 #420004307014DON
MembreExcellent rappel historique.
Je souhaiterais rajouter une chose pour élargir le sujet.
Les montres étaient un des symboles de notre indépendance. Consulter l’heure sans dépendre de quelque chose de fixe comme une horloge ou auparavant en utilisant les anciens instruments de mesure du temps. C’était se rendre indépendant. La montre est l’un de ces outils qui symbolise la formidable capacité de l’homme à s’affranchir de l’état de nature. C’était un progrès et un progrès positif pour l’humanité.
Les montres connectées, c’est l’inverse : l’heure n’est plus qu’un vague élément d’information au milieu d’une longue liste d’applications… se connecter c’est se rendre dépendant de. De quoi ? D’un paquet de technologies qui nous trace dans notre quotidien dans ce qu’il y a de plus intime. Les amateurs de bidules technologiques diront que cela permettra par exemple de suivre l’évolution de la santé d’un individu par exemple ou pour le sportif de mieux mesurer ses performances par exemple qui les mettront ensuite à jour sur facebook ou tout autre réseau social… super. Moi je vois surtout une laisse dans le derche, outil permettant le tracking de toutes les activités personnelles. On ne gagne pas plus en liberté, on en perd. Le smartphone est un slavephone qui cache son nom alors si c’est pour avoir ce truc au poignet en plus non merci.
Google avait essayé de faire cela avec des lunettes connectées (les Google Glass que mêmes les californiens surnommaient leurs porteurs : « Google Ass »). Maintenant, avec l’actualité et la gestion sanitaire lamentable, l’idée avance également dans le sens de toujours plus de tracking. Soyez dépendants, soyez connectés, soyez heureux…Pour revenir au sujet, je dirais que l’horlogerie traditionnelle a peut-être une carte à jouer : l’aspiration à la liberté, le droit à la déconnection, la capacité à s’affranchir de la dépendance technologique… ne serait-ce qu’au poignet. On pourra dire ce qu’on voudra, les montres connectés, j’en ai essayées et je n’ai jamais trouvé aucun charme à avoir au poignet un truc connecté. Le charme c’est aussi de conserver quelques habitudes désuètes.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w14 avril 2020 à 17h29 #420004307015rackamlevert
Membre- DON a écrit:
- Les montres étaient un des symboles de notre indépendance. Consulter l’heure sans dépendre de quelque chose de fixe comme une horloge ou auparavant en utilisant les anciens instruments de mesure du temps. C’était se rendre indépendant. La montre est l’un de ces outils qui symbolise la formidable capacité de l’homme à s’affranchir de l’état de nature. C’était un progrès et un progrès positif pour l’humanité.
C’est étrange mais je pense le contraire: la montre c’est se rendre dépendant du temps et de ses contraintes: lever, trajet, boulot, pauses, repas etc.
D’ailleurs en vacances on aime répéter qu' »on a pas d’heure ».
Mais je partage complètement l’idée de l’objet devenu désuet, sans réelle utilité, et donc évoluant furieusement sur la fonction « bijou ».
Je m’interroge parfois sur l’évolution de la taille des montres: depuis plus de 40 ans elles grossissent en diamètre et cela me parait inversement proportionnel à leur utilité qui diminue comme peau de chagrin quand l’heure est affichée sur l’ordi, la box, le smartphone, le micro-onde, dans la bagnole etc.
Bref je ne serais pas plus étonné que cela si un jour on considère que cette évolution dans la taille nous prépare à la migration du smartphone au poignet. Calvin Klein , Diesel et autres fabricants de « tielles sétoises » en mode précurseurs quoi
14 avril 2020 à 18h26 #420004307016Deca
MembreUne analyse à mon sens très pertinente. Ce qui va être intéressant, c’est la capacité d’adaptation des entreprises horlogères. Les grands groupes vont certainement spécialiser leurs différentes marques en fonction de la segmentation du marché de la montre. Mais comment réagirons les entreprises horlogères mono-marque, comme Rolex ou Patek-Phillipe ?
14 avril 2020 à 18h56 #420004307017nonette
Membred’accord avec DON.
je rajouterai pas d’obsolescence programmée comme pour la montre connectée car la montre mécanique nous donne de l’éternité au poignet qui nous transporte dans l éternité, dans l’héritage, dans l’art , dans la maitrise..( j.C Biver ).
Je ne suis donc pas inquiet pour son avenir.14 avril 2020 à 19h22 #420004307018Tass2909
Membre- Deca a écrit:
- Mais comment réagirons les entreprises horlogères mono-marque, comme Rolex ou Patek-Phillipe ?

Ces marques n’ont pas besoin de clients. C’est l’inverse.
14 avril 2020 à 20h30 #420004307019KrissBZH
MembreSi je me regarde le nombril (mais c’est un peu le propre d’un forum), je dirais que la montre connectée-traqueur-machin-bidule et la montre classique sont tous les deux des objets parfaitement inutiles.
Du coup, tant qu’à avoir un truc qui ne sert absolument à rien au poignet, je préfère largement avoir une mécanique 🙂
CQFD (mon nombril est d’accord, mon poignet aussi).
Stéph.
14 avril 2020 à 21h08 #420004307020rackamlevert
Membre- KrissBZH a écrit:
- je dirais que la montre connectée-traqueur-machin-bidule et la montre classique sont tous les deux des objets parfaitement inutiles.
Quand la montre connectée signalera aux urgences que tu fais un infarctus, un avc ou autres sympathiques accidents, et permettra de te géolocaliser, on reparlera de son inutilité.
A mon humble avis c’est pour très bientôt. Bien sûr il y aura les grands « résistants » qui ne veulent pas en entendre parler. Comme ma mère qui refuse le téléphone portable ou le petit boitier électronique qui signale une chute.
Wait and see
14 avril 2020 à 21h45 #420004307021DON
MembreJe pense qu’il s’agit de faire un choix : entre le besoin irrépressible de liberté qui est une question de principe et son abdication volontaire en échange d’un mieux en terme de sécurité personnelle.
On peut décliner le sujet entre une voiture conduite manuellement et une bagnole en pilotage automatique. On nous dira avec moult statistiques que le pilotage automatique sera plus sûr et qu’il y aura moins d’accidents. Il est vrai que certains conducteurs ont eu leur permis dans une pochette surprise… mais dans un cas il y l’idée voiture = liberté et de l’autre humains = bébés irresponsables et assistés… on nous dira aussi comme cela en bagnole on pourra faire autre chose (genre quoi ? Bosser davantage ou regarder de la Tv ?)
Pour revenir aux montres, il s’agit déjà d’un achat effectivement non vital dorénavant vu qu’on a accès à l’heure via d’autres moyens. MAIS il existe d’autres ressorts puissants pour motiver l’achat et l’acquisition de ces accessoires. Pour cela il faut offrir de l’histoire (et de la vraie, pas du copier-coller de communiqués de presse formatés pour placer des mots clefs qui sentent un peu trop le marketing) et il y en a beaucoup à raconter. Je pense également qu’il faut s’appuyer sur les autres besoins de l’homme et ils sont nombreux. Les marques qui sauront s’appuyer sur ces ressorts intelligemment seront à mon avis celles qui survivront à l’écrémage du secteur que cette crise mondiale va entraîner.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w14 avril 2020 à 22h00 #420004307022KrissBZH
Membre- rackamlevert a écrit:
- Quand la montre connectée signalera aux urgences que tu fais un infarctus, un avc ou autres sympathiques accidents, et permettra de te géolocaliser, on reparlera de son inutilité.
A mon humble avis c’est pour très bientôt. Bien sûr il y aura les grands « résistants » qui ne veulent pas en entendre parler. Comme ma mère qui refuse le téléphone portable ou le petit boitier électronique qui signale une chute.
Wait and see
Si on commençait juste par remédier à l’état de délabrement des urgences avant de penser à être sauvé par une montre, on ferait déjà un grand pas en avant. Ca me fait penser à ces types ignares qui s’aventurent en mer sur une barquasse sans avoir regardé la météo mais qui se disent qu’il ne peut rien leur arriver parce qu’ils ont un téléphone portable. Ou aux randonneurs du dimanche en montagne qui ne craignent rien parce qu’ils ont un GPS.
Désolé, aujourd’hui, ce qui sauve les femmes ou les hommes, ce sont encore des femmes et des hommes, et pas la technologie.Stéph.
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