FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Origine d’une passion
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3 novembre 2017 à 20h03 #420003721236
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Membre- bamboub a écrit:
- Une théorie veut que le temps soit déduit de l’objet (ou des objets) et qu’il n’existe donc pas seul en soit. Par exemple, nous vieillissons et nous déduisons que le temps existe puisque nous vieillissons.
C’est aussi un truc qui me fascine toutes ces théories sur le Temps.
Oui, oui. La réponse la plus complète est la deuxième question dans l’interview au dessus.
Après sur un autre post certains veulent pas comprendre qu’une automatique marche dans l’espace alors que le temps est une variable sur un forum de montre
3 novembre 2017 à 20h25 #420003721237Burgunder1962
Membre1987. Notre agence de pub est contactée par le repreneur de Zenith qui organise une compétition pour la campagne de relancement de la marque. Cet univers nous est inconnu : nous réalisons un gros benchmark (magazines papier, hein…) et là je mange des tonnes d’annonces de montres. Et je tombe sur une pub Blancpain : fascinante, je la veux cette montre ! Je me suis dit depuis cette époque que j’aurais un jour à mon poignet cette magnifique Blancpain, certes de base, mais tellement sobre et classe. 17 000 FF, une somme.
Puis la passion s’est un peu endormie, toujours prête à resurgir en passant devant la vitrine d’un horloger.
Et puis, plusieurs vacances dans le Jura et les Alpes avec de nombreuses incursions en Suisse – dont la Vallée de Joux – m’ont redonné le virus. Impossible de ne pas craquer devant tant d’abondance et en passant chaque jour devant les manufactures Blancpain, Audemars Piguet, Breguet…
Après pas mal de lectures, de comparatifs, d’essais (dont la Blancpain Villeret dont le charme n’a plus agi), je me suis tourné vers une Omega Seamaster 300 M coaxial. La boucle est bouclée, je ne souhaite pas monter une collection. Mais je porte enfin à mon poignet un objet dont j’admire chaque jour le design, le soin des détails et la qualité dans toutes ses dimensions.3 novembre 2017 à 21h18 #420003721238GMT
Membre- bamboub a écrit:
- Une théorie veut que le temps soit déduit de l’objet (ou des objets) et qu’il n’existe donc pas seul en soit. Par exemple, nous vieillissons et nous déduisons que le temps existe puisque nous vieillissons.
C’est aussi un truc qui me fascine toutes ces théories sur le Temps.
Pour continuer sur le HS, moi c’est le mélange philosophie/science comme par exemple: la machine à voyager dans le temps n’existera jamais car sinon elle existerait depuis toujours.
7 novembre 2017 à 2h00 #420003721239Auroresuisse
MembreMerci pour vos participations
7 novembre 2017 à 20h10 #420003721240nereo13
MembreLorsqu’elle allait chercher son pain, ma grand-mère recomptait toujours la monnaie que lui rendait la caissière. Il faut dire que le vieux rapace était très près de ses économies. Plus d’elles d’ailleurs que de ses enfants ou petits-enfants, qui n’avaient d’autres loisirs que d’envahir son espace vital au cours d’hebdomadaires pèlerinages.
Car ma grand-mère était, elle savait nous le rappeler, à l’origine de la vie de cette famille. Cousu donc d’un profond respect pour son lointain vêlement, nous entretenions tous une éternelle reconnaissance, celle du sang et des larmes que notre sainte aïeule versât un soir d’été en mettant au monde celle qui, à son tour, allait devenir notre génitrice et attentionnée maman.
Dans le grand séjour, la belle et précieuse table en chêne recouverte d’une nappe plastifiée à larges fleurs, accueillait les intarissables lamentations de notre ancêtre. Dans un luxe de bonté, elle n’hésitait jamais à nous offrir la très détaillée narration de ses six précédentes journées.
Et nous écoutions, mes parents, ma sœur et moi, la narcissique allocution dominicale. Car ma grand-mère en savait des choses sur la vie et les hommes. Il faut dire qu’elle avait connu la télé en noir et blanc. Pire, elle avait même connu une époque sans télévision. Forcément, des choses comme celles-là, à 8 ans, ça force le respect.
Bercé par l’inutile piaillement, je m’endormais souvent sur le canapé, dans le salon, repu de grosses tartines préparées par ma mère. Puis, las du ton monocorde de l’infatigable castrateur discours oligarchique, je m’abandonnais à mes rêves d’enfants.
Puis un jour, au détour d’une seconde et d’une minute, je tombai nez à nez avec la montre de mon père (Omega Geneve), négligemment posée sur la table du salon.
Je me dressais fièrement sur mes jambes de petit garçon pour l’observer de plus près, j’avais l’impression qu’elle se trémoussait comme un flan à la vanille, déployant ses délicieux effluves caramélisés, brillant de sa robe dorée, plaqué or. L’audacieux que j’étais subitement devenu se jetait sans attendre, pour la saisir.
Enfin je la tenais, cette sublime montre – à mes yeux – si souvent observée au poignet de mon père, mais sans jamais l’avoir entre mes doigts « trop jeune mon fils, quand tu seras grand », « plus tard si tu es sage » me disait-il. Ses mots répétés à chacune de mes tentatives maladroites de me saisir de cet objet, me paraissait être le châtiment suprême.
Je la tenais fièrement, tel un boxeur brandissant sa ceinture de champion, tel un alpiniste plantant son pic à la pointe du sommet, tel ce soldat agrippé à son mètre de terrain gagné au sang de ses frères. Oh ! Elle ne payait pas de mine, avec son verre fêlé sur un coté, son cadran délavé par le temps, un vieux bracelet usé jusqu’à la corde, lui servait
J’étais là planté, dans cet état d’intense plénitude, à observer, scruter l’objet de mes désirs, comme dans un état second, je sentais courir le long de mon échine dorsale un frémissement de bien-être qui s’était délicatement installé depuis quelques minutes.
Mais, car évidemment il y a un mais, cette concentration de nantis touchait à sa fin.
Je suis encore assis et je sens derrière-moi un souffle. Je reste figé. Mes yeux se sont ouverts. Je ne bouge plus. Dans mon dos, mon père. Il est l’heure pour lui de faire retrouver son antre au petit monstre que je suis. Sans remuer les lèvres, sans quitter la montre que je tenais dans mes mains, lentement, sûrement, je me lève. Je tourne la tête, le visage de mon père un léger sourire lui chatouille les lèvres.
Voila le point de départ de cette passion qui me dévore toujours.
Aujourd’hui, pour moi, j’ai grandi, bien grandi même, mais je garde en souvenir ces moments de l’enfance, de cette première rencontre avec ce qui deviendra une passion tenace qui dure jusqu’à ce jour.8 novembre 2017 à 17h57 #420003721241fan
Membremerci Nereo pour cette histoire si bien racontée,
j’espérais que ça dure un peu plus longtemps.9 novembre 2017 à 3h09 #420003721242MaitreRobinton
MembreDésolé, mais pas d’histoire remontant à la fendre entance (comme disent les Dupont Dupond) mais un intérêt relativement récent (inscription sur FAM en 2010).
Plus précisément, 3 facteurs déclenchants:
– un intérêt de toujours pour les petites choses : miniatures en tous genres et petits mécanismes
– le besoin de se tourner vers des objets manufacturés et traditionnels, en réaction à une enfance/adolescence/profession tournée vers l’informatique, et donc des objets très impersonnels fabriqués en millions d’exemplaires à l’autre bout du monde
– une trajectoire professionnelle qui m’a donné les moyens de consacrer mes ressources à des choix personnels qui ne sont plus obligatoirement utilitairesVoilà, moins glamour mais réel
9 novembre 2017 à 8h37 #420003721243Invité
MembreMerci pour cette belle histoire Nereo. J’aime beaucoup comment la fin tombe joliment après la peinture assez froide que tu nous as fait de grand-mère.
Pour revenir au sujet, j’ai découvert ma passion sur le tard. En 2004, 23 ans, école d’ingénieur, je cherche un stage de fin d’étude. J’entends que Rolex cherche qqn de mon profil industriel, j’envoi une lettre (j’écris même « Rollex » avec 2 L, tellement je n’y connais rien). Entretien, je suis pris. Très vite, je me rends compte que je suis ridicule avec ma casio. Je regarde les montres des collègues, je lis les magazines de montres à la pause et surtout je tombe sur le blog de celui qui a provoqué bien plus de CHI que n’importe quelle pub de marque horlogère : Bruno l’Accro.
Le virus est incocculé. Découverte de Chronomania puis de FAM. C’est foutu. -
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