Nos montres d’aujourd’hui sont les vintages de 2040…

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 25)
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  • #410000132230
    ZEN
    Membre

    Nos montres d’aujourd’hui sont les vintages de 2040…

    Comment seront perçues nos montres d’aujourd’hui en 2040 et après en 2070 ou 2080. Nous avons le recul pour regarder des montres des années 1950 ou 1960 mais les choses ne risquent-elles pas d’être très différentes dans 20, 40 ou 60 ans ? On nous dit que l’on ne pourra faire mieux que le verre saphir et de fait les recherches sur la qualité des verres ont cessé. On nous explique que Cermet, le titane, la céramique sont quasi indestructibles, que les montres transparentes ne connaitront pas le vieillissement du cadran, que les mouvements dotés d’échappement au silicium sont imperturbables dans la durée …

    La diversité des matériaux et des composants permettra-t-elle de faire facilement réparer sa montre alors que déjà aujourd’hui, les pièces détachées sont inaccessibles aux horlogers ?

    On peut avoir globalement un doute sur le futur de ces montres contemporaines. Pour les montres connectées, les dés sont jetés. Le produit ne survivra pas au delà de 3 à 5 ans. Qui a déjà branché un vieil ordinateur Apple ?

    Pour les verres intaillables, il faudra accéder à des modèles compatibles…à quel prix ? Pour les échappements silicium on sait que le vieillissement sera la casse… Qui aura les pièces ? Pour les cadrans il est probable que des imprimantes seront capables de faire à l’unité… La difficulté viendra de vis faites aujourd’hui sur mesure, de micro-séries avec des couleurs ou particularité uniques ou exceptionnelles, de la complexité d’un calibre peu répandu et monomarque…

    Ne parlons même pas des horlogers indépendants dont la durée de vie éphémère laisse présager des difficultés dans les 10 ans… Nos montres d’aujourd’hui seront-elles à gérer comme des consommables et donc à jeter ou à l’image de nos vintages, pourront-elles avoir une deuxième ou troisième vie ? Y a-t-il un salut en dehors des grandes maisons industrielles ? Incompréhensible

    A vos avis …

    #420003842366
    Manivel
    Membre

    Nous sonnés entré dans l’ère des technologies jetables, mais au delà, les vrais collectors sont les originaux qui avait une raison d’être dans les années 50/60 et les technologies qui en découlent.
    Je pense que la montre-bijou actuelle, à quelques exceptions près ne sera pas collector, et ne pourra pas l’être pour les raisons que tu évoques.

    En outre, les montres actuelles sont des rééditions pour leur majorité. Encore une fois, on s’intéressera donc à l’originale.

    Mais si on va plus loin, les originales d’époque sont déjà hors de prix et difficiles à gérer.

    Hors donc, trouver une.montre de collection que l’on puisse acheter et entretenir deviendra quasiment impossible dans le futur en dehors de grands et fortunés collectionneurs pour lesquels les quelques horloger compétent demanderont une fortune tout comme les marques… Ce qui est déjà plus ou moins le cas.

    #420003842367
    TheSilverFox
    Membre

    Très bon sujet de fond… sur lequel il ne faudrait pas trop débattre au risque (en ce qui me concerne) de ne plus rien acheter.

    La multiplication de modèles aux attributs esthétiques spécifiques (cadran, aiguilles) laisse présager des ruptures de disponibilité des pièces pour les révisions à venir,

    La multiplication de mouvements propres à chaque marque, rend la montre dépendante du SAV. Les horlogers indépendants n’auront pas accès aux pièces. Et c’est déjà le cas pour de nombreux modèles vintage… Mais on nous le vend comme un argument… c’est un mouvement manufacture What the fuck ?!?

    Les groupes de luxe nous vendent la montre comme un produit trans-génerationnel, voir un placement patrimonial, alors qu’on est purement dans une politique court terme de génération de profits.

    #420003842368
    Manivel
    Membre

    …et puis les montres d’aujourd’hui n’auront pas a être collectionnées puisqu’elles seront rééditées. clown

    La montre de collection est donc dés aujourd’hui une réédition neuve, jetable.

    D’ailleurs, j’ai viré mes montres « anciennes » dont l’entretien devient de plus en plus compliqué et en détruit la valeur si fait par la marque dans les règles de l’art, a moins de la faire bricoler chez le boucher du coin.
    J’ai a la place trois rééditions neuves bien moins chère qui ne seront pas une perte énorme quand je les jetterais. clown

    #420003842369
    Razgriz
    Membre
    Citation :
    les vrais collectors sont les originaux qui avait une raison d’être dans les années 50/60 et les technologies qui en découlent.

    Totalement en phase. On achète les vintages surtout pour le bout d’effervescence historique qu’elles représentent, les avancées qu’elles étaient à l’époque.

    Aujourd’hui, toute cette industrie obsolète survit pour des raisons très spécifiques, décorrélées des lois économiques, et finalement très étranges. Le bien industriel, la commodité actuelle, n’a juste pas le même poids dans les esprits.

    Cela dit, l’horlogerie a toujours survécu aux grands changements technologiques, alors l’espoir existe encore que l’attrait pour les montres actuelles existera en 2080. L’amour des choses anciennes est vieux comme le monde, après tout

    #420003842370
    Invité
    Membre

    Je pense que nous sommes captifs des marques, je vois pour les belles autos, ce sont les marques elles mêmes qui assurent la restauration des voitures anciennes, en tout cas c’est ce qui profile, les petits garages ne pourront pas le faire. Je vois bien Rolex et toutes les grandes marques qui vont créer des départements spéciaux pour assurer la maintenance des anciennes pièces, il est pour moi une évidence qu’ils veulent ce marché qui va être très lucratif. ce sont des services qu’ils vont facturés à prix d’or. De fait, d’ailleurs, un proprio d’une Rolex Paul Newman ne rechignera pas de verser 60 000 euros de remise en état pour sa montre.

    Nous sommes captifs des marques, vu qu’il n’y aura plus d’horlogers indépendants qui vont pouvoir faire de la maintenance à des prix corrects.

    Ils vont nous vendre la même montre plusieurs fois, en l’achetant et pour la maintenir.

    C’est une bonne réflexion et de ce point de vue, j’avoue que pour moi c’est un stop pour trop investir, acheter de nombreuses pièces, c’est bien cool d’acheter, mais que faire d’une superbe montre dans dix ans, je n’aurais peut être plus les moyens financiers pour l’entretenir ? ni voir la passion, elles seront oubliées.

    C’est donc une résolution, moins de montres pour éviter de futures désillusions, vache à lait dans tous les hobbys ou passions, même si j’aime beaucoup les montres, comme mes nounours quand j’étais gosse, je crois qu’il faut savoir raison garder et se retenir de trop nombreuses envies d’achats et surtout ne pas investir dans un but de revente, il y a trop de paramètres qu’on contrôle pas.

    Pour moi, la leçon, j’achète pour mon plaisir immédiat, plus tard, dans 10 ans, 20 ans, et +, je m’en préoccupe pas du tout, mais alors pas du tout.

    #420003842371
    GMT
    Membre

    Oui, les productions d’aujourd’hui seront les vintages de demain, avec plus ou moins de succès.
    Par contre, comment sera perçu cette période et quelles seront les pièces recherchées/emblématiques, bien malin celui qui peut le dire.

    Sinon je vous trouve bien pessimiste !
    Pour une large part de la production actuelle il y aura toujours des horlogers compétents et gageons que la technologie les aidera dans la reproduction de pièce unique pour réparer et reproduire des éléments desdites montres (vis, aiguilles, etc.).

    Le vrai sujet concerne les montres les plus exclusives, les séries limitées et autres excentricités… mais celles-ci seront dans les musées ou dans les collections des plus fortunés.

    Qui dit mécanique, dit pérenne dans le temps … à voir les voitures par exemple.

    Chinois

    #420003842372
    CTREM
    Membre
    jacno1977 a écrit:
    Je vois bien Rolex et toutes les grandes marques qui vont créer des départements spéciaux pour assurer la maintenance des anciennes pièces

    Le Rolex le fait déjà via un service « patrimoine ». Les factures sont délirantes pour en avoir vu passer (souvenir d’une facture de 27000€ pour une 6263). La pièce devient d’ailleurs invendable, elle est remise à neuf, le collectionneur de vieilles Rolex ne recherche pas ça.
    Journe rachète ses pièces, il remet à neuf et revend ensuite…il fabrique même des coffrets créés de toute pièce en réunissant dedans 3 SL Ruthenium par exemple…qu’il vend à prix d’or etc…
    Breguet fait déjà, Patek fait déjà etc…

    GMT a écrit:
    Oui, les productions d’aujourd’hui seront les vintages de demain, avec plus ou moins de succès.

    Avec les matériaux actuels, je me demande quelle tronche aura une 116610 par exemple ?
    L’insert sera brillant comme au premier jour, le cadran lisse comme une peau de bébé, le Chromalight blanc comme les dents d’un acteur américain…
    Les vintage aujourd’hui plaisent de part leurs cicatrices, « patine » etc…

    #420003842373
    DON
    Membre

    Je pense que certaines horreurs horlogères d’aujourd’hui seront en 2040 très largement oubliées.

    Et qui sait ce qui sera « à la mode » en 2040 ? Il restera probablement quelques références très établies et consolidées par 2-3 marques dont la solidité financière est en béton armé. Les années 60 ont marqué une forme d’âge d’or avec un excellent équilibre design/fiabilité/niveau de production (et avec du vrai fabriqué en France/Suisse/Etats-Unis…) atteint par les marques de l’époque.

    Le second âgé d’or vécu par les financiers marques horlogères dans les années 2000 était nettement plus déséquilibré : design qui était parti vers certains extrêmes dans le clinquant sans parler des diamètres. Le niveau de production était là certes mais avec, en partie, des composants aussi peu suisses qu’une paire de chaussettes made in china. Qu’est-ce qu’il en restera ? (Réponse : du stock invendable dont beaucoup d’AD se plaignent et notamment pour certaines marques…)

    Le secteur horloger a suivi (avec retard) l’évolution des codes du luxe du secteur de la mode. La grande vague du néo-vintage continue toujours dans le secteur horloger (la mode, elle, est répartie dans ses propres errements mélangeant le moche et la quête infinie du buzz). C’est sûr que les années 60 sont plus inspirantes pour le design dans les montres que les relativement oubliables années 70 ou 80 ou 90 ou 2000 (je parie qu’il y en un qui va me ressortir une ou deux exceptions notables…).

    Aujourd’hui, les diamètres sont répartis à la baisse. On nous a bassiné avec les diamètres supérieurs à 42mm, maintenant on nous bassine avec le 38mm. En 2040, ils nous bassineront certainement à nouveau avec le retour des gros diamètres ou leur opposé.

    Enfin, dans tout cela, seul le « beau durable » reste comme dirait Stendhal. Mais, comme dirait Zen, que restera-t-il des montres qui ne sont pas faites pour durer avec des calibres mal finis ou des composants difficilement reproduisibles dans le futur par des marques dont les 2/3 n’existeront plus nécessairement ou dont le SAV ne conservera plus les composants nécessaires à leur maintance ?

    Et bien, il restera des factures et des illusions…

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    #420003842374
    CTREM
    Membre
    DON a écrit:
    Mais que restera-t-il des montres qui ne sont pas faites pour durer avec des calibres mal finis ou des composants difficilement reproduisibles dans le futur par des marques dont les 2/3 n’existeront plus nécessairement ou dont le SAV ne conservera plus les composants nécessaires à leur maintance ?

    Le phénomène existe depuis belle lurette…
    Faire l’inventaire de toutes les marques de montres disparues prendrait une éternité…

    #420003842375
    JJLH
    Membre

    Je pense que 3/4 maisons seront toujours là dans 40 ans… et que pour entretenir le mythe elles prendront soin du « patrimoine ». S’il n’y a pas d’historique ou d’histoires à raconter, nous passionnés, on aura plus envie de collectionner de CHI »er » et de venir ici… Tiens, que deviendra FAM dans 40 ans? Mosbilo? Fred le Marseillais (celui-là certainement criblé de balles dans le coffre d’une voiture dû à une transaction fumeuse de montres et chaussures contrefaites…) clown

    #420003842376
    Manivel
    Membre
    GMT a écrit:
    Qui dit mécanique, dit pérenne dans le temps … à voir les voitures par exemple.

    Chinois

    La mécanique tant a se réduire dans les voitures d’aujourd’hui, qui elles, c’est certain, ne seront pas collectionnable a moins de dépenser une fortune et encore, a condition que la marque est un département dédié.

    Pour les montre modernes c’est pareil. Il y a de plus en plus de matériaux exotiques et de pièces propriétaires a l’intérieur .
    Il est loin le temps ou n’importe quel bon horloger pouvait réparer une montre.
    De plus, vu l’évolution des choses, il faudra aller chercher cet horloger en Chine.

    Le collectionneur de demain devra être très riche et avoir ces entrées dans les marques si il veut avoir des vintages.

    #420003842377

    Peut être que dans 20 ans des fan collectionnerons les marques éphémères issues de kickstarter.
    Le problème de nos montres actuelles c’est que beaucoup vivent sur leur passé. dans les années 40/70 tu avais des montres militaires ou de plongée qui étaient des outils utilisés par des pro dans des conditions particulières. Aujourd’hui c’est des bijoux un peu sans âme. Les plongeurs plongent avec des ordi de plongée, il n’y a plus de montres de dotation. Il reste les séries limitées « special grand prix de la branlette marketing » franchement. Vous croyez que l’édition Oris spécial Movember aura un quelconque intérêt ? … ect.

    #420003842378

    Superbe sujet de dissertation 😉

    Plus sérieusement, j’ai beaucoup de mal à imaginer les montres dites actuelles (sans parler des rééditions) devenir des collectors de demain. Peut-être est-ce simplement une limite de mon esprit et cette incapacité à se projeter dans un avenir où les tendances changent tous les 6 mois…

    Aujourd’hui nous revenons beaucoup aux gloires du passé… époque ou chaque maison avait sa propre signature, son propre esprit. Je fais souvent le parallèle avec les voitures, mais je ne vois pas la 308 d’aujourd’hui devenir un collector demain :s… on peut faire le parallèle avec les montres j’en suis sûr.

    A suivre, mais j’aime à croire que ce qui est collector aujourd’hui le sera encore demain.

    #420003842379
    Invité
    Membre

    je partage le point de vue précédent, je serais surpris qu’un modèle neuf d’aujourd’hui devienne collector.
    Les pièces de collection sont celles du passé, et seulement celles ci le resteront pour plus tard.
    Aujourd’hui, quand on achète neuf, c’est pour un plaisir immédiat, c’est l’approche la plus sage, je sais que mes montres me plaisent aujourd’hui, ce qu’elles vaudront dans 20 ans, je m’en soucie pas du tout, ou comme de ma première chemise.
    Si je devais pousser cette passion pour obtenir le plaisir de posséder une pièce de collection, il me semble que j’irai vers une pièce de collection de maintenant, quitte à payer le prix, c’est si simple.. Chinois
    Ceci dit, le monde de la collection est tout de même risqué à moins de posséder de solides bases et d’arguments pour bien faire, dans le monde auto, 90% des voitures dites de collection aujourd’hui sont vouées à finir délabrées dans des hangars, tant se croient riches d’une belle auto, que ça vaudra peanuts le jour ou ils voudront vendre, je fais une nouvelle fois le parallèle avec les guitares, tant se croyaient riches parce qu’ils possédaient une guitare collector, parce que celle de tel artiste s’était vendue à un prix stratosphérique, mais c’était l’artiste qui l’a vendait, du moment qu’eux la vendent, c’est déjà plus le même prix. C’est pareil pour le marché de l’art, collectionner c’est bien, il faut faire partie du cercle d’initiés, autrement bonjour les désillusions. Après tout, c’est juste la récompense saine de certains qui n’ont pas d’autres passions que le mercantile, car au fond, si on aime vraiment, on ne compte pas. Lol. Le vrai passionné, le vrai collectionneur, n’a pas vraiment le souci du prix, il me semble, l’objet en soi prime sur le reste.

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