Mais où est donc passé l’argent ? Billet

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 24)
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  • #410000140960
    ZEN
    Membre

    Pendant plus de deux décennies l’horlogerie s’est enrichie plus que de raison avec des bénéfices colossaux avec quelques années moins prospères et puis depuis 2 ans un net recul multifactoriel. Montres connectées, récession économique, lassitude des nouvelles générations, manque de nouvelles idées des fabricants dont la communication régresse, tous ces paramètres réunis simultanément rendent difficile une évolution favorable.

    Pour répondre à une conjoncture défavorable avant que le mal ne devienne structurel, les fabricants doivent puiser dans leurs ressources. Leurs ressources sont dans leur histoire, leur patrimoine et leur bureau de recherche et développement. Avec autant de bénéfices accumulés, d’aucuns pourraient imaginer que les grandes maisons sont assises sur un magot qui les met à l’abri pour de nombreuses années. En y regardant de plus près, il n’en est rien. Loin de thésauriser, les grandes maisons n’ont pas mis un sous de coté. Pas de provisions…Bien sûr plusieurs d’entre elles ont investi dans de nouveaux bâtiments, de nouveaux ateliers, un nouveau siège mais tout cela reste très pondéré au regard de ce que les marques devraient avoir engrangé.

    Au lieu de cela, elles comptent les tournevis, les rouleaux de soudure et les heures supplémentaires des personnels. Tout est regardé au franc près et un surcout de 10 centimes sur la production d’un calibre est vite contrecarrée par le contrôleur de gestion qui dorénavant suit pas à pas chaque CEO placé sous curatelle. Non seulement tout cela pourrit le climat mais ça alimente en outre les discussions au sein des personnels… Où est donc passé l’Oseille ? Où sont passées ces montagnes d’argent ?

    La réponse est tristement simple. Au delà des dividendes versés aux actionnaires, il s’est répandu pendant 20 ans un culte du gaspillage quasi-outrancier. Soirées évènement hors de prix, multiplication de partenariats onéreux, train de vie délirant, dépenses de communication non contrôlées auprès de médias dont l’audience n’était pas contrôlée, voyages à gogo offerts à la presse et à la demi-presse des blogueurs etc … L’horlogerie s’est rassasiée et a rassasié gratis un nombre incalculable de parasites qui se sont servis sans jamais la servir.

    Certaines maisons que nous éviterons de citer ont consacré plus de 25% du chiffre d’affaires à la communication. Cela faisait vendre disait-on, mais aucun système de mesure n’a jamais été mis en place pour évaluer la qualité des résultats. Pire, ces 20 années furent celles des copains/coquins, des petits renvois d’ascenseurs et des services rendus aux uns et aux autres en échange de pas grand-chose. L’horlogerie a fait vivre mais elle n’a guère profité. Le système s’est auto-asphyxié au point aujourd’hui que ce qu’il en reste survit plus qu’il ne vit. Dans l’horlogerie, on ne se perd pas en études de marché, on avance au fil d’ l’eau, on évalue au doigt mouillé les conséquences d’un choix stratégique et par souplesse on peut rétropédaler du jour au lendemain.

    Combien d’évènements et d’annonces n’ont finalement débouché sur … rien ? Que reste-t-il réellement des grands moments annoncés à coups de centaines de milliers de francs suisses ? Pas grand-chose. Pour faire le buzz, ces grandes fresques ne sont plus utiles. Les réseaux sociaux permettent à moindre frais de faire du buzz. Les grandes maisons depuis deux ans ont réduit la voilure des dépenses. « Faire pareil avec moins » est devenu un défi et les petits fours sont un peu moins prestigieux, le champagne coule un peu moins. Du coup, chacun devient client du grand évènement people médiatique comme ici un salon à Dubaï, ou là, un Grand-Prix à Genève, mais le courant ne fait plus recette et si ça ne rapporte pas immédiatement, un événement adulé hier est jeté aux oubliettes comme Swatch Group abandonnerait Baselworld sans l’ombre d’un remord.

    Quand on commence à réfléchir au sein des maisons horlogères pour séparer le grain de l’ivraie, quand on commence à lâcher les « incontournables » pour ne garder que le strictement nécessaire tout en hurlant que tout va bien, c’est signe d’économies drastiques. Le futur des goodies est dans le carton recyclé et les soirées sobres avec des légumes bio. C’en est terminé du homard mayonnaise et des macarons de chez Ladurée. Il va falloir se contenter des décongelés de chez Picard. On a des sushis à se faire. L’horlogerie n’a plus les moyens et telle la cigale, elle a tout dépensé pendant l’été.

    A suivre…

    #420004208986
    Invité
    Membre

    Toujours aussi positif, ça fait plaisir Mr. Green

    Non, franchement, comment peux-tu encore t’intéresser au sujet avec des rancoeurs aussi récurrentes ? Incompréhensible

    #420004208987
    ZEN
    Membre

    Tu devrais parler avec les gens qui travaillent dans l’horlogerie. Casser le thermomètre ne fait jamais tomber la fièvre !

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    _________________
    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420004208988
    zatopek
    Membre

    La précision changera selon où tu places le thermomètre.

    Et la douleur…

    #420004208989
    Kay86
    Membre

    Bien qu’un peu triste, je dois donner raison à Zen, j’ai travaillé durant presque 10 ans dans l’horlogerie avant de passer à une boîte de sous traitance horlogère il y a quelques mois. Force est de constater que tu tapes dans le mille avec ton post… Espérons seulement que les maisons horlogères auront les reins suffisamment solides le temps de trouver un produit innovant qui relancera… ou pas… l’envie de porter une montre au poignet

    #420004208990
    Invité
    Membre

    Pour moi ce monde ne tient qu’à un fil. Les bons chiffres affichés ne sont qu’un cache misère. L’horlogerie « de qualité » n’attire plus et les seules ventes que font les marques sont à des clients fidèles toujours insatisfait et en recherche constante de la prochaine. Il n’y a qu’à voir les signatures ici des inscrits ou bien le sujet « montrez vos collections ». Il serait intéressant de faire un sondage sur le nombre de montres des passionnés… on vit dans une bulle, une niche n’oublions pas.

    #420004208991

    Zen a raison : les manufactures suisses de luxe vivent sur un trop grand train de vie , dans une sorte d’ivresse , comme si tout cela devait durer Sad et les tarifs extravagants , que plus rien ne justifie …

    Comme si les Chinois devaient toujours être là pour acheter à n’importe que prix .

    Ce que j’observe , après avoir lu , récemment , plusieurs livres fort intéressants sur de grandes manufactures ( JLC , VC , PP , Breitling ) , c’est la course aux dépenses peu contrôlées :

    – des sièges d’entreprises neufs et absolument somptueux , où il semble bien que rien ne soit trop beau
    – des musées coûteux
    – des dépenses salariales qui doivent être considérables : coût charges patronales comprises d’un horloger qualifié ?
    – des dépenses marketing énormes : des publicités innombrables , partout ; des boutiques de marque très coûteuses , avec un personnel pléthorique et peu occupé et peu de clients … des catalogues papier hyper-luxueux
    – avec un franc suisse qui ne cesse de monter et approche la valeur de l’Euro ( quand j’étais étudiant , le CHF valait 1 ,50 Franc français puis deux FF et on trouvait que c’était énorme …)
    – des people grassement payés , dont tout le monde se fout : qui a déjà acheté une montre de luxe parce qu’un footballeur ou un acteur richissimes en arboraient une au poignet ??

    Le marché parallèle où on peut trouver une PP ou une VC ou JLC ou une Lange 2019 neuve à 25/35 % du prix boutique ( ce qui enlève toute crédibilité aux boutiques ) est un symptôme de ce malaise .

    Au final , c’est le client qui paie ce train de vie excessif .

    #420004208992
    ET
    Membre

    J’ai du mal à comprendre où pensent aller ceux qui tournent la tête quand on les met en garde tout en continuant à aller tout droit en appuyant sur la pédale d’accélérateur.
    Tout comme j’ai du mal à comprendre comment dans une industrie technique un budget communication peut être nettement plus élevé qu’un budget R&D.

    #420004208993
    deninou
    Membre

    Les « passions tristes » de Fam épisode 34 Wink

    #420004208994
    ZEN
    Membre
    deninou a écrit:
    Les « passions tristes » de Fam épisode 34 Wink

    Il doit exister un forum sur les bisounours pour toi je pense.

    _________________

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420004208995
    tépépé
    Membre
    ZEN a écrit:
    Il doit exister un forum sur les bisounours pour toi je pense.

    Ce lieu enchanté semble de plus en plus improbable, qui croit encore à la route de briques jaunes ?

    #420004208996
    tépépé
    Membre
    -Pierre- a écrit:
    Toujours aussi positif, ça fait plaisir Mr. Green

    Non, franchement, comment peux-tu encore t’intéresser au sujet avec des rancoeurs aussi récurrentes ? Incompréhensible

    Point ne sont rancœurs, ayant connu ici des enthousiasmes qui ne demandent que peu pour rejaillir.

    La réalité finit toujours par s’imposer.
    Sic transit gloria mundi
    Memento Mori
    Hominem te esse

    et toute cette sorte de choses Wink

    Plus simplement, cela fait longtemps que soirées et dépenses inconsidérées en représentations et sponsorings, aussi divers qu’avariés, n’ont « in fine » servi qu’à vendre, revendre et survendre.
    Tout était bien plus simple il y a une vingtaine d’années, la Nautilus était objet de railleries et personne ne levait un œil autre que désabusé sur une 3700,
    les gmt 1675 valaient 2000 balles, les speeds 321 moins de 1500…
    Les amateurs n’étaient pas encore des spéculateurs, IG, FB et autres TW n’encombraient pas l’internet quasi-débutant et les gens échangeaint gratuitement les informations et les conseils.

    Alors certes, il est aisé pour le membre lambda de se réclamer d’un positivisme béat, et sous ce seul prétexte, avec cet unique moyen, scrutant, supputant et souçonnant d’éventuelles pensées négatives sous-jacentes.
    Mais… la question se pose, et de fait il y est déjà répondu, de l’invasion, pour ne pas dire du « phagocytage » mutatif, de ce qui était une passion mécanique et gentille (voire innocente), en un maelström de magouilles diverses à seule fin de se carrer un maximum de pognon dans l’arrière-train (et ce, sans même siffler 3 fois)

    Et c’est la raison « pour laquelle que de », certains amateurs de longue date finissent pas lâcher l’affaire, reviennent à des fondamentaux simples et honnêtes, et laissent aux braves gens les fantasmes des listes d’attente et des privilèges de bon client.

    Voilà, c’est dit. salut

    Bonne nuit bigsmurf

    #420004208997
    Xaipe
    Membre

    J’adhère totalement à cette dernière synthèse de tépépé.
    La passion est là mais il devient ardu de lui faire respirer un air frais et léger.

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    Avez-vous coché toutes les cases ?

    #420004208998

    il faut revenir 2 secondes sur terre, prendre un peu de hauteur, et comprendre que le prix demandé pour un petit objet mécanique aussi désirable soit t’il…est juste délirant, et ça commence vraiment à se voir un peu trop !

    #420004208999
    Leopal
    Membre
    ZEN a écrit:
    Où est donc passé l’Oseille ? Où sont passées ces montagnes d’argent ?

    Bonne question. Certainement beaucoup dans la poche des actionnaires, mais expliquer qu’il faut mettre de côté pour les mauvaises périodes à venir plutôt que prendre le cash… il ne faut pas rêver. Aussi dans la com, les hauts salaires et autres dépenses faciles quand tout va bien.

    Il y a aussi eu des investissements, décidés quand les ventes étaient au plus haut, ce qui fait que beaucoup se retrouve aujourd’hui avec un outil sur-dimensionné, dont il faut payer les traites, et l’entretien. Cela concerne les marques comme les sous-traitants, d’ailleurs.
    Sans oublier ceux qui ont investi dans des mouvements « in house » et n’ont pas vu les ventes suivre…

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