Le regard (et le jugement) des autres !?

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15 sujets de 151 à 165 (sur un total de 180)
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  • #420004676244
    Eric67
    Membre

    Les relations sociales (hors donc les relations d’amour ou d’amitié, les véritables, pas celles donc qui ne sont rien de plus que d’autres relations sociales) sont les plus simples des relations, puisqu’elles ne connaissent que trois modalités: l’infériorité, la supériorité et l’égalité, caractérisée pour cette dernière par sa précarité puisqu’elle menace à tout instant de verser dans l’une des deux autres.

    M’est avis que tout possesseur d’objet positionnel souhaite, à des degrés divers, se reconnaître comme tel et être reconnu comme tel par son prochain. Afin d’affirmer son statut social supérieur par rapport à ceux qu’il considère comme inférieurs socialement, ou égal à ceux qu’il voit comme ses pairs. Il souhaite par là se porter à lui-même des sentiments de reconnaissance et d’admiration, et susciter ces mêmes sentiments chez autrui, ajoutés d’envie, et surtout de jalousie, preuve irréfutable que la hiérarchisation désirée est actée. Il souhaite une acceptation, presque une bienveillance. En somme ce qu’il souhaite, c’est une reddition.

    Il ne récoltera toutefois la plupart du temps qu’hostilité et sarcasme. C’est qu’afficher sa supériorité, c’est ipso facto être perçu comme désirant l’afficher, et en miroir désirant souligner l’infériorité de l’autre. C’est inacceptable. De la difficulté de concilier le désir prégnant de consommer du statutaire et la difficulté à l’assumer. L’amateur d’objets positionnels se défendra donc de bonne foi de vouloir être reconnu par son prochain, il proclamera son indifférence absolue au regard d’autrui. Il ne reconnaîtra suivre que son seul plaisir, pour la seule raison qu’il aime ça. C’est là que s’arrêteront ses motivations. Car quémander le regard de l’autre, c’est se mettre en état de dépendance vis-à-vis de lui. C’est dilapider tous les efforts faits pour s’exhausser d’un étage social. C’est inavouable. Il ne voudra pour rien au monde être mis à nu, que ses intentions cachées, à son prochain et à lui-même, soient explicitées. Il fournira et se fournira toutes sortes d’alibis (gain financier, qualité du produit, beauté de l’objet, statut iconique…) afin de ne pas être perçu et ne pas se percevoir comme mû simplement par la valorisation de son ego social. Les relations sociales ne sont que jeu de dupes.

    Amha

    #420004676245
    hurluberlu
    Membre
    Eric67 a écrit:
    Les relations sociales (…)
    Amha

    Mouais… pourquoi pas mais alors du coup, quid de celui qui a un objet statutaire et qui ne le porte jamais, le laissant au coffre? Mr. Green

    #420004676246
    RR&B
    Membre
    Eric67 a écrit:
    Les relations sociales (hors donc les relations d’amour ou d’amitié, les véritables, pas celles donc qui ne sont rien de plus que d’autres relations sociales) sont les plus simples des relations, puisqu’elles ne connaissent que trois modalités: l’infériorité, la supériorité et l’égalité, caractérisée pour cette dernière par sa précarité puisqu’elle menace à tout instant de verser dans l’une des deux autres.

    M’est avis que tout possesseur d’objet positionnel souhaite, à des degrés divers, se reconnaître comme tel et être reconnu comme tel par son prochain. Afin d’affirmer son statut social supérieur par rapport à ceux qu’il considère comme inférieurs socialement, ou égal à ceux qu’il voit comme ses pairs. Il souhaite par là se porter à lui-même des sentiments de reconnaissance et d’admiration, et susciter ces mêmes sentiments chez autrui, ajoutés d’envie, et surtout de jalousie, preuve irréfutable que la hiérarchisation désirée est actée. Il souhaite une acceptation, presque une bienveillance. En somme ce qu’il souhaite, c’est une reddition.

    Il ne récoltera toutefois la plupart du temps qu’hostilité et sarcasme. C’est qu’afficher sa supériorité, c’est ipso facto être perçu comme désirant l’afficher, et en miroir désirant souligner l’infériorité de l’autre. C’est inacceptable. De la difficulté de concilier le désir prégnant de consommer du statutaire et la difficulté à l’assumer. L’amateur d’objets positionnels se défendra donc de bonne foi de vouloir être reconnu par son prochain, il proclamera son indifférence absolue au regard d’autrui. Il ne reconnaîtra suivre que son seul plaisir, pour la seule raison qu’il aime ça. C’est là que s’arrêteront ses motivations. Car quémander le regard de l’autre, c’est se mettre en état de dépendance vis-à-vis de lui. C’est dilapider tous les efforts faits pour s’exhausser d’un étage social. C’est inavouable. Il ne voudra pour rien au monde être mis à nu, que ses intentions cachées, à son prochain et à lui-même, soient explicitées. Il fournira et se fournira toutes sortes d’alibis (gain financier, qualité du produit, beauté de l’objet, statut iconique…) afin de ne pas être perçu et ne pas se percevoir comme mû simplement par la valorisation de son ego social. Les relations sociales ne sont que jeu de dupes.

    Amha

    Intéressant et plutôt pertinent.

    #420004676247
    Benoit85
    Membre

    huberlulu

    Je bosse dans une boite avec un smic amélioré, a coté de ca, j’ai une autre activité

    Un jour mon boss regardait pour s’acheter une A4 break, aimant les bagnoles on en discute, puis un jour il arrive avec une 307 break, je ne dis rien puis 3 mois après, je reçois ma Grosse berline a étoile

    A partir de ce jour, il m’a fait la vie dure, ramenant tout a cette bagnole, a tel point que j’ai préféré changer de bagnole et de service (y avait d’autres choses, arrivée du bébé aussi)

    De ce jour, j’ai compris que si les gens se disaient il a du fric, tu serais pointé du doigt parce que les autres ne peuvent pas, tu veux une augmentation ? pourquoi faire, t’as des ronds, la jalousie bien française hélas, mais j’habite en France, alors je peux difficilement faire autrement…

    Je n’ai aucune jalousie, beaucoup de gens dans ma boite gagnent bien mieux leur vie que moi, mais a mon niveau, mes collègues directs sont plus coté galère que réussîtes

    T’as une belle montre, c’est un cadeau et j’esquive le sujet, si j’ai un passionné en face, je n’hésiterais pas a discuter avec parce qu’il me comprendra

    ca dépend tellement du milieu dans lequel tu évolues, pour ma part hélas, vivons heureux vivons cachés

    #420004676248
    hurluberlu
    Membre

    Pour la bagnole, je peux comprendre, difficile en effet de la planquer sous ton pull pour rester discret Wink mais une montre je reste persuadé que les gens qui la remarquent restent une infime minorité.
    Après il n’y a pas de jugement dans mon propos, chacun fait comme bon lui semble, je dis juste que se faire des nœuds au cerveau pour savoir si on ne va pas choquer quelqu’un en portant une tocante à Xk€ me semble exagéré… après c’est certain que faire du social avec une PP à 100k est peut-être un poil déplacé et encore. Wink
    Et pour certains une montre à 500€ c’est déjà un luxe inutile alors que pour d’autres ce sera une montre bas de gamme, tout est question de curseur en effet.

    #420004676249
    William21
    Membre

    C’est très franco-français ce genre de débat. J’ai vécu aux Etats-Unis où tout le monde se fout de la façon dont on dépense son argent. Là-bas, c’est l’excès inverse, plus ça se voit, et mieux c’est. Mais ça procède aussi d’une culture où, contrairement à ici, l’argent gagné (honnêtement…) ne se cache pas.

    #420004676250
    fan
    Membre
    William21 a écrit:
    C’est très franco-français ce genre de débat. J’ai vécu aux Etats-Unis où tout le monde se fout de la façon dont on dépense son argent. Là-bas, c’est l’excès inverse, plus ça se voit, et mieux c’est. Mais ça procède aussi d’une culture où, contrairement à ici, l’argent gagné (honnêtement…) ne se cache pas.

    Ca tombe bien, Fam est un forum Français.

    Tout le monde sait cela.
    Aux Etats unis, et dans les émirats aussi, on se pavane.

    #420004676251
    Invité
    Membre
    Eric67 a écrit:
    Les relations sociales (hors donc les relations d’amour ou d’amitié, les véritables, pas celles donc qui ne sont rien de plus que d’autres relations sociales) sont les plus simples des relations, puisqu’elles ne connaissent que trois modalités: l’infériorité, la supériorité et l’égalité, caractérisée pour cette dernière par sa précarité puisqu’elle menace à tout instant de verser dans l’une des deux autres.

    M’est avis que tout possesseur d’objet positionnel souhaite, à des degrés divers, se reconnaître comme tel et être reconnu comme tel par son prochain. Afin d’affirmer son statut social supérieur par rapport à ceux qu’il considère comme inférieurs socialement, ou égal à ceux qu’il voit comme ses pairs. Il souhaite par là se porter à lui-même des sentiments de reconnaissance et d’admiration, et susciter ces mêmes sentiments chez autrui, ajoutés d’envie, et surtout de jalousie, preuve irréfutable que la hiérarchisation désirée est actée. Il souhaite une acceptation, presque une bienveillance. En somme ce qu’il souhaite, c’est une reddition.

    Il ne récoltera toutefois la plupart du temps qu’hostilité et sarcasme. C’est qu’afficher sa supériorité, c’est ipso facto être perçu comme désirant l’afficher, et en miroir désirant souligner l’infériorité de l’autre. C’est inacceptable. De la difficulté de concilier le désir prégnant de consommer du statutaire et la difficulté à l’assumer. L’amateur d’objets positionnels se défendra donc de bonne foi de vouloir être reconnu par son prochain, il proclamera son indifférence absolue au regard d’autrui. Il ne reconnaîtra suivre que son seul plaisir, pour la seule raison qu’il aime ça. C’est là que s’arrêteront ses motivations. Car quémander le regard de l’autre, c’est se mettre en état de dépendance vis-à-vis de lui. C’est dilapider tous les efforts faits pour s’exhausser d’un étage social. C’est inavouable. Il ne voudra pour rien au monde être mis à nu, que ses intentions cachées, à son prochain et à lui-même, soient explicitées. Il fournira et se fournira toutes sortes d’alibis (gain financier, qualité du produit, beauté de l’objet, statut iconique…) afin de ne pas être perçu et ne pas se percevoir comme mû simplement par la valorisation de son ego social. Les relations sociales ne sont que jeu de dupes.

    Amha

    Tu décris un monde triste, de névrosés,
    j’avoue mon bonheur de ne pas y vivre.

    #420004676252
    fan
    Membre
    William21 a écrit:
    CQFD, ne pas se préoccuper du regard des autres, ici, ça revient à se « pavaner »… Mr. Green

    « plus ça se voit, mieux c’est »
    tu traduis ça comment?

    #420004676253
    William21
    Membre
    fan a écrit:

    « plus ça se voit, mieux c’est »
    tu traduis ça comment?

    Il n’y a rien à « traduire », c’est comme ça, c’est tout. A partir du moment où on ne prétend pas détenir le monopole du « bien-vivre » là où on se trouve, voyager devient un exercice profitable…

    #420004676254
    Benoit85
    Membre

    On ne changera pas les mentalités, alors en attendant, tu montres le moins possibles, quand les gens pensent que t’es dans la misère, ils ne te font pas chier, c’est très français comme tu dis, on préfère avoir de la compassion parce que tu galères, plutôt que de l’admiration parce que tu réussis…

    Ca me va bien, je ne fais rien pour les autres de toute façon

    #420004676255
    fan
    Membre
    William21 a écrit:
    Il n’y a rien à « traduire », c’est comme ça, c’est tout. A partir du moment où on ne prétend pas détenir le monopole du « bien-vivre » là où on se trouve, voyager devient un exercice profitable…

    Si maintenant on aborde les notions de monopole et de bien vivre, et dans la même phrase, c’est magnifique. flower
    Merci.
    Et aussi pour me conseiller de voyager thumleft

    #420004676256
    toyotiste
    Membre
    Eric67 a écrit:
    Les relations sociales (hors donc les relations d’amour ou d’amitié, les véritables, pas celles donc qui ne sont rien de plus que d’autres relations sociales) sont les plus simples des relations, puisqu’elles ne connaissent que trois modalités: l’infériorité, la supériorité et l’égalité, caractérisée pour cette dernière par sa précarité puisqu’elle menace à tout instant de verser dans l’une des deux autres.

    M’est avis que tout possesseur d’objet positionnel souhaite, à des degrés divers, se reconnaître comme tel et être reconnu comme tel par son prochain. Afin d’affirmer son statut social supérieur par rapport à ceux qu’il considère comme inférieurs socialement, ou égal à ceux qu’il voit comme ses pairs. Il souhaite par là se porter à lui-même des sentiments de reconnaissance et d’admiration, et susciter ces mêmes sentiments chez autrui, ajoutés d’envie, et surtout de jalousie, preuve irréfutable que la hiérarchisation désirée est actée. Il souhaite une acceptation, presque une bienveillance. En somme ce qu’il souhaite, c’est une reddition.

    Il ne récoltera toutefois la plupart du temps qu’hostilité et sarcasme. C’est qu’afficher sa supériorité, c’est ipso facto être perçu comme désirant l’afficher, et en miroir désirant souligner l’infériorité de l’autre. C’est inacceptable. De la difficulté de concilier le désir prégnant de consommer du statutaire et la difficulté à l’assumer. L’amateur d’objets positionnels se défendra donc de bonne foi de vouloir être reconnu par son prochain, il proclamera son indifférence absolue au regard d’autrui. Il ne reconnaîtra suivre que son seul plaisir, pour la seule raison qu’il aime ça. C’est là que s’arrêteront ses motivations. Car quémander le regard de l’autre, c’est se mettre en état de dépendance vis-à-vis de lui. C’est dilapider tous les efforts faits pour s’exhausser d’un étage social. C’est inavouable. Il ne voudra pour rien au monde être mis à nu, que ses intentions cachées, à son prochain et à lui-même, soient explicitées. Il fournira et se fournira toutes sortes d’alibis (gain financier, qualité du produit, beauté de l’objet, statut iconique…) afin de ne pas être perçu et ne pas se percevoir comme mû simplement par la valorisation de son ego social. Les relations sociales ne sont que jeu de dupes.

    Amha

    Très belle analyse et bien écrite !
    C’est bien triste et surement très vrai en France et plus largement en Europe.
    Peut-être beaucoup moins vrai aux US. La culture y joue pour beaucoup.

    #420004676257
    William21
    Membre
    fan a écrit:

    Si maintenant on aborde les notions de monopole et de bien vivre, et dans la même phrase, c’est magnifique. flower
    Merci.
    Et aussi pour me conseiller de voyager thumleft

    On ne vit pas dans un monde parfait et on n’emporte pas son pays à la semelle de ses souliers. Mais entre la célébration de la réussite et l’aigreur de ceux qui passent leur vie à mater l’assiette de leur voisin pour bien vérifier qu’elle n’est pas mieux garnie que la leur, c’est vite choisi.

    #420004676258
    Nouch30
    Membre

    Que ce soit bagnoles, fringues, voitures….

    Si on aime quelque chose, qu’on souhaite et peut se le payer, qu’on le fait et qu’ensuite on le planque, pour moi c’est renier qui on est.

    Dans ma famille, une montre c’est un bel objet de valeur, j’ai toujours porté comme mes parents et grand-parents de « belles » montres, et je n’ai jamais de chinoiseries merdique dans ma famille.

    Tout au plus fin des années 70 on a tous eu notre Seiko à Quartz quelques années

    j’ai une clientèle plutôt pas très riche, je n’ai pas de soucis à porter mes montres, jamais eu de remarques, et ce qu’ils pensent je m’en fout royalement, c’est moi c’est ma personnalité, c’est comme ça.

    Ceux qui à la limite font le plus de remarques, ce sont des amis, bien plus riches que moi qui ne pigent pas qu’on mette autant d’argent dans une montre.

    Bon eux c’est dans des chevaux, vacances hors de prix à Noel Nouvel An, collection de bagnole… Je ne juge pas c’est leur choix.

    Anecdote avec mon beau-frère actuel.

    A Noël il est à côté de moi à table, ma sœur me questionne sur ma SkyDweller (elle était avec moi quand j’ai reçu le SMS de l’AD une semaine avant), je lui fait essayer, il la trouve très belle admire les reflets du cadran…

    Il me demande combien ça coute, je lui dis.

    Il trouve ça dingue de mettre autant dans une montre… Je lui explique que oui c’est une grosse somme, mais on a qu’une vie et de plus avec ce modèle je ne ruine pas ma famille puisque à priori ils en tireront toujours quelque chose en cas de pépin.

    Le concept de la montre qui vaut encore quelque chose lui échappe, à la limite il peut l’admettre pour certaine bagnoles (il est amateur de Prosche, roule en Alpine)… Je lui montre alors la cote Chrono24 du jour, en gros prix X2

    Il me demande alors: « tu devrais la revendre, tu te ferais un beau billet en moins de 15 jours, pourquoi tu ne la revends pas ? »

    Moi: Parce que si je la revendais, je ne l’aurais plus et je ne pourrais plus la porter.

    ça me semble si évident…

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