FORUMAMONTRES › Forums › Forum IWC › La montre IWC des chemins de fer serbes
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ChronoCop, le il y a 4 années et 4 mois.
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10 juin 2017 à 3h15 #410000127299
ZEN
MembreLa montre IWC des chemins de fer serbesLa fin du 19ème siècle connut un développement considérable des transports. Qu’ils fussent maritimes, fluviaux ou par tramway et voies de chemins de fers, la modernisation des modes collectifs de déplacements s’accélère en cette fin de siècle, partout dans le monde. Leur développement s’accompagne de quelques accidents d’autant plus impressionnants que la presse s’en fait l’écho et qu’ils touchent à chaque fois des groupes de voyageurs qui donnaient toute leur confiance à ces modes de transport présentés comme fiables. Les Etats-Unis où les chemins de fers circulent dans les deux sens sur des voies uniques furent des pionniers en matière de recherche de mesures de sécurité après qu’un accident en 1891 fit plusieurs victimes à cause d’une mauvaise appréciation des horaires par les conducteurs des machines. Neuf personnes y laissèrent la vie ce qui suffit à pousser les compagnies de chemins de fer non pas à doubler les lignes mais à équiper le personnel de montres précises. Elles sollicitèrent, après un accord commun, un horloger de Cleveland, Webb C.Ball pour qu’il rédige un cahier des charges avec des normes très strictes en matière de montres de service.
Dès lors, les montres des chemins de fers américains furent encadrées par un règlement draconien qui imposait des calibres de 19 ou 20 lignes à échappement à ancre, à simple plateau comptant au moins 17 rubis et ayant au moins une précision de 30 secondes par semaine, c’est à dire une précision de chronomètre.
Les compagnies européennes connurent aussi quelques accidents et bâtirent les unes après les autres des cahiers des charges imposant aux fournisseurs de leurs montres, une obligation de résultat quant à la précision de celles-ci. La plupart des grandes firmes suisses décrochèrent ainsi des contrats pour fabriquer et livrer aux plus grandes compagnies des chronomètres. A la différence des exigences américaines, qui imposaient des normes de fabrications et des mesures de résultats, les européens fixèrent aux manufactures horlogères des obligations de précision en laissant aux firmes le soin de rechercher leurs meilleurs mouvements pour y satisfaire.
Certaines maisons comme Longines, Zenith ou Omega livraient ainsi couramment des montres dotées de mouvements de 19 lignes à 20 lignes et plus, porteurs de 15 rubis dont la précision était tout à fait dans les normes des chronomètres de l’époque.Lorsque les chemins de fer serbes passent commande, il le font auprès de plusieurs grandes maisons suisses dans le cadre d’un programme ambitieux d’équipement généralisé au personnel roulant et aux personnels des gares en charge du contrôle des déplacements des trains. Ce sont les manufactures qui déterminent les mouvements qu’elles livrent dans leurs montres et chacune s’attache au paramètre fondamental de la meilleure précision. L’équipement commence au début des années 1920 et s’étalera jusqu’aux années 1930. Au milieu des années 1920, IWC fournit dans ce contexte aux Chemins de fer Serbes, une montre avec un calibre H6. Ce mouvement qui évoluera vers le calibre identifié sous la référence 52 à partir de 1893 en version Lépine, puis 53 en version savonnette connaîtra un succès commercial qui le portera jusque dans les années 1940 ! Plus de 300 000 pièces seront ainsi fabriquées par IWC, ce qui fera du mouvement 52, le plus répandu dans les montres de poche. D’une redoutable précision, il fut décliné dans des versions de 15 ou 16 rubis essentiellement. Le calibre 52 est à l’origine un mouvement de 19 lignes soit 43,15 mm, haut de 5,2, 6 ou 6,5 mm, doté d’une platine ¾ avec des rubis sur chatons vissés ou plus tardivement des rubis directement enchassés dans les ponts et platines. Sa raquette peut être équipée d’un col de cygne plus ou moins sophistiqué ou se présenter sans col de cygne. Son spiral de type Breguet et son balancier bimétallique à vis de compensation sont des gages de sa précision.
La livraison s’opère soit directement par les filiales des manufactures, soit par des distributeurs locaux qui attachent une grande importance à la présence de leur nom sur le cadran. IWC livrera très peu de montres dont les cadrans soient signés. En revanche, les boites et le mouvement sont clairement identifiés. Ces chronomètres de chemins de fer restèrent en service assez tardivement puisqu’on en trouve encore en usage dans les années 1960.
Leur entretien était fait par les horlogers des compagnies en général mais pouvait aussi être une tâche confiée aux distributeurs ou filiales des manufactures. IWC ne livra pas un très grand nombre de pièces mais ce qui est frappant sur la montre ici présentée est son numéro de série atypique « 817 000 » . Un chiffre si rond est évidemment rare et il est soit le fruit du hasard, soit renvoie à la première montre de la série livrée aux chemins de fer serbes dans le cadre d’une fabrication spéciale. Tout laisse à penser que c’est ce second cas de figure qui est la bonne hypothèse. La montre en métal blanc nickelé est en très bon état avec peu de traces d’usure. Le métal blanc est très résistant. La locomotive à vapeur témoigne d’une époque, la vapeur renvoyée vers l’arrière est signe de mouvement . Quand aux lettres monogrammées, elles sont la signature des chemins de fer serbes.
En 1926, IWC mettait en avant son « Grand prix de Milan en 1906 ». La manufacture IWC était déjà une référence en matière de précision. Les Serbes ne s’y étaient pas trompés. Plus que les paysages serbes, la montre a traversé le temps et démontre l’attachement de la compagnie serbe des chemins de fer de sécuriser ses lignes. Quelle fantastique époque où l’horlogerie de qualité n’était pas encore un luxe et où l’on pouvait doter le personnel du meilleur en considérant que la montre était avant tout un instrument de précision.
Droits Réservés – Joël Duval- Juin 201710 juin 2017 à 4h59 #420003614154Fikk
MembreMerci pour cette découverte.
Concernant le fond, il s’agit des lettres SDŽ pour СРПСКИХ ДРЖАВНИХ ЖЕЛЕЗНИЦА.
Je viens également de trouver un post avec quelques montres des chemins de fer serbes.
http://www.svetsatova.com/forum/f79/Željezničarski-satovi-kraljevine-jugoslavije-10318.html__________________________________
« Don’t put your trust in revolutions. They always come around again. That’s why they’re called revolutions » Terry Pratchett (Night Watch)10 juin 2017 à 5h26 #420003614155ZEN
MembreExcellent ! Merci
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 juin 2022 à 2h12 #420003614156ChronoCop
MembreMerci Zen, c’est formidable
Brane -
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