FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › L’horlogerie d’aujourd’hui est-elle plus créative qu’il y a 100 ans ?
- Ce sujet contient 16 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Cedric92, le il y a 9 années et 5 mois.
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29 mai 2017 à 8h22 #420003603705
DON
MembreCela dépend ce que l’on entend par créativité.
Il existe une politique d’innovations menée par les marques/groupes horlogers : cela se traduit par exemple par le Sistem51 chez Swatch et le processus de production automatisé d’un mouvement (inutile de rappeler que cela implique une véritable maîtrise industrielle), le mouvement Master Co-Axial chez Omega qui est une réponse innovante face au problème du magnétisme (c’est même devenu le principal problème qui impose aux marques d’innover), l’augmentation des RDM sur les anciens mouvements (ETA par exemple, on voit des RDM passant à 80h) ou avec l’arrivée de nouveaux mouvements comme le 3255 de Rolex (70h de mémoire).
Mais une innovation n’est pas une invention (vieil adage). Comme ZEN le dit :
- ZEN a écrit:
- Il y a un siècle, on inventait des choses fondamentales.
C’est une chose d’élaborer un nouveau concept et c’est une autre de chercher à perfectionner des concepts existants. D’une certaine manière, c’est la logique industrielle qui impose une créativité qui doit être maitrisée pour faire face aux contraintes d’une production de masse (il y avait des contraintes aussi à l’époque mais l’environnement n’était pas le même).
Mais les choses bougent depuis quelques temps. Nous sommes sortis progressivement (et plus brutalement ces dernières années) d’une période où il existait un environnement certain (dans le sens avec des piliers qui semblaient solidement établis) : mouvements ETA accessibles pour toutes les autres marques qui s’étaient mises à se contenter d’emboiter, croissance à 2 chiffres, blabla sur le potentiel de développement infini de certains marchés de masse, prix qui augmentent sans pause majeure… à un environnement incertain : rupture dans l’accessibilité des mouvements ETA (cela a imposé à de nombreuses marques d’aller voir ailleurs ou de développer leurs propres mouvements), le problème de magnétisme devenant de plus en plus fréquent, marchés instables, demande se modifiant structurellement…
Et face à un environnement incertain, cela impose de chercher des solutions qui sortent du cadre ordinaire, ce qui est d’ailleurs plus subi que volontaire (à l’exception de quelques marques qui ont fait de l’innovation leur crédo), car c’est une question de survie. Une créativité qui est imposée par les événements en quelque sorte.
Sans refaire la description donnée par Schumpeter sur les grappes d’innovations qui rythment les révolutions industrielles, il y a quelques indices qui laissent entrevoir de nouvelles possibilités de développement pour le secteur et faisant appel à une forte créativité :
– de nouveaux mouvements sont en cours de conception pour obtenir des réserves de marche ne se comptant plus en dizaines d’heures mais en centaines d’heures voir plus
– de nouveaux matériaux/alliages pour les boitiers (pensons notamment aux prochaines générations de céramique qui promettent de corriger les défauts des précédentes générations, pensons à l’utilisation du saphir plus seulement pour le verre mais pour le boitier, pensons aux différents polymères…)
– des nouvelles générations de montres connectées (oui, la bulle a dégonflé mais attendons de voir les prochaines générations qui seront surtout autonomes par rapport aux smartphones, cela contribue à brouiller progressivement les frontières entre l’industrie mécanique et l’industrie électronique et informatique)
– de nouvelles marques qui sont arrivées et qui se focalisent sur le facteur prix (créativité au sens économique donc, par contre, pour la créativité technique ou esthétique, dans 99% des cas, on repassera…)Le maître mot de la période qui ouvre progressivement ses portes au secteur (au prix d’une crise d’ailleurs) c’est le retour à une plus forte créativité : économique, technique, esthétique et managériale (le management est le facteur qui est trop souvent oublié mais c’est la pierre angulaire de tout le reste). Innover, inventer, s’adapter ou crever.
Cela impose donc au secteur de redevenir au moins aussi créatif qu’il y a 100 ans et dans tous les sens du terme.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w29 mai 2017 à 18h24 #420003603706Cedric92
Membre- broncos a écrit:
- Pas évident de comparer la créativité sur une matière qui était essentielle il y a 100 ans et aussi futile et inutile de nos jours…
- MaitreRobinton a écrit:
- L’horlogerie est à mon sens toujours aussi inventive qu’il y a 100 ans : les instruments destinés à la mesure du temps n’ont cessé d’évoluer et continuent d’évoluer.
Il n’y a qu’à voir la différence entre une Apple Watch et une montre de 1917 (et en restant sur ce qui se porte au poignet). L’instrument est incomparablement plus précis et fiable, et offre quantités de fonctionnalités supplémentaires plus ou moins en rapport avec la mesure du temps.
Donc ma réponse est oui, mais à condition évidemment d’approcher l’horlogerie au sens large (« L’horlogerie regroupe la science, la technique, l’art, l’industrie, le commerce des instruments propres à mesurer le temps », dixit wikipedia), ce qui n’est pas le parti pris de Zen
La mesure précise du temps était et reste une condition essentielle pour la pratique de la science, de la recherche, de la production industrielle, du sport, etc. C’est un pilier de notre société.
Seulement, s’il y a un siècle l’horlogerie mécanique était incontournable dans ce domaine – elle offrait en exclusivité les instruments les plus performants et les plus précis – , aujourd’hui elle n’est factuellement plus qu’un hobby pour gens plus ou moins fortunés, une passion dont les racines sont étroitement liées au maintien d’un patrimoine et à une certaine quête du Beau (mécanique et esthétique). La « créativité » devenant au passage un facteur différenciant, un story-telling venant renforcer l’aspect patrimonial et noble de l’objet-bijou « montre ».
Donc en effet il me semble impossible de comparer deux périodes qui n’ont plus rien de semblable 100 ans plus tard… sauf à parler d’horlogerie au sens large et là l’innovation et la créativité sont clairement du côté du quartz (encore que il devienne doucement et gentiment obsolète lui aussi…) et surtout du logiciel.
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