FORUMAMONTRES › Forums › Les Grandes Heures de FAM › Jeux Olympiques de 1960. Les chronométreurs italiens ont préféré Ulysse Nardin
- Ce sujet contient 9 réponses, 6 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
ZEN, le il y a 5 années et 12 mois.
-
AuteurMessages
-
23 octobre 2020 à 1h05 #410000129511
ZEN
Membre
C’est un épisode peu connu de l’histoire du chronométrage olympique. Si Omega fut bien chronométreur sponsor, ce ne sont pas des Omega qui servirent à chronométrer toutes les épreuves. Les chronométreurs Italiens en décidèrent autrement.
Des erreurs de chronométrages.
On est en 1960 à Rome. C’est l’année des Jeux Olympiques et les épreuves de natation vont connaître une erreur historique de chronométrage qui va en révolutionner la méthode de contrôle. Le chronométreur officiel des jeux est Omega mais pour certaines disciplines le chronométrage ne fut pas effectué par des marques de chronomètres, sponsors « officiels » mais par la Fédération italienne des chronométreurs avec la présence de 82 chronométreurs venus d’Italie entière et qui ont relevé et certifié les résultats en athlétisme, natation, cyclisme, aviron, boxe et sports équestres.

Pour la natation, ce sont des chronométreurs qui sur le bord des bassins officient en qualité de juges des épreuves. L’Australien John Devitt vient d’être déclaré vainqueur par le juge en chef du 100 mètres nage libre, ceci devant l’Américain Lance Larson. « C’est le mauvais qui a gagné mais on ne l’a su que deux ans après quand le chronométreur a parlé. Le chef juge a vu que le premier à avoir touché était l’Australien mais son temps était moins bon que celui de l’Américain, alors ils ont changé le temps », racontera Peter Hurzeler, celui qui a modifié le système de chronométrage.
« Suite à cette affaire, Omega a dit qu’il fallait faire quelque chose pour que les chronométreurs n’aient plus d’influence, quelque chose que l’athlète peut arrêter lui-même, qui s’inscrit sur un tableau pour qu’on ne puisse plus tricher. »

Les plaques firent ainsi leur entrée dans les bassins pour la première fois en compétition en 1967. « Ca ne fonctionnait pas comme maintenant mais aujourd’hui ça marche à 100% » explique Hurzeler.
A l’origine, les plaques étaient en PVC avec des trous qu’il fallut faire évoluer en raison du danger potentiel pour les nageurs. Une plaque (2,40 m sur 90 cm) se compose de lamelles pour partager le poids de la pression. La pression du nageur sur la plaque doit être de 1,5 à 2,5 kg pour arrêter son temps. En cas de problème, qui ne peut être lié qu’à la pression qu’exerce le nageur, les techniciens se reposent sur les images vidéos des caméras postées en hauteur des plots. « C’est le nageur qui fait l’erreur, pas nous. » Les juges installés sur la plage de départ du bassin ne s’assurent que de la touche à deux mains du nageur. Le chrono indique le temps jusqu’au centième de seconde. Pas question pour Hurzeler d’aller jusqu’au millième alors qu’il y a de plus en plus d’ex aequo en compétition. « Un millième c’est 1,7 mm. C’est de la folie si on commence à chronométrer le millième ! »
1960 l’année parenthèse d’Omega
La fédération italienne des chronométreurs fait certifier par l’Observatoire de Milan des chronomètres d’origines diverses. Il y a parmi eu des chronomètres à rattrapante Omega, bien sûr, mais aussi des chronomètres d’autres origines dont Ulysse Nardin avec un modèle exceptionnel à rattrapante de 64 mm adapté aux chronométrages sportifs et évoluant à 36 000 alternances par heure. Ce modèle assez rare est une évolution du chronographe élaboré en interne par Ulysse Nardin. Très peu connue, cette utilisation tout à fait officielle d’un chronomètre non produit par Omega fut passée sous silence et aucune maison ne chercha à exploiter cet épisode. Longines et Lémania ont semble-t-il elles aussi placé des pièces et si le chronographe Lémania était en tous points identiques au modèle Omega, le Longines était également très prisé des chronométreurs.
Les cadrans des chronographes Ulysse Nardin comportaient un marquage spécial(image Antiquorum)La version Ulysse Nardin fut produite en peu d’exemplaires. Il y en eut moins de 420 en tout. Par rapport à la version originelle, elle avait supposé une modification des trains de rouages, du balancier et de l’échappement pour un résultat bluffant de qualité. La manufacture ne semble pas avoir sponsorisé officiellement à cette époque des compétitions sportives de haut niveau. Elle en avait pourtant tout à fait les moyens techniques. Il nous reste quelques exemplaires ici et là qui témoignent de cette maîtrise du chronométrage sportif avec un instrument qui fut admis comme l’un des meilleurs de son temps.
Cet épisode rappelle s’il en est besoin à quel point la fréquence des montres fut à une époque un enjeu majeur du chronométrage. Chaque maison développait son propre modèle. La haute fréquence aura finalement peu convaincu au point de devenir l’exception.
29 octobre 2020 à 9h21 #420003712050Bertrand
MembreUne anecdote fort intéressante et une bien belle montre en effet (qui s’apprécie à l’extérieur mais surtout à l’intérieur )
30 octobre 2020 à 4h49 #420003712051leptitmanu
MembreCelui qui a touché le premier a un temps plus mauvis que celui qui a touché en deuxième
Problème de fiabilité du chrono ou de celui qui le déclenche ?
Comme quoi on peut faire des mouvements ultra précis, quand ils sont pilotés « manuellement » ils resteront toujours source potentielle d’erreur
30 octobre 2020 à 5h01 #420003712052Shredder
MembreDonc le premier chronomètre à 5hz n’est pas l’El primero ?
30 octobre 2020 à 5h04 #420003712053ZEN
MembreLe tout premier est un Lémania vers 1932 si je me souviens bien mais en montre bracelet c’est l’El Primero avec remontage automatique.
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).30 octobre 2020 à 5h10 #420003712054Shredder
MembreMerci
30 octobre 2020 à 23h45 #420003712055Bertrand
MembreIl est amusant de constater qu’un mécanisme produit plus de 10 ou 15 ans avant ait été utilisé pour assurer le chronométrage d’un événement aussi important.
Impensable aujourd’hui dans notre société en constante évolution technologique.
31 octobre 2020 à 0h57 #420003712056regalis
Membre- Bertrand a écrit:
- une bien belle montre en effet (qui s’apprécie à l’extérieur mais surtout à l’intérieur )

Splendide!
31 octobre 2020 à 1h49 #420003712057ZEN
MembreCe mouvement est une merveille. Le plus drôle est qu’il fut originellement produit classiquement en 18 000 alternances et qu’il fallut donc l’adapter aux 36 000 et le placer avec un cercle d’emboitage dans des boites de 57 mm puis de 64 mm.
Il était ainsi en concurrence frontale avec le calibre Lémania utilisé par Omega

Le Lémania/Omega est d’une architecture beaucoup plus simple ce qui le rendait très compétitif face à l’Ulysse Nardin plus complexe et plus cher, plus beau aussi indéniablement.
Les moyens considérables dégagés par Omega/SwatchGroup pour conserver l’exclusivité des JO rendaient toute concurrence impossible de la part d’une maison comme Ulysse Nardin.
Très peu de ces chronographes furent produits par la maison Locloise, ils sont le plus souvent en acier, rarement en argent et souvent dans des diamètres inférieurs à 52 mm. Les versions à 36 000 en 64 mm sont recherchés.
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).31 octobre 2020 à 1h50 #420003712058ZEN
MembreA lire aussi pour davantage d’informations
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.