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16 octobre 2006 à 12h24 #410000009069
ZEN
MembreJean-Claude Biver, petit prodige de l’horlogerie de luxe16 Octobre 2006

Jean-Claude Biver, patron de Hublot. L’entreprise réalisera cette année un chiffre d’affaires de 94 millions de francs suisses.- Citation :
- Jean-Claude Biver, patron de Hublot. L’entreprise réalisera cette année un chiffre d’affaires de 94 millions de francs suisses. (LDD)
Plus qu’une passion, c’est une véritable frénésie qui habite Jean Claude Biver. Une force peu commune qui lui vaut le plus grand respect du milieu de l’horlogerie de luxe.
Jugez plutôt: en pleine apothéose après avoir transporté Blancpain et Omega vers des sommets, l’homme d’affaires croise en 2004 le chemin de Hublot, une petite marque en déperdition.
C’est le coup de foudre pour un nouveau challenge qui se révélera très vite une véritable prouesse économique. Jean Claude Biver transforme Hublot en une manufacture horlogère du XXIe de créer un nouvel univers. Réaliser ce concept dans une petite entreprise où tout est à faire, en prise directe avec la réalité, est particulièrement motivant», avoue le patron de Hublot à grand renfort de gestes débordant de vitalité. Il est comme ça, Jean-Claude Biver: enthousiaste, bouillonnant d’idées, hyperactif. Bref, passionné. «Je pense tout le temps, même en dormant. La passion permet de ne jamais déconnecter. Vous êtes comme un ordinateur, toujours en adéquation avec votre métier. Cela donne un sacré avantage sur les autres car le passionné n’hésitera jamais à repousser les limites», explique-t-ilTradition et modernité
Le virus de l’horlogerie, Jean Claude Biver l’a contracté à 23 ans alors qu’il habitait à la vallée de Joux, au coeur des montres. «J’étais un étudiant HEC peu convaincu. J’attendais quelque chose, une passion». Elle se révélera lors d’un dîner entre amis autour d’une fondue. «Un de mes copains, Jacques Piguet, s’est levé pour tourner la fondue. J’ai été fasciné par la montre qu’il portait au poignet. Elle me rappelait une petite machine à vapeur que j’avais vu enfant. Une vraie révélation.
Jean-Claude Biver passe alors du stade d’artiste rêveur à celui de travailleur acharné. Objectif: sublimer la montre et la vendre en utilisant des techniques marketing imparables. Car le patron horloger n’est pas seulement un amoureux des gardetemps. C’est aussi un homme d’affaires redoutable
Marché de niche
En témoigne son passage au groupe Swatch avec Nicolas Hayek, son père spirituel. Ses performances à la tête de Blancpain puis d’ Omega sont étonnantes. On se souvient notamment du coup de force à la James Bond, lorsqu’au début des années 90, il parvient à convaincre les responsables d’ Universal Studios de mettre une Omega au poignet de 007. «La communication joue pour beaucoup. Il faut être visible. Partout. C’est le secret de la réussite», assure-t-il.
Une recette que le patron appliquera forcément à son dernier bébé. Et toujours avec la même réussite. Jean-Claude Biver crée la nouvelle montre Hublot à son image, en mélangeant tradition horlogère et nouvelles technologies, telles que le kevlar, le carbone, la céramique ou encore le magnésium, et la baptise Big Bang. Le succès auprès des jeunes est immédiat. «La nouvelle génération se reconnaît dans ces nouvelles matières. Elle retrouve à travers nos montres son environnement quotidien. C’est ce qui a fait la différence», raconte l’entrepreneur.
Qui, du coup, crée un marché de niche particulièrement porteur et très réceptif aux campagnes de communication façon Biver ( lire ci-contre). S’affichant à 13 000 pièces par an en 2004, la production demontres atteindra d’ici l’année prochaine les 22 000 montres. Le chiffre d’affaires, lui, est passé de 26 millions lors de la reprise de Hublot en décembre 2004 à 94 millions fin 2006.
Quant aux commandes ouvertes pour l’année prochaine, elles se montent déjà à 94,7 millions de francs. «Je n’ai jamais vécu un succès aussi violent. C’est énorme», confesse Jean-Claude Biver, qui doit désormais agrandir sa manufacture. D’ici 2008, l’entreprise ouvrira une nouvelle fabrique à Nyon d’une surface d’environ 12 000 m3. Budgété à 12 millions, l’investissement dans cet agrandissement devrait rapidement être amorti.Des montres, une télévision et des… bijoux
Dans l’art de communiquer, Jean-Claude Biver n’a tout simplement plus rien à apprendre. Ouvrant avec sa Big Bang une nouvelle brèche dans le marché de l’horlogerie – celle des jeunes – le patron de Hublot n’a pas hésité à associer à ces montres au design et aux couleurs innovantes ( voir illustration) des techniques de marketing proches de cette génération.
Et ça marche. Les jeunes aiment le show-biz? Biver séduit les stars dont ils sont fans, de Michael Douglas à Pénélope Cruz en passant par Garou et Queen Latifah. Les jeunes raffolent d’ Internet? le patron lance Hublot TV, première chaîne de télévision d’entreprise sur le Web, devant le gotha de l’industrie du luxe à Las Vegas. Une première mondiale. «Cette télévision répond à un souhait de communiquer d‘une façon visionnaire et moderne. Ce concept rejoint complètement la philosophie de nos montres », note Jean-Claude Biver.
Montres ultralégères
Qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Comme le Diable, les jeunes aiment s’habiller en Prada? Biver s’associe avec la marque italienne dans le cadre de la Coupe de l’ America pour fabriquer 1000 Big Bang ultralégères réalisées dans les mêmes matériaux que ceux utilisés sur les bateaux de la compétition. A peine rendue publique, cette nouvelle envoûtait les jeunes clients de Hublot qui, sans avoir même vu une ébauche de la montre, ont fait exploser les commandes.
Mais Jean-Claude Biver a encore un nombre incroyable d’idées dans son sac. Et comme il ne s’arrête jamais de penser, le petit prodige de l’horlogerie imagine déjà, entre les diverses ouvertures de boutiques Hublot à travers le monde – un espace dédié à la marque est attendu ce printemps à Paris -, une diversification de sa gamme.
Son dernier rêve? Une collection de bijoux. «J’ai envie d’appliquer ce concept de fusion de la tradition et des technologies du futur à la joaillerie. Il est fort possible que nous lancions bientôt une collection de bijoux pour hommes, monosexe. J’y travaille », avoue-t-il. On n’en doute pas.
Tribune de Genève
Florence Noël
http://www.tdg.ch/tghome/toute_l_info_test/economie/hublot__16_10_.html
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