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- Ce sujet contient 62 réponses, 29 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Pierre-Yves, le il y a 13 années et 3 mois.
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17 juillet 2013 à 9h51 #410000095807
rogerw650
Membre- capital a écrit:
- Le leader mondial de l’horlogerie explique les secrets de l’efficacité industrielle suisse.
Capital : Swatch Group a vu son chiffre d’affaires progresser de 21,7% en 2011 et de 14% en 2012. Vous prévoyez désormais un ralentissement de la croissance de l’industrie horlogère suisse, à un rythme de 5 à 10% par an. Pourquoi ?
Nick Hayek : D’abord, 5 à 10% par an pour une industrie, c’est déjà formidable : je suis sûr que les industriels français seraient ravis de réaliser une pareille croissance ! Il ne faut pas oublier que nous produisons 15 millions de composants hyperprécis par jour et qu’augmenter les capacités tous les ans au rythme des dernières années est pratiquement impossible.
Capital : A quoi est due cette pause ?
Nick Hayek : La conjoncture en Europe n’est pas flamboyante. Et la croissance du marché chinois a été un peu affectée, surtout dans le très haut de gamme, pour différentes raisons, dont la diminution du fameux «gift giving» pour faciliter les relations d’affaires. Swatch Group, avec ses vingt marques, est présent sur tous les segments, à commencer par Swatch et jusqu’à Breguet, et, depuis peu, Harry Winston. C’est un grand avantage par rapport à des groupes concurrents comme Richemont et LVMH qui, eux, sont plutôt concentrés sur l’horlogerie haut de gamme et de luxe.
Capital : La marge opérationnelle de Swatch Group a dépassé 25% en 2012. Pourrez-vous améliorer ce record ?
Nick Hayek : Pour nous, la rentabilité n’est pas un but en soi, mais le résultat de notre stratégie, qui vise le long terme. Elle consiste avant tout à faire progresser la part de marché de nos marques en réinvestissant les profits dans les usines, le marketing, la distribution, sans oublier nos collaborateurs. Vous ne nous verrez pas freiner l’embauche ou investir moins dans nos marques simplement pour augmenter la profitabilité et faire plaisir à la Bourse.
Capital : Swatch Group est présent sur tous les segments de l’horlogerie. En quoi est-ce un avantage ?
Nick Hayek : Certains groupes se focalisent sur le luxe, car les marges y sont plus élevées. Mais si vous vivez dans une logique industrielle, il est impossible de négliger l’entrée et le milieu de gamme. Grâce aux volumes écoulés, ce sont ces segments qui vous procurent votre force de frappe en matière de procédés industriels et de R & D. Moins prestigieuses que Breguet, Blancpain ou Omega, nos marques Longines, Tissot et surtout Swatch irriguent ainsi la forte innovation du groupe. Et Longines a généré, à elle seule, plus de bénéfices en 2012 que toute la partie horlogerie et joaillerie du groupe LVMH ! J’ajoute qu’être mondialisé, présent sur tous les segments et intégré verticalement permet de lisser les cycles conjoncturels plus facilement. D’ailleurs, dans l’automobile, Volkswagen a un peu suivi la stratégie de Swatch Group.
Capital : Vous n’avez jamais eu la tentation de délocaliser ?
Nick Hayek : La culture industrielle de Swatch Group ne nous a jamais permis de flirter avec cette idée, même si les salaires sont élevés en Suisse. Cela déconnecterait la R & D de l’industrialisation et nous priverait donc des interactions qui entraînent les révolutions de nos méthodes de production et de nos produits, extrêmement innovateurs dans tous les segments. Ce sont ces révolutions qui nous ont permis de maintenir à 50 francs suisses le prix de la Swatch Original depuis 1983. A l’autre bout de l’échelle, Breguet, une de nos marques de prestige, bénéficie aussi des avancées que nous réalisons sur notre système de production de pièces et de mouvements, même si beaucoup d’éléments sont fabriqués à la main par de vrais artistes. Enfin, le «Swiss Made» n’est pas pour nous un vain mot. Nous avons plus de 150 usines en Suisse, qui fabriquent pratiquement tout pour nos marques, de la pile jusqu’aux aiguilles. Et d’ailleurs pas seulement pour nous ! Pour ce qui est des mouvements, nous sommes forcés de les livrer à quasiment tous nos concurrents.
Capital : Votre volonté de ne produire qu’en Suisse contribue-t-elle à la motivation de vos salariés ?
Nick Hayek : Oui, d’autant que nous créons beaucoup d’emplois : 1 500 en 2012, dont 900 en Suisse. Une bonne partie de ces embauches en Suisse est le résultat de notre politique d’apprentissage très active. Chez nous, démarrer comme apprenti peut vous mener jusqu’à la direction générale ! La compétence n’est pas mesurée par un diplôme de la Harvard Business School ou de l’Insead. Lors de la crise de 2008-2009, nous avons aussi annoncé que Swatch Group ne se séparerait d’aucun de ses collaborateurs dans le monde. Tant pis si le bénéfice baisse ! Cela a certainement entraîné une loyauté et une fierté de travailler chez nous.
Capital : Existe-t-il une version suisse de la culture d’entreprise ?
Nick Hayek : Chez Swatch Group et dans beaucoup d’autres compagnies souvent familiales, l’identification avec l’entreprise efface au maximum les hiérarchies. Il n’y a pas en Suisse cette séparation entre les riches qui se sentent comme une élite et les autres. Après la sortie du bureau ou de l’usine, on se croise en ville, on se retrouve dans les mêmes bistrots, on est dans les mêmes embouteillages. Nous formons ainsi ensemble une société ancrée dans le Swiss Made, et c’est une de nos forces.Capital : En 2012, le World Economic Forum a classé la Suisse comme le pays le plus compétitif du monde. Quels sont à votre avis ses atouts ?
Nick Hayek : D’abord, la bureaucratie est réduite au minimum et la plupart des décisions sont prises à l’échelle de la commune ou du canton. Vive la décentralisation ! L’implantation des industries en est facilitée. Ensuite, les Suisses n’aiment pas les projets grandioses et coûteux. Nos entrepreneurs démarrent petitement et innovent en bricolant, sans trop faire de dettes. : Les syndicats, dans votre industrie, sont quand même puissants…
Nick Hayek : Oui, mais ils sont très pragmatiques et collaborent avec les dirigeants d’entreprise : ce sont souvent des alliés. Côté impôts, leur niveau est difficile à comparer à celui d’autres pays, compte tenu des subventions, mais on les règle de façon très simple et rapide. Mentionnons aussi le système très efficace des apprentis. Enfin, les Suisses surveillent leurs politiciens. Notre philosophie : ne pas leur donner plus d’argent qu’ils ne peuvent en contrôler. Ainsi, ce sont les citoyens qui décident avec leur approche plutôt modeste, en votant pour ou contre beaucoup de projets. Et ce sont aussi eux qui décident qu’un Falcon d’occasion suffira pour transporter nos ministres !Capital : Vous dessinez là une image inversée de la France…
Nick Hayek : Au lieu de se focaliser sur la Suisse des banques, certains pays feraient mieux de s’inspirer de notre esprit industriel démocratique.Propos recueillis par Patrice Piquard
© Capital
17 juillet 2013 à 9h58 #420002199587Renard
MembreUn peu complaisant comme interview… Merci pour le partage.
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« La sympathie est le doux privilège de la médiocrité. » A. France17 juillet 2013 à 9h59 #420002199588Zorba06
Membrefanfaronner quand on a la chance politique et économique d’être dans un pays indispensable pour les dictatures et transactions louches de tout poil n’est pas difficile…
17 juillet 2013 à 10h25 #420002199589bentralala
MembreJe ne vois pas vraiment en quoi il « fanfaronne »…
Mais bon, c’est sûr, la Suisse c’est le mal !
17 juillet 2013 à 10h53 #420002199590Mc
Membre- Zorba06 a écrit:
- fanfaronner quand on a la chance politique et économique d’être dans un pays indispensable pour les dictatures et transactions louches de tout poil n’est pas difficile…
Je ne vois pas bien le lien entre les benefices du swatchgroup et les soit disant transactions louches.D autant plus que depuis 1985 et l entrée en vigeur des lois sur les banques et le blanchiment d argent la Suisse est devenue tres regardante sur la provenance des fonds. Il est demandé à chaque fois de prouver d ou ceux-ci proviennent à l aide de preuves matérielles, ce qui est plus sévère que dans beaucoup de pays européens. Quant aux accusations de paradis fiscales qu on voit dans la presses étrangère cela montre une profonde désinformation. De plus, les europeens pourrait également nettoyer devant leur porte car il me semble que de nombreux pays européens ne sont guère mieux de ce côté là. Par exemple, l Angleterre, les îles anglo-normandes, l Autriche, le lichtentstein et j en passe. Bref, je nw souhaite pas faire de polémique ce n est ni le sujet ni k endroit mais j en ai un peu marre de lire des accusazions sur la Suisse. Bref, je m arrête là pour ne pas polluer le poste.
17 juillet 2013 à 11h18 #420002199591Thomas54
MembreLa Suisse n’est pas le pays le plus transparent du monde MC hein…
Y’a qu’à voir la récente affaire Cahuzac chez nous, on a mis des années pour le savoir.17 juillet 2013 à 11h45 #420002199592Mc
Membre- Thomas54 a écrit:
- La Suisse n’est pas le pays le plus transparent du monde MC hein…
Y’a qu’à voir la récente affaire Cahuzac chez nous, on a mis des années pour le savoir.
Certes, à noter quand même que Cahuzac a rempli une fausse déclaration aux banques et autorités suisses quand il à ouvert son compte en suisse, ce qui pourra lui valoir des poursuites en suisse également. De plus il ne me semblepas avoir dit quevla suisse etait irréprochable. Mais en ce qui concerne la transparence on pourra en reparler quand les europeens auraont régulariser la situation des iles anglo-normandes, des îles cannaries, de Chypre, de monaco, d Andorre, du Liechtenstein, de l Autriche, de l Angleterre, de Gibraltar. Donc question transparence les europeens ne font vraiment pas mieux. Quant auy accusations de pardis pour les dictateurs, il me semble pas que ce soit nous qui avons hébergé pendant des dizaines d année le dictateur d Haïti ni même nous qui abons reçu kadhafi en grandes pompes, ainsi que Bokassa, ,Bongo etc…Bref je pense pas que la Suisse soit plus blamable que la France et le reste de l Europe. Tous les pays ont leurs casseroles et j en ai marre qu on tombe tout le temps sur la Suisse qui n a pas plus de casseroles qu un autre. Sur ce j arrete ici car ce n est pas le sujet ni l endroit.
17 juillet 2013 à 12h17 #420002199593ZEN
MembreHalte là … Je lis des propos « un peu » xénophobes et absurdes. La Suisse n’est pas le grand méchant loup et la France sans doute pas la vierge blanche. En attendant avec un taux de chomage de moins de 5% la Suisse reste un modèle même si son droit social est excécrable. Nul n’est parfait. Je ne crois pas qu’on soit meilleur d’un coté de la frontière ou de l’autre, les contraintes sont différentes, historiques et dès lors, restons mesurés. Merci
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).17 juillet 2013 à 12h47 #420002199594Illien
Membre[HS on]
- Citation :
- En attendant avec un taux de chomage de moins de 5% la Suisse reste un modèle même si son droit social est excécrable
C’est tout autant un modèle que l’Allemagne, donc ça serait vraiment pas plus mal si on évitait de s’en inspirer de ce côté là (et de l’Allemagne et de la Suisse bien entendu).
Et en ce qui concerne notre beau pays qu’est la France niveau hypocrisie notre classe politique ainsi que nos intellectuels ont toujours été au top du top depuis plusieurs décennies
[HS off]
17 juillet 2013 à 13h33 #420002199595Leopal
Membre- capital a écrit:
- Capital : Vous n’avez jamais eu la tentation de délocaliser ?
Nick Hayek : La culture industrielle de Swatch Group ne nous a jamais permis de flirter avec cette idée
Moua-ha-ha.
17 juillet 2013 à 14h09 #420002199596Lassiwala
MembreMais oui tout le monde il est gentil tout le monde il est beau chez SG… Et tout il est Swiss Made…
17 juillet 2013 à 14h29 #420002199597bentralala
MembreSG c’est pas les bisounours, mais c’est pas gargamel non plus…
En 2012 en Suisse, c’est 900 emplois créés, 350 places d’apprentissage, CHF 500M d’investissement… c’est sûr ça délocalise sec
Le Swiss made est un label… on peut discuter de son bien fondé et de la pertinence de ces critères, mais ça n’a aucun sens de reprocher à ceux qui le respecte de le revendiquer.
17 juillet 2013 à 15h17 #420002199598Chirouille
MembreLa Suisse ce n’est pas qu’un système financier et des banques.
C’est un pays qui continue à avoir une croissance positive. Je n’ai pas les derniers chiffres, mais en 2012, pendant que la France perdait 100 000 emplois, la Suisse en créait 70 000, pour un pays d’un peu plus de 8 millions d’habitants. Entre 2002 et 2012, la Suisse a créée près de 370 000 emplois. Alors certes il y a une croissance de la population, principalement portée par une immigration en hausse, des conditions favorables pour les entreprises, mais il y a surtout une bonne solidité du marché domestique et surtout des entreprises focalisées sur des produits et services à forte valeur ajoutée, sur des marchés porteurs. Et puis un des système d’innovation les plus performant d’Europe, voire plus loin.
Au niveau industriel, outre l’horlogerie (30 millions de montres par an, c’est cela?), la Suisse est également très forte dans la chimie et la pharmacie, avec deux des plus gros laboratoires au niveau mondiale dans ce domaine.17 juillet 2013 à 15h27 #420002199599Thomas54
MembreLa Suisse a une fiscalité plus favorable, voila pourquoi elle est taxée de « paradis fiscal ». D’ailleurs ce n’est pas forcément un terme négatif, c’est un fait. Certains pays ont une fiscalité plus favorable que d’autres, ils drainent donc les richesses du globe, voila tout.
C’est donc pour ca que l’investissement marche fort là bas. Au même titre que les Caimans, le Luxembourg, pas mal d’îles etc…On est pas là pour juger si c’est fair play ou non, et si ce sont des méchants ou pas. Ils ont un filon qui leur est profitable et pour le moment totalement légal, ils l’exploitent.
Après, ca a un coût, et comme ca a été souligné, le droit du travail, là bas…
Pis il y a aussi une constante volonté de s’exclure de toute coopération. Qu’elle soit interbancaire, politique ou économique.17 juillet 2013 à 15h34 #420002199600bentralala
MembreJe m’arrête pas, pas la peine de discuter plus longuement puisque les français connaissent la Suisse par coeur, son système d’imposition, son code du travail, sa fiscalité paradisiaque, son système politique et ses relations internationales…

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