FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Histoire vraie – Dans un passé pas si ancien …
- Ce sujet contient 16 réponses, 14 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
ZEN, le il y a 14 années et 5 mois.
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20 mai 2012 à 15h00 #410000083692
ZEN
MembreL’histoire que je souhaite vous raconter est vraie, hélas …
Elle se passe en 1942 quelque part dans le département de l’Aisne près de Soissons. Un horloger de confession juive travaille depuis des années avec son épouse dans la boutique et lui en arrière plan avec une fenêtre dans l’arrière boutique qui donne sur un jardinet mi sauvage, mi potager. Les Manski (on va leur donner ce nom d’emprunt) ont trois enfants. Une fille Eléonord, l’ainée et deux fils de 10 et 12 ans les cadets de leur soeur.
L’horlogerie Manski est concessionnaire Zenith et Omega, Longines n’est plus présent dans la boutique parce que le représentant ne passe plus et qu’un autre détaillant semble avoir fait de cette marque son monopole à Soissons.Ce matin de novembre 1942, Albert Manski est emmené au commissariat de Soissons par deux gendarmes. Il doit établir ses origines et il restera là quelques heures avant d’être relaché par le chef d’escadron qui lui conseille de quitter sa maison et de protéger sa famille en l’exilant rapidement. Affolé, Albert Manski rentre chez lui et demande à sa femme de faire les bagages pour un départ dans l’après-midi. Sa femme s’inquiète du stock de la bijouterie.
-Il faut tout mettre dans le coffre ! dit-elle à son mari …
-Non pas question, on emporte tout avec nous.La femme d’Albert, Annita Manski remplit une énorme malle avec tout le stock de la bijouterie.
-Ca ne tiendra pas !
-Mais Albert, tu ne veux rien laisser !
-On laisse les pendules et les timbales en argent … On prend les montres et les bijoux !
-Et si on se fait arrêter ?
-Bon, je vais cacher les montres dans le jardin .Albert sort avec une pelle et fait un trou d’un mètre de profondeur. Il prend une boite en fer qui sert pour ranger les biscuits et soude les bord hermétiquement avec du plomb. Il emballe le tout dans une bâche bien ficelée et enterre avec cette boite 3 montres de poche Zenith, un chrono Omega, une montre de poche Omega et quelques autres montres de poche et 7 ou 8 montres bracelet. Il ajoute deux montres de poche anonymes en or .
-Tu es sur de toi ?
-Oui Annita, c’est hermétique et qui irait fouiller sous le prunier ?Annita ne sort pas dans le jardin. Albert termine son travail et replace des mottes d’herbe pour ne pas que ses travaux soient détectables. Trois heures plus tard, tout le monde est en route pour le Cher dans la voiture familiale. A 200 kilomètres du point d’arrivée la famille trouve refuge dans une ferme tandis qu’Albert part chercher de l’essence pour terminer le trajet le lendemain. Sa famille ne le reverra jamais. Après la guerre, sa femme apprendra qu’il fut arrêté par une troupe allemande et déporté. Le reste de la famille terminera son périple par le train et à pieds.
Après la guerre, la famille regagne la bijouterie et la boutique comme l’atelier, ont été largement fouillés et vidés. Annita s’engage dans un autre métier sans jamais aller déterrer ce que son mari a porté en terre avant leur départ. Elle meurt à la fin des années 1990. Les deux frères laissent la maison à leur soeur ainée. Ce n’est plus une boutique et celle-ci décide de redonner au jardin transformé en brousse un aspect plus convivial. Eléonord se souvient que son père avait dit avoir caché des montres mais elle n’a aucune idée de l’endroit. Quelques recherches près des murs et d’un gros cerisier ne donnent rien. Elle pense alors que le butin a du être trouvé par quelqu’un peut-être même dès leur départ en 1942 et abandonne très vite toute recherche. En 2003, le prunier ne résiste pas à la canicule. La fille d’Annita et Albert décide en souvenir de ses parents de replanter un autre prunier au même endroit. Le jardinier conseille de retirer la souche et creuse un grand trou qui fait retrouver la boite enterrée par Albert.
Eléonord décide d’ouvrir cette boite . Avec une lame de couteau elle coupe le joint de plomb et s’attend à retrouver les montres en bien mauvais état après une soixantaine d’hiver sous la terre. Lorsqu’elle réussit à soulever le couvercle, sa surprise est totale. Les montres sont en parfait état, aussi neuve que le jour de leur placement dans cette boite. Elle propose les montres de poche à l’un de ses amis. Elle voudrait que ces pièces fussent à l’abri de la spéculation et du commerce.
C’est là que s’arrête l’histoire … J’ai eu ces pièces en main et j’ai naturellement fait l’acquisition des Zenith et de l’Omega. Les Zenith ont des numéros de série qui se suivent , l’Omega, un chronographe, est tout neuf … Troublante histoire que cette histoire d’objet qui raconte celle des hommes dans un passé pas si ancien …
20 mai 2012 à 15h15 #420001730292ft1000mp
MembreÉmouvante cette histoire…
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>> ICI << prochainement rédaction d’une signature géniale.20 mai 2012 à 15h30 #420001730293David123
MembreTriste mais intéressante et rocambolesque histoire. Par contre, il y a quand même une contradiction sur la fin : « Elle propose les montres de poche à l’un de ses amis. Elle voudrait que ces pièces fussent à l’abris de la spéculation et du commerce »… »J’ai naturellement fait l’acquisistion des Zenith et de l’Omega ».
Donc soit tu es l’ami en question et à ce moment il n’y a pas de contradiction, soit les montres sont effectivement passées par la case commerce et là l’ami a fauté vis-à-vis de la volonté de la fille de l’horloger, car on ne peut pas acheter d’objets qui sont à l’abri du commerce…
Une précision s’impose, non ?
Edit : Et quelques photos ne seraient pas de trop pour compléter cette belle histoire
20 mai 2012 à 15h43 #420001730294ZEN
MembreLes photos …




Cette personne voulait que ses montres entrent dans une collection et ne se retrouvent pas sur le marché … J’étais juste au bout de la chaine, réputé pour ne pas vendre …
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).20 mai 2012 à 15h52 #420001730295oscar75
MembreBelle l’histoire…l’important est effectivement que les faits soient relatés à chaque transmission de la montre.
20 mai 2012 à 17h04 #420001730296voxduc25
MembreBelle histoire horlogère dans une triste période , combien furent’ils comme cette famille , des millions, tout ça pour la folie des hommes.
20 mai 2012 à 17h16 #420001730297caput
MembreMerci pour cette belle histoire dans cette période triste de notre histoire.
20 mai 2012 à 17h40 #420001730298laphroaig007
MembreJe reste surpris par l’état des montres, j’aimerai bien avoir l’avis des spécialistes es-conservation !
Peut-on en déduire que le fait d’avoir « scellé » la boite métallique avec le plomb a empêché l’air de rentrer et donc une oxydation de faire son oeuvre.
20 mai 2012 à 17h52 #420001730299FURET
MembreIl est probable que le fait d’avoir sceller la boite au plomb l’a rendu étanche à l’humidité ce qui explique l’excellent état des montres de poche présentées.
Par contre, la boite à biscuit, en fer blanc, devait être, elle, dans un drôle d’état (extérieur) lorsqu’elle a été découverte!
Elle n’aurait probablement pas protégé les montres 60 ans de plus…__________________________________
« Le prix s’oublie, la qualité reste! » (Les tontons flingueurs)20 mai 2012 à 18h00 #420001730300BRxavier
MembreTriste histoire !
Étonnant état neuf des montres !
Il s’agit des quels modèles ? Ont-elles des particularités mécaniques inhabituelles pour l’époque ?
20 mai 2012 à 18h01 #420001730301mica
MembreTriste mais néanmoins belle histoire pour de très belle montre!!!
20 mai 2012 à 18h03 #420001730302ZEN
MembreD’après ce qui m’a été dit la boite était noir mais pas si oxydée. Il y avait autour d’elle une sorte de toile cirée étanche elle-aussi . Ce qui m’a surpris est que les montres tounaient dès le premier coup de remontoir…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).20 mai 2012 à 18h05 #420001730303BRxavier
MembreJ’aime beaucoup le cadran de la Zenith avec des chiffres romains (I à XII) et des chiffres arabes (13 à 24), une sorte de cadran californien complet.
Zenith devrait ré-éditer ce type de cadran, en montre bracelet.
20 mai 2012 à 19h47 #420001730304toutatis
MembreMerci pour ce récit.
- ZEN a écrit:
- D’après ce qui m’a été dit la boite était noir mais pas si oxydée. Il y avait autour d’elle une sorte de toile cirée étanche elle-aussi . Ce qui m’a surpris est que les montres tounaient dès le premier coup de remontoir…
L’état des montres est il tel qu’elles ne nécessitent pas de révision ?
Cela me surprendrait qu’il n’en faille pas car qu’en serait il alors de la préconisation des révisions régulières et de tout le toutim des huiles qui se figent ?…..
21 mai 2012 à 12h01 #420001730305ah1963
MembreJe ne suis pas original…. histoire très émouvante….
L’état des montres est impressionnant…!
Petit moment d’émotion… merci Zen….
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