Exclusif ! Interview de Pierre-Yves SOGUEL Directeur du COSC

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  • Ce sujet contient 23 réponses, 16 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par ZEN, le il y a 19 années.
9 sujets de 16 à 24 (sur un total de 24)
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    Messages
  • #420000247940
    gregorypons
    Membre
    ZEN a écrit:
    … c’est le flou entretenu par les marques qui constitue la chose la plus perturbante.

    Le certificat a toutefois je pense un peu vieilli et les consommateurs finiront par rechercher autre chose.

    Excellent débat, que tu as eu le mérite d’ouvrir et de mettre sur la place publique.

    Je constate aussi que plusieurs marques commencent à ne plus faire "COSC-quer" leurs montres.Dernier exemple repéré : Zenith. Tout simplement parce que leurs propres contrôles sont plus rigoureux que les tolérances du COSC. On pourrait aussi parler de Jaeger-LeCoultre, ou de Patek… Et Seiko, bien sûr, qui a cessé de faire certifier en Suisse le jour où les Suisses ont commencé à tricher avec les concours de chronométrie (pour ne plus les perdre).

    Avec l’observatoire de Glashütte ou celui de Besançon, la partie se trouve relancée, puisqu’ils vont "certifier" des montres emboîtées. J’attends avec impatience la mise en place d’un COSC chinois pour achever d’embrouiller la situation…

    En fait, le seul test, c’est celui de la Witschi, qui établit si la montre tourne rond ou pas.
    Ça, ce serait à nous de le mettre en place…

    .

    #420000247941
    ZEN
    Membre

    Effectivement , ZENITH qui est le temple de l’histoire de la chronomètrie a restreint ses demandes car ses exigences sont devenues plus sévéres. Ceci étant car il faut être juste , le travail fait par le COSC est de qualité et nul ne saurait le remettre en cause. C’est davantage un marché qui a évolué qui fait que son fonctionnement et la prestation qu’il offre méritent d’être adaptés dès lors que l(attente en matière de tests se justifie plus sur des montres terminées que des calibres à assembler à emboîter.

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420000247942
    Palindrome
    Membre

    Le débat est intéressant mais les dés sont pipés. Le COSC fait des tests sérieux ce qui n’est pas contestés mais qui sont là pour faire valoir les produits et prendre plus de sous au client. C’est la loi du genre. Il n’y a plus que les marques qui le font qui font semblant de croire à une quelconque utilité de ces certifications. CQFD

    #420000247943
    Spock
    Membre

    Très intéressant entretien thumleft , bien que manquant un peu de passion. Mr Soguel reste très technique, c’est dommage.

    Et bien que le sérieux de ses mesures n’est pas en cause, le débat sur l’évolution du COSC vers le controle de pièces complêtes mérite effectivement d’être posé.

    Mais même imparfaite, la certification chronomètre oblige tout de même les marques à se pencher sérieusement sur la précision de leurs montres ; ce qu’elles ne font pas toujours – loin s’en faut – pour leurs productions standards. Neutral

    Ils oublient trop souvent que c’est la qualité première que l’on exige d’un garde-temps (avec la fiabilité). Rien que pour ça, j’aime le principe d’un organisme indépendant et officiel.

    Cdlt

    #420000247944
    Invité
    Membre

    Communiquer sur la précision n’a finalement que peu d’intérêt car pour le commun des
    mortels une montre de prix doit être précise, c’est un acquis, une évidence. D’ailleurs plus on monte
    en gamme, moins on communique sur cet argument. La haute horlogerie,
    c’est la finition, les matériaux, le rêve. Seules quelques montres bien précises sont concernées : VC chrono royal par exemple.

    Ce n’est pas par hasard si Rolex, Omega et Breitling trustent les
    certificats : même segment, même positionnement : le middle-market de
    l’horlogerie de luxe à tendance "technique".

    #420000247945
    alemmar
    Membre

    pareil chez Seiko dont les GS subissent depuis longtemps un ajustage et des contrôles sup au COSC…et dont des modèles basiqques tournent à +-4s/j

    #420000247946
    cisco
    Membre

    Quant à la version VFA (Very Fine Adjustment) des séries à 36000bph, elle était garantie +- 2sec…

    D’ailleurs comment entretient t’on ces précisions dans le temps?
    Y’a t’il des manipulations spéciales? Un outillage spécial?

    #420000247947
    Palindrome
    Membre

    Interview très intéressante.

    Prenons deux mouvements qui ont la qualité de chronomètres. A ma droite un ETA de chez Breitling et à ma gauche un Rolex. Ces deux mouvement ont la même valeur chronométrique pour 10 francs suisses. Je mets de coté les frais que je ne nie pas liés aux opérations annexes.

    Laissons passer 2 , 5 ou 10 ans et reprenons ces deux mouvements sans les réviser. Faisons leur repasser les tests. Je vous parie que l’un des deux est hors valeur chronomètrique. Faisons les réviser. L’un n’aura besoin que d’un nettoyage, graissage. L’autre aura besoin qu’on lui change des pièces. Une fois le travail fait repassons les au COSC.
    Ils repassent tous les deux. L’un haut la main , l’autre tout juste.

    Pourquoi ? Parce que la tolérance des tests établie il y a 35 ans pourrait être poussée davantge mais alors la seconde marque qui est limite ne passerait plus nécessairement. Ce qui me gèneet j’en suis navré c’est la tolérance des tests. Une norme à moins 2 – Plus 4 serait aujourd’hui mieux adaptée parce qu’en tant que client il y a 35 ans ma montre me coutait moins cher qu’aujourd’hui et que le fait de payer cher m’a rendu exigeant. Ce n’est pas un point de vue scientifique , c’est un point de vue de consommateur. Le COSC n’y est pour rien si ce n’est qu’il pouraitsuggérer une évolution de la norme mais les marques qui continue à lâcher des montres passées au COSC au dessus de la norme devraient faire un peu plus attention. Quand la montre , à plat avance de 15 secondes et met 2 mois pour être réglée par la marque, le consommateur ne croit plus à rien.

    #420000247948
    ZEN
    Membre

    Sur un forum, on s’exprime parfois trop vite sans faire preuve de la rigueur méritée par le sujet. Parce que la thématique de la chronométrie m’intéresse, je n’ai pas voulu en rester à ma première lecture et aux réponses je m’apportais à moi-même après l’interview de Pierre-Yves Soguel.
    Pour être certain de mon analyse, j’ai consulté plusieurs spécialistes de la chronométrie qui représentent plusieurs branches différentes de l’horlogerie. Inutile de dire que le sujet devient rapidement hautement technique sur les méthodes de contrôle et que l’approximation est d’autant moins supportable que le problème est pointu.
    Ces consultations m’amènent à réviser mon jugement et par honnêteté je veux vous livrer l’évolution de mon approche.
    Tout d’abord, pour ce qui concerne un contrôle sur des montres terminées, le principe semble plus aisé à défendre qu’à mettre en œuvre. Sur une montre en or ou en platine soumise à deux semaines de tests, les rayures qui nous perturbent tant deviendraient inévitables car la manipulation des montres dans le cadre des tests est à l’évidence indispensables.
    Par ailleurs certains mouvements automatiques tolèrent plus ou moins bien le remontage et un calibre peut s’altérer d’un abus de remontages manuels. Il apparaît que les simulateurs de porter sont peu compatibles avec les caractéristiques des tests si ceux-ci sont effectués à grande vitesse (jusqu’à 300 tours/min, selon le calibre). Cette vitesse est rendue indispensable pour assurer un grand volume de production et surtout garantir le temps le plus court possible entre la mesure de l’état et le remontage haut. Si ce temps est trop long, la durée d’épreuve se trouve raccourcie et l’application de la norme de contrôle n’est plus respectée.
    En outre, il faut rappeler qu’un test de chronométrie est là pour s’assurer de la régularité de marche de la montre et pas pour ressembler à un banc d’essai d’une revue de consommateurs.
    Le test semble devoir demeurer sur des mouvements non emboîtés en l’état de ce qu’il apparaît possible de maîtriser.

    Sur la thématique de l’indépendance du COSC, je me suis replongé dans le rôle de la Fédération horlogère à l’époque des concours de chronométrie. La Fédération a toujours été présente et la participation de l’industrie est finalement pour des raisons historiques et de bon sens, une garantie. La parité de représentation dans des structures associatives comme celle du COSC est dans l’ordre des choses puisque le COSC offre un service à une industrie et que le service rendu est le principe fondateur de sa création.
    En outre, il apparaît évident que les marques utilisent les travaux du COSC pour améliorer leurs performances. Ceux qui ont eu des montres Breitling avant que la marque ne décide de tout passer au COSC savent quelle différence de qualité il existe entre avant et après…

    Sur le coût et le surcoût des montres passées au COSC, j’ai aussi tenté d’en savoir plus et les contacts pris auprès de certaines marques démontrent que c’est le système de diffusion qui génère les plus gros surcoûts.
    Bien au delà des 10 francs suisses que je rappelais et des manipulations, immobilisations de mouvements que je citais, il faut savoir que pour réussir le passage au COSC avec une proportion d’échecs aussi faible que possible, le fabricant doit investir beaucoup d’argent dans la qualité des fournitures et le temps passé au réglage 5 positions. Comparé à cette phase de la fabrication et au rallongement du temps d’immobilisation des pièces, le montant facturé par le COSC apparaît comme négligeable. En admettant un surcoût global de 100 francs sur le prix de revient, cette somme double quand la montre est importée et qui double à nouveau au stade de la distribution chiffre qu’il faut majorer de la TVA… au final, un surcoût assez faible en sortie de manufacture débouche sur un coût additionnel conséquent.
    Sur un label contrôlé par un bureau de contrôle qui serait mené par un organisme externe directement chez le fabricant, l’idée est séduisante même si elle a un coté inquisitoire. Son impact doit toutefois être pondéré par les caractéristiques aléatoires des contrôles.

    Pour terminer, les temps de conception, de mise au point des mouvements et de fabrication sont évidemment la clé de la précision. Celle-ci dépasse le petit coup de tournevis sur la raquette. Il ne faut en effet, pas confondre un bon réglage et des vertus chronométriques.
    Le relevé chronométrique mieux que la marche moyenne s’intéresse à la dérive constante du mouvement et la précision tant appréciée à l’instant de son constat est parfois une fausse impression. C’est sur la durée que la différence se fait dès lors qu’un mouvement chronomètre a cette supériorité sur un mouvement courant de conserver ses propriétés dans le temps.
    Enfin, il y a un facteur que tous les horlogers soulignent qui est l’influence du porté. Là, Chaque porteur impose des conditions différentes de porter à sa montre. La même montre portée par différentes personnes présentera des résultats de marche différents d’un porteur à l’autre.
    La vraie expression de la précision d’une montre est que, pour chaque porteur donné, sa dérive journalière sera très constante.
    Il ne faut pas confondre précision avec exactitude, cette dernière visant à obtenir une dérive journalière proche de zéro. Bien sûr, pour être exacte, une montre doit être précise, et c’est le cas d’un chronomètre.
    Pour le reste, il suffit d’adapter le réglage aux conditions imposées par le porteur, ce qui se fait par la raquette ou les vis réglantes du balancier.
    Pour autant, la montre présentera les mêmes qualités lors des tests.

    J’espère avoir été clair et je vous avoue que je ne vais pas en rester là. Il reste mille et une choses à éclaircir et le sujet est vaste. Nous en reparlerons donc avec le plaisir de toucher un sujet de grande qualité.
    Merci à ceux qui m’ont aidé à y voir plus clair !

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