En Suisse, disparition des horlogers indépendants

FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › En Suisse, disparition des horlogers indépendants

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 19)
  • Auteur
    Messages
  • #410000159085
    Piotr65
    Membre

    On lit souvent ici et ailleurs le conseil suivant : Si tu achètes tel modèle avec une base Sellita ou ETA, n’importe quel horloger pourra l’entretenir et le réparer.

    Hélas, cela me semble de moins en moins vrai, en Suisse en tout cas : les marques modifient le plus souvent ces calibres et ne délivrent plus les pièces, même aux AD. Je suis tombé sur un article d’il y a quelques années (je peux retrouver la ref si cela intéresse), où la faîtière suisse des boutiques d’horlogerie (ASHB) dénonçait la tendance de plus en plus marquée des marques établies d’interdire à leurs horlogers (lorsqu’elles en ont encore) d’intervenir sur les montres qu’elles vendent, même pour un réglage ou un petit contrôle.

    Sauf qu’il y avait, ici en Suisse en tout cas, des « centres de réparation agréés » par certaines marques, sans doute pour soulager leur SAV. Je viens de remarquer la fermeture de 3 d’entre eux en Suisse romande alors qu’en tout cas pour deux de ces adresses reconnues, elles étaient certifiées par Omega. Qui à priori, vend quand même suffisamment de montres. C’est assez déconcertant et assez triste.

    Peut-être sera-t-il bientôt plus facile de trouver un horloger capable de réparer des montres non vintage en France qu’en Suisse ?

    #420005014433
    gump25000
    Membre

    C’est pareil en France, les horloger non pas accès au pièces ou calibre des manufactures.

    C’est d’autant plus gênant que d’après les lois européens les fabricants sont obligé de fournir les pièces détachées pour au moins 10 ans après le retrait du produit.

    Rolex a deja perdu un proces pour ne pas autoriser ces revendeurs a vendre en ligne ou pour entente sur les prix.

    Si un horloger avait suffisament de ressource financière pour attaquer toute ces grandes manufactures suisses, ils gagnerait tout ses proces mais hélas c’est la loi du plus fort.

    A noter aussi la pratique de plus en plus répandue de faire un end link spécifique sur les bracelets pour pouvoir les vendre bien sur hors de prix.

    Par exemple Swatch à bien souvent 3 cornes dont une au milieu qui sert a rien a part empécher aux utilisateurs de mettre un bracelet générique.

    C’est bien sur le cas aussi pour des Nautillus, Royal Oak, Breguet …

    #420005014434
    Invité
    Membre
    Piotr65 a écrit:
    On lit souvent ici et ailleurs le conseil suivant : Si tu achètes tel modèle avec une base Sellita ou ETA, n’importe quel horloger pourra l’entretenir et le réparer.

    Hélas, cela me semble de moins en moins vrai, en Suisse en tout cas : les marques modifient le plus souvent ces calibres et ne délivrent plus les pièces, même aux AD. Je suis tombé sur un article d’il y a quelques années (je peux retrouver la ref si cela intéresse), où la faîtière suisse des boutiques d’horlogerie (ASHB) dénonçait la tendance de plus en plus marquée des marques établies d’interdire à leurs horlogers (lorsqu’elles en ont encore) d’intervenir sur les montres qu’elles vendent, même pour un réglage ou un petit contrôle.

    Sauf qu’il y avait, ici en Suisse en tout cas, des « centres de réparation agréés » par certaines marques, sans doute pour soulager leur SAV. Je viens de remarquer la fermeture de 3 d’entre eux en Suisse romande alors qu’en tout cas pour deux de ces adresses reconnues, elles étaient certifiées par Omega. Qui à priori, vend quand même suffisamment de montres. C’est assez déconcertant et assez triste.

    Peut-être sera-t-il bientôt plus facile de trouver un horloger capable de réparer des montres non vintage en France qu’en Suisse ?

    Je ne saurais te répondre, cependant, je te pose une question par rapport à ce que me dit un horloger de Sainté ..

    Selon lui, les clones d’ETA ne se valent pas, Sellita, Festina-Soprod, STP (qui appartient aussi à Festina) s’éloignent de plus en plus de l’original ETA, et pas toujours pour le meilleur .. Et idem pour l’ETA, les évolutions du 2824-2 vers le powermatic 80 se traduit par une baisse de qualité, à part peut être les H de Hamilton qui ne seraient pas pollués par des pièces plastiques dans leurs mouvements ?

    En tout cas, selon lui, aucun des mouvements actuels se comparent en qualité intrinsèque aux ETA d’origine comme l’ETA 2824-2, et parfois des ennuis parce que chaque clone a apporté un minimum de petites différences, suffisamment pour compliquer la tache de l’horloger.

    Aussi je reviens sur ton sujet, toute la floppée de ces « nouveaux » mouvements posent assez rapidement la question de l’entretien quand un ETA original 2824-2 était presque pour la vie de la montre. Clairement, je me souviens des années 80, quand on achetait une belle montre, le souci de l’entretien et de la réparation, de la précision, ne se posait pas, tout simplement parce qu’on nous vendait des montres simples et efficaces de grande qualité.

    #420005014435
    didou
    Membre

    Je me pose la question de savoir si c’est la multiplication des petites différences sur ces clones qui pose problème ou la qualité intrinsèque de ces créations.

    J’ai plutôt le sentiment que les 2884 « like » se sont améliorés en termes de chronométrie. Pour la fiabilité et la longévité, là je ne sais pas …

    #420005014436
    Saturne
    Membre

    Suisse, France ou autre c’est pareil. C’est un mouvement assez généralisé de la part des marques de ne plus fournir les pièces, et de réduire le nombre d’ateliers indépendants agréés.

    Cela dit, le conseil de choisir des mouvements répandus reste valable car il sera toujours relativement plus facile de trouver des pièces détachées de ces mouvements, même si ça n’est pas auprès de la marque.

    C’est une politique regrettable de la part des marques, et cette volonté de « tuer » les indépendants démontre pour moi une vision à courte vue. Car la difficulté et la cherté de l’entretien finira à la longue par rebuter les clients.

    #420005014437
    Shazru
    Membre

    Je doute fortement que la « volonté de tuer les indépendants » soit présent dans beaucoup de marques. En tous cas, ce n’est pas du tout celle que je perçois dans mon environnement.

    C’était effectivement peut-être le cas il y a une quinzaine d’années, mais aujourd’hui, les groupes ou marques favorise la certifications des indépendants, voir fait appel à eux quand leurs centre n’ont pas les capacités pour répondre à la demande.

    C’est peut-être effectivement le cas pour le très haut de gamme lorsqu’il est associé à des petits volume, car les gestions de stock est particulièrement compliquées.

    En revanche, la hausse des coûts, cumulées aux nouvelles règlementations, rends de plus en plus complexe le maintien d’une activité un tant soit peu rentable.

    #420005014438
    Rocca
    Membre

    Les vrais horlogers en France ont quasiment disparu.
    Je veux dire les artisans avec leur établi, qui étaient capables de tourner un axe et de rhabiller n’importe quel calibre. Il y en avait dans toutes les villes, même petites. Maintenant c’est le désert.
    Et ça ne date pas d’hier.

    #420005014439
    Piotr65
    Membre
    Shazru a écrit:
    C’était effectivement peut-être le cas il y a une quinzaine d’années, mais aujourd’hui, les groupes ou marques favorise la certifications des indépendants, voir fait appel à eux quand leurs centre n’ont pas les capacités pour répondre à la demande.

    Je n’ai pas effectué de recherche approfondie, mais après un 1er regard : Oris, seul le SAV officiel répare. Tudor, pas trouvé d’indépendant certifié en Suisse romande. Ce qui n’est pas étonnant car cela n’a jamais été la politique de Rolex non plus. Zenith, IWC, Alpina, GP, FC, rien trouvé.
    Omega, il y a les exemples que j’évoquais, je ne suis plus sûr qu’il y en ait par ici. Longines, rien trouvé.
    Et je ne parle même pas des renaissances type Nivada ou Vulcain qui se vendent essentiellement via leur site.
    Sur le site de la plupart des magasins d’horlogerie avec pignon sur rue, c’est clairement indiqué : « les marques que nous représentons sont exclusivement entretenues dans leurs ateliers. » A cet égard, je crois que Bucherer fait exception. Dernièrement, je me suis rendu chez un AD à Nyon (Piguet – Oris, Longines, Zenith entre autres) où j’ai découvert avec bonheur une scène que je n’avais pas vue depuis un bon moment, y compris dans les boutiques luxueuses (à Lausanne, à L’Emeraude, le très sympathique horloger était encore accessible aux clients avant que l’endroit ne devienne AD Rolex. Terminé, désormais) : une blouse blanche, une loupe à l’oeil, un horloger travaillant à son établi. Quasiment un miracle à l’heure actuelle dans LE pays des montres !
    Quant je lis que désormais beaucoup de SAV ne répare plus mais change le mouvement en cas de problème (ça va plus vite, ça coûte moins cher), je trouve par ailleurs que la notion du garde-temps mécanique réparable « à l’infini » tend à devenir un concept marketing plus qu’autre chose, un peu comme le chocolatier Lindt avec son grand chaudron En Suisse, disparition des horlogers indépendants Blunt_gi

    #420005014440
    Piotr65
    Membre
    Saturne a écrit:
    C’est une politique regrettable de la part des marques, et cette volonté de « tuer » les indépendants démontre pour moi une vision à courte vue. Car la difficulté et la cherté de l’entretien finira à la longue par rebuter les clients.

    Je suis bien d’accord. Lorsque l’on regarde des grands sites pros internationaux de ventes d’occasion récentes, il y a souvent la mention « reste du temps sur la garantie d’origine ». Je m’étais intéressé à une Omega. Je leur pose la question : « sur les 5 ans de garantie, combien reste-t-il ? » Renseignement que j’ai eu de la peine à obtenir (forcément, leurs montres se baladent entre l’Europe et les USA, c’est pas comme si il suffisait d’aller voir en rayon), pour finalement avoir cette réponse : 1 ans et demi.
    Autrement dit, dans un an et demi, si je veux tout faire bien en suivant les recommandations d’Omega, je dois m’acquiter du tarif d’un grand service = 700 chf. Montant conséquent qui se rajoute (rapidement) au prix payé pour la pièce. Je doute fortement qu’en dehors des plus passionné.e.s, cela ne finisse pas par lasser. Ou que la personne qui aura patiemment économiser pour acheter l’onéreux garde-temps de ses rêves ait toujours conscience du coût de l’entretien.

    Entre parenthèses, le coût de l’entretien est d’ailleurs ce qui me détournerait pour l’achat d’une montre neuve d’Omega vs Longines par exemple, où c’est divisé par deux.

    #420005014441
    Piotr65
    Membre
    jacno1977 a écrit:
    Aussi je reviens sur ton sujet, toute la floppée de ces « nouveaux » mouvements posent assez rapidement la question de l’entretien quand un ETA original 2824-2 était presque pour la vie de la montre. Clairement, je me souviens des années 80, quand on achetait une belle montre, le souci de l’entretien et de la réparation, de la précision, ne se posait pas, tout simplement parce qu’on nous vendait des montres simples et efficaces de grande qualité.

    Oui. Et le souci avec la situation actuelle, c’est qu’il devient difficile de trouver un bon horloger indépendant parce qu’il est devenu compliqué de faire tourner un tel commerce étant donné ce contexte (assez logiquement, les marques qui augmentent leurs tarifs sur le neuf, augmentent en même temps ceux des services).

    #420005014442
    Saturne
    Membre
    Shazru a écrit:
    Je doute fortement que la « volonté de tuer les indépendants » soit présent dans beaucoup de marques. En tous cas, ce n’est pas du tout celle que je perçois dans mon environnement.

    Sans être forcément une volonté délibérée, c’est une manière d’asphyxier une profession dont le nombre est déjà grandement diminué par rapport à ce qu’il était il y a quelques décennies.

    Shazru a écrit:
    les groupes ou marques favorise la certifications des indépendants

    Quand tu vois les exigences de marques du type Omega pour avoir la certification, la quantité de matériel obligatoire à acheter même si tu es déjà équipé de matériel équivalent, et le fait qu’ils peuvent te retirer l’habilitation du jour au lendemain, ça ne fait pas envie.
    Par ailleurs un agréé n’est qu’un « demi indépendant », il a un fil à la patte, surtout si une marque en particulier représente une grosse part de son chiffre d’affaires.

    L’indépendant total (sans agrément), lui n’aura jamais les pièces détachées et devra se les procurer par des moyens détournés.

    Heureusement il reste quand même certaines marques qui livrent les pièces, principalement dans l’entrée de gamme, mais dans l’ensemble, l’accès aux pièces détachées est un gros problème pour les indépendants, et les marques sont la source de ce problème.

    #420005014443
    gump25000
    Membre

    Les marques ont vu dans l’entretien des montres un relais de croissance et une formidable occasion de faire plus de frics.

    Pourquoi fournir un mouvement et des pièces à un horloger indépendant qui va vendre une misère cette entretien alors qu’on peut embaucher ce même horloger (souvent Français et venant de l’école d’horlogerie de Morteau) et multiplié par 3 le prix des entretiens.

    C’est une volonté des marques de mettre la main sur ce business plutôt que de tuer les horloger indépendant.

    J’habite la capitale horlogère française et ici, on a une société indépendante qui fait le sav de nombreuses marques de montre suisse au volume trop faible pour avoir un service sav en interne.

    Ils ont d’ailleurs sortie leurs montre avec des mouvements atypiques qui leur restait en stock. Ils doivent avoir un contrat d’exclusivité je pense avec ces marques de montres mais bon au cas ou.

    Ca s’appel reparalux : http://www.reparalux.com/

    Leur marque s’appel Hunber Droz

    #420005014444
    Shazru
    Membre

    Je ne discute pas le constat, mais je ne crois pas que cette situation soit dû à une volonté des marques d’éliminer, ou d’asphyxier, les horlogers indépendants.

    Pour moi, c’est la rentabilité de l’activité qui pose un problème, en particulier pour les indépendant qui n’ont pas les capacités d’investissement des marques, ou des grosses enseignes de distribution. Les marques veulent garder une certaine garantie de résultat pour les services effectués en leur nom, et exigent des équipements pour l’obtenir (@Saturne, normalement Omega devraient accepter des équipements équivalent à leur recommandation, MP si tu veux en discuter…). Mais elles oublient peut-être que les attentes des clients ne sont pas toutes les mêmes. A titre personnel, je suis convaincu qu’il y aurait la place à la fois pour les SAV Marques, indépendant agrées avec un niveau de service garantie, et indépendant total (avec accès au fournitures)

    Pour que les marques considère le SAV comme un relais de croissance, il faudrait déjà que l’activité soient réellement rentable et je ne crois pas que ce soit le cas pour beaucoup de marques.

    #420005014445
    Saturne
    Membre
    gump25000 a écrit:
    C’est une volonté des marques de mettre la main sur ce business plutôt que de tuer les horloger indépendant.

    Ah, c’est bon alors! On ne veut pas tuer les indépendants, juste prendre leur business En Suisse, disparition des horlogers indépendants Blunt_gi

    Plus sérieusement, je le redis. Mon premier message parlant de « volonté de tuer les indépendants » est sans doute excessif. Mais le résultat est là, et les marques ne peuvent ignorer qu’elles mettent à minima des bâtons dans les roues aux indépendants.

    gump25000 a écrit:
    C’est d’autant plus gênant que d’après les lois européens les fabricants sont obligé de fournir les pièces détachées pour au moins 10 ans après le retrait du produit.

    Rolex a deja perdu un proces pour ne pas autoriser ces revendeurs a vendre en ligne ou pour entente sur les prix.

    Si un horloger avait suffisament de ressource financière pour attaquer toute ces grandes manufactures suisses, ils gagnerait tout ses proces mais hélas c’est la loi du plus fort.

    C’est hélas faux. Les lois sur la disponibilité obligatoire des pièces détachées ne sont pas « universelles » mais portent sur des domaines spécifiques (électroménager, informatique…), l’horlogerie n’en fait pas partie.

    Et la « Confédération européenne des associations d’horlogers-réparateurs (CEAHR) » a effectivement attaqué sur ce point, à l’échelon Suisse auprès de la COMCO, et à l’échelon Européen auprès de la Commission, mais a perdu dans les deux cas.

    https://www.weko.admin.ch/weko/fr/home/medien/communiques-de-presse/nsb-news.msg-id-71954.html

    https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62014TJ0712

    Un article récent sur le sujet des pièces détachées horlogères :
    https://www.watson.ch/fr/suisse/horlogerie/612494395-l-horlogerie-suisse-accusee-de-faire-des-revisions-couteuses

    #420005014446
    Saturne
    Membre

    @Shazru : MP envoyé Smile

    On est d’accord sur le fond :

    Shazru a écrit:
    je suis convaincu qu’il y aurait la place à la fois pour les SAV Marques, indépendant agrées avec un niveau de service garantie, et indépendant total (avec accès au fournitures)
15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 19)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.