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- Ce sujet contient 31 réponses, 14 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Saturne, le il y a 16 années et 5 mois.
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26 mai 2010 à 20h18 #420001048002
964C4
MembrePour le tout premier, c’est un mecanisme de rotation à poids, (j’imagine) pour faire tourner la lanterne d’un phare.
Au tout debut de son activité, BBT se specialisait dans la fabrication de Lentilles (pour phares toujours) et plus tard pour tout un tas de materiel concernant la navigation marine

EDIT: grillé par tous les autres avant…
26 mai 2010 à 20h36 #420001048003Saturne
MembreBon, je vois que vous êtes nombreux à avoir trouvé. Je n’avais pas pensé que Barbier, Bénard & Turenne soit référencé sur Google. Sinon je l’aurais enlevé tout comme j’avais biffé la mention "fanal" dans l’inscription.
Je dois avouer que je ne m’étais jamais vraiment posé la question du mécanisme entraînant les phares avant leur électrification. Jusqu’à ce que je visite le petit musée situé dans l’ancien phare de Penmarc’h (au pied du phare d’Eckmülh).
J’y ai découvert que l’horlogerie avait sauvé des vies de marins non-seulement grâce aux chronomètres de marine permettant de déterminer la longitude et d’éviter de fatales erreurs de position; mais aussi à l’aide de ces robustes mécaniques ayant permis de faire tourner phares et fanaux à des fréquences données pour permettre de les identifier. Voilà une époque révolue où l’horlogerie était encore une technologie de pointe dont les enjeux étaient très importants.
Une autre preuve du rapport direct avec l’horlogerie "traditionnelle": Le support de cette Lentille porte un patronyme qui n’est pas inconnu.


Si le Phare de 1791 semble posséder un échappement à ancre, il semblerait qu’un autre système, plus apte à produire un mouvement continu, ait été employé ensuite pour la régulation du mouvement:
Un genre de régulateur de Watt
26 mai 2010 à 20h37 #420001048004chris60
MembreMerci à toi Saturne de nous faire nous creuser les meninges. Ce soir je dormirai moins bête que si j’avais regardé le foot à la télé!
As tu des infos sur l’autonomie de ces mécanismes?26 mai 2010 à 20h59 #420001048005Saturne
Membre- chris60 a écrit:
- As tu des infos sur l’autonomie de ces mécanismes?
Dans cet ancien sujet de Zen, il est question d’un remontage toutes les trois heures et demie. Ça ne devait pas être une sinécure pour le gardien de phare! Cependant, je suppose que d’autres avaient une plus grande autonomie (peut-être toute la nuit?).
Quand on pousse un peu plus la recherche, on se rend compte que la marine n’est pas redevable à l’horlogerie seulement pour les chronomètres de marine et l’appareil de rotation des phares, mais aussi pour l’éclairage même des dits phares. En effet, au XIXème siècle, la plupart des lampes à huile des phares comprenaient un mécanisme d’horlogerie sur un principes similaires aux lampes Carcel.
- Citation :
- L’horloger Carcel et Carreau déposèrent en 1800 un brevet de lampe à huile à mouvement d’horlogerie. Ce mouvement, placé sous la lampe, entraînait une pompe placée au fond du réservoir. Cette pompe immergée dans l’huile montait celle-ci jusqu’à la mèche. Beaucoup de lampistes déposèrent des brevets pour améliorer ce système de lampes: Gagneau en 1819, Rimbert 1826, Carreau 1834, Cadot 1838.

source: http://metronius.free.fr/Lampes_mII_01.htmSur l’emploi de lampes à mécanisme d’horlogerie dans les phares:
- Citation :
- Différents types de remontage existaient :
– à pompes et à remontoir à mouvement d’horlogerie avec régulateur à ailette (appareil Wagner au musée d’Ouessant et Grau du Roi),
– à pompes et à échappement à chevilles (appareil Lepaute au musée d’Ouessant),
– à cames (non retrouvé),
– à pompes et mouvements d’horlogerie avec régulateur à ailette, à 4 pistons, à clapets cuir ; 1836 (appareil exposé au phare de Chassiron),
– à pompes et mouvements d’horlogerie à 4 pistons à clapets métalliques (appareil au musée d’Ouessant).
Sources : Instructions… Léonce Reynaud (1842).Après les années 1850, de nouvelles lampes sont apparues avec un piston central (voir Pointe de Grave/Verdon). Sources : Notices sur les lampes E. Degrand (1858).
source: http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/VISITES/phares/phares_huile.htm
C’est toujours intéressant (et quelquefois surprenant) de voir à quel point l’horlogerie à été appliquée à des domaines aussi variés.
26 mai 2010 à 21h05 #420001048006jaeger92
Membreabsolument passionnant !! punaise, génial, mille mercis
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Instagram: Helvetic_tac26 mai 2010 à 21h11 #420001048007cheminal67
MembreCes lourdes lanternes, portants les feux et optique, étaient posés sur un bain de mercure en lieu et place de roulement.
Le dernier feu utilisant des vapeurs de pétrole était au phare de la Vieille au large de la pointe du Raz et ce jusque dans les années 80 avant son automatisation à l’électricité et son abandon par le personnel de phares et balises.26 mai 2010 à 21h31 #420001048008Saturne
MembreComme le sujet semble susciter quelque intérêt, j’ajoute deux images extraites d’un article sur les phares publié dans "Le Monde Illustré" tout début XXème.
Ce phare est celui de ma première photo:

Le dernier-cri de l’époque:

L’article indique que ces phares se trouvent alors au musée du Dépot des Phares et Balises Place d’Iéna à Paris. Malheureusement il n’existe plus (du moins je n’en trouve pas de trace récente sur le net).

Le nouveau Dépôt du Service des phares est inauguré sur la colline de Chaillot, en 1869, à la fin du Second Empire. (
École des Ponts in Le phare Amédée par Vincent Guigueno et Valérie Vattier)
source: http://www.voilesetvoiliers.com/club/blogs/voir/Olivierchapuis/billet/800On peut se demander où sont passés ces vestiges après le démantèlement du dépôt. Furent-ils détruits, Vendus, Donnés à un musée (Arts et métiers par exemple), disparus au cours des guerres, ou conservés jusqu’à aujourd’hui dans un autre lieu, qui sait?
27 mai 2010 à 6h40 #420001048009caput
MembreMerci Saturne.
27 mai 2010 à 9h40 #420001048010Alphena
MembreSujet passionnant merci
27 mai 2010 à 12h33 #420001048011corsaire75
Membre- Saturne a écrit:
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- corsaire75 a écrit:
- Un tourne-broche ?

non (je vois pas ou on mettrai le quartier de boeuf)
- corsaire75 a écrit:
- Un mécanisme de manège ?
non (ce n’est pas à vocation "ludique")

Un phare, c’est quand même un manège à lumière. Dans l’idée, je n’étais pas trop loin.
27 mai 2010 à 15h34 #420001048012cheminal67
Membre- Saturne a écrit:
- Bon, je vois que vous êtes nombreux à avoir trouvé. Je dois avouer que je ne m’étais jamais vraiment posé la question du mécanisme entraînant les phares avant leur électrification. Jusqu’à ce que je visite le petit musée situé dans l’ancien phare de Penmarc’h (au pied du phare d’Eckmülh).
- Saturne a écrit:
- L’article indique que ces phares se trouvent alors au musée du Dépot des Phares et Balises Place d’Iéna à Paris. Malheureusement il n’existe plus (du moins je n’en trouve pas de trace récente sur le net).
Le nouveau Dépôt du Service des phares est inauguré sur la colline de Chaillot, en 1869, à la fin du Second Empire. (
École des Ponts in Le phare Amédée par Vincent Guigueno et Valérie Vattier)
On peut se demander où sont passés ces vestiges après le démantèlement du dépôt. Furent-ils détruits, Vendus, Donnés à un musée (Arts et métiers par exemple), disparus au cours des guerres, ou conservés jusqu’à aujourd’hui dans un autre lieu, qui sait?
La réponse avant la question.
27 mai 2010 à 16h03 #420001048013cheminal67
MembreSi mes souvenirs sont exacts, les lanternes sont les anciennes du phare de Cordouan.

Le premier feu à réverbères paraboliques vit le jour en 1782. Puis, en 1790, l’ingénieur Teulière, après avoir rehaussé le phare à 60 m au-dessus des plus hautes mers, mit au point le premier feu tournant à réverbères paraboliques; il était constitué de lampes à huile, ou becs d’Argand, et manœuvré par une machine construite par Mulotin, horloger à Dieppe. Le combustible était un mélange de blanc de baleine, d’huile d’olive et d’huile de colza.

L’invention des lentilles à échelon par Augustin-Jean Fresnel révolutionna complètement l’éclairage des phares, et, depuis, il n’y eut que des améliorations de détails. Le premier appareil lenticulaire de Fresnel à système tournant fut expérimenté à Cordouan en 1823. La lampe à trois mèches concentriques, approvisionnée à l’huile de colza au moyen d’une pompe aspirante et foulante, était placée au «plan focal» de l’appareil.27 mai 2010 à 18h52 #420001048014Saturne
Membre- cheminal67 a écrit:
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- Saturne a écrit:
- Bon, je vois que vous êtes nombreux à avoir trouvé. Je dois avouer que je ne m’étais jamais vraiment posé la question du mécanisme entraînant les phares avant leur électrification. Jusqu’à ce que je visite le petit musée situé dans l’ancien phare de Penmarc’h (au pied du phare d’Eckmülh).
- Saturne a écrit:
- L’article indique que ces phares se trouvent alors au musée du Dépot des Phares et Balises Place d’Iéna à Paris. Malheureusement il n’existe plus (du moins je n’en trouve pas de trace récente sur le net).
Le nouveau Dépôt du Service des phares est inauguré sur la colline de Chaillot, en 1869, à la fin du Second Empire. (
École des Ponts in Le phare Amédée par Vincent Guigueno et Valérie Vattier)
On peut se demander où sont passés ces vestiges après le démantèlement du dépôt. Furent-ils détruits, Vendus, Donnés à un musée (Arts et métiers par exemple), disparus au cours des guerres, ou conservés jusqu’à aujourd’hui dans un autre lieu, qui sait?
La réponse avant la question.

Non, non. Au musée de Penmarc’h, il n’y a aucun mécanisme de phare. Seulement les deux régulateurs de Watt, la Lentille signée Lepaute sur le support, des reproductions de photos anciennes et cet article sur le dépôt des phares et balises à Paris. Je me demande donc ce qu’il est advenu de ces mécanismes lors du démantèlement du dit dépôt.
27 mai 2010 à 18h58 #420001048015Saturne
Membre- cheminal67 a écrit:
- L’invention des lentilles à échelon par Augustin-Jean Fresnel révolutionna complètement l’éclairage des phares, et, depuis, il n’y eut que des améliorations de détails. Le premier appareil lenticulaire de Fresnel à système tournant fut expérimenté à Cordouan en 1823. La lampe à trois mèches concentriques, approvisionnée à l’huile de colza au moyen d’une pompe aspirante et foulante, était placée au «plan focal» de l’appareil.
Il y a d’ailleurs une rue Fresnel à Paris à proximité de la place d’Iéna (ancien emplacement Du dépôt de phares et balises).
27 mai 2010 à 20h14 #420001048016chris60
MembreMerci encore à Saturne et à tous les autre menbres pour leurs infos.
Ce post nous rappel que le developpement de l’horlogerie, et la recherche de la précision, ont trouvé de trés nombreuses applications qui ont participé à l’avenement de la "modernité" (dans les objets de la vie quotidienne et dans le developpement des machines outil).
Nous devons tous beaucoup à toutes ces générations d’horlogers, meme si aujourd’hui nous n’en avons plus conscience. -
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