Billet : Pourquoi continuer à aimer les montres ?

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 81)
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  • #410000153801
    DON
    Membre

    Continuer à aimer les montres ?

    Sur le plus grand forum francophone dédié à nos garde-temps, la question ne devrait pas faire débat. D’ailleurs, du matin au soir, ne nous accompagnent-elles pas dans notre quotidien ? Au volant de notre voiture pour aller au travail, à l’arrêt d’un feu de signalisation alors que la personne en face de vous s’attarde un peu trop sur son smartphone. Face à vos collègues et vos N+1 dont certains vous rappellent les caractères cyniques d’un Mosbilo ou le côté playmobil et ventre-à-terre d’un Surbiquet (Pourquoi Mosbilo ?), face à la machine à café qui tarde à répandre son jus de chaussette mi-haute passablement insipide, face à votre repas rapidement avalé devant un écran (merci à celle ou celui qui a calé une énième réunion inutile entre midi et 2h un vendredi), puis chez vous face à la TV qui vous annonce tranquillement que votre pouvoir d’achat va continuer à baisser contrairement à la dette, qu’elle soit budgétaire, sociale ou commerciale. Face au sommeil qui tarde à venir devant Netflix ou face à votre compagne qui n’en finit pas dans la salle de bain avec ses multiples pots de crème.

    Quand le doute l’emporte

    Pour tous ceux qui portent encore des montres au poignet – d’après certaines études il paraît que nous sommes moins de la moitié à porter une montre au quotidien – le doute peut arriver. Un divorce trop coûteux, un prêt immobilier trop lourd, une crise trop longue ou tout simplement un moment de remise en cause. Mais ne vous dit-on pas que les grandes marques se portent merveilleusement bien ? L’horlogerie suisse n’a-t-elle pas connu une bonne année 2022 avec une croissance de 11,4% par rapport à l’année 2021 (année qui avait connu un fort rebond mécanique après une année 2020 désastreuse) ? Cela serait cacher les détails des chiffres qui montrent que cette croissance est en trompe-l’œil et que ce sont les montres en métaux précieux qui tirent la croissance alors que celles des montres en acier régresse (-4,3% en 2022).

    Même notre cher ZEN avait ses périodes de doute, lui qui a tant aimé nous raconter les petites histoires de la grande histoire de l’horlogerie. Comme nous tous, il avait eu ses moments de lassitude. Nos dernières conversations portaient d’ailleurs plutôt sur sa collection de bronzes. Il préférait voir cet alliage dans les statuettes que dans les montres.

    Cela fait maintenant 2 années que l’aiguille de Joël Duval, notre ZEN, s’est arrêtée. Et – je pense ne pas être le seul – c’était un moment difficile et de remise en cause. Je continuais à apprécier les montres mais j’ai mis du temps à aimer à nouveau.

    Continuer à aimer les montres

    Les moments de doute sont nécessaires à la construction de nos passions. Notre société magnifie la pseudo foi inébranlable de ceux qui ont marqué notre époque. C’est faire fi de tous leurs moments de doute et ils ont été nombreux.

    Pourquoi continuer à aimer les montres ? Parce qu’elles nous suivent dans notre quotidien, parce qu’elles sont le véhicule silencieux de notre vie et de nos histoires. Elles portent en elles des récits de nos bonheurs comme de nos malheurs. Elles sont une mémoire des personnes que nous avons rencontré et que nous avons aimé. Il y a quelques jours, j’ai remis au poignet une montre qu’un ami m’avait conseillé à l’époque. Elle n’avait pas connu le succès sur le marché français lors de sa sortie et elle a mis des décennies pour convaincre et encore plus à revenir sur le devant de la scène. Lui et moi avions porté chacun un exemplaire le temps d’un café calé entre deux rendez-vous. C’était une Zenith et c’était avec ZEN. C’est pour cela que je continue à aimer les montres, parce qu’elles continuent à faire vivre nos souvenirs. Même ceux qui nous rendent nostalgique.

    Billet : Pourquoi continuer à aimer les montres ? Zenith15

    Billet dédié à celui qui nous manque à tous.

    #420004808030
    NaKKdry
    Membre

    Je comprends ce billet, perso je continue à aimer les montres depuis que je me suis tourné vers des marques plus confidentielles, avec lesquelles on peut échanger. J’ai moins l’impression d’être une vache à lait et ça donne un certain sens à ma passion.

    #420004808031
    DON
    Membre

    Les marques plus confidentielles doivent tout donner si elles veulent survivre. Cela requiert beaucoup de travail mais surtout de passion. Et cela se ressent dans le produit final. Pas nécessairement dans le prix car les plus petits volumes ne permettent de bénéficier des immenses économies d’échelle de certaines grandes marques. En revanche, si le travail de design et la qualité des pièces et des accessoires entourant ces pièces sont excellents, cela donne un supplément d’âme à certaines de ces marques. Et cela est une immense plus value pour le client passionné de longue date.

    Cela ne veut pas dire que les pièces actuelles d’Omega ou de Tudor en sont dépourvues, leurs pièces peuvent tout à fait séduire mais généralement il y a un plaisir supplémentaire en remontant sa Pequignet Manufacture par exemple et sentir la qualité du produit en dehors de toute influence issue du marketing ou de la bonne maitrise de l’outil de la communication.

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    #420004808032
    jaeger92
    Membre
    NaKKdry a écrit:
    Je comprends ce billet, perso je continue à aimer les montres depuis que je me suis tourné vers des marques plus confidentielles, avec lesquelles on peut échanger. J’ai moins l’impression d’être une vache à lait et ça donne un certain sens à ma passion.

    très joli message Don, chargé d’émotion.

    en ce qui me concerne, j’ai toujours aimé les montres, par vagues plus ou moins fortes mais la passion est restée là. ce qui m’a perdu c’est la folie mercantile de l’autre côté, des hausses de prix sans raison, un manque de respect et de considération des marques et des AD qui oublient qui les fait bouffer, des nouveautés produit qui n’en sont pas.. et pas de sanction du marché ni même d’articles critiques des journalistes.. ah oui, ces « journalistes » qui font pour la plupart un copier coller du communiqué de presse de la marque comme à la belle époque de l’urss. les journalistes tiennent bien trop à leurs voyages de presse en business à travers le monde pour aller dire que les dernières création de la vallée de joux sont vraiment de l’enfumage et de l’extorsion ou alors se dire qu’un voyage en jet à Dubai en 777 pour aller voir une expo de montres suisses étaient vraiment pas sérieux.. et dites le au journaliste du F**ro et il vous dira que ça le choque pas et qu’il roule en vélo pour aller chercher son pain donc il est irréprochable. ah oui mais c’est le conso final qui paie le prix de son billet pour arriver à une Polaris à 23 000 balles quand ça en valait 7K il y a quelques années pour le même moulin branlant.. mais ça choque personne.

    je me suis donc dit que j’étais has been, à coté de la plaque.. j’ai failli tout revendre. le milieu a changé, les manufactures un peu à la bonne franquette sont devenues des monstres de public relations influenceurs et starlettes et qui voulaient cacher ces collectionneurs relou qui vont parler du balancier plus que de la qualité du champagne.. aucun respect du produit ces cons.. et ils vont même acheter des vintages, ces tromblons démodés et jaunis qui .. oh mais oui, ça prend de la valeur les bazars radioactifs poussiéreux… « oh purée, y a du business à se faire, rachète des « icônes, un coup de chiffon sur le cadran et met un prix à 4, non 5 chiffres, ça fait sérieux et le Board sera content, de toute façon y aura bien un singapourien qui achètera ça comme une friandise au duty free de l’aéroport de Zurich » doit on entendre dans les couloirs du marketing.

    et je me suis recentré vers des montres « nouvelles » : indépendants, petits budgets, gros budgets mais complètement sous le radar des spéculateurs.. bref une traque de niche plutôt que des « icônes » . ces modèles emblématiques que j’ai eu la chance d’acquérir à la douce époque ou elles étaient accessibles et qu’on nous foutait la paix et que la spéculation ne concernait que la Bourse. elles ont pris de la valeur? ça m’en touche une sans faire bouger l’autre comme disait un Président qui aimait les pommes. Leur chute s’effondre, pareil mais en sens inverse, de toute façon j’ai commencé dans les montres quand elles perdaient 20% de leur valeur à peine déflorées de leur sticker, donc le sort des Rolex encore enturbannées de leurs protection plastique qui ne se vendent « que » 1.5 fois leur prix retail, je m’en tapote le coquillard.

    et je m’aperçois qu’en dehors des sentiers balisés, les rencontres (humaines et horlogères) n’en sont que plus belles et intéressantes et je redécouvre le produit, un peu comme au début. les indépendants sont des guerriers, des personnes passionnantes qui te parlent de leur produit, qui se sortent les tripes pour sortir un truc de dingue, qui vont parler avec toi des heures devant un papet vaudois mangé avec les doigts et purée, ça c’est bon comme moment. bien plus que l’AD qui va attendre de toi une génuflexion et plus si affinité pour te gratifier d’une casquette, d’un verre d’eau et te oindre le front avec l’encre qui a servi à t’inscrire sur la liste d’attente sacrée..

    En fait le seul truc qui peut avoir raison de ma passion (c’est drôle ça), c’est la vague d’insécurité et de violence autour des tocantes. Si je peux pas porter ma montre sans crainte et que je dois me poser la question de quelle montre porter quand, là ca devient un vrai problème logistique qui pourrait me détourner de l’objet.

    bref c’est un cycle pour moi comme pour le secteur. Le Jaeger92 qui ne jurait que par JLC est déçu, désabusé voire abîmé par ce que sa marque fétiche est devenue, comme les autres grosses marques aveuglées par leur ego, leur manque de discernement et de modestie… mais la passion est toujours là, différente mais lä et je dois avouer que je kiffe mes dernières acquisitions et c’est le principal.

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    #420004808033
    jaeger92
    Membre
    DON a écrit:
    Les marques plus confidentielles doivent tout donner si elles veulent survivre. Cela requiert beaucoup de travail mais surtout de passion. Et cela se ressent dans le produit final. Pas nécessairement dans le prix car les plus petits volumes ne permettent de bénéficier des immenses économies d’échelle de certaines grandes marques. En revanche, si le travail de design et la qualité des pièces et des accessoires entourant ces pièces sont excellents, cela donne un supplément d’âme à certaines de ces marques. Et cela est une immense plus value pour le client passionné de longue date.

    Cela ne veut pas dire que les pièces actuelles d’Omega ou de Tudor en sont dépourvues, leurs pièces peuvent tout à fait séduire mais généralement il y a un plaisir supplémentaire en remontant sa Pequignet Manufacture par exemple et sentir la qualité du produit en dehors de toute influence issue du marketing ou de la bonne maitrise de l’outil de la communication.

    je te suis. et c’est peut être aussi à nous de jouer leur jeu et d’être cohérent avec notre ras le bol du système. les indépendants, petites marques ont besoin de nous pour émerger : en parler, le bouche à oreille, des réunions tupperware horlogers, des achats… ça donne aussi un sens à notre passion

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    #420004808034
    DON
    Membre
    jaeger92 a écrit:
    ce qui m’a perdu c’est la folie mercantile de l’autre côté, des hausses de prix sans raison, un manque de respect et de considération des marques et des AD qui oublient qui les fait bouffer, des nouveautés produit qui n’en sont pas..

    Il y a eu de grosses dérives dans l’horlogerie qui sont allées de pair avec la longue période de croissance du secteur, c’est indéniable. Il s’est passé peu ou prou le même phénomène dans la monde de la mode : d’excellentes marques historiques qui faisaient dans la qualité mais qui s’étaient mises à vivoter, puis rachat par un grand groupe qui généralement fournit un nouveau directeur artistique et des marketeurs prêts à secouer la belle endormie. Les prix sont généralement multipliés par 2 très rapidement et la qualité demeure au mieux mais baisse le plus souvent. La marque rencontre alors un immense succès généralement tiré par les ventes sur les marchés internationaux (cf cas du marché de la Chine continentale pendant des années). Cela a été la matrice des dérives tarifaires qui pour les uns n’étaient que le reflet du succès de la recette appliquée – cf la loi de l’offre et de la demande invoquée pour simplifier le débat à l’extrême – mais pour d’autres cela contenait des dérives qui peuvent conduire sur le long terme à l’effet inverse. C’est ainsi que la croissance des ventes horlogères globales est en fait tirées par quelques marques en particulier – nous savons tous lesquelles – qui ont gardé le secret de la recette magique alors que beaucoup de marques vivotent et sont surtout à la merci d’un retournement conjoncturel.

    jaeger92 a écrit:
    et pas de sanction du marché ni même d’articles critiques des journalistes..

    C’est ce que j’aurais dit dans le passé mais la réalité est un peu plus subtile. J’ai rencontré des journalistes authentiquement indépendants. La condition sine qua non pour l’indépendance du journaliste c’est l’affranchissement par rapport au modèle publicitaire et donc des annonceurs. A partir du moment où le média n’a pas besoin de la publicité pour faire vivre son modèle économique, cela donne une totale liberté pour faire une revue indépendante. Dans les médias qui fonctionnent sur le modèle publicitaire, c’est malheureusement très difficile car même si le journaliste voudrait parler des marques qu’il trouve bien parce qu’elles font du bon boulot, la ligne éditoriale va mettre en avant les marques qui ont payé leur ticket d’entrée. Ainsi, pour citer un exemple concret, une journaliste qui fait une sélection de recommandations pour Noël peut éventuellement avoir la liberté sur 1 produit dans une sélection de 12 produits, les 11 autres étant des annonces pour résumer très brièvement. Là en effet cela peut devenir un peu triste comme sélection.

    Concernant la tape sur l’épaule pour avoir une bonne revue en échange d’un événement horloger où champagne et canapés avariés sont servis abondamment, même si ça existe encore, c’est un modèle de communication qui s’achemine lentement vers sa fin je pense et c’est tant mieux.

    Les digital/social influencers c’est généralement bien pire car, comme l’ont révélé certaines actualités récentes, le monde des influenceurs peut être très opaque et il n’y a pas d’avertissement au public qu’il s’agit en fait d’un contrat passé avec la marque pour vanter un produit aux followers ou plutôt « influencés » devrait-on dire sur les réseaux sociaux.

    jaeger92 a écrit:
    je m’aperçois qu’en dehors des sentiers balisés, les rencontres (humaines et horlogères) n’en sont que plus belles et intéressantes et je redécouvre le produit, un peu comme au début. les indépendants sont des guerriers, des personnes passionnantes qui te parlent de leur produit, qui se sortent les tripes pour sortir un truc de dingue, qui vont parler avec toi des heures

    Cela dépend des indépendants mais certains sont effectivement d’authentiques vétérans et passionnés. Il y a des passionnés partout, dans les grandes marques aussi mais la taille humaine fait que l’on ressent mieux l’authenticité auprès des jolies marques indépendantes.

    jaeger92 a écrit:
    En fait le seul truc qui peut avoir raison de ma passion (c’est drôle ça), c’est la vague d’insécurité et de violence autour des tocantes. Si je peux pas porter ma montre sans crainte et que je dois me poser la question de quelle montre porter quand, là ca devient un vrai problème logistique qui pourrait me détourner de l’objet.

    A ce niveau, je n’ai jamais connu de problème. Par contre, j’évite de porter voir même de posséder certains modèles de marques particulièrement visés. Le risque peut finir par faire perdre le plaisir de les porter. Un ami a ainsi été agressé il y a quelques mois en rentrant du travail, le mode opératoire étant hélas désormais bien connu.

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    #420004808035
    titos
    Membre

    Joli message…
    Pour ma part ça ne fait que 10 ans que je m’y intéresse, et donc pas encore eu trop l’occasion de ressentir de lassitude.
    Bien sûr l’envie d’achat d’une nouvelle pièce qui me tape dans l’œil est plus coercible qu’aux débuts, forcément, mais le plaisir est toujours là…juste plus mesuré.

    J’ai aussi toujours acheté des pièces qui me plaisaient, indépendamment du marché et donc je n’ai jamais vraiment eu de désillusion. Je n’ai acheté que très rarement neuf et n’ai donc pas connu la désillusion de sortir de l’AD et d’avoir une montre qui tombe en rade dans les semaines… ça, ça aurait pu me calmer définitivement.

    J’ai par contre constaté qu’une seule maison me donne toujours autant de satisfaction et contribue de manière indéfectible à maintenir mon intérêt pour l’horlogerie, c’est SEIKO.
    Que ce soit avec en reportant mes premiers modèles SAB acquis il y a 10 ans, une petite plongeuse ou un modèle acquis plus récemment chez Grand Seiko…on en a pour son argent. Et quel plaisir de découvrir le travail sur les nouveaux cadrans, les nouveaux modèles, que vous ayez 300€ et 8000€.

    En dehors des hausses de prix permanentes chez la plupart des grandes marques, c’est leur manque d’innovation qui a parfois ébréché mon intérêt : toujours les mêmes « modèles iconiques » resucée maintes fois, auxquels on change une aiguille, une couleur, un bracelet, on y rajoute 4 rubis, mais en « seulement 5000 exemplaires… rien de bien attrayant.

    Mais ça oblige à sortir des entiers battus, de se tourner vers des marques plus confidentielles et donc finalement c’est un mal pour un bien.

    #420004808036
    DRABOBE
    Membre

    Très bel hommage.

    Pourquoi continuer à aimer les montres? C’est une vaste question, que je me pose à chaque fois qu’après des jours de réflexion je me décide une fois de plus à en acquérir une nouvelle. Je me crois calmer mais ça recommence…

    Pourquoi trouver une réponse rationnelle dans un acte qui ne l’est pas?
    Car enfin, une montre de nos jours est un objet complètement obsolète.

    Il y a par contre une chose qui pourrait vraiment me faire stopper cet amour irraisonné : l’overdose sur Rolex (et dans une moindre mesure Patek) qui est totalement ridicule et qui entraîne tout le marché (sauf Seiko Chinois) dans un délire qui n’a plus de sens.
    Rolex, Tudor que j’ai pourtant tant aimé.

    #420004808037
    ChristopheH
    Membre

    Je continue à aimer les montres car il y a tant à découvrir. A commencer par celles d’un si riche passé horloger.
    Aujourd’hui j’explore les années 40, 50 … et c’est un infini qui s’ouvre à moi et dont je ne ferai jamais le tour.
    … je suis tombé dans le jazz de la même manière.
    Autant de marques qui certes pour la plus part ont disparu, des calibres, des fonctions d’un autre temps MAIS quel charme.
    Cela ne m’empêche pas de m’intéresser aux montres actuelles, bien au contraire et je les vois encore d’un autre oeil.

    #420004808038
    William21
    Membre

    C’est un hobby, une passion pour d’autres… La spéculation ne m’intéresse pas, je n’ai jamais rien revendu, mais je n’ai pas non plus des masses de montres. J’achète ce qui m’intéresse, suis sur liste d’attente pour certaines. Tant pis si ça ne réalise pas.
    Pour le reste, le monde des « influenceurs » me laisse perplexe. Le sens critique et le libre-arbitre ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas.

    #420004808039
    jean
    Membre
    DON a écrit:

    C’est ce que j’aurais dit dans le passé mais la réalité est un peu plus subtile. J’ai rencontré des journalistes authentiquement indépendants. La condition sine qua non pour l’indépendance du journaliste c’est l’affranchissement par rapport au modèle publicitaire et donc des annonceurs. A partir du moment où le média n’a pas besoin de la publicité pour faire vivre son modèle économique, cela donne une totale liberté pour faire une revue indépendante. Dans les médias qui fonctionnent sur le modèle publicitaire, c’est malheureusement très difficile car même si le journaliste voudrait parler des marques qu’il trouve bien parce qu’elles font du bon boulot, la ligne éditoriale va mettre en avant les marques qui ont payé leur ticket d’entrée. Ainsi, pour citer un exemple concret, une journaliste qui fait une sélection de recommandations pour Noël peut éventuellement avoir la liberté sur 1 produit dans une sélection de 12 produits, les 11 autres étant des annonces pour résumer très brièvement. Là en effet cela peut devenir un peu triste comme sélection.

    Lesquels, par exemple ?

    #420004808040
    Cheveche
    Membre

    Pourquoi continuer à aimer les montres ?
    Parce que chaque matin elles sont là, à attendre sagement, repère dans un monde qui peut sembler en manquer.
    Parce qu’il y en a toujours une qui m’accompagne dans mes nombreux déplacements, pointe d’exclusivité dans un monde de plus en plus uniforme.
    Parce que je suis toujours resté relativement à l’écart des modèles très en vogue et que je n’ai jamais croisé quelqu’un qui portait la même que moi au même moment.

    Parce que comme le dit Don, elles me rappellent toutes un moment de vie et que c’est pour ça que je suis heureux de les retrouver chaque jour.

    #420004808041
    Jarux
    Membre
    DON a écrit:
    L’horlogerie suisse n’a-t-elle pas connu une bonne année 2022 avec une croissance de 11,4% par rapport à l’année 2021 (année qui avait connu un fort rebond mécanique après une année 2020 désastreuse) ? Cela serait cacher les détails des chiffres qui montrent que cette croissance est en trompe-l’œil et que ce sont les montres en métaux précieux qui tirent la croissance alors que celles des montres en acier régresse (-4,3% en 2022).

    Pourquoi continuer à aimer les montres ? Parce qu’elles nous suivent dans notre quotidien, parce qu’elles sont le véhicule silencieux de notre vie et de nos histoires. Elles portent en elles des récits de nos bonheurs comme de nos malheurs. Elles sont une mémoire des personnes que nous avons rencontré et que nous avons aimé.

    jaeger92 a écrit:
    ce qui m’a perdu c’est la folie mercantile de l’autre côté, des hausses de prix sans raison, un manque de respect et de considération des marques et des AD qui oublient qui les fait bouffer, des nouveautés produit qui n’en sont pas.. et pas de sanction du marché ni même d’articles critiques des journalistes.. ah oui, ces « journalistes » qui font pour la plupart un copier coller du communiqué de presse de la marque comme à la belle époque de l’urss. les journalistes tiennent bien trop à leurs voyages de presse en business à travers le monde pour aller dire que les dernières création de la vallée de joux sont vraiment de l’enfumage et de l’extorsion ou alors se dire qu’un voyage en jet à Dubai en 777 pour aller voir une expo de montres suisses étaient vraiment pas sérieux..
    le milieu a changé, les manufactures un peu à la bonne franquette sont devenues des monstres de public relations influenceurs et starlettes et qui voulaient cacher ces collectionneurs relou qui vont parler du balancier plus que de la qualité du champagne.. aucun respect du produit ces cons..

    chute s’effondre, pareil mais en sens inverse, de toute façon j’ai commencé dans les montres quand elles perdaient 20% de leur valeur à peine déflorées de leur sticker, donc le sort des Rolex encore enturbannées de leurs protection plastique qui ne se vendent « que » 1.5 fois leur prix retail, je m’en tapote le coquillard.

    bien plus que l’AD qui va attendre de toi une génuflexion et plus si affinité pour te gratifier d’une casquette, d’un verre d’eau et te oindre le front avec l’encre qui a servi à t’inscrire sur la liste d’attente sacrée..
    Le Jaeger92 qui ne jurait que par JLC est déçu, désabusé voire abîmé par ce que sa marque fétiche est devenue, comme les autres grosses marques aveuglées par leur ego, leur manque de discernement et de modestie… mais la passion est toujours là, différente mais lä et je dois avouer que je kiffe mes dernières acquisitions et c’est le principal.

    Je ne suis pas assez au fait pour juger les marques, leur politique et leur marketing, mais pourquoi continuer à aimer les montres ? – Parce que 1) c’est de beaux objets 2) durables 3) mécaniques 4) précis 5) et qui demandent un savoir faire très particulier thumleft

    Je vois que c’est un peu différent pour chacun, DON a l’air plus émotif et cherche à donner un sens plus sentimental aux montres, Jaeger trouve son salut auprès des indépendants (pas bien compris ce que JLC avait fait faux ?), pour moi c’est plutôt esthétique et par intérêt mécanique, mais comme je ne suis pas assez connaisseur pour miser sur des indépendants je reste auprès de marques établies, et pour la moitié de la population qui porte une montre, j’imagine que c’est simplement pour avoir l’heure, il y a assez peu de montres mécaniques vs les montres vendues dans le monde.

    Pourquoi aimer les montres ?, parce que je trouve aussi que l’horlogerie mécanique présente des choses de plus en plus belles depuis 10-12 ans, mais comme la beauté est subjective, je dirais qu’il y a eu des innovations techniques intéressantes durant cette même période. A part être victime de leur succès, ce qui entraine les désagréments évoqués ci-dessus, je ne comprends pas bien les reproches ? C’est par rapport au Swiss Made ?

    A propos des journalistes grand public, c’est assez superficiel en effet, et souvent de manière publicitaire. Je suis ici pour m’informer avant d’acheter une nouvelle montre, je trouve des informations assez objectives sur ce forum, mais aussi sur des blogs vraiment intéressants qui analysent même les nouveaux calibres, donc oui, celui qui cherche à savoir ce qu’il va acheter peut avoir accès à de bonnes informations avant de dépenser beaucoup d’argent. Mais je fais ça pour toutes les choses chères, si je dois changer de voiture, j’essaye de voir les essais ou des magazines spécialisés, pas la pub. Alors les journalistes grand public c’est peut-être pour appâter le chaland, mais si le chaland cherche à savoir ce qu’il veut vraiment, il a moyen de s’informer mieux. Wink

    Aimer les montres c’est bien sûr vouloir que l’industrie horlogère se comporte vertueusement oui, on peut le souhaiter parce qu’on paye assez cher pour ça, mais bon, un fumeur qui aime fumer ne va pas forcément chercher à savoir si l’industrie du tabac est vertueuse, ou un ami de la nature qui s’achète sa voiture électrique ne va pas trop vouloir savoir les dessous de l’extraction des minerais indispensables à ses batteries. Dans ces marques de luxes, je pense que même en creusant, on s’apercevrait que l’industrie horlogère est tout de même correcte par rapport à pas mal d’autres secteurs, toutes nuisances confondues. Peut-être au niveau des métaux précieux ou des pierres qui seraient de provenance douteuse ? Vu les prix qu’ils pratiquent, j’espère que c’est quand-même net à ce niveau non ?

    #420004808042
    DON
    Membre
    titos a écrit:
    En dehors des hausses de prix permanentes chez la plupart des grandes marques, c’est leur manque d’innovation qui a parfois ébréché mon intérêt : toujours les mêmes « modèles iconiques » resucée maintes fois, auxquels on change une aiguille, une couleur, un bracelet, on y rajoute 4 rubis, mais en « seulement 5000 exemplaires… rien de bien attrayant.

    Mais ça oblige à sortir des entiers battus, de se tourner vers des marques plus confidentielles et donc finalement c’est un mal pour un bien.

    Et pourtant nous vivons une période d’innovation. Omega a par exemple le (Master) Co-Axial qui a représenté un bon en avant dans le mouvement. Les huiles des mouvements d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les huiles de l’âge d’or de l’horlogerie, les bracelets de montres sont généralement bien meilleurs que – pour peu que l’on remonte en gamme – ceux de nos prédécesseurs à quelques exceptions près évidemment.

    William21 a écrit:
    C’est un hobby, une passion pour d’autres… La spéculation ne m’intéresse pas, je n’ai jamais rien revendu, mais je n’ai pas non plus des masses de montres.

    La spéculation sur les montres ne m’a jamais intéressé. JJe me souviens d’une montre que j’avais achetée pour mon père. Il se trouve qu’elle a pris de la valeur sur le marché. Cela n’a aucune importance, c’était pour mon père et pour qu’il soit heureux de la porter. I love you

    jean a écrit:
    Lesquels, par exemple ?

    Je peux citer mon ancien rédacteur en chef Christophe qui était l’exemple d’un journaliste professionnel qui garantissait une ligne éditoriale strictement indépendante, en phase avec le modèle du média totalement indépendant de la publicité.

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    #420004808043
    DON
    Membre
    ChristopheH a écrit:
    Je continue à aimer les montres car il y a tant à découvrir. A commencer par celles d’un si riche passé horloger.
    Aujourd’hui j’explore les années 40, 50 … et c’est un infini qui s’ouvre à moi et dont je ne ferai jamais le tour.
    … je suis tombé dans le jazz de la même manière.
    Autant de marques qui certes pour la plus part ont disparu, des calibres, des fonctions d’un autre temps MAIS quel charme.
    Cela ne m’empêche pas de m’intéresser aux montres actuelles, bien au contraire et je les vois encore d’un autre oeil.

    Je suis totalement d’accord avec toi. Ce qui m’a conduit au monde des montres, c’était d’abord la partie de notre Histoire dans laquelle elles s’inscrivaient. Chaque période a eu son esthétique propre et derrière l’esthétique il y avait nos prédécesseurs qui avaient leur propre sensibilité. Ce qui m’a retenu au final, même pendant les périodes de doute, ce sont les montres d’époque. Elles nous racontent toujours des histoires intéressantes : au niveau des mouvements, du design, de leurs dimensions. C’est formidable ce que l’on peut découvrir à travers elles. Peut-être que c’est toucher du doigt juste un fragment mais cela reste un beau moment de découverte et de redécouverte.

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