FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Billet : L’horlogerie sait tout faire. Sauf prendre des risques.
- Ce sujet contient 32 réponses, 21 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
dedune, le il y a 5 mois et 2 semaines.
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6 mai 2026 à 10h05 #420005080619
DISCOVERY40
MembreIl n’y a pas de courage à augmenter les prix jusqu’à les rendre totalement inaccessibles. Je voyage beaucoup et je reste toujours curieux pour rentrer dans une boutique. Et si vous saviez comment les boutiques de montres de luxe sont désertes… et je ne parle pas de la France, je parle de lieux qui sont des plateformes majeures du marché horloger. Je me demande comment certains modèles économiques tiennent encore.
Les vitrines sont pleines. Les boutiques, elles, sont vides.
Est-ce peut-être l’exception mais l’AD ROLEX à Knokke sur la côte belge a toujours beaucoup de clients !!!
Je suis allé, ce dimanche 19 avril, retirer une montre et, malgré un heure précise de RDV, on a quand même dû attendre que le vendeur se libère tant il y avait un monde fou à tous les bureaux et salons privés !!!
Pourtant il y avait pas d’action : « 1 + 1 gratuite !!! ».Knokke est aussi un environnement idéal pour Rolex avec une clientèle de retraité plus que solvable, un tourisme du luxe très présent, clientèle belge très aisée mais aussi clientèle hollandaise, allemande, française bien en place qui dépensent encore sans trop compter !!!
Etant ami avec un des vendeurs, cette boutique arrive à écouler +/- 160 montres par mois.
En Belgique, c’est score incroyable pour un si petit pays.6 mai 2026 à 10h26 #420005080620DON
Membre- H544 a écrit:
- Merci @DON pour le billet de qualité, comme à chaque fois.
Le chrono Parmigiani n’est pas une rupture mais une innovation au service du design le tout dans une exécution impressionnante. La montre de W&W 2026 selon moi même si paradoxalement je l’ai découverte après avoir quitté le salon. Dommage!
Je crois aussi que l’horlogerie est arrivée au bout de ses quêtes historiques qui ont jalonné les dernières décennies (siècles même): montre la plus précise, la plus fine, au plus grand nombre de complications, la plus grande RdM…
La plus précise : Don l’a évoqué, plus de concours de chronométrie et une quartz a 50€ fera aussi bien.
La finesse : la limite de résistance des matériaux a certainement été atteinte par la Konstantin Chaykin et ses 1.6mm d’épaisseur. Quand bien même le prochain à réduire ce chiffre y arriverait, il faut maintenant des outils extérieurs pour mettre à jour la montre ou bien la remonter… quel intérêt?
Le plus grand nombre de complications : les montres sont tellement épaisses qu’elles en sont devenues importables…
La RdM: a trop en chercher on perd en précision, et honnêtement qui a vraiment besoin de plus d’une semaine pour une montre mécanique ?
Ainsi les designs, déclinaisons de matériaux, rééditions, affichages de l’heure, esthétiques des cadrans, fermoirs sont les seules (non-) prises de risque de la majorité des marques.
À mes yeux, des marques comme Ressence, GS, Norquain entre autres essaient de suivre leur propres fils conducteurs et originalité.
Il y avait des choses sympa également du côté de Chronopolis mais essentiellement sur les designs/cadrans. Et aussi sur le salon des indépendants et horlogers à côté du pop up store Sartory Billard. En revanche côté horloges de table ou murales, ça se lâche complètement et sans complexe ! C’est très rafraîchissant !
En conclusion, vivement qu’on sorte d’un prochain W&W en se disant « oh la claque que j’ai pris là !! »
Comme tu le dit, les grandes quêtes historiques de l’horlogerie sont globalement atteintes ou du moins ne suscitent plus autant d’intérêt du grand public, à l’exception du microcosme horloger. Les montres de plus en plus fines, les montres mécaniques de plus en plus précises, les RDM qui s’étendent de plus en plus… bien sûr que cela peut intéresser les grands amateurs et les professionnels du secteur ! Mais je dois vous avouer que les premières conversations avec les non-initiés, ceux qui découvrent les montres et même avec ceux qui bossent dans le secteur, on ne se bouscule pas pour parler du dernier record de finesse des montres. C’est un peu à l’image des grandes avancées humaines du passé, les records de vitesse des trains ou des voitures. Avant cela faisait la une. Aujourd’hui, je pense que l’échos est plus diffus.
En revanche, les paris esthétiques, oui, il y a bien davantage d’échos et cela passe par les cadrans par exemple ou le design des boitiers.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w6 mai 2026 à 13h39 #420005080621blek le roc
Membre- DON a écrit:
- …Tudor n’est pas le seul, loin de là, Seiko ou Longines ont fait de même. Le principe est simple : mieux vaut vendre des montres (bien) plus chères qu’en vendre plus. Je doute néanmoins de l’efficacité de cette politique pour toutes les marques. Certaines marques ont commencé à se calmer sur ces augmentations car les ventes se sont effondrées. Entre-temps, il y a une demande qui ne suit plus du tout.
Le pb de cette politique c’est que si un jour ces marques anciennement milieu de gamme ne vendent plus assez, et sont en difficulté, il me semble difficile de revenir en arrière et de baisser les prix…. Stratégie risquée, tout le monde n’est pas Rolex…
- isosta a écrit:
- Pour l’entrée de gamme et le moyen de gamme il y a maintenant les micro marques qui progressent, offrent un bon rapport Q/P,
bref ce que faisaient avant les Longines Tudor and co…
+1 pour les micro marques, mais attention là aussi, certaines sont en train de prendre le même virage sur-inflationniste, je pense par ex à du Atelier Wen, voire du Awake, même si dans ce dernier cas le produit n’a plus grand chose de comparable avec ce qu’ils faisaient au début. Avoir une certaine reconnaissance du milieu, et parvenir à un certain statut peut faire enfler les chevilles! Méfiance.
Certains au contraire restent relativement « raisonnables » dans leur politique tarifaire, je pense par ex à une marque comme Sinn.6 mai 2026 à 14h17 #420005080622Dang
MembreMerci Don !! c’est du bonheur de te lire
6 mai 2026 à 22h19 #420005080623dedune
MembrePas d’accord.
Un salon, ce n’est pas une promesse de rupture. C’est un showcase.
Une rupture annuelle… ça n’existe pas.D’autre part, par définition, c’est un secteur plutôt conservateur. Donc normal que les majors ne cassent pas tous leurs codes chaque année. Pour les ruptures, il faut voir les indépendants et les micros, qui n’ont pas tous les moyens d’être représentés.
Enfin, je trouve que cette année est un très bon millésime. Très belles nouveautés, comme bcp ma préférée est PF, belles surprises aussi, qqn a mentionné IWC, JL s’est surpassé, Cartier aussi. La Royal de Tudor. Moser et j’en passe…
7 mai 2026 à 8h44 #420005080624Cara1928
MembreLa montre non connectée est un produit du passé, sa fonction principale a été accaparée par d’autres objets. Étant obsolète dans sa fonction principale il paraît compliqué d’y trouver de l’innovation. Innover une montre mécanique c’est comme innover un moulin à café, ça n’a plus de sens hors niche d’amateurs éclairées. La montre mécanique est désormais un objet « traditionnelle », une référence au passé, par conséquent compliqué aussi d’innover en terme de design et de sortir des trucs un peu foufou, ça ne colle pas avec l’image de l’objet, hors niche aussi ici.
7 mai 2026 à 8h51 #420005080625blek le roc
MembrePas complètement d’accord, sa fonctionnalité première appartient au passé, mais en tant qu’objet de luxe, d’apparat, de bijou, voire de marqueur social, elle a encore toute sa place dans la société. Alors bien sûr toutes les marques ne font pas du luxe ou de l’apparat, mais je grossis volontairement le trait. On pourrait dire qu’il y a un changement de paradigme, on est passé d’un outil essentiel/utile à un pur objet décoratif.
7 mai 2026 à 9h10 #420005080626DON
Membre- isosta a écrit:
- Pour l’entrée de gamme et le moyen de gamme il y a maintenant les micro marques qui progressent, offrent un bon rapport Q/P,
bref ce que faisaient avant les Longines Tudor and co…La suite ? on peut facilement imaginer les trois groupes principaux comblant leur pertes de parts de marché en rachetant
les plus innovantes / intéressantes / succesfull etc. de ces marques. L’histoire pourrait ensuite recommencer …
Isosta
Alors justement le patron d’un groupe horloger m’a confié que les micromarques ont une niche mais que cette dernière n’a vraiment rien d’équivalent par rapport aux marques établies et notamment celles appartenant aux grands groupes. Le marché horloger mondial a été évalué à 75,8 milliards USD ( chiffre 2024) alors qu’en comparaison les micromarques représenteraient environ quelques centaines de millions USD.
Pour reprendre une citation que j’aime beaucoup : « Nous ne sommes que des grains de sable sur la plage, mais sans les grains de sable, il n’y a pas de plage »
(petite adaptation que je me permets sur la citation orginelle de Bernard Werber)Cela met en perspective le rapport entre les marques « établies » et les micromarques. Cela ne veut pas dire que les micromarques ne sont rien ! Mais cela permet de remettre l’église au milieu du village pour reprendre l’une des expressions favorites de notre cher ZEN.
Le monde des micromarques n’est pas le monde de la « Tech » américaine, loin de là, avec des startups rachetées à coups de milliards. Je reviendrai sur le sujet à un moment car il sera intéressant d’en parler.
Maintenant que Tudor, Longines et même Seiko laissent potentiellement un boulevard, oui je dirais que c’est une opportunité pour les micromarques mais c’est hyperconcurrentiel ! Certaines marques sont passées des calibres Miyota d’entrée de gamme au G100 pour tenter de grandir et de « profiter du boulevard » et je peux vous dire qu’il y en a qui se fracassent les dents car passer des montres à quelques centaines d’euros au niveau supérieur au dessus des 1000 euros, c’est une gageure !
De même, un Longines qui était à mon avis bien positionné dans le passé a fait le choix d’une explosion des prix et, c’est mon avis personnel, l’expression boire la tasse a problablement dû se justifier. Et pas qu’un peu.
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Instagram : don_writer_w8 mai 2026 à 7h27 #420005080627didou
Membrela DDD Electra fut la première micro marque dans ma collection. Je ne la regrette nullement, elle offre un rapport qualité-prix-plaisir exemplaire.
Je me réjouis de voir des mouvements français, suisses, franco-suisse se frotter aux normes de Chronométrie qui avalisaient jusqu’ici des productions bien plus onéreuses au motif d’une certification.Par rapport aux leaders du marché dont le chaland pense qu’il demeurera toujours une certaine valeur de transmission ou de revente, ces micro-marques ont beaucoup joué sur le néo vintage, valeur "sûre".
Et toute la difficulté reste de trouver son style dédié pour un objet technique qui n’excède pas quelques centimètres carrés et dont le mécanisme sera forcément emprunté à une industrie tierce.
C’est une gageure car, en économie capitaliste, le but d’une entreprise est de créer des richesses. Alors les micros-marques même si elles ne pèsent guère en termes de chiffres, deviennent le poil à gratter et produisent des montres souvent qualitatives.
Et il suffit d’un grain de sable (ou de folie) pour enrayer la machine, grosse ou petite. Pas besoin d’une plage …
8 mai 2026 à 8h51 #420005080628georges zaslavsky
MembreMerci pour ce billet très intéressant Don
8 mai 2026 à 20h44 #420005080629oeufmollet
MembreIl y a quand même eu quelques nouveautés sympathiques, même si on ne peut peut-être parler de prises de risques évidemment.
Je pense notamment à Oris, avec sa nouvelle Oris Star Edition, petit modèle à l’ancienne avec un boitier tonneau 35mm, 3 aiguilles classique, sobre, efficace … et pour continuer avec cette marque, ils ont récemment ressorti des Artelier qui ressemble à qqchose (pas un cadran tout lisse avec 3 aiguilles comme ils avaient depuis qq années alors que leurs anciennes Artelier étaient magnifiques), ils ont ressorti aussi des nouvelles Big Crown Propilot, proches dans l’idée des originales, mais quand même bien retravaillées ! Bref, j’ai commencé avec une Oris il y a une bonne douzaine d’années, j’ai trouvé qu’ils manquaient d’imagination depuis un bon moment, mais là, ils semblent se remettre au boulot pour sortir autre chose que des nouvelles couleurs de leurs modèles ^^
J’ai aussi découvert d’autres nouveautés vraiment intéressantes (pas juste des rééditions) grâce à la page youtube « parlons montres ».
Alors oui, je suis d’accord, c’est globalement assez calme, relativement peu de prise de risques, mais il y a quand même qq marques qui tentent des choses, qui tentent de ressortir des modèles typés à l’ancienne, ou qui essaient d’innover un peu
9 mai 2026 à 4h56 #420005080630dedune
MembreC’est clair que les micro marques ne sont pas toutes des vecteurs de rupture, loin de là !
Certaines comme Spaceone apportent de vraies nouveautés, à la fois sur le plan technique que du design. Une mention pour C.Ward aussi. Et Satory Billard qui répond à une demande que les marques mainstream ne peuvent traiter.
Mais la majorité ne font que ressasser les designs du passé avec des composants standards (soyons honnêtes, Electra est dans le lot).
Et en matière de rupture, les majors ne sont pas en reste: Dynapulse, c’est de la rupture. Le Spirate aussi (ok ça date de 2 ans déjà, mais comme je le disais plus tôt, une rupture tous les ans ce n’est plus de la rupture).
Mon point de vue, c’est que l’horlogerie, tout en restant un secteur conservateur, est très dynamique et fertile, tant sur le plan technique, esthétique que entreprenarial (collabs). Les ruptures viennent de partout: montres connectées, micro marques et majors. C’est un secteur concurrentiel et attractif, ce qui explique ce fourmillement de nouveautés. Bref la rupture est partout, il s’agit juste de savoir la reconnaître.
9 mai 2026 à 8h25 #420005080631didou
Membre- dedune a écrit:
- …
Mon point de vue, c’est que l’horlogerie, tout en restant un secteur conservateur, est très dynamique et fertile, tant sur le plan technique, esthétique que entreprenarial (collabs). Les ruptures viennent de partout: montres connectées, micro marques et majors. C’est un secteur concurrentiel et attractif, ce qui explique ce fourmillement de nouveautés. Bref la rupture est partout, il s’agit juste de savoir la reconnaître.
Globalement, oui. Mais j’ai appris ( il y a longtemps…) qu’il n’y avait pas profit exceptionnel sans prise de risque exceptionnelle. Et compte tenu des récents développements du marché horloger, je pense que les fondateurs de micro marques indépendantes ne souhaitent ou ne peuvent économiquement pas prendre de risques exceptionnels en terme d’investissement d’où une certaine sagesse qui consiste à se situer raisonnablement entre optimisme et réalisme.
C’est effectivement le cas d’Electra et de bien d’autres qui ont pour mérite de proposer à des tarifs décents des assemblages au rapport qualité-prix attractif.Fort heureusement, la recherche et le développement de nouveaux mouvements basés sur la régularité de fonctionnement et l’autonomie est devenu un argument de vente même si elle induit, y compris chez les majors dotés de budget conséquent, des problématiques techniques et des déboires qui vont à l’encontre de ce qui a façonné leur image.
12 mai 2026 à 0h15 #420005080632paysdoufs
Membre- DON a écrit:
- Alors attention tout de même, pour pondérer l’article, en parallèle le secteur reste à la baisse :
Pour autant, je peux constater à mon humble échelle que ce ne sont pas que des personnes âgées qui achètent des montres traditionnelles. On n’est pas non plus au stade de voir une PP à chaque poignet à la sortie des écoles mais je pense qu’il y a une petite tendance qui mine de rien prend de l’ampleur.
De là à compenser une contraction du marché chinois ou les soubresauts du marché américain, je ne pense pas. Mais il y a une petite tendance de fond vers la (re)découverte des montres mécaniques. Je pense que cela peut se voir sur le marché de l’occasion entre autres.
Il faut quand même se méfier de ces chiffres mensuels de la FH…
Comme ils ne sont pas basés sur des ventes aux clients finaux mais sur des exportations, il restent – AMHA – très facile à manipuler…
Concernant les marques dont le modèle.econiquement tient encore debut (ou pas) : Qq’un a également remarqué que Bell & Ross a apparemment biffé l’intégralité des montres ronds de leur catalogue?
12 mai 2026 à 1h21 #420005080633paysdoufs
MembrePour ceux qui seraient intéressé par lire (en anglais) un essai d’Ariel Adams (de chez A Blog To Watch) qui est assez complémentaire à celui de DON :
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