FORUMAMONTRES › Forums › Forum de discussions sur les montres de poche › Age d’apprentissage à Paris XVIIIe siècle
- Ce sujet contient 26 réponses, 5 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
rstl99, le il y a 8 années et 7 mois.
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15 mars 2018 à 10h31 #420003823357
caput
Membre- rstl99 a écrit:
- Merci Caput, j’avais lu un article de Marie-Agnès sur l’internet que j’avais trouvé très intéressant et informatif, donc je suis certain que son livre sera utile pour mes recherches.
–Robert
A deux reprises j’ai été invité a l’une des conférences mais malheureusement je n’ai pas pu me rendre a celle-ci et je le regrette bien.
A bientôt Robert.17 mars 2018 à 4h17 #42000382335817 mars 2018 à 4h53 #420003823359rstl99
MembreC’est un tableau très intéressant Caput. J’avais mis la main sur cet article en ligne de Dequidt et l’ai imprimé pour le lire très prochainement (je lis mieux sur papier qu’en ligne). Il me semble que le livre que tu suggérais plus tôt serait un amalgame de deux ou trois articles qu’elle avait publié (dont celui-ci), sa thèse de doctorat, et probablement d’autres ajouts. Ces sources d’information vont m’informer et me divertir considérablement! J’ai fait une petite recherche sur Dequidt et elle semble une personne très intéressante: ingénieure, consultante d’entreprises en télécommunications et autres domaines, chanteuse lyrique de récital, et bien sûr, spécialiste du domaine des horlogers français au XVIIIe siècle, bravo!
Je possède aussi un livre qui traite d’un sujet similaire, dans ce cas en Angleterre:
Leonard Weiss « Watch-making in England 1760-1820 ». Quoique celui-ci traite moins de l’aspect social, mais plus des aspects techniques entourant la production des diverses composantes des montres de cette époque (outillage, source de matériaux, techniques, spécialisations d’ouvriers divers qui fabriquaient les pièces individuelles). Dequidt semble s’attarder plus en profondeur sur tout l’aspect social, économique du domaine de l’horlogerie, qui est aussi fascinant.
Il serait intéressant un jour de voir un livre surgir qui traite de l’horlogerie durant ce centenaire transitoire (1750-1850), englobant la France, l’Angleterre, la Suisse, les débuts en Amérique, et quelques autres pays (Suède, Allemagne, etc.). Pour le moment, une personne intéressée doit soit se spécialiser dans un ou plusieurs de ces contextes individuellement, et essayer de se faire une idée d’une évolution à plus grande échelle, avec les tendances à la hausse et à la baisse dans les différents pays ou grandes villes, selon les pressions du marché, le contexte économique et politique, les évolutions technologiques, etc. Un sujet très vaste mais intéressant à plusieurs niveaux.
17 mars 2018 à 5h05 #420003823360rstl99
MembreJe viens de trouver cette présentation filmée de Marie-Agnès qui devrait régaler ceux comme moi qui s’intéressent à ce sujet:
Présentation de Marie-Agnès Dequidt
17 mars 2018 à 5h59 #420003823361caput
MembreMerci Robert pour ce lien sur cette vidéo que je n’avais pas vu, elle est un petit résumé du livre.
Je suis persuadé que tu prendras plaisir à le lire pour son grand intérêt sur le sujet.17 mars 2018 à 21h18 #420003823362kelorkilé
MembreMerci à vous deux, je suis ce thread avec intérêt et je le trouve très instructif.
Amicalement GG
18 mars 2018 à 2h25 #420003823363rstl99
MembrePour revenir à ma question originale, j’ai trouvé ce document qui y répond très bien. En résumé il semble que l’estimé de 12 à 15 ans pour début d’apprentissage d’horloger parait très raisonnable, et peut-être plus près de 15 qui semble être la moyenne pour toutes professions en général. J’assume que l’apprenti horloger de 15 ans provenant d’une famille avec quelques moyens, aurait eu une éducation primaire auparavant de commencer son apprentissage, ce qui aiderait dans le domaine horloger (lire les livres d’horlogerie pour instruction théorique, utilisation de mathématiques pour calculs relatifs à l’horlogerie, etc.).
L’apprentissage au XVIIIe siècle, le cas de Paris
Extrait:
Si l’âge de l’apprenti n’est pas indifférent au maître, il n’est pas pour autant facile d’établir des critères extrêmement rigoureux gouvernant son choix. Trop jeune — au-dessous de 12 ans est le seuil communément admis — et l’enfant n’est guère capable de supporter une occupation trop sérieuse, d’apprendre attentivement, ou de se charger des travaux pénibles. Trop âgé — on hésite entre 16 et 18 ans comme démarcation — il est à craindre qu’il n’ait plus la docilité nécessaire. Certaines communautés stipulent les minima et maxima loisibles : les orfèvres, 10 et 16 ans ; les boulangers, 14 et 20 ; les charpentiers, 15 à 20.
Dans nos contrats, l’âge moyen du plus jeune apprenti représentant chaque métier est de 12,95 ans ; le plus vieux de 20,96. L’âge moyen de tous les apprentis (n = 293) s’élèvent à 15,91 ans. Les maîtres semblent répugner davantage à prendre des enfants trop jeunes qu’à employer des adolescents trop mûrs. Ils veulent pouvoir s’en servir utilement tout de suite. Ils sont convaincus qu’ils parviendront à motiver et modeler même les plus vieux. Dans certaines professions, l’âge moyen est assez élevé : tonneliers (23,5 ans) ; pain d’épiciers (21) ; merciers, épiciers et cardeurs (19) ; bouchers, fabriquants d’étoffes, miroitiers, et graveurs (18). Dans les professions à dominante marchande par exemple chez les merciers et les épiciers, où la vente et les relations avec les clients priment sur tout le reste et où la connaissance générale et l’assurance dans la comptabilité pèsent lourdement, on comprend mieux la volonté de favoriser la relative maturité que dans les autres métiers.
Les métiers de tous ordres où l’on remarque les plus jeunes ne présentent pas de traits bien spécifiques ou révélateurs : éventaillistes (12 ans) ; perruquiers (13,6) ; brossiers, cloutiers, charrons, papetiers, sculpteurs, selliers (14). Les apprentis encore plus jeunes ne sont pas légion : un menuisier de 9 ans, un perruquier de 10 ans, un tailleur d’habits de 11 ans. Une dizaine ont plus de 25 ans, un graveur de 29 ans étant le doyen. Les très jeunes sont placés par des parents liés au maître, ou par des tuteurs soucieux d’assurer vite l’avenir de leurs charges. Le cas des « vieux » est souvent plus compliqué. Prenons celui de Pierre Gauche, fils d’un défunt filassier, âgé de 25 ans passés. Déjà compagnon tonnelier depuis plusieurs années, il s’engage tout de même comme apprenti pour une période de cinq ans, régression volontaire pour pouvoir parvenir à la maîtrise. (A ce propos, on aimerait savoir ce que les autres « vieux » apprentis ont fait de leur enfance/ adolescence avant de s’y engager.)
L’éventail d’âge à l’intérieur de la profession est souvent très frappant : chez les menuisiers de 9 à 26 ans ; les tapissiers de 11 à 25 ; les peintres de 11 à 21 ; les cordonniers de 12 à 22 ; les fondeurs de 12 à 21 ; les bourreliers de 13 à 24. Placées plus jeunes en moyenne que les autres (14,6 ans) par des familles peut-être plus pressées, la centaine d’apprenties couturières varient en âge entre 10 et 28 ans.
80 % de nos apprentis (n = 214) savent signer. Parmi le cinquième non-instruit, les jeunes dépassent très légèrement les plus âgés. Ces derniers sont plus nombreux chez les cordonniers, les menuisiers, et les rôtisseurs qu’ailleurs.18 mars 2018 à 3h36 #420003823364rstl99
MembreCi-bas une autre présentation de Marie-Agnès Dequidt, enregistrée en 2016, où elle présente essentiellement les mêmes informations que la précédente, mais avec beaucoup de détails intéressants ajoutés ici et là. On n’a que le son audio pour celle-ci, et à la fin il y a une intéressante session de questions et réponses avec des membres de l’auditoire.
Titre complet: Titre complet : Vous avez l’heure ? Production et consommation horlogère à Paris au XVIIIe siècle.
Intervention de Marie-Agnès Dequidt de l’Université Paris Est Créteil dans le cadre du cycle de conférences » Les arts du superflu, un luxe indispensable – Paris, les arts décoratifs et la mode » organisé conjointement par les Archives départementales de Paris et le Comité d’histoire de la Ville de Paris18 mars 2018 à 6h40 #420003823365caput
MembreJe vois que j’ai effectué mon apprentissage au siècle dernier
à l’âge moyen que nos apprentis du XVIII siècle
.19 mars 2018 à 7h27 #420003823366rstl99
MembrePlus les choses changent, plus elles se ressemblent…
Quel domaine ton apprentissage Caput? horlogerie?En passant, j’ai récemment appris que tous les registres paroissiaux parisiens (naissances, baptêmes, etc) ont été la victime des flammes en mai 1871 par « les communards ». Ca ne doit pas rendre la vie facile aux rechercheurs historiques et généalogiques. Sacré gaillards, ces « communards »….
–Robert
19 mars 2018 à 8h45 #420003823367caput
Membre- rstl99 a écrit:
- Plus les choses changent, plus elles se ressemblent…
Quel domaine ton apprentissage Caput? horlogerie?–Robert
Dans le domaine qui nous passionne l’horlogerie
19 mars 2018 à 10h45 #420003823368rstl99
MembreBravo, de faire partie de la confrérie des horlogers! Moi, je ne serai toujours qu’un simple amateur

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