FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Actu: Petit point chiffré sur les perversions humaines…
- Ce sujet contient 20 réponses, 12 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
adco86, le il y a 7 années et 11 mois.
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20 novembre 2018 à 19h51 #410000130011
ZEN
Membre- Citation :
- Petit point chiffré sur les perversions humaines…
Plus l’empire de la valeur s’étendra, plus la valeur de l’empereur empirera
Un petit point sur les perversions humaines en trois chiffres : 17 millions, 450 millions et 660000 euros. Pourquoi ces trois chiffres ? Parce que l’on a assisté successivement à la vente d’une montre Rolex ayant appartenu à Paul Newman à 17 millions de dollars, puis un tableau de Léonard de Vinci à la bagatelle de 450 patates et enfin, ce week-end une feuille d’or qui aurait pu se trouver sur la couronne de l’empereur – je dis bien elle aurait pu – une feuille d’or vendu à plus d’un demi-million d’euros parce qu’elle renvoie vaguement à l’histoire de Napoléon.
Alors on peut bien sûr évoquer le caractère indécent de ces sommes, 17 millions pour une montre fut-elle une Rolex, et même lorsque l’on a plus de 50 ans et que l’on ne veut pas rater sa vie, 17 millions pour une Rolex, c’est en effet tout à fait faramineux, une montre qui ne vaut plus le prix d’un appartement ou d’un immeuble mais celui d’un pâté de maison…
Mais ces prix fous ne sont que les conséquences d’un système de valeur dominé par le fétichisme. Parce que oui, pour dépenser des millions dans un bout de ferraille appelé montre ou dans quelques grammes d’une feuille d’or parce qu’elle aurait pu appartenir à Napoléon, il faut tout simplement être fétichiste, autrement dit prêter une valeur à ces objets complètement indépendante de leur valeur intrinsèque.
Une montre à 17 patates cela vérifie ce que Marx appelait le fétichisme de la marchandise dans le tome 1 du Capital. Autrement dit, une illusion qui, dans le cadre de la production marchande, fait que les marchandises se voient attribuer des qualités quasi religieuses. Et si l’on en croit Marx, le développement du capitalisme allait souligner encore le fétichisme des marchandises, voilà pourquoi plus l’empire de la valeur s’étendra, plus la valeur de l’empereur empirera.
20 novembre 2018 à 20h24 #420003735433Rocca
MembrePetit rappel de quelques bases…
Mais Erner enfonce une porte ouverte, tellement l’exemple de la montre est caricatural.
20 novembre 2018 à 20h27 #420003735434FraDiavolo
MembreIl est vrai que ces valeurs peuvent choquer tant elles semblent démesurées.
Elles n’en sont pas moins très rationnelles dans un Monde où les banques centrales fabriquent chaque jour des milliards ($ ou €, voire Yens ou Renminbi au choix) en quantités gigantesques.
Ces valeurs artificielles n’ayant aucune contrepartie dans l’industrie (elles ne sont émises que pour éviter l’effondrement du système financier devenu incontrôlable…), il ne faut pas s’étonner qu’elles soient:
– 1) disponibles en (très) grandes quantités.(les banques et établissements financiers ne savent littéralement plus quoi en faire…)
– 2) déconnectées de tout réalité.(Voir sur ces sujets Thomas Piketty ou Paul Krugman, et pas mal d’autres économistes.)
…My 2 billion cents
20 novembre 2018 à 20h34 #420003735435adco86
MembreCaricatural peut-être mais réel.
Eh oui, nous vivons dans ce monde là !
Un monde où la spéculation donne à un produit industriel la valeur de 17 maisons ou de 200 montres de Kari Voutilainen qui, lui, fait vraiment dans l’unicité et l’exception.
Bref, je crois que l’on est passé à un stade post-culturel.
L’argent est devenu la valeur de référence de certains milieux notamment dans l’art et on ne peut que le déplorer.
Quand on imagine que Koons vend ses m***** en plastique moulé et ses clichés sans intérêt de baise avec la Cicciolina au prix de l’or, on est partagé entre l’envie de pleurer et de rire.
Tout cela n’a pas le moindre sens, pas le moindre sens.
20 novembre 2018 à 20h48 #420003735436fredperry63
Membre- adco86 a écrit:
- Caricatural peut-être mais réel.
Eh oui, nous vivons dans ce monde là !
Un monde où la spéculation donne à un produit industriel la valeur de 17 maisons ou de 200 montres de Kari Voutilainen qui, lui, fait vraiment dans l’unicité et l’exception.
Bref, je crois que l’on est passé à un stade post-culturel.
L’argent est devenu la valeur de référence de certains milieux notamment dans l’art et on ne peut que le déplorer.
Quand on imagine que Koons vend ses m***** en plastique moulé et ses clichés sans intérêt de baise avec la Cicciolina au prix de l’or, on est partagé entre l’envie de pleurer et de rire.
Tout cela n’a pas le moindre sens, pas le moindre sens.
Chez moi ça en fait un peu plus
20 novembre 2018 à 20h55 #420003735437ZEN
MembreOui et non. S’interroge-t-on sur la valeur intrinsèque d’un tableau, croûte peinte il y a deux ou trois siècles ? C’est de l’art, répondra-t-on, et la montre n’est que le fruit de l’industrie ou d’une fabrication en série tout comme des objets manufacturés qui sont présentés dans de nombreux musées.
On peut regarder cette Daytona de Newman comme le symbole du fétichisme, on peut aussi la voir comme l’icône d’une civilisation attachée au temps passé et à ce qu’il symbolise. La montre ou les lunettes de Gandhi, culte ou fétichisme ?
Notre société industrielle joue dans le segment du luxe sur les séries limitées et ce sentiment d’exclusivité et de privilège qui est de posséder ce que d’autres ne pourront avoir. Un objet qui sera convoité, suscitera l’envie des autres, leur admiration et une forme de reconnaissance sociale. Plus que le fétichisme, analyse primaire de la situation, je vois mais suis-je le seul à le voir une opération commerciale qui joue sur le ressenti d’exclusivité et une manipulation à des fins commerciales du milieu de l’industrie horlogère qui est en crise.
On aura démontré au public avec cette vente qu’une montre peut avoir une valeur spéculative (les articles qui pleuvent sur l’intérêt des montres en qualité d’objet d’investissement le confortent), la période où la vente est faite (avant que la presse magazine n’imprime pour Noël), les besoins de relance de l’industrie horlogère alors que Baselworld perd près de 50% de ses exposants, la guerre fratricide entre les maison d’enchère, la ruse (positive) d’Aurel Bacs pour sentir les marchés et être disponible auprès de cette industrie etc …
Non, le fétichisme est une interprétation bien trop superficielle faite par quelqu’un qui n’a pas approfondi le sujet et les choses sont bien plus subtiles et viciées. Le fétichisme serait une version naïve et gentillette mais ici sans lien avec cette vente.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).20 novembre 2018 à 20h58 #420003735438FraDiavolo
MembreD’accord pour écarter le fétichisme proprement dit dans ces délires de survaleur.
C’est juste de la mécanique financière.20 novembre 2018 à 21h06 #420003735439Daniel.Lohill
Membre- adco86 a écrit:
- Caricatural peut-être mais réel.
Eh oui, nous vivons dans ce monde là !
Un monde où la spéculation donne à un produit industriel la valeur de 17 maisons ou de 200 montres de Kari Voutilainen qui, lui, fait vraiment dans l’unicité et l’exception.
Bref, je crois que l’on est passé à un stade post-culturel.
L’argent est devenu la valeur de référence de certains milieux notamment dans l’art et on ne peut que le déplorer.
Quand on imagine que Koons vend ses m***** en plastique moulé et ses clichés sans intérêt de baise avec la Cicciolina au prix de l’or, on est partagé entre l’envie de pleurer et de rire.
Tout cela n’a pas le moindre sens, pas le moindre sens.
Oui mas justement, Koons est la définition parfaite de ce monde. Ancien courtier en bourse, je pense que c’est là qu’il a parfaitement intégré les rouages de l’argent.
Clairement, ce qu’il fait n’a aucun intérêt. Néanmoins, il a réussi à séduire les gros portefeuilles de ce monde. Je ne serais même pas étonné s’il a basé sa réussite avec un argumentaire sur la défiscalisation dans les investissements dans l’art…20 novembre 2018 à 21h19 #420003735440FraDiavolo
Membre- Daniel.Lohill a écrit:
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Oui mas justement, Koons est la définition parfaite de ce monde. Ancien courtier en bourse, je pense que c’est là qu’il a parfaitement intégré les rouages de l’argent.
Clairement, ce qu’il fait n’a aucun intérêt. Néanmoins, il a réussi à séduire les gros portefeuilles de ce monde.
Pas inutile de préciser que son agent (et acheteur principal…
) n’est autre qu’un certain François Pinault,
grand spécialiste de la « valorisation », et puissant ami des « gros portefeuilles » dont tu parles…(en réalité des fonds souverains de placement.)20 novembre 2018 à 21h34 #420003735441Rocca
MembrePar contre, là où Erner commet une étonnante confusion, c’est lorsqu’il compare la montre, banal produit industriel, aux deux autres objets qui sont d’une incomparable dimension artistique et historique.
Matérialisme, quand tu nous tiens…
20 novembre 2018 à 21h40 #420003735442MaitreRobinton
MembreJe suis d’accord : la valeur financière des objets est complètement déconnectée de leur valeur économico/industrielle, conséquence d’une surabondance de liquidité dans un marché dérégulé.
Ce qui me navre davantage à notre époque, est de considérer que la valeur d’un individu soit proportionnelle à sa capacité à accumuler de la richesse dans un tel contexte.
20 novembre 2018 à 22h57 #420003735443Daniel.Lohill
Membre- MaitreRobinton a écrit:
- Je suis d’accord : la valeur financière des objets est complètement déconnectée de leur valeur économico/industrielle, conséquence d’une surabondance de liquidité dans un marché dérégulé.
Ce qui me navre davantage à notre époque, est de considérer que la valeur d’un individu soit proportionnelle à sa capacité à accumuler de la richesse dans un tel contexte.
Ton second point est tellement vrai… malheureusement.
20 novembre 2018 à 23h43 #420003735444Jicé
Membre- ZEN a écrit:
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Une montre à 17 patates cela vérifie ce que Marx appelait le fétichisme de la marchandise dans le tome 1 du Capital. Autrement dit, une illusion qui, dans le cadre de la production marchande, fait que les marchandises se voient attribuer des qualités quasi religieuses.
Egalement entendu ce matin.
Mais ce qu’il décrit là, en citation, c’est ni plus ni moins de la valeur ajoutée ?
21 novembre 2018 à 7h03 #420003735445adco86
Membre- Daniel.Lohill a écrit:
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Oui mas justement, Koons est la définition parfaite de ce monde. Ancien courtier en bourse, je pense que c’est là qu’il a parfaitement intégré les rouages de l’argent.
Clairement, ce qu’il fait n’a aucun intérêt. Néanmoins, il a réussi à séduire les gros portefeuilles de ce monde. Je ne serais même pas étonné s’il a basé sa réussite avec un argumentaire sur la défiscalisation dans les investissements dans l’art…
- FraDiavolo a écrit:
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Pas inutile de préciser que son agent (et acheteur principal…
) n’est autre qu’un certain François Pinault,
grand spécialiste de la « valorisation », et puissant ami des « gros portefeuilles » dont tu parles…(en réalité des fonds souverains de placement.)
Je suis en phase avec vos deux interventions.
La précision de FraDiavolo est ultra pertinente et la mécanique de certains grands « collectionneurs » est d’ailleurs bien connue dans le milieu de l’art.
Il s’agit essentiellement d’acheter la quasi totalité de l’atelier d’un artiste que l’on veut faire « monter » puis d’organiser l’adjudication de quelques oeuvres restantes.
A ce moment, on enchérit comme un dingo pour remporter une vente totalement irrationnelle qui va instantanément créer un précédent et donc une « cote » pour l’artiste en question.
L’intérêt de la manoeuvre ?
On se retrouve à la tête d’une collection dont la valeur vénale a été multipliée par 15 20 30 voire plus en quelques minutes (enfin, en quelques enchères).Bref, tout cela n’est que spéculation et artifice pur.
Le vrai monde de l’art est au fond des ateliers, pas dans ces magouilles…
21 novembre 2018 à 17h48 #420003735446keanu666
Membre- ZEN a écrit:
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Une montre à 17 patates cela vérifie ce que Marx appelait le fétichisme de la marchandise dans le tome 1 du Capital.
Ca résume bien notre état d’esprit sur le forum.
De gros fétichistes! Que ce soit 50 euros ou 17 millions nous sommes tous un peu timbrés
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