Une question sur la référence en réglage de montres

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13 sujets de 1 à 13 (sur un total de 13)
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    Messages
  • #410000148177
    Ganesh
    Membre

    Bonjour
    Une question qui me trotte dans la tête depuis plusieurs mois Incompréhensible
    Quand on a commencé à produire des horloges, puis des montres de marine et des goussets, il fallait bien une référence pour les contrôler le réglage.

    Aujourd’hui c’est finger in ze nose, on a accès à l’heure atomique (via les montres synchronisées par GPS)
    Comment procédait on ? un cadran solaire ne permet pas d’avoir une précision meilleure que plusieurs minutes. Peut être une clepsydre ou un sablier , on peut surement calculer la vitesse d’écoulement et donc en mesurant le liquide avoir une référence.

    Par la suite, lors des concours de chronométrie, quelle était la montre étalon? (avant le quartz bien sur clown )

    #420004550019
    willbur
    Membre

    L’heure atomique permet de découper le temps mais pas de savoir si midi est vraiment midi….
    Seule l’astronomie permet de dire si le soleil est au zenith ou pas.

    Sinon je n’ai pas la réponse mais je pense que la physique avec des périodes de systèmes oscillants doit permettre de découper le temps.

    #420004550020
    Xaipe
    Membre

    un bel article comme savait les concocter Joël…

    https://sites.google.com/site/hourconquest/la-chronometrie-de-concours

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    Avez-vous coché toutes les cases ?

    #420004550021
    Hypnos
    Membre
    Xaipe a écrit:
    un bel article comme savait les concocter Joël…

    https://sites.google.com/site/hourconquest/la-chronometrie-de-concours

    Merci pour le lien sur le site très intéressant Chinois
    … mais dommage que beaucoup d’images ne soient plus accessibles

    #420004550022
    Saturne
    Membre

    L’étalon de référence à évolué au fil du temps comme tu t’en doutes :
    – Au départ, un cadran solaire était amplement suffisant vu la précision des premières horloges à foliot (plusieurs minutes par jour). D’autant qu’on peut établir des cadrans solaires relativement précis (précision sous la minute pour une bonne méridienne). Bien entendu il faut penser à apporter une correction pour convertir le temps solaire « vrai » en « temps moyen » affiché par l’horloge.
    – Avec l’augmentation de la précision des horloges, on s’est tourné vers l’observation du passage des étoiles « fixes » au méridien. Concrètement on a un télescope muni d’un réticule et dont l’axe N-S est fixe; il est alors facile d’observer le passage d’une étoile quelconque au méridien de l’observatoire. Entre deux passages de l’étoile s’est écoulé exactement un jour sidéral (environ 23h56min4s de temps moyen) reste à faire la conversion pour régler l’horloge.
    – Avec l’arrivée des horloges atomiques, on a changé la définition même de la seconde (en 1967) pour se détacher presque entièrement de l’astronomie. Le seul vestige est l’usage de secondes dites « additionnelles » certaines années pour tenir compte du ralentissement de la rotation de la terre et remettre d’accord le temps atomique et le temps astronomique.

    Bien sûr, j’ai évoqué ci-dessus l’étalon « primaire » de temps. Pour l’usage pratique et quotidien on employait des étalons « secondaires » qui étaient remis à l’heure périodiquement sur l’étalon primaire.
    Par exemple, un atelier d’horlogerie Parisien du début du XIXème siècle avait en général une horloge de précision (appelée régulateur) qui lui servait d’étalon. Cette horloge pouvait être remise à l’heure périodiquement en allant chercher l’heure à l’observatoire (avec une bonne montre pour la conserver le temps de rentrer à l’atelier).
    Plus tard l’heure de l’observatoire a pu être communiquée par téléphone, au départ en appelant directement un employé de l’observatoire, puis dès 1933 par l’horloge parlante.

    Pour les concours de chronométrie les observatoires possédaient d’excellents régulateurs précis à quelques centièmes de secondes par jour. Il s’agissait d’horloges électromécaniques à balancier, fonctionnant dans une enceinte sous vide et qui étaient enfouis dans les sous-sols de l’observatoire pour être à l’abri des fluctuations de température et des vibrations. L’heure de ces régulateurs était transmise électriquement à des horloges « filles » (asservies) dans tout l’observatoire.

    J’ai essayé de résumer au mieux mais on pourrait développer beaucoup plus cette histoire en parlant des « marchands d’heure », des réseaux d’horloges pneumatiques, des boules horaires et autres coups de canon qui ont servi à transmettre le temps à distance.

    #420004550023
    Hypnos
    Membre
    Saturne a écrit:
    L’étalon de référence à évolué au fil du temps comme tu t’en doutes :
    – Au départ, un cadran solaire était amplement suffisant vu la précision des premières horloges à foliot (plusieurs minutes par jour). D’autant qu’on peut établir des cadrans solaires relativement précis (précision sous la minute pour une bonne méridienne). Bien entendu il faut penser à apporter une correction pour convertir le temps solaire « vrai » en « temps moyen » affiché par l’horloge.
    – Avec l’augmentation de la précision des horloges, on s’est tourné vers l’observation du passage des étoiles « fixes » au méridien. Concrètement on a un télescope muni d’un réticule et dont l’axe N-S est fixe; il est alors facile d’observer le passage d’une étoile quelconque au méridien de l’observatoire. Entre deux passages de l’étoile s’est écoulé exactement un jour sidéral (environ 23h56min4s de temps moyen) reste à faire la conversion pour régler l’horloge.
    – Avec l’arrivée des horloges atomiques, on a changé la définition même de la seconde (en 1967) pour se détacher presque entièrement de l’astronomie. Le seul vestige est l’usage de secondes dites « additionnelles » certaines années pour tenir compte du ralentissement de la rotation de la terre et remettre d’accord le temps atomique et le temps astronomique.

    Bien sûr, j’ai évoqué ci-dessus l’étalon « primaire » de temps. Pour l’usage pratique et quotidien on employait des étalons « secondaires » qui étaient remis à l’heure périodiquement sur l’étalon primaire.
    Par exemple, un atelier d’horlogerie Parisien du début du XIXème siècle avait en général une horloge de précision (appelée régulateur) qui lui servait d’étalon. Cette horloge pouvait être remise à l’heure périodiquement en allant chercher l’heure à l’observatoire (avec une bonne montre pour la conserver le temps de rentrer à l’atelier).
    Plus tard l’heure de l’observatoire a pu être communiquée par téléphone, au départ en appelant directement un employé de l’observatoire, puis dès 1933 par l’horloge parlante.

    Pour les concours de chronométrie les observatoires possédaient d’excellents régulateurs précis à quelques centièmes de secondes par jour. Il s’agissait d’horloges électromécaniques à balancier, fonctionnant dans une enceinte sous vide et qui étaient enfouis dans les sous-sols de l’observatoire pour être à l’abri des fluctuations de température et des vibrations. L’heure de ces régulateurs était transmise électriquement à des horloges « filles » (asservies) dans tout l’observatoire.

    J’ai essayé de résumer au mieux mais on pourrait développer beaucoup plus cette histoire en parlant des « marchands d’heure », des réseaux d’horloges pneumatiques, des boules horaires et autres coups de canon qui ont servi à transmettre le temps à distance.

    Merci Saturne pour ce délicieux résumé.
    On a là les bases, histoire d’échapper au vertige métaphysique de la poule et de l’œuf.
    Chacun peut approfondir les chapitres que tu as esquissés. flower

    #420004550024
    Xaipe
    Membre
    Saturne a écrit:

    J’ai essayé de résumer au mieux mais on pourrait développer beaucoup plus cette histoire en parlant des « marchands d’heure », des réseaux d’horloges pneumatiques, des boules horaires et autres coups de canon qui ont servi à transmettre le temps à distance.

    Un des plus célèbres étant celui ci

    Une question sur la référence en réglage de montres Royal-10

    L’observatoire royal de Greenwich et sa fameuse boule rouge destinée à donner le top aux horloges de marine des navires anglais mouillant dans l’estuaire de la Tamise.

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    #420004550025
    Ganesh
    Membre

    Merci pour ces informations fort instructives thumleft bravohap Chinois

    #420004550026
    Ganesh
    Membre
    Xaipe a écrit:
    un bel article comme savait les concocter Joël…

    https://sites.google.com/site/hourconquest/la-chronometrie-de-concours

    Merci Xaipe, ce site est une vraie pépite bravohap , je ne le connaissais pas

    #420004550027
    gregHo
    Membre
    Saturne a écrit:
    L’étalon de référence à évolué au fil du temps comme tu t’en doutes :
    – Au départ, un cadran solaire était amplement suffisant vu la précision des premières horloges à foliot (plusieurs minutes par jour). D’autant qu’on peut établir des cadrans solaires relativement précis (précision sous la minute pour une bonne méridienne). Bien entendu il faut penser à apporter une correction pour convertir le temps solaire « vrai » en « temps moyen » affiché par l’horloge.
    – Avec l’augmentation de la précision des horloges, on s’est tourné vers l’observation du passage des étoiles « fixes » au méridien. Concrètement on a un télescope muni d’un réticule et dont l’axe N-S est fixe; il est alors facile d’observer le passage d’une étoile quelconque au méridien de l’observatoire. Entre deux passages de l’étoile s’est écoulé exactement un jour sidéral (environ 23h56min4s de temps moyen) reste à faire la conversion pour régler l’horloge.
    – Avec l’arrivée des horloges atomiques, on a changé la définition même de la seconde (en 1967) pour se détacher presque entièrement de l’astronomie. Le seul vestige est l’usage de secondes dites « additionnelles » certaines années pour tenir compte du ralentissement de la rotation de la terre et remettre d’accord le temps atomique et le temps astronomique.

    Bien sûr, j’ai évoqué ci-dessus l’étalon « primaire » de temps. Pour l’usage pratique et quotidien on employait des étalons « secondaires » qui étaient remis à l’heure périodiquement sur l’étalon primaire.
    Par exemple, un atelier d’horlogerie Parisien du début du XIXème siècle avait en général une horloge de précision (appelée régulateur) qui lui servait d’étalon. Cette horloge pouvait être remise à l’heure périodiquement en allant chercher l’heure à l’observatoire (avec une bonne montre pour la conserver le temps de rentrer à l’atelier).
    Plus tard l’heure de l’observatoire a pu être communiquée par téléphone, au départ en appelant directement un employé de l’observatoire, puis dès 1933 par l’horloge parlante.

    Pour les concours de chronométrie les observatoires possédaient d’excellents régulateurs précis à quelques centièmes de secondes par jour. Il s’agissait d’horloges électromécaniques à balancier, fonctionnant dans une enceinte sous vide et qui étaient enfouis dans les sous-sols de l’observatoire pour être à l’abri des fluctuations de température et des vibrations. L’heure de ces régulateurs était transmise électriquement à des horloges « filles » (asservies) dans tout l’observatoire.

    J’ai essayé de résumer au mieux mais on pourrait développer beaucoup plus cette histoire en parlant des « marchands d’heure », des réseaux d’horloges pneumatiques, des boules horaires et autres coups de canon qui ont servi à transmettre le temps à distance.

    Comment un particulier remettait à l’heure sa montre ou horloge avant l’horloge parlante ? il retournait à l’atelier d’horlogerie pour  » récupere » la bonne heure ?

    #420004550028
    raynew
    Membre

    Ca n’est pas Einstein qui a développé sa fameuse théorie à partir de cette problématique ?

    #420004550029
    Saturne
    Membre
    gregHo a écrit:
    Comment un particulier remettait à l’heure sa montre ou horloge avant l’horloge parlante ? il retournait à l’atelier d’horlogerie pour  » récupere » la bonne heure ?

    Il pouvait « récupérer » l’heure chez son horloger en effet car celui-ci avait fréquemment dans sa vitrine une horloge ou une montre de précision pour « offrir » l’heure à ses clients :
    https://famontres.com/forums/topic/les-chronometres-de-vitrine-zenith/

    Il pouvait aussi se fier aux sonneries ou aux cadrans des horloges publiques (églises, mairies, beffrois, gares)

    Enfin, il pouvait aussi s’en remettre à un cadran solaire ou à une « méridienne » (cadran solaire destiné spécialement à indiquer midi)

    De cette pratique est née l’expression restée dans le langage courant :
    « Chacun voit midi à sa porte » (car on se fie au cadran solaire le plus proche de chez soi et que les cadrans solaires d’une ville concordaient rarement entre eux)
    https://www.lalanguefrancaise.com/expressions/voir-midi-a-sa-porte-definition-et-origine

    #420004550030
    Suntime
    Membre
    Hypnos a écrit:
    Merci pour le lien sur le site très intéressant Chinois
    … mais dommage que beaucoup d’images ne soient plus accessibles

    À quatre années de distance, un commentaire : le site archive.org a gardé la mémoire complète de cet article, avec toutes les images !
    La chronométrie de concours.

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