Le mythe de la crise du quartz

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 71)
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  • #410000111426
    FlashV
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    Dans un article paru dans le quotidien suisse Le Temps, Pierre-Yves Donzé, chercheur associé à l’université d’Osaka, démontre que la crise horlogère de 1975-1985 n’est pas due au déferlement des montres à Quartz (Mouvement) japonaises. Depuis la fin de la guerre, la Suisse « s’était endormie sur ses lauriers ».

    L’essor des montres à quartz japonaises responsable du déclin de l’horlogerie helvétique pendant la décennie allant de 1975 à 1985 ? « Une légende ! » s’exclame Pierre-Yves Donzé dans une longue analyse sur le sujet publiée dans le quotidien suisse Le Temps. Comme le rappelle ce chercheur associé à l’université d’Osaka, la plupart des historiens expliquent cette crise comme une conséquence de l’arrivée sur le marché de montres à quartz, une innovation en laquelle les patrons horlogers suisses n’auraient pas cru. Et Pierre-Yves Donzé de proposer une analyse comparative avec Seiko qui met en évidence l’« inadéquation du propos ».

    Une avancée technologique hors de cause

    « D’une part, le fait que ce soit Seiko qui lance sur le marché la première montre à quartz du monde le jour de Noël 1969 n’est pas le Reflet d’une avancée technologique mais le fruit d’une stratégie visant précisément à imposer l’image de leader en termes de technologie et de précision, explique-t-il. Les entreprises suisses suivront peu après. La question de la primauté et du retard n’a ainsi aucune relation avec la maîtrise technologique. D’autre part, bien qu’elles soient des promoteurs des montres à quartz, les entreprises horlogères japonaises ne réalisent que lentement le passage vers ce nouveau produit. »

    En un mot, ce n’est que durant les années 1980 que les montres électroniques assoient leur triomphe avec le passage d’une production de 25,5 millions de pièces en 1980 à 118,6 millions en 1990 au niveau mondial. « La révolution du quartz se produit ainsi chez Seiko à un moment où la crise est déjà profonde en Suisse, précise le chercheur. La chute des exportations horlogères suisses en 1975-1985 ne peut donc pas s’expliquer par un changement de la demande sur le marché mondial à la suite de l’apparition de montres électroniques, le Japon voyant une poursuite de sa production de montres mécaniques jusqu’au moment où l’industrie horlogère suisse connaît sa Renaissance, dans la seconde partie des années 1980. »

    L’atout des systèmes de production

    Pour Pierre-Yves Donzé, c’est plutôt au niveau des systèmes de production qu’il faut chercher l’origine de la crise. Les garde-temps mécaniques vont être l’objet d’une profonde mutation dans les années d’après-guerre avec l’introduction d’une production de masse des montres bas de gamme dites « Roskopf ». « En 1960, les entreprises horlogères suisses maîtrisent certes ce type de fabrication mais, à l’exception de Rolex, elles ne l’adoptent pas pour les produits de qualité, dit-il. Il y a là une véritable bipolarisation. […] Or, c’est précisément la fusion de ces deux modèles, soit la production en masse de montres de qualité, qui permet aux fabricants japonais de s’imposer sur le marché mondial comme les véritables challengers de la Suisse. Les montres mécaniques de qualité produites en masse permettent au Japon de mettre en cause la position de domination de la Suisse sur le marché mondial au cours des années 1960 et 1970. »

    Et Pierre-Yves Donzé de conclure : « La réaction des horlogers suisses au milieu des années 1980 est connue surtout par la création de la SMH en 1983 [Swatch Group depuis 1998] et le lancement de la Swatch. Cependant, la stratégie adoptée par Nicolas G. Hayek repose aussi sur une profonde restructuration du système de production, avec la généralisation à l’ensemble de l’industrie du système de production en masse, qui était limité aux montres bas de gamme jusque-là. Une rationalisation qui a permis ensuite de se focaliser sur le marketing et d’orchestrer le grand retour sur le marché mondial. » ■

    http://journal.hautehorlogerie.org/fr/article/le-mythe-de-la-crise-du-quartz/

    #420002857972
    nibor
    Membre

    Merci pour cet article.

    #420002857973
    freezehd1
    Membre

    Merci, la « vague quartz » ne serait donc qu’une mauvaise excuse des fabricants suisses ? Shocked

    #420002857974
    Shlakes
    Membre

    Impressionant et pourtant les faits dont il est question ici sont « simples », y a t’il d’autres experts qui auraient ce point de vue ?

    #420002857975
    seiko007
    Membre

    Intéressant merci !
    Un mythe qui s’effondre ?

    #420002857976
    Alecsendri
    Membre

    Disons qu’une cause externe à mis en exergue une cause interne qui l’a amplifiée…

    #420002857977
    Le Güi
    Membre

    Ce n’est pourtant pas nouveau, cela fait des décenies que les services marketing des horlogers Suisses refont l’histoire à leur sauce…

    C’est sur que c’est mois pénalisant de dire « c’est à cause de ces méchants japonais qui font rien que nous embêter avec leurs avancées technologiques » que « bon, c’est vrai qu’on a été nuls… » Le mythe de la crise du quartz Blunt_gi

    #420002857978
    Kerangaro
    Membre

    Le phénomène est bien connu, et le triomphe de l’industrie japonaise a touché tous les secteurs de l’industrie.

    Appareils photos
    Automobile et moto
    hifi
    etc.

    c’est cela qu’on appelle en économie « la théorie du vol d’oies sauvage »
    adoption des modèles industriels et attaques à l’export des marchés industriels à l’aide de faibles coûts de production (monnaie sous évaluée et aides étatiques à l’export).

    C’est ce qui s’est passé dans l’horlogerie, comme ailleurs.

    #420002857979
    dzef
    Membre

    La Suisse s’était endormie et le Japon comme le souligne Kerangaro s’est « envolé » dans tous les domaines pour notre plus grand plaisir.
    De plus ils ont apporté qualité et finition aux produits exportés.
    Je me souviens des motos Anglaises Triumph, Norton et autres qui pissait l’huile. Avec les premières Japonaises (Honda) on n’avait pas besoin de protéger ses bas de pantalon. C’est en partie pour cette raison que la production Anglaise a décliné.
    En photo seul Leica a survécu avec bien du mal face aux Nikon, Canon, Pentax, et consort.
    Olivier

    #420002857980
    Doconwheels
    Membre

    La Corée (du Sud) prend peu ou prou le même chemin que le Japon il y a une quarantaine d’années, dans divers domaines (automobile, high tech, etc.) mais pas encore en horlogerie.

    #420002857981
    willbur
    Membre

    Disons plutôt que le quartz a achevé certaines maison horlogère qui n’étaient pas en meilleur posture à cause de la crise monétaire

    Pour ce qui est de l’aspect industrialisation, c’était tout l’intérêt de la création de la SSIH en 1930 qui deviendra ASUAG-SSIH en 1983 puis SMH en 1985 puis Swatch group en 1998.

    Des moyens importants de production et de rationalisation ont débouché de ces regroupements.

    #420002857982
    incabloc
    Membre

    Je connaissais l’argument de Donzé exposé ou évoqué si mes souvenirs sont bons dans un ouvrage paru il y a deux ou trois ans. Intéressant point de vue qui permet de ne plus utiliser cet argument du quartz comme miroir avec l’arrivée des montres connectées. Le levier n’étant plus là, cela permet de repenser en mieux la présence plus ou moins dans le futur des montres connectées, et du « ravage » qu’elles pourraient faire dans l’horlogerie suisse.

    #420002857983
    pyc2025
    Membre

    Quand le quartz est arrivé, cela a été quand même une petite révolution.
    A cette époque, l’heure loin d’être accessible partout. Je me rappèle avoir fait des files de voitures en stationnement afin d’en trouver une qui avait une horloge visible pour connaitre l’heure.

    Du coup, quand des montres précises, fiables et peu chères sont arrivées, cela a été un vrai bonheur.

    Cela dit, Swatch a très bien tiré son épingle du jeu. Sa quartz a aiguilles a dû causer quelques nuits blanches aux horlogers Japonnais.

    #420002857984
    Leopal
    Membre

    Un point de vue qui sort des sentiers battus et interessant, je ne suis pas assez connaisseur de l’histoire pour juger de son bien-fondé.
    Personnellement j’ai idée que ce qui a emporté les montres mécaniques à l’époque, c’était la nouvelle technologie « je n’ai plus à remonter ma montre », qui hors passionnés, devait trouver un écho favorable, sans oublier les écrans digitaux qui étaient aussi une révolution.
    Je me rappelle que ma première Seiko ramenée par ma mère des US avait fait grande sensation dans la cours de récré.

    #420002857985
    fred-tictac
    Membre

    Bonjour et merci.

    Fort instructif.

    Cordialement.

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