Jean-Claude Biver, petit prodige de l’horlogerie de luxe

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    ZEN
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    Jean-Claude Biver, petit prodige de l’horlogerie de luxe

    16 Octobre 2006

    Jean-Claude Biver, petit prodige de l’horlogerie de luxe Image_0
    Jean-Claude Biver, patron de Hublot. L’entreprise réalisera cette année un chiffre d’affaires de 94 millions de francs suisses.
    Citation :
    Jean-Claude Biver, patron de Hublot. L’entreprise réalisera cette année un chiffre d’affaires de 94 millions de francs suisses. (LDD)

    Plus qu’une passion, c’est une vé­ritable frénésie qui habite Jean­ Claude Biver. Une force peu com­mune qui lui vaut le plus grand respect du milieu de l’horlogerie de luxe.
    Jugez plutôt: en pleine apo­théose après avoir transporté Blancpain et Omega vers des sommets, l’homme d’affai­res croise en 2004 le chemin de Hublot, une petite marque en déperdition.
    C’est le coup de foudre pour un nouveau challenge qui se révélera très vite une véritable prouesse écono­mique. Jean­ Claude Biver transforme Hu­blot en une ma­nufacture horlo­gère du XXIe de créer un nouvel univers. Réali­ser ce concept dans une petite entreprise où tout est à faire, en prise directe avec la réalité, est particulièrement motivant», avoue le patron de Hublot à grand renfort de gestes débor­dant de vitalité. Il est comme ça, Jean-Claude Biver: enthousiaste, bouillonnant d’idées, hyperactif. Bref, passionné. «Je pense tout le temps, même en dormant. La passion permet de ne jamais dé­connecter. Vous êtes comme un ordinateur, toujours en adéqua­tion avec votre métier. Cela donne un sacré avantage sur les autres car le passionné n’hésitera jamais à repousser les limites», explique-t-il

    Tradition et modernité
    Le virus de l’horlogerie, Jean­ Claude Biver l’a contracté à 23 ans alors qu’il habitait à la val­lée de Joux, au coeur des mon­tres. «J’étais un étudiant HEC peu convaincu. J’attendais quel­que chose, une passion». Elle se révélera lors d’un dîner entre amis autour d’une fondue. «Un de mes co­pains, Jacques Piguet, s’est levé pour tourner la fondue. J’ai été fasciné par la montre qu’il portait au poi­gnet. Elle me rappelait une petite machine à vapeur que j’avais vu enfant. Une vraie révé­lation.
    Jean-Claude Biver passe alors du stade d’artiste rêveur à celui de travailleur acharné. Objectif: sublimer la montre et la vendre en utilisant des techniques marketing imparables. Car le patron horloger n’est pas seule­ment un amoureux des garde­temps. C’est aussi un homme d’affaires redoutable
    Marché de niche
    En témoigne son passage au groupe Swatch avec Nicolas Hayek, son père spirituel. Ses performances à la tête de Blanc­pain puis d’ Omega sont éton­nantes. On se souvient notam­ment du coup de force à la James Bond, lorsqu’au début des années 90, il parvient à convaincre les responsables d’ Universal Studios de mettre une Omega au poignet de 007. «La communication joue pour beaucoup. Il faut être visible. Partout. C’est le secret de la réussite», assure-t-il.
    Une recette que le patron ap­pliquera forcément à son der­nier bébé. Et toujours avec la même réussite. Jean-Claude Bi­ver crée la nouvelle montre Hu­blot à son image, en mélangeant tradition horlogère et nouvelles technologies, telles que le kevlar, le carbone, la céramique ou en­core le magnésium, et la baptise Big Bang. Le succès auprès des jeunes est immédiat. «La nou­velle génération se reconnaît dans ces nouvelles matières. Elle retrouve à travers nos montres son environnement quotidien. C’est ce qui a fait la différence», raconte l’entrepreneur.
    Qui, du coup, crée un marché de niche particulièrement por­teur et très réceptif aux campa­gnes de communication façon Biver ( lire ci-contre). S’affichant à 13 000 pièces par an en 2004, la production demontres attein­dra d’ici l’année prochaine les 22 000 montres. Le chiffre d’af­faires, lui, est passé de 26 mil­lions lors de la reprise de Hu­blot en décembre 2004 à 94 millions fin 2006.
    Quant aux commandes ouvertes pour l’année pro­chaine, elles se montent déjà à 94,7 millions de francs. «Je n’ai jamais vécu un succès aussi vio­lent. C’est énorme», confesse Jean-Claude Biver, qui doit dé­sormais agrandir sa manufac­ture. D’ici 2008, l’entreprise ouvrira une nouvelle fabrique à Nyon d’une surface d’environ 12 000 m3. Budgété à 12 mil­lions, l’investissement dans cet agrandissement devrait rapide­ment être amorti.

    Des montres, une télévision et des… bijoux
    Dans l’art de communiquer, Jean-Claude Biver n’a tout simplement plus rien à ap­prendre. Ouvrant avec sa Big Bang une nouvelle brèche dans le marché de l’horloge­rie – celle des jeunes – le patron de Hublot n’a pas hésité à associer à ces mon­tres au design et aux couleurs innovantes ( voir illustration) des techniques de marketing proches de cette génération.
    Et ça marche. Les jeunes aiment le show-biz? Biver séduit les stars dont ils sont fans, de Michael Douglas à Pénélope Cruz en passant par Garou et Queen Latifah. Les jeunes raffolent d’ Internet? le patron lance Hublot TV, pre­mière chaîne de télévision d’entreprise sur le Web, de­vant le gotha de l’industrie du luxe à Las Vegas. Une pre­mière mondiale. «Cette télévi­sion répond à un souhait de communiquer d‘une façon visionnaire et moderne. Ce concept rejoint complètement la philosophie de nos mon­tres », note Jean-Claude Biver.
    Montres ultralégères
    Qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Comme le Dia­ble, les jeunes aiment s’ha­biller en Prada? Biver s’asso­cie avec la marque italienne dans le cadre de la Coupe de l’ America pour fabriquer 1000 Big Bang ultralégères réali­sées dans les mêmes maté­riaux que ceux utilisés sur les bateaux de la compétition. A peine rendue publique, cette nou­velle envoûtait les jeunes clients de Hublot qui, sans avoir même vu une ébauche de la montre, ont fait explo­ser les commandes.
    Mais Jean-Claude Biver a encore un nombre incroyable d’idées dans son sac. Et comme il ne s’arrête jamais de penser, le petit prodige de l’horlogerie imagine déjà, entre les diverses ouvertures de boutiques Hublot à travers le monde – un espace dédié à la marque est attendu ce printemps à Paris -, une diversification de sa gamme.
    Son dernier rêve? Une collection de bijoux. «J’ai envie d’appliquer ce concept de fusion de la tradition et des technologies du futur à la joaillerie. Il est fort possible que nous lancions bientôt une collection de bijoux pour hommes, monosexe. J’y tra­vaille », avoue-t-il. On n’en doute pas.

    Tribune de Genève

    Florence Noël

    http://www.tdg.ch

    http://www.tdg.ch/tghome/toute_l_info_test/economie/hublot__16_10_.html

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