ZENITH Une histoire de Noël

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  • #410000160411
    Herold
    Membre
    « Et ainsi advint-il… »
    Un conte de Noël horloger, enrichi de voix contemporaines

    (Texte enrichi de citations de la presse et de la littérature numismatique de la fin du XIXᵉ siècle)

    ZENITH Une histoire de Noël V10

    Et ainsi advint-il que, dans les dernières années du XIXᵉ siècle, alors que l’Europe se croyait parvenue au sommet de la civilisation et que Paris prenait déjà la mesure du siècle à venir, un petit disque de métal, en apparence modeste, refit surface sous les yeux des hommes.

    Il ne fut point découvert dans un palais, ni dans une sacristie, mais là où Rome vit et marchande depuis des siècles : sur le Campo dei’ Fiori.
    C’est là qu’Auguste-Jean Boyer d’Agen, numismate averti, reconnut dans les années 1890 une médaille singulière.

    « En fouillant dans les tas des vieux sous romains, chez les @@@ du Ghetto, au marché du Campo dei Fiori, à Rome, M. Boyer d’Agen reconnut la figure du Christ sur une médaille au métal incertain… »
    — Revue numismatique et artistique, Paris, fin des années 1890

    Sur l’avers : le visage du Christ, traité en haut relief, d’une force peu commune.
    Au revers : une inscription hébraïque, sobre et solennelle.

    La presse de l’époque s’interrogea aussitôt :

    « S’agit-il d’un portrait authentique de Jésus, ou bien d’une reproduction inspirée de types plus anciens encore que ceux transmis par l’art chrétien ? »
    — La France illustrée, Paris

    Et Boyer d’Agen vit, et il douta.
    Et doutant, il compara.

    « Cette médaille ne ressemble en rien aux types convenus par les burins des maîtres italiens ou byzantins ; elle porte un caractère d’antiquité saisissant. »
    — A.-J. Boyer d’Agen, Étude sur une médaille du Christ, Paris

    Les savants restèrent prudents. Mais la médaille fut reconnue comme objet exceptionnel, digne d’étude et de reproduction.

    « Les lignes admirables de cette effigie ont conduit plusieurs personnalités scientifiques à demander qu’elle fût frappée à nouveau en bronze et en argent. »
    — Bulletin des numismates de France

    Et ainsi advint-il que la médaille quittât Rome pour Paris.

    De la médaille à la montre

    En ces mêmes années œuvrait au Locle Georges Favre-Jacot, esprit méthodique et visionnaire, plus industriel que poète, mais sensible à la puissance des images.

    Il n’est point fortuit que ce fût lui qui comprît le potentiel de cette effigie.

    Car, comme l’écrivait un chroniqueur de l’époque :

    « L’horlogerie moderne ne saurait vivre de mécanique seule ; elle doit aussi parler à l’imagination. »
    — Journal suisse d’horlogerie, 1899

    Ainsi naquit une montre de poche dont le fond ne se contentait pas de protéger, mais proclamait.
    Un boîtier en argent 900, au revers sculpté en haut relief, présentant un Christ puissamment modelé, presque sculptural.
    À l’intérieur, le calibre 278 A, alors pleinement moderne, précis et fiable.
    Le cadran sans signature, à chiffres romains, volontairement dépouillé.
    Et, discrètement, à l’intérieur du fond : « Zenith ».

    Le nom était jeune.

    « La marque Zenith, récemment enregistrée, se distingue déjà par une volonté affirmée d’unir exactitude et caractère. »
    — La Fédération horlogère suisse, 1898

    Paris, 1900

    Vint alors l’Exposition universelle de 1900.

    « Paris est aujourd’hui le centre du monde ; tout ce que l’industrie compte de plus audacieux y cherche le regard du public. »
    — Le Temps, Paris, 1900

    Parmi les montres exposées, certaines retenaient l’attention non par leur complication, mais par leur langage symbolique.

    « Une montre remarquable par son fond en relief représentant le Christ, œuvre d’un fabricant suisse, a suscité une vive curiosité. »
    — La France horlogère, 1900

    La presse nota la singularité de l’approche.

    « Ici, l’horloger ne se borne pas à mesurer les heures ; il semble vouloir leur donner un sens. »
    — Le Figaro illustré, 1900

    Sans éclat tapageur, mais avec constance, la montre fut citée, commentée, observée.

    On peut dire sans forcer le trait que l’Exposition universelle marqua l’entrée véritable de Zenith dans la conscience d’un large public, au moment même où le nom, enregistré en 1897, trouvait sa première grande scène.

    Ce qu’il en demeure

    Aujourd’hui encore, cette montre échappe aux classifications faciles.

    « Certaines pièces, rares par l’idée plus que par la complication, sont appelées à devenir des témoins de leur temps. »
    — Revue internationale d’horlogerie, début XXᵉ siècle

    Ainsi advint-il que d’une médaille trouvée sur un marché romain naquît une montre exposée au monde.
    Ainsi se fit-il que le temps fût non seulement mesuré, mais raconté.

    Et celui qui tient aujourd’hui cette montre ne tient pas seulement un boîtier d’argent et un calibre 278 A,
    mais un fragment de 1900,
    l’instant précis où Zenith commença à parler d’une voix qui portait.

    ZENITH Une histoire de Noël R10
    #420005062236
    pilàlheure
    Membre

    très belle pièce !

    combien d’exemplaires <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<?

    #420005062237
    Herold
    Membre

    Le nombre d’exemplaires produits est inconnu.
    Il semble toutefois que ce soit rare. Je n’en connais que trois.

    #420005062238

    Un vrai grand merci pour tes articles sur Zenith @Herold.

    Je te rejoins @pilàlheure c’est une belle montre.

    Sinon en effet 3 pièces c’est très peu.

    As-tu réussi à lire et traduire ce qui est écrit sur le cadran?

    #420005062239
    Herold
    Membre

    Eh bien, j’en connais trois, ou du moins je les ai vues. Cela ne veut pas dire grand-chose, car qui suis-je pour porter un jugement sur cette seule base ?
    Il existe certainement d’autres montres ; nous n’en avons simplement pas connaissance.

    L’une des trois est également présente sur ce forum : dnanlor en possède une aussi.

    J’ai pu déchiffrer l’inscription :

    « Le Messie à la Régne. Il Vint Pacifiquement et Devenu la Lumière des Hommes. Il Vit. »

    Il s’agirait de la traduction française de l’inscription hébraïque figurant au dos du médaillon découvert à Rome à cette époque.

    ZENITH Une histoire de Noël Unbena11
    #420005062240

    Tout fait sens en effet. La sagesse en effet nous pousse à ne pas être trop catégorique dans nos affirmations. Demain je vais regarder et relire le « Zenith » de @Zen, je ne me souviens par y avoir lu la trace de cette montre Zenith.

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