FORUMAMONTRES › Forums › Forum de discussions sur les montres de poche › ZENITH Une histoire de Noël
- Ce sujet contient 5 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Raxevis Arcofin, le il y a 9 mois et 3 semaines.
-
AuteurMessages
-
27 décembre 2025 à 16h47 #410000160411
Herold
Membre« Et ainsi advint-il… »Un conte de Noël horloger, enrichi de voix contemporaines(Texte enrichi de citations de la presse et de la littérature numismatique de la fin du XIXᵉ siècle)
Et ainsi advint-il que, dans les dernières années du XIXᵉ siècle, alors que l’Europe se croyait parvenue au sommet de la civilisation et que Paris prenait déjà la mesure du siècle à venir, un petit disque de métal, en apparence modeste, refit surface sous les yeux des hommes.Il ne fut point découvert dans un palais, ni dans une sacristie, mais là où Rome vit et marchande depuis des siècles : sur le Campo dei’ Fiori.
C’est là qu’Auguste-Jean Boyer d’Agen, numismate averti, reconnut dans les années 1890 une médaille singulière.« En fouillant dans les tas des vieux sous romains, chez les @@@ du Ghetto, au marché du Campo dei Fiori, à Rome, M. Boyer d’Agen reconnut la figure du Christ sur une médaille au métal incertain… »
— Revue numismatique et artistique, Paris, fin des années 1890Sur l’avers : le visage du Christ, traité en haut relief, d’une force peu commune.
Au revers : une inscription hébraïque, sobre et solennelle.La presse de l’époque s’interrogea aussitôt :
« S’agit-il d’un portrait authentique de Jésus, ou bien d’une reproduction inspirée de types plus anciens encore que ceux transmis par l’art chrétien ? »
— La France illustrée, ParisEt Boyer d’Agen vit, et il douta.
Et doutant, il compara.« Cette médaille ne ressemble en rien aux types convenus par les burins des maîtres italiens ou byzantins ; elle porte un caractère d’antiquité saisissant. »
— A.-J. Boyer d’Agen, Étude sur une médaille du Christ, ParisLes savants restèrent prudents. Mais la médaille fut reconnue comme objet exceptionnel, digne d’étude et de reproduction.
« Les lignes admirables de cette effigie ont conduit plusieurs personnalités scientifiques à demander qu’elle fût frappée à nouveau en bronze et en argent. »
— Bulletin des numismates de FranceEt ainsi advint-il que la médaille quittât Rome pour Paris.
De la médaille à la montre
En ces mêmes années œuvrait au Locle Georges Favre-Jacot, esprit méthodique et visionnaire, plus industriel que poète, mais sensible à la puissance des images.
Il n’est point fortuit que ce fût lui qui comprît le potentiel de cette effigie.
Car, comme l’écrivait un chroniqueur de l’époque :
« L’horlogerie moderne ne saurait vivre de mécanique seule ; elle doit aussi parler à l’imagination. »
— Journal suisse d’horlogerie, 1899Ainsi naquit une montre de poche dont le fond ne se contentait pas de protéger, mais proclamait.
Un boîtier en argent 900, au revers sculpté en haut relief, présentant un Christ puissamment modelé, presque sculptural.
À l’intérieur, le calibre 278 A, alors pleinement moderne, précis et fiable.
Le cadran sans signature, à chiffres romains, volontairement dépouillé.
Et, discrètement, à l’intérieur du fond : « Zenith ».Le nom était jeune.
« La marque Zenith, récemment enregistrée, se distingue déjà par une volonté affirmée d’unir exactitude et caractère. »
— La Fédération horlogère suisse, 1898Paris, 1900
Vint alors l’Exposition universelle de 1900.
« Paris est aujourd’hui le centre du monde ; tout ce que l’industrie compte de plus audacieux y cherche le regard du public. »
— Le Temps, Paris, 1900Parmi les montres exposées, certaines retenaient l’attention non par leur complication, mais par leur langage symbolique.
« Une montre remarquable par son fond en relief représentant le Christ, œuvre d’un fabricant suisse, a suscité une vive curiosité. »
— La France horlogère, 1900La presse nota la singularité de l’approche.
« Ici, l’horloger ne se borne pas à mesurer les heures ; il semble vouloir leur donner un sens. »
— Le Figaro illustré, 1900Sans éclat tapageur, mais avec constance, la montre fut citée, commentée, observée.
On peut dire sans forcer le trait que l’Exposition universelle marqua l’entrée véritable de Zenith dans la conscience d’un large public, au moment même où le nom, enregistré en 1897, trouvait sa première grande scène.
Ce qu’il en demeure
Aujourd’hui encore, cette montre échappe aux classifications faciles.
« Certaines pièces, rares par l’idée plus que par la complication, sont appelées à devenir des témoins de leur temps. »
— Revue internationale d’horlogerie, début XXᵉ siècleAinsi advint-il que d’une médaille trouvée sur un marché romain naquît une montre exposée au monde.
Ainsi se fit-il que le temps fût non seulement mesuré, mais raconté.Et celui qui tient aujourd’hui cette montre ne tient pas seulement un boîtier d’argent et un calibre 278 A,
mais un fragment de 1900,
l’instant précis où Zenith commença à parler d’une voix qui portait.27 décembre 2025 à 18h38 #420005062236pilàlheure
Membretrès belle pièce !
combien d’exemplaires <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<?
27 décembre 2025 à 20h22 #420005062237Herold
MembreLe nombre d’exemplaires produits est inconnu.
Il semble toutefois que ce soit rare. Je n’en connais que trois.30 décembre 2025 à 19h23 #420005062238Raxevis Arcofin
MembreUn vrai grand merci pour tes articles sur Zenith @Herold.
Je te rejoins @pilàlheure c’est une belle montre.
Sinon en effet 3 pièces c’est très peu.
As-tu réussi à lire et traduire ce qui est écrit sur le cadran?
30 décembre 2025 à 20h01 #420005062239Herold
MembreEh bien, j’en connais trois, ou du moins je les ai vues. Cela ne veut pas dire grand-chose, car qui suis-je pour porter un jugement sur cette seule base ?
Il existe certainement d’autres montres ; nous n’en avons simplement pas connaissance.L’une des trois est également présente sur ce forum : dnanlor en possède une aussi.
J’ai pu déchiffrer l’inscription :
« Le Messie à la Régne. Il Vint Pacifiquement et Devenu la Lumière des Hommes. Il Vit. »
Il s’agirait de la traduction française de l’inscription hébraïque figurant au dos du médaillon découvert à Rome à cette époque.
30 décembre 2025 à 22h01 #420005062240Raxevis Arcofin
MembreTout fait sens en effet. La sagesse en effet nous pousse à ne pas être trop catégorique dans nos affirmations. Demain je vais regarder et relire le « Zenith » de @Zen, je ne me souviens par y avoir lu la trace de cette montre Zenith.
-
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
Sujets en lien
- Récit: Le premier prix de concours de chronométrie est décerné à… Zenith
- L’histoire folle d’un double premier prix de chronomètrie – L’intégrale
- Premier anniversaire sur FAM et dernier achat (rétrospective et nouvelle Zenith)
- Histoire d’une petite collection
- Comment un Gousset s’est retrouvé dans ma poche, et autres histoires de montres
- ACTU: interview de Jean-Frédéric Dufour, patron de Zenith


