FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Une nouvelle discussion à bâtons rompus avec une professionnelle de l’horlo..
- Ce sujet contient 22 réponses, 19 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
DUF, le il y a 7 années et 9 mois.
-
AuteurMessages
-
31 janvier 2019 à 1h23 #420004037843
ZEN
MembreTout principe a ses exceptions. Je connais des maisons qui sont dans une logique d’innovation et de création d’une com. intelligente. Ce n’est pas si simple qu’il y parait.
Prenons un exemple :
Une marque décide de lancer un nouveau modèle ancré dans l’histoire. Elle a besoin de le légitimer mais elle n’a pas les pièces historiques et ne parvient pas à les acheter car aucune n’est en vente.
Elle va donc devoir négocier les droits d’images avec l’un des propriétaires.Il faut ensuite reconstituer précisément l’histoire de la pièce. Cela ne se fait pas avec du blabla mais avec des recherches historiques qui prennent du temps et demandent des spécialistes ce que ne sont pas les historiens des maisons en général. Une fac forme à l’histoire, parfois à l’histoire industrielle mais l’histoire d’une marque est beaucoup plus subtile surtout si elle a des liens avec une armée ou un état …
Une fois le travail de recherche fait, il faut le mettre en forme au travers d’un texte intelligible qui respecte les caractéristiques scientifiques de l’histoire et soit accessible à tous et mieux, soit « vendeur » . Là, le nombre d’auteurs décroit considérablement. Il faut que le « bon » auteur accepte ce travail, il lui faut du temps. On est là à quasiment un an de travail.
Une fois le texte écrit, il faut le traduire dans les langues des marchés concernés puis il faut aller cueillir des images (la ou les montres ne suffisent pas) il faut mettre les pièces en situation.
Ensuite, il faut préparer les communiqués de presse et servir le travail d’écriture.Je vois des marques qui copient-collent Wikipédia… C’est contreproductif, il faut servir un travail exclusif dans lequel la presse va puiser sa matière. Ainsi chaque support aura un texte différent si le travail amont est fourni et documenté. Je passe sur le travail de shooting des montres anciennes qu’il faut présenter en situation (c’est un gros travail).
Il faut en général éditer un livret avec un coût et des conditions complexes. Bref, c’est au total à minima 2 ans de travail pour une com sur un produit.
A contrario un slogan, une belle photo simple avec une fille à forte poitrine, ça prend une demie-journée et au final c’est aussi vendeur que la pièce vue au travers de son histoire. La différence est dans l’image à moyen terme et la culture de marque mais avouons que sur le court terme, un téton vaut davantage que 200 centilitres de jus de matière grise.
__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).31 janvier 2019 à 1h55 #420004037844Jicé
MembreCertes, le cervelet est plus facile à faire réagir que le cortex.
Dans toute gestion de projet (mise sur le marché d’une pâte à tartiner, ou bien création d’un service innovant de l’économie solidaire…), il est nécessaire de convoquer les valeurs et l’histoire des porteurs de projet. Cette mémoire peut être écartée dans la phase mise en oeuvre, mais les revisiter régulièrement permet à terme, de construire un discours intelligent et une image intelligible et au final, un vrai capital*. Mais là, c’est du long terme et un choix stratégique de la direction (lequel – choix – apporte en outre, du sens quotidiennement aux petites mains et probablement un meilleur service).
* un peu comme la démarche qualité, pour ceux à qui ça cause… Bon, c’est vrai que c’est chiant, la démarche qualité.
31 janvier 2019 à 3h18 #420004037845leptitmanu
MembrePour une pate à tartiner, faire appel uniquement au cervelet est bien naturel
1 février 2019 à 20h36 #420004037846clodor
MembreIl faut aussi replacer la communication dans son contexte: une changement de mode de communication, pour aller vers quelque chose de plus culturel, de plus historique, de plus subtil, prendra, comme le souligne Zen, des années avant de porter ses fruits.
Les grands groupes horlogers voient les résultats de leur boîte au 31 décembre de l’année écoulée, pas dans un avenir à 5 ans.
Les campagnes de pub doivent rapporter en quelques mois, point.
Donc, image navrante ou pas, ce n’est pas prêt de changer, surtout avec si des fonds d’investissement rachètent des marques avec souhait de retour sur investissement immédiat !
Il n’y a qu’à regarder le cinéma américain actuel: qu’est-ce qui rapporte le plus ? Des films innovants, profonds, sur des épisodes majeurs de l’histoire, ou bien des blockbusters débilitants (dont je suis client, je précise…) qui en sont au numéro 15, des reboots de retour aux origines d’un héros mille fois présenté ? (Spiderman, pour ne pas le citer)2 février 2019 à 0h57 #420004037847mattlamenace
MembreTrès intéressantes ces conversations à bâtons rompus !
2 février 2019 à 1h08 #420004037848Amphibia110
Membre- ZEN a écrit:
- Tout principe a ses exceptions. Je connais des maisons qui sont dans une logique d’innovation et de création d’une com. intelligente. Ce n’est pas si simple qu’il y parait.
Prenons un exemple :
Une marque décide de lancer un nouveau modèle ancré dans l’histoire. Elle a besoin de le légitimer mais elle n’a pas les pièces historiques et ne parvient pas à les acheter car aucune n’est en vente.
Elle va donc devoir négocier les droits d’images avec l’un des propriétaires.Il faut ensuite reconstituer précisément l’histoire de la pièce. Cela ne se fait pas avec du blabla mais avec des recherches historiques qui prennent du temps et demandent des spécialistes ce que ne sont pas les historiens des maisons en général. Une fac forme à l’histoire, parfois à l’histoire industrielle mais l’histoire d’une marque est beaucoup plus subtile surtout si elle a des liens avec une armée ou un état …
Une fois le travail de recherche fait, il faut le mettre en forme au travers d’un texte intelligible qui respecte les caractéristiques scientifiques de l’histoire et soit accessible à tous et mieux, soit « vendeur » . Là, le nombre d’auteurs décroit considérablement. Il faut que le « bon » auteur accepte ce travail, il lui faut du temps. On est là à quasiment un an de travail.
Une fois le texte écrit, il faut le traduire dans les langues des marchés concernés puis il faut aller cueillir des images (la ou les montres ne suffisent pas) il faut mettre les pièces en situation.
Ensuite, il faut préparer les communiqués de presse et servir le travail d’écriture.Je vois des marques qui copient-collent Wikipédia… C’est contreproductif, il faut servir un travail exclusif dans lequel la presse va puiser sa matière. Ainsi chaque support aura un texte différent si le travail amont est fourni et documenté. Je passe sur le travail de shooting des montres anciennes qu’il faut présenter en situation (c’est un gros travail).
Il faut en général éditer un livret avec un coût et des conditions complexes. Bref, c’est au total à minima 2 ans de travail pour une com sur un produit.
A contrario un slogan, une belle photo simple avec une fille à forte poitrine, ça prend une demie-journée et au final c’est aussi vendeur que la pièce vue au travers de son histoire. La différence est dans l’image à moyen terme et la culture de marque mais avouons que sur le court terme, un téton vaut davantage que 200 centilitres de jus de matière grise.
Comme quoi, le marketing « concon » n’est pas plus efficace que le marketing « intelligent »… il est juste plus facile… et les gens sont fainéants
2 février 2019 à 1h42 #420004037849Arno
Membre- Basyl177 a écrit:
- c’est quasiment moins bien payé moins qu’un menuisier de base (entre 300 et 400 € / jour) !
Ce ne sont pourtant pas les mêmes études… 
Menuisier, je ne sais pas, quoique … un menuisier en siége, je le vois mal, très mal bosser à 300 €/jour.
Mais en ce qui concerne les ébénistes, les vrais, qui bossent en restauration, et qui sortent pour la plupart de l’école Boulle, 300 € la journée, ils vont se fendre la gueule !
Et surtout les très rares ebenos spécialisés, justement dans la marqueterie Boulle.
Collection Walace.
Refaire, par exemple le dormant sur ce bas d’armoire !
__________________________________
« Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c´est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex » A. Einstein2 février 2019 à 8h43 #420004037850DUF
MembreTrès intéressant Zen!
Le comparatif de com B&R vs Breitling en dit long. -
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.