Revue TAG HEUER MONACO

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  • #410000149430
    Yann Riquier
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    Cette revue a pour objectif de consacrer au sujet de la montre TAG Heuer Monaco calibre 11 sur tous ses aspects.


    La montre évaluée est très exactement une référence CAW211P, une réédition contemporaine apparue au catalogue TAG Heuer en 2015. Elle reprend le flambeau du modèle original de 1969, la référence 1133.
    Pour la petite parenthèse, en 2009 la marque sort une édition limitée pour les 40 ans du modèle. Cette édition anniversaire (référence CAW211A) limitée à 1000 exemplaires n’est pas bien différente de la montre qui lui succèdera quelques années après à l’exception de quelques détails visuels et techniques (fond de boite tout acier et avec signature de Jack Heuer gravée en son centre ; pourtour du guichet de date métallique, appliqué en relief ; teinte du cadran légèrement plus sombre ; mensurations de certaines pièces d’habillage non identiques ; base de mouvement ETA).

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    A gauche, édition 40ème anniversaire limitée à 1000 exemplaires sortie en 2009. A droite modèle produit à échelle industrielle à partir de 2015.
    Détaillons étape par étape les origines de la Monaco.

    Pour planter les bases, je n’ai pas appris à aimer la Monaco au travers de son image esthétique et publicitaire. J’ai simplement appris à aimer cette montre pour le charisme unique qui s’en dégage.

    Quand le quidam moyen s’exprime au sujet de la Monaco, il n’est pas rare d’entendre l’argument « c’est la montre de Steve Mcqueen », parce que en effet l’acteur avait sélectionné cette montre parmi ses accessoires de tournage proposés sur le film ‘ »LE MANS » de 1971, faisant de lui un ambassadeur spirituel et égérie marketing que TAG Heuer prend plaisir à étaler comme on étale la confiture sur du pain à tartine.

    C’était une volonté de Jack Heuer de faire du placement produit cinématographique, afin de rendre les montres indissociables des œuvres concernées et d’en faire des objets qui capitalisent sur le luxe et le mythe. Il lui suffisait de jouer de ses relations à Hollywood.

    Partie 1 : Les débuts de la Monaco.
    Retour en plein dans les années 1960. A l’époque c’était la course aux nouvelles technologies, au concours de ‘’qui a la plus grosse ?’’ entre superpuissances, aux innovations en tout genre, au mouvement Hippie.

    Heuer n’était pas encore une structure de taille. Par manque de fonds pour financer de nouveaux projets, Heuer du collaborer avec trois autres maisons horlogères qu’étaient Breitling, Buren (racheté en 1966 par Hamilton qui avait pour objectif de faire fabriquer ses mouvements en Suisse) et Dubois Depraz. Le quatuor travaillât sur ce qu’ils baptisèrent le « Projet 99 », projet consistant à mettre au point le premier chronographe à remontage automatique.

    Le temps à rallonge n’était pas un luxe accordé pour le développement du projet 99. Il fallait aller vite. Un concurrent sérieux comme Zenith travaillait lui aussi d’arrache-pied sur son calibre El Primero, un chronographe automatique à haute fréquence. De base Zenith voulait un lancement du El Primero pour l’année 1965, pour son centième anniversaire, mais ils furent retardés pour raisons diverses comme le manque de lubrifiants adaptés.

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    Calibre Zenith El Primero.
    Malgré cette collaboration les quatre maisons restaient néanmoins en concurrence. Il était donc convenu qu’à la fin du Projet 99, chacun repartirait de son côté avec son Calibre 11 rebadgé autrement.

    Buren réputé à l’époque pour ses calibres à micro-rotor intégrés s’était chargé de développer la base mouvement (rouage horaire et moteur) en se basant sur son calibre intramatic.

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    Calibre Intramatic de chez Buren.

    Dubois-Depraz de son côté s’occupait de développer le module de chronographe qui devait s’accoupler comme dans un jeu de briques avec le mouvement de Buren. C’était assez nouveau de créer ce type de module de complications.

    Breitling et Heuer ont quant à eux assumé le travail sur le reste de la montre, le cadran et d’autres pièces d’habillage.

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    Calibre 11 étampé Heuer.

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    Vue éclatée du calibre Intramatic de chez Buren, adapté pour le Calibre 11.

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    Vue éclatée du module de chronographe Dubois Depraz placé en sandwich sur le mouvement Intramatic de chez Buren.

    Le Calibre 11, fruit du Projet 99 fut breveté en 1967. L’association entre le calibre Intramatic de Buren et le module de chronographe de Dubois Depraz était plus que concluante.
    En 1968 Breitling lançât une toute première présérie de montres équipées du Calibre 11 rebaptisé Chronomatic (contraction de chronographe automatique). En 1969, préséries et prototypes du Calibre 11 furent présentés à Genève, mais aussi aux Etats-Unis, en Asie et au Moyen Orient, et ce plusieurs semaines avant la foire de Bale.
    La notoriété des fabricants impliqués dans le Projet 99 constitua un atout majeur, faisant au passage de l’ombre à Zenith.

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    Breitling Chronomatic de 1968 équipée du Calibre 11.

    A l’autre bout du monde, au pays du soleil levant, le géant japonais Seiko était lui aussi sur le point de dévoiler son chronographe automatique de manufacture, le calibre 6139 Speedtimer. Seulement, les informations sont restées confuses concernant les dates exactes de sorties de ces mouvements. Officiellement c’est le Calibre 11, considéré comme étant le premier chronographe automatique de l’histoire, mais en réalité la concurrence s’est jouée de manière très serrée.

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    Calibre Seiko 6139.

    Le Calibre 11 qui avait des mensurations et des emplacements de couronne/poussoirs bien spécifiques n’était pas compatible avec les boitiers des montres Heuer déjà existants.

    Jack Heuer prévoyait un fort succès de ce calibre et souhaitait également compenser les investissements liés à sa création qu’il décida d’étoffer ses deux gammes phares qu’étaient L’Autavia et la Carrera, des montres très bien implantées sur le marché à l’époque et d’en créer une troisième qui aurait la particularité de sortir des sentiers battus.

    Piquerez, un fabriquant d’écrins basé dans le Jura avait attiré l’attention de Heuer en présentant un nouveau prototype de boitier carré totalement étanche. C’était très innovant car depuis toujours les boitiers carrés étaient exclusivement réservés aux montres habillées, jugées vulnérables car non étanches. Depuis le début des années 1940 Heuer ne sélectionnait que des boitiers résistants aux agressions extérieures pour faire gage de sa qualité.

    Comme en témoigna Jack Heuer, ce boitier carré aux courbes particulières était si spécial à ses yeux qu’il en négocia un contrat avec Piquerez pour s’en octroyer l’exclusivité au détriment de la concurrence. Le choix de cette carrure pour y loger le Calibre 11 et lancer une troisième gamme de chronographes automatiques venait d’annoncer la naissance de la Monaco.

    En fin de conception la montre abordait un aspect esthétique très inhabituel pour son époque, cassant net avec les codes standardisés de l’horlogerie. Un détail des plus marquants était l’emplacement de la couronne à gauche, antagoniste aux poussoirs du chronographe eux traditionnellement placés à droite. Dans la normalité, poussoir(s) et couronne sont placés sur un seul et même flanc. Cette particularité du Calibre 11 aurait été causé par des contraintes techniques lors de son élaboration. Le marketing de l’époque lui justifiera de son côté que la couronne à gauche était une façon abstraite d’exprimer l’inutilité du remontage manuel sur un mouvement automatique moderne.

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    Heuer Monaco  »originale » de 1969.

    Malgré toutes ces bonnes volontés, les ventes de Monaco restèrent à la baisse. La montre semblait comme boudée par le public qui n’admettait pas son design qualifié  »avant gardiste » comme le clamait avec fierté la communication de Heuer.

    Et ce n’est pas le coup publicitaire de la Monaco aux cotés de Steve Mcqueen dans le film « Le Mans » de 1971 qui changea drastiquement la donne.

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    Image publicitaire tirée du film « Le Mans » de 1971. Steve Mcqueen en combinaison de pilote de course, son heuer Monaco au poignet.

    La première vie de la Monaco fut de courte durée. Sa production s’arrêta vers 1975 soit seulement six ans après son lancement.

    Si de nos jours le Calibre 11 original n’est plus produit depuis longtemps, son principal concurrent helvétique d’antan qu’est Zenith continue de son coté à fabriquer et de vendre son mythique El Primero achevé également en 1969.
    Et ironie du sort, TAG Heuer s’est retrouvé à équiper certaines de ses montres (dont la Monaco) en calibres El Primero après son rachat par le groupe LVMH en 1999.

    La disparition du Calibre 11 n’a pas empêché la réapparition de la Monaco en édition limitée et sous une apparence revisitée au catalogue de TAG Heuer en 1998. C’est aussi à partir de ce moment qu’elle a véritablement commencé à trouver son public. Lorsque le groupe TAG (technique d’avant-garde) racheta Heuer en 1985, il avait pour souhait de ressusciter certaines collections jadis enterrées de la marque. Il y a eu et il y a toujours une multitude de déclinaisons esthétiques et fonctionnelles de la Monaco, qu’il s’agisse de collections de gammes courantes, des éditions spéciales ou des éditions limitées. Mais malgré toutes ces références, seule la Monaco dans sa configuration classique et portée par Mcqueen est considérée comme étant la vraie légitime.

    Partie 2 : Mes débuts avec la Monaco.

    Je prends suffisamment de recul étant moi-même heureux porteur et propriétaire de cette tocante depuis des années.
    La Monaco, ce n’est pas bien compliqué. C’est l’histoire de soit on l’aime, soit on la déteste. Rares sont les compromis.
    Mon père me disait que s’il venait un jour à se faire péter le portefeuille pour s’offrir une montre, la Monaco serait très certainement son choix numéro un. Et autant dire qu’au départ je ne partageais pas du tout le même avis.
    Je ne la trouvais pas désirable par une simple image. Elle me semblait grossière, has been et pécuniairement trop chère. Tout s’est finalement joué avec le hasard qui m’a fait rentrer dans une bijouterie haut de gamme multi marques et agréée TAG Heuer.
    La Monaco figurait parmi les montres exposées en vitrine mais je n’étais initialement pas venu pour elle. J’avais une autre montre en ma possession qui souffrait de maux. Seul le service après-vente pouvait y faire quelque chose. J’étais sur le point de me retrouver le poignet à poil.
    Comme aimanté par la curiosité, mon regard ne pouvait s’empêcher de tourner au moindre temps mort en direction de la vitrine qui renfermait la Monaco. La vendeuse qui n’était pas dupe, avait percé à jour mon petit manège. Avant de prendre la sortie, elle ne put s’empêcher au grand regret de la raison et de mon portefeuille de m’inviter à l’essayage de la future prétendante. Après tout c’est le genre de choses qui ne se refuse pas, le cadre était feutré, propice et le temps ne jouait pas contre moi.
    Elle me fit m’assoir et m’apporta sur un plateau en écrin, gants blancs autour de ses mains cette montre carrée qui depuis le début me laissait de marbre. Je vis enfin cette montre en réel d’aussi près que je la voyais jadis depuis l’écran d’un ordinateur.

    Je la regarde, je la touche, je l’essaye. Guidé par le même instinct que celui d’un enfant qui découvre le monde. « Mais c’est beau bordel ! » me dis-je. Elle est saillante, tranchante, envoutante, provocatrice, fatale, aucune incitation à l’unanimité, elle vous impose ce qu’elle est car c’est ainsi qu’elle est créée. De face comme de profil tout semble judicieusement étudié pour la rendre palpable et organique.
    J’étais dans un stade de désir, je la voulais elle et aucune autre.

    Mais la règle veut que toute belle chose ne se laisse jamais facile d’accès si ce n’est de vous mettre à l’épreuve et cette Monaco ne dérogeait pas à cette règle.
    Son prix de montre sport chic haut de gamme coutait cher, très cher. D’autant plus pour le jeune adulte que j’étais à ce moment-là.
    J’étais obstiné. J’avais 20 ans. J’avais le feu en moi. Il me fallait du cash, beaucoup de cash.
    J’avais plusieurs options : vider mes comptes ? mon livret A ? risquer de finir faucher et manger des manger des patates ? « Pas grave » me disais-je. Je suis jeune, j’ai le temps de me refaire.
    Le ver avait contaminé le fruit, la tentation était trop forte, alors par déraison, j’ai craqué.
    Des années ont passé et cette Monaco est toujours mienne. Elle dort dans son écrin quand je décide de lui faire des infidélités. Mais je finis toujours par y revenir. Elle exerce sur moi un fort pouvoir d’attraction et un effet de banque à souvenirs.

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    CAW211P au poignet.

    Partie 3 : La CAW211P décortiquée.

    Le packaging :


    Pour une montre dont le fabricant étale une pommade marketing monstrueuse à propos du mythe du king of cool, n’allez pas vous attendre à un coffret premium façon Moonwatch ou Fifty Fathoms.

    Le choix de la sobriété est pratiquement poussé aux limites du paroxysme, et même si je partage l’avis sur le fait qu’on porte une montre et non la boite qui vient avec, je n’aurais pas craché pour avoir ma Monaco au fond d’un écrin travaillé et recherché. Détail anodin qui contribue au rêve, avec de la réflexion le simple fait de débourser plusieurs milliers d’euros dans un tel joujou pour grand garçon ne sert pas à grand-chose non plus, si ce n’est de nourrir un caprice purement passionné et égoïste.

    Les toutes premières séries de CAW211P produites en 2015 étaient accompagnées d’un écrin aux couleurs de la montre. La partie supérieure coté interne comportait la signature de Steve Mcqueen, le tout sur fond blanc crème pour renforcer le coté néo rétro de l’objet.


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    Première génération d’écrin pour la Monaco en 2015.

    Pour la génération suivante d’écrin, le choix de TAG Heuer est encore plus minimaliste. S’il a le mérite de ne pas trahir son apparence vintage, il en devient néanmoins très généraliste. I reste assez qualitatif, orné de cuir véritable. Il n’échappera pas pour autant de finir au fond d’un placard quitte à sombrer dans l’oubli.
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    Deuxième génération d’écrin pour la Monaco, vers 2017.

    La montre :
    Le boitier de forme carré en acier 316L mesure hors couronne 37mm de largeur (officiellement 39mm au total) / 45mm de hauteur / 15mm d’épaisseur / une distance entre cornes de 22mm.
    Sa construction robuste et étudiée lui confère une étanchéité honorable de 10 atm (couronne non vissée et poussoirs de chronographe non étanche si pressés sous l’eau).
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    Montage 3D. Vue éclatée de l’ensemble de la carrure.

    Les dimensions sont dans la norme moyenne d’une montre pour homme. Mais les formes saillantes, le galbe et les multiples facettes procurent une sensation d’occuper tout l’espace du poignet.
    La montre s’impose et affirme son style.
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    Une Monaco s’assume avec caractère. Si votre préoccupation première est la discrétion, fuyez-la comme la peste.

    Le boitier est une alternance de formes aux finitions polies et satinées, qu’elles soient courbées, droites, arrondies, symétriques, asymétriques, etc. Elle dévoile sans pudeur son esthétique agressives qu’on ne peut que prendre plaisir à la regarder.


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    C’est en regardant sa carrosserie qu’on ressent du plaisir à la regarder.

    Le verre est en saphir et traité anti-reflet sur sa face intérieure. Il arbore fièrement sa forme galbée et proéminente en croissant de Lune vu sur le flanc. Parfaitement en adéquation avec le reste du corps de la montre.
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    Sur son profil la Monaco dévoile le potentiel de tout son galbe.

    Le fond de boite se maintient comme pièce métallique travaillée, de belle facture, solidement ajusté par quatre vis à tête plate sur les extrémités.
    Sont présentes les inscriptions habituelles (fabricant, numéro de modèle, numéro de série, spécifications…). Détail sympa, il n’est nulle part fait mention sur la montre du nom  »TAG », seul le nom  »Heuer » a été retenu par respect à la montre originale.
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    Une fois retournée la Monaco laisse paraitre sa fine mécanique et sa belle masse oscillante ajourée, signée.

    L’intérieur de la Monaco est un bloc séparé en trois parties principales ; lunette, carrure, fond de boite.
    Le verre saphir est fixé par collage dans la lunette qui elle est fixée par quatre vis dans la carrure.
    Les deux poussoirs du chronographe sont eux aussi fixés par une vis axiale depuis l’intérieur du boitier.

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    Fond de la montre monté.

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    Fond de boite enlevé.

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    Face de la montre. Verre/lunette désemboîtés.

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    Face cadran, hors boitier.

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    Carrure, fond, verre, lunette et poussoirs démontés.

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    Poussoirs et leurs axes, ressorts, joints et rondelles au complet, démontés.

    Le bracelet :
    Coté bracelet cette Monaco moderne continue sagement de prendre exemple sur sa grande sœur. Dotée d’un beau cuir de veau noir double face de très belle qualité. Elégant et perforé de micro-trous d’aération qui renforcent son caractère sportif. Conçut pour durer, il vieillit bien dans le temps et s’assouplit très rapidement autour du poignet.
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    Un bracelet sobre, vintage de très belle qualité, accompagné de son fermoir à boucle de type déployant, lui aussi de très belle facture, pour habiller la Monaco.

    Le fermoir à boucle dite ‘’déployante’’ rend parfaitement hommage au segment des montres à inspiration vintage de chez TAG Heuer. Il est exclusivement en finition polie miroir avec l’inscription Heuer creusée en relief par procédé industriel d’estampage. Il s’ouvre par deux boutons pressions sur les flancs de la boucle. Attention de prendre soin à bien le presser au moment du verrouillage. Il peut avoir la fâcheuse tendance à se défaire inopinément si mal clipsé.
    Le cadran :


    Le visage de la montre, son identité propre, ce que nos yeux voient en premier.
    Disposés de façon Uni-Compax, les deux compteurs à 3 et 9 heures, ainsi que le guichet du quantième à 6 heures, équilibrent parfaitement l’harmonie du cadran et l’adéquation avec l’esthétique globale néo-rétro assumée.
    Il en va de même pour le choix des couleurs, des types d’index et des courbes géométriques intérieures/extérieures qui parcourent le cadran. Chaque élément est disposé pour parfaire la lisibilité sans tomber dans la surcharge d’informations. Bien que peu épuré, les informations sur le cadran restent largement lisibles.


    La lumière, l’environnement et les angles de vues exercent une forte influence sur la teinte et l’intensité des couleurs. Elles sont en perpétuel mouvement. Si la lumière est froide, le bleu mate devient opalin voir totalement gris, le rouge quant à lui noircit. Si la lumière est chaude, le bleu devient profond et le rouge devient sang.

    A cela s’ajoute les reflets subtils des index horizontaux soigneusement appliqués et rhodiés, ils sont à eux seuls la signature visuelle de cette montre.

    Pour les caractéristiques techniques, la grande trotteuse rouge centrale et le sous compteur à 9h pour les secondes et les minutes (30 minutes) pour l’enregistrement du chronographe. Les deux grandes aiguilles et le sous compteur à 3h pour les heures, minutes et secondes de l’horaire.

    Le guichet de date à 6h, aux pourtours imprimés et au saut semi instantané à minuit.

    L’implémentation discrète de Luminova sur l’emplacement interne des index et l’intérieur des aiguilles heures/minutes reste un petit bonus appréciable pour garantir lisibilité nocturne.

    Par-dessus le cadran vient se positionner le verre carré, saillant, galbé, fabriqué en saphir (corindon) et traité contre les reflets indésirables.


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    Le cadran du plus bel effet, se laisse observer. On ne regarde pas l’heure, on regarde un style.

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    La Monaco reste lisible dans l’obscurité, bien que ce ne soit pas son atout premier.

    Le mouvement Calibre 11 :
    Bien qu’il porte le même nom, le calibre 11 contemporain n’est plus le même que ce qu’il fut jadis. La seule vraie similitude réside dans l’architecture qui comporte une base mouvement accompagnée d’un module de chronographe toujours fabriqué par Dubois Depraz (probablement un DD2006).
    Le mouvement de base qui contient le ressort moteur, le remontage automatique et l’indication horaire (heures, minutes et secondes) n’est plus du tout calqué sur le calibre Intramatic de Buren mais est un Sellita SW300 (clone du ETA 2892). Son niveau de finition est premium, sa fiabilité exemplaire et il est suffisamment plat et raffiné pour s’adapter à des modules additionnels sans trop surcharger l’épaisseur totale de la montre.

    L’Intramatic de Buren avait néanmoins l’avantage sur l’épaisseur car son micro-rotor automatique excentré était implanté entre ses platines et non sur un bâti qui vient occuper un étage
    Le SW300 dispose d’une réserve de marche assez modeste d’une quarantaine d’heures. Il bat à 28 800 alternances/heure soit 4 Hertz (4 oscillations complètes à la seconde). TAG HEUER semble mettre un point d’honneur sur le réglage du spiral de ses calibres 11 mais sans y attribuer de certification chronométrique.
    Si la couronne à gauche était une contrainte technique du calibre originel, ce n’est en principe pas le cas de l’actuel. Les ingénieurs et designers de chez TAG ont agi par respect, continuité et purisme.
    A titre personnel, je n’ai pas d’objection à faire sur l’ergonomie de ce mouvement.
    Le remontage manuel via la couronne est souple. Au pressage les poussoirs du chronographe sont francs et sensibles.
    La trotteuse centrale du chronographe tourne sans saut d’aiguille à son déclenchement comme aurait tendance à le faire un chronographe à embrayage horizontal plus classique (Omega Speedmaster Professional par exemple).
    L’aiguille du totalisateur des minutes avance en trainant et non en sautant toutes les soixante secondes écoulées.
    Lorsqu’on retourne la montre et qu’on observe son pont de remontage automatique avec sa masse oscillante centrale. Visuellement l’ensemble est propre, bien usiné avec des micro-perlages, des stries, des cotes de Genève, ainsi qu’une masse oscillante ajourée au design moderne, signé « HEUER » dans un rouge éclatant et avec l’appellation « Calibre 11 » inscrit en italique noir juste en dessous.

    J’avoue ressentir du plaisir à observer toute cette belle mécanique à l’aide d’une loupe grossissante, sans faire constat qu’il s’agit d’un chef d’œuvre d’horlogerie pour autant (mais ce n’est pas ce qu’on lui demande). Il ne serait pas déconnant de préférer un calibre dit de manufacture, mais l’avantage d’un moulin sous architecture Sellita/Dubois Depraz, rend cette Monaco potentiellement plus facile à faire réparer hors réseau du fabricant.

    Concernant sa fiabilité, certains forums regorgent de controverses. Je retrouve assez régulièrement les mêmes arguments que les consommateurs reprochent des problèmes de remontage automatique, et en effet celui-ci souffre de difficultés de performance. Le remontage automatique est unidirectionnel, autrement dit la masse oscillante remonte le mouvement dans un seul sens et souffre en parallèle d’un petit manque d’inertie.

    Je conseille à tout utilisateur de cette montre de la remonter manuellement en donnant quelques tours de couronne chaque jour avant utilisation. Cette manipulation vous permettra de garder la réserve de marche de votre montre dans le positif.

    Un détail assez amusant et paradoxal quand on sait que Heuer communique que le choix de la couronne à gauche est justement de rappeler que le remontage manuel est caduc. Et pourtant.

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    Vue face/arrière du calibre 11 de la Monaco, depuis 2015.
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    Révision d’un calibre Sellita SW300 (clone du calibre ETA 2892), base du Calibre 11, depuis 2015.
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    Test du calibre 11 depuis 2015, sur chronocomparateur.
    Partie 4 : Evaluation personnelle.
    Utilisation au quotidien :
    Après ces quelques années bons et loyaux services. J’ai malgré mes soins mis la Monaco à l’épreuve en la portant en de multiples circonstances. A défaut de ne pas être un pilote de course, sa robustesse et son étanchéité ont été de précieux atouts pour lui faire connaitre le terrain. J’ai soulevé de la fonte avec. J’ai couru de nombreux kilomètres avec. Je suis allé faire de la plongée sous-marine avec. Et jamais elle ne s’est opposée aux projets que je lui consacrais.
    Bien évidemment je ne suis pas allé jusqu’à la soumettre à la rusticité pour des raisons évidentes, le but n’était pas non plus de la pourrir au sens propre.
    Lors d’une petite occasion d’infortune, ma belle a mérité un retour chez son fabricant pour une retouche cosmétique, à savoir un boitier neuf pour la faire rester jeune, sans rides, comme si elle sortait une deuxième fois de l’usine.
    Aujourd’hui elle tourne en alternance entre son écrin et mon poignet, et je la ménage quand elle redevient mon accompagnatrice. Je n’ai plus le cœur à la soumettre aux épreuves, je la porte uniquement dans des situations pépères.

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    Le pilotage c’est du sport. Le sport c’est la transpi.

    Mes impressions :
    Pour conclure en guise d’évaluation finale. Vous aurez bien compris que j’aime cette montre. J’aime qu’elle soit reconnaissable entre mille.
    J’aime savoir qu’elle ne fait pas l’unanimité chez monsieur et madame tout le monde. J’aime son aura visuelle. Il arrive d’ailleurs de la regarder longuement sans même prêter attention à l’heure qu’elle indique.
    Son acquisition était pure hasard et surprise. Ma vie n’a été que successions de rebondissements imprévus par la suite et très souvent j’avais la Monaco sur moi lorsqu’ils surgissaient.
    C’est comme si en l’espace d’un petit poignet d’années j’avais eu plusieurs vies différentes mais presque toujours la même montre pour me rappeler le temps qui défile. Aujourd’hui les choses n’ont pas changé. Plusieurs chapitres se sont fermés pour en ouvrir de nouveaux, et ma Monaco synthétise cet instrument intemporel, tacite, qui m’accompagne, me complète, me donne un repère, me rassure et qui déclenche en moi un sentiment de nostalgie.
    J’ai eu possédé beaucoup de montres mais celle-ci je la mets hors concours car j’estime rares les montres aux formes et aux couleurs aussi fortes qui réussissent à perdurer malgré les époques et les opinions qui changent.

    Comme le disait Coco Chanel avec panache « la mode se démode, le style jamais ».
    Evaluation :
    Les + :


    -Un design avec du chien, mélange de néo-rétro 100% assumé, préservation et respect du modèle originel.
    -Les finitions globales et le choix des matières.
    -Un calibre bien réglé malgré l’absence de certification chronométrique.
    -le confort tactile du mouvement.
    -Une étanchéité de 10 atm pour une montre sport chic centrée sur le monde automobile.
    -Un SAV compétent, disponible et tarifs non prohibitifs vis-à-vis de la concurrence horlogère.

    Les – :
    -Seulement deux ans de garantie fabricant (ridicule aux yeux des constructeurs de gammes équivalentes)
    -Un confort de port versatile, surtout par temps chaud, le bracelet cuir colle à la peau.
    -L’évolution tarifaire qui suit la tendance (environ 4995€ ttc à sa sortie en France en 2015. Désormais à 8100€ ttc en 2025, soit plus de 60% d’augmentation en 10 ans).
    -Un calibre 11 contemporain parfois décrié pour sa fiabilité discutable (les mauvais retours semblent cependant anciens et peu nombreux).
    -Un packaging minimaliste ni à la hauteur du prix ni du prestige du produit.

    Merci d’avoir pour le temps accordé à la lecture de cette revue. Merci également aux divers sites internet francophones et anglophones qui m’ont permis d’illustrer, de documenter et étoffer mes propos.

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    mise à jour : 10/01/26 (py)

    #420004616321
    Totocatcho
    Membre

    Très belle revue @Yanolapin .

    C’est très complet et très agréable à lire ! Merci 👍

    #420004616322
    Invité
    Membre

    Merci pour cette revue Wink

    Personnellement : 6 ans avec des Monaco Calibre 11 -> 12 fois en service après vente.

    Au final, je viens de jeter l’éponge, elle a dégagé.

    Mon père sur sa Calibre 11 Gulf : 9 fois en SAV depuis 2018.

    Pour nous 2, même panne : problème avec le mouvement, pas de réserve de marche, souci de remontage.

    On a eu tous les deux eu droit à des échanges à neuf de toute la montre, des échanges de mouvements et des réparations, rien n’y fait…

    Je reprendrai une Monaco quand elle sera disponible en mouvement manufacture avec couronne à gauche.

    Mon père la garde ainsi et la remonte manuellement lorsqu’il décide de la porter.

    Mouvement pas à la hauteur de cette belle montre.

    #420004616323
    Yann Riquier
    Membre

    Tes anciens témoignages justifient d’avoir mentionné que le calibre est controversé… il n’y a pas de cohérence d’un utilisateur à un autre… de toute les montres que j’ai eu c’est la moins fiable selon l’opinion générale sur ce forum et c’est pourtant la seule ou j’ai jamais eu de problème…

    #420004616324

    Merci, ça fait plaisir à découvrir ! 👌
    J’aime beaucoup cette montre…
    Je porte la mienne avec grand plaisir dès que j’en ai l’occasion !
    Elle est très charismatique.

    Deux photos :

    Revue TAG HEUER MONACO Dsc_3132

    Revue TAG HEUER MONACO Dsc_3131

    Une montre dont on parle trop rarement à mon goût.

    #420004616325
    Invité
    Membre
    Yanolapin a écrit:
    Tes anciens témoignages justifient d’avoir mentionné que le calibre est controversé… il n’y a pas de cohérence d’un utilisateur à un autre… de toute les montres que j’ai eu c’est la moins fiable selon l’opinion générale sur ce forum et c’est pourtant la seule ou j’ai jamais eu de problème…

    Tant mieux, je te souhaite que cela perdure Chinois

    #420004616326
    zesteph
    Membre

    Superbe revue qui dégage le plaisir que cette montre te procure, avec ses avantages et ses défauts. Merci

    #420004616327
    ChrisC75
    Membre

    Je n’ai qu’un mot à dire : bravo ! bravohap

    Bravo pour cette revue, avec une belle qualité rédactionnelle et parfaitement illustrée Smile
    Merci aussi de remettre à l’honneur les revues, loin de la tendance actuelle des photos egocentrées façon Instagram.

    Tout comme toi, ma première Monaco, une Calibre11 grise en série limitée avec sous-compteurs noirs, présentait un packaging plus intéressant. Revendue pour une SMQ calibre 11, la même que celle qui est à l’honneur dans ta revue Wink

    Pour les mouvements, RAS de mon côté non plus Smile

    Encore bravo pour cette chouette revue Smile

    #420004616328
    pilou
    Membre

    Très belle revue yanolapin !
    A la fois très détaillée sur la vie avec la montre et en plus sur ses entrailles Wink
    Top !

    #420004616329
    Yann Riquier
    Membre

    Merci messieurs Chinois

    #420004616330
    azulseco
    Membre

    Bravo pour cette revue.
    Pour avoir essayé cette montre, elle fait curieusement partie de celle qui vous paraissent bof en photo, pas mal en visuel, et qui dès qu’elles sont au poignet paraissent magiques.
    Ta revue fait bien ressortir cette ambiguïté.
    Reste en effet le problème rencontré par certains, autour du mouvement, pour une montre de ce prix.

    #420004616331
    chesney75
    Membre

    Belle revue ! Après le rapport qualité prix est vraiment déplorable je trouve… et les soucis de sav de certains font peur !
    Faudrait que je l’essaie un jour

    #420004616332
    atamatik
    Membre

    Très bonne revue complète, elle est dans ma liste Wink

    #420004616333
    Bubba
    Membre

    Merci pour cette très belle revue !

    #420004616334
    depuis1899
    Membre

    merci pour cette belle revue, un modèle très sympa thumleft et pour moi LA Tag qu’il faut avoir Twisted Evil

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 153)
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