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- Ce sujet contient 15 réponses, 9 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Nostromo, le il y a 20 années et 7 mois.
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16 mars 2006 à 4h24 #410000005075
ZEN
Membre- Citation :
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« La montre idéale aux armées» clame cette publicité de 1940. »Nous sommes en 1931, et tout bascule dans l’histoire de Jaeger-LeCoultre. Depuis sa fondation, en 1833, au cœur du Jura suisse, cette manufacture s’est forgé une renommée d’exception dans la façon de mouvements, cadrans et pignons d’horlogerie. Avec le siècle nouveau, qui a fait passer les montres du gousset au poignet, elle s’est mise à l’heure des défis et a réalisé le mécanisme de poche à remontoir le plus plat du monde en 1907. En 1929, la manufacture a également fabriqué le plus léger de tous, qui dépasse à peine le gramme malgré ses 42 composants. Mais, en 1931, un nouveau challenge s’apprête à renverser toutes les traditions. Ambassadeur de quelques horlogers helvétiques de la vallée de Joux, César de Trey part aux Indes britanniques rendre visite à des amis. Là-bas, les officiers anglais ont tous pour loisir le polo. A l’issue d’un match, l’un d’entre eux lui parle de sa montre, dont le verre s’est brisé dans l’adversité. Et de l’inviter à réfléchir à un nouveau modèle qui résisterait aux pires assauts. César de Trey charge l’ingénieur Alfred Chauvot d’étudier la question. Ce dernier réalise l’esquisse d’une «montre susceptible de coulisser dans son support et capable de se retourner complètement sur elle-même» pour protéger le cadran si nécessaire. Et la manufacture Jaeger-LeCoultre d’exploiter son savoir-faire pour mettre au point ce bijou de technologie et de précision, aujourd’hui mondialement connu sous le nom de Reverso.
Soixante-quinze ans plus tard, le principe de coulissement de la montre phare de Jaeger-LeCoultre, à l’aide de deux ergots guidés dans des rainures de part et d’autre de son berceau, fonctionne toujours comme à la première heure. Côté style, son boîtier rectangulaire intrinsèque au système réversible, les trois nervures en haut et en bas d’un cadran fortement empreint du style Art déco de l’époque ainsi que ses 12 chiffres arabes et le petit chemin de fer sur le pourtour ont été jalousement conservés au fil des ans et des nouvelles versions, véritables sceaux d’un garde-temps définitivement pas comme les autres. Son prix aussi se distingue: à partir de 2 450 € pour une Reverso classique en acier. «De tous les modèles créés par des maisons horlogères depuis le début du XXe siècle, commente Yves Meylan, directeur de Jaeger-LeCoultre France, la Reverso fait partie des cinq montres qui sont devenues de véritables objets cultes.» Pour mémoire, citons l’Oyster de Rolex, la Tank de Cartier, la Speedmaster d’Omega, la Royal Oak d’Audemars Piguet et, effectivement, cette Reverso qui, relève Janek Deleskiewicz, directeur artistique de Jaeger-LeCoultre, «recelait dans sa version initiale de multiples facettes comme autant de possibilités de métamorphose».
Dans les premières années de sa commercialisation, les hommes sont surtout séduits par son système réversible. «A cette époque, poursuit Yves Meylan, on achetait une montre pour avoir l’heure. Elle devait seulement être fiable, fonctionnelle et robuste, pour durer des années.» Répondant à toutes ces attentes, la Reverso s’immisce rapidement dans les cercles les plus virils. «La montre idéale aux armées», clame une des premières publicités. Mais il y a aussi sa face cachée, pour ne pas dire secrète, qu’une poignée d’élégants entrevoient d’un œil d’esthète comme un champ de personnalisation. Sur son verso, des maharajas seront les premiers à faire apposer des émaux par Jaeger-LeCoultre. Son titre de manufacture l’engage à façonner ses modèles du moindre rouage aux décorations. En plus de son savoir-faire horloger, elle est ainsi amenée à perfectionner d’autres spécialités, comme la gravure sur métal, le sertissage manuel de pierres précieuses et la miniature en émail, dite peinture sous fondant. Au fil des ans, ces trésors d’artisanat donneront jour à d’incroyables Reverso décorées sur mesure, qui se transmettent aujourd’hui encore en héritage ou s’arrachent à prix d’or à l’encan. Aux confins de la joaillerie, ces nouvelles compétences permettront aussi d’enrichir d’autres créations, comme la montre Duoplan, inventée en 1925, et les pendules Atmos, entraînées par les variations de température, à partir de 1928. Ou de créer des trésors de haute horlogerie comme cette fine montre toute sertie de diamants que porte la reine Elisabeth II d’Angleterre lors de son couronnement, en 1953.

De gauche à droite: une montre Gran’Sport en acier avec gravure d’un joueur de polo; un modèle à mouvement automatique, la Platinum n° 2, avec tourbillon au verso; la première version émaillée, fabriquée en 1930: un hommage.Plus les heures défilent, plus Jaeger-LeCoultre touche à l’exception sans jamais renier son premier métier d’horloger. Ni dénaturer le style originel de sa Reverso. Au-delà des modes, le design sobre et racé de cette montre a aussi participé à son intemporalité. «C’est un objet qui fait rêver, commente Yves Meylan. Depuis toujours, les hommes l’achètent à un moment important de la vie, la font graver, s’y attachent et la réservent avant l’heure à un de leurs enfants.» Sa notoriété s’est également accrue à mesure que des célébrités l’ont adoptée. De Pierre Arditi à Leonardo DiCaprio, nombre d’acteurs sont fans ad vitam aeternam. Dans le remake de L’Affaire Thomas Crown, en 1999, Pierce Brosnan joue avec sa Reverso au poignet. En France, notamment, des actrices comme Jeanne Moreau et Carole Bouquet contribuent à féminiser son port, aujourd’hui totalement mixte. «A l’époque de sa création, les dames portaient seulement des montres-bijoux. Depuis, elles se sont approprié des codes masculins en parallèle à leur émancipation. Ces dernières années, elles ont aussi eu tendance à adopter des montres plus grandes. Enfin, il y a eu la mode qui les a poussées à varier de style d’une heure à l’autre», explique Janek Deleskiewicz, entré comme directeur artistique chez Jaeger-LeCoultre à la fin des années 1980. Sous son impulsion, la Reverso entrera dans le XXIe siècle avant l’heure. Pour son 60e anniversaire, en 1991, il l’imagine avec un boîtier grande taille en or rose permettant d’inclure de nouvelles fonctions, telles que la réserve de marche, le tourbillon ou le chronographe rétrograde. Mais, en 1994, la perpétuelle soif d’invention de Jaeger-LeCoultre – plus de 1 000 mouvements mis au point dans ses ateliers depuis 1833 – amène surtout sa montre culte à franchir une nouvelle grande étape. C’est l’heure de la Reverso Duetto: une montre pour femme avec un second fuseau horaire sur son verso. Véritable prouesse technique, les jeux d’aiguilles ont beau ne pas tourner dans le même sens, ils sont commandés par un seul et même mouvement. «C’est la montre à deux visages par définition», explique Janek Deleskiewicz, qui n’a cessé, depuis, de renforcer les contrastes entre le recto et le verso. Dévoilée en avant-première à L’Expressmag en cette 75e année, la nouvelle Reverso Duetto Duo sublimera ce concept au poignet des femmes à partir du mois de juin. Une face blanche pour le jour, l’autre noire pour le soir et, à l’orée du second cadran, l’apparition en alternance du soleil ou de la lune pour garder ses repères par rapport à son horloge biologique.
Au fil de 2006, Jaeger-LeCoultre célébrera également l’anniversaire de sa Reverso, avec une exposition itinérante en France au second semestre, le sponsoring d’un grand tournoi de polo en Inde et l’édition de six autres modèles tout aussi exceptionnels qu’inaccessibles. En prélude à cette année anniversaire, l’horloger a également confié son modèle à Darren Romanelli. Chantre du détournement de marques avec un fort héritage, ce designer américain a imaginé une Reverso à accrocher à sa manche de blouson plutôt qu’à son poignet. «Sans toucher à son âme, commente Janek Deleskiewicz, cette nouvelle façon de la porter s’adresse aux jeunes générations.» Des générations qui, comme la Reverso, ne font rien comme les autres.
L’Express – Frédéric Martin-Bernard
16 mars 2006 à 5h10 #420000042398Clavi
MembreJ’ai lu cet article avec l’oeil affuté, pret à tirer sur les nombreuses contre-vérités et autres mises en valeur éhontées dont font généralement montre les journalistes aidés par les attachés de presse des marques.
Force est de constater que je suis un peu déçu, n’ayant pas vraiment trouvé matière à critiquer ce qui est écrit ici
.
Bien sur, les passage sur les acteurs ou le « travail » de Romanelli m’insupportent, mais pour ce qui est de l’histoire, le discours me semble relativement juste, ce qui est plutot rare dans ce genre d’exercice.On notera le timing judicieux de cet article qui n’apporte aucun élément nouveau sur l’actualité, mais entretient le « buzz » autour de la montre avant le lancement officiel des nouveautés qui vont etre présentées sous peu.
16 mars 2006 à 5h13 #420000042399loupe à l’oeil
Membre16 mars 2006 à 5h48 #420000042400Van
MembreLes premières Reverso etaient powered by Tavannes si mes souvenirs sont bons… ça enlèverait un peu de lustre à l’article tout en lui donnant un peu de piment.
Après vérif chez Joseph:
Movement : 15 Jewel Movement, Cal. 064 ( Tavannes ), 4 Adjustments
Remarks: At the beginning LeCoultre did not have a matching own Movement for this Invention, so they bougth for the first 1 1/2 Years this Caliber from Cyma/Tavannes. This is guaranteed by JLC and of course by us.
A plus.
16 mars 2006 à 6h07 #420000042401Clavi
MembreTavannes ou Lisica, oui
En 1931, on a retrouvé la meme reverso chez Jaeger, Patek et Vacheron, qui devaient probablement tous trois distribuer la montre sous license (d’ailleurs la premiere Reverso n’est pas signée Jaeger, mais « Reverso »).
Apres 1931, seul Jaeger a conservé la reverso dans sa gamme et se l’est « appropriée », développant par la suite un mouvement en propre compatible avec ce boitier
Aux US, il y a aussi eu des reverso Hamilton, les droits n’ayant probablement pas étés étendus sur ce territoire, ou faisant l’objet d’une négociation séparée avec l’inventeur ( ce point reste à éclaircir )
16 mars 2006 à 6h35 #420000042402Dynamo
Membrey a t’il pas une reverso Cartier ou Hermes ?
Reverso hamilton

(source http://www.aaronfaber.com/ ou la montre est en vente)Reverso Patek

(source website de patekmuseum)
PATEK PHILIPPE & Co, Geneva, N° 823’401, Ref. 106 Reverso
Rectangular-shaped reversible gentleman’s wristwatch
1932 -Inv. P-565
Delivered on January 28, 1943 to DETOR ILOY Co Ltd.16 mars 2006 à 6h37 #420000042403St Ex 2/33
MembreCe qui me « gêne » chez JLC c’est leur Acier qui raye TRES (TROP?) facilement.
Je trouve dommage de creer de superbes mvts et de négliger la qualité
intrinsèque de cet acier pour les boites…
Mais bon la perfection n’est pas de ce monde
16 mars 2006 à 6h38 #420000042404Van
MembrePuisqu’on est dans les légendes réversibles voici deux scans d’un proto Movado de 1939:
extraites de Montres Bracelets (ed Könemann 1999)


Sympa…
A plus.
16 mars 2006 à 7h08 #420000042405Nostromo
MembreSalut,
Il est complétement dingue ce proto, Van. J’ai ce livre également mais je ne me lasse jamais de regarder cette Movado.
Favre Leuba a également fabriqué des Reverso sans licence, un peu plus grandes et avec un mouvement maison… Mais c’était dans les années 50.
Cordialement16 mars 2006 à 7h31 #420000042406valable
MembreCartier a une tank basculante, Chronoswiss fait aussi une montre dans ce style, mais je ne me rappelle plus du nom, et je viens d’essayer de me connecter à leur site mais apparemment il n’existe plus !!!
Z’ont pas du casquer le nom de domaine……16 mars 2006 à 7h48 #420000042407Guy 67
MembreIl s’agit de la Chronoswiss Cabrio :
__________________________________
La mode se démode, le style jamais.Membre AHA n°1Amicalement
Guy 6716 mars 2006 à 8h06 #420000042408Clavi
Membre- Dynamo a écrit:
- y a t’il pas une reverso Cartier ou Hermes ?
Si, comme il y a des quantités d’autres reversos signées de distributeurs Jaeger de l’époque, mais toutes sont des Jaeger.
Dans les années 40, il était tres courant de trouver le nom de bijoutiers ou marchands de luxe de renom (tiffany, hausman, kirby, meister, turler, gubelin etc) sur le cadran des montres (souvent prestigieuses), en plus de la marque d’origine, ou meme carrément à la place de celle-ci.
à ce titre on trouve donc des reverso signées Cartier ou Hermes, Jaeger ayant été le principal fournisseur de montres vendues par Hermes, et carrément le maitre d’oeuvre de toutes les montres Cartier d’avant les années 60 (y compris les fameuses cabrio et tank)
16 mars 2006 à 8h10 #420000042409Clavi
Membre- Nostromo a écrit:
- Salut,
Favre Leuba a également fabriqué des Reverso sans licence, un peu plus grandes et avec un mouvement maison… Mais c’était dans les années 50.
Cordialement
Les marques Favre Leuba et Jaeger LeCoultre appartenaient alors au meme groupe, l’utilisation de la « license » reverso (par ailleurs abandonnée à cette époque par JLC), était donc possible.
En revanche, la société qui fabriquait les -techniquement relativement complexes – boites de la reverso (fournisseur externe) avait cessé la fabrication, d’où une refabrication dans des dimensions et avec une forme légèrement différentes16 mars 2006 à 8h18 #420000042410Clavi
Membre- St Ex 2/33 a écrit:
- Ce qui me « gêne » chez JLC c’est leur Acier qui raye TRES (TROP?) facilement.
Je trouve dommage de creer de superbes mvts et de négliger la qualité
intrinsèque de cet acier pour les boites…
Mais bon la perfection n’est pas de ce monde
L’acier utilisé par JLC est (je crois) le meme que celui utilisé par tous les autres horlogers (rolex excepté), et a donc des propriétés physiques exactement similaires.
La différence vient du poli extreme des montres, ainsi que des grandes surfaces polies exposées (cornes, et surtout: dos lisse de la reverso!), qui fait que le moindre choc ne pardonne pas et est tout de suite visible.effectivement, une compressor archi-brillante alors qu’elle a une vocation pseudo sportive et une taille conséquente va forcément marquer les coups beaucoup plus qu’une autre sportive brossée et moins prohéminente.
De meme, une Reverso offrant 6cm² de surface lisse brillante sur son revers va forcément attirer les rayures comme un aimant, et ce quelqu’en soit l’acier…
16 mars 2006 à 9h02 #420000042411Dynamo
Membreil y a aussi UNIVERSAL GENEVE Janus dans la même veinne que la movado



(image de chez cresus)
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